Il y a des jeux qu’on apprécie, d’autres qui nous marquent durablement, et certains qui nous font comprendre pourquoi on aime jouer. Pour moi, Super Metroid appartient clairement à cette dernière catégorie.

Ce qui rend cette expérience encore plus particulière, c’est que je l’ai découvert à 40 ans.

J’avais toujours eu envie de faire la série Metroid, mais je n’avais jamais pris le temps de parcourir les premiers épisodes. J’avais joué à Metroid Dread quelques années auparavant et j’avais beaucoup apprécié le jeu, mais je pense aujourd’hui que je ne l’avais pas encore pleinement compris. Je connaissais finalement assez peu les codes du Metroidvania.

Puis, lors d’un marathon Metroid, je me suis enchaîné les premiers épisodes. J’étais alors alité avec de gros problèmes de dos, ce qui m’a donné l’occasion de me plonger complètement dans la série.

Metroid m’avait déjà impressionné. Metroid II m’avait beaucoup plu, malgré certaines limites qui lui sont propres.

Et puis je suis arrivé à Super Metroid.

Là, j’ai vraiment eu le sentiment d’atteindre un aboutissement.

Une forme d’apothéose.

Tout ce que les deux premiers épisodes avaient mis en place semble ici prendre une nouvelle dimension. L’exploration, la progression, les pouvoirs, la construction du monde et cette sensation de solitude fonctionnent avec une maîtrise remarquable.

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la manière dont le jeu nous laisse explorer sans constamment nous indiquer où aller.

J’ai aimé me perdre.

J’ai aimé revenir dans des zones déjà parcourues en me demandant si quelque chose m’avait échappé. J’ai aimé essayer une nouvelle capacité et comprendre progressivement ce qu’elle pouvait m’apporter. Le jeu donne constamment envie de regarder derrière le prochain mur, de tester un passage ou de retourner dans un endroit que l’on croyait avoir terminé.

Et il y a cette autre dimension que j’ai trouvée particulièrement intéressante : la possibilité de contourner certaines intentions apparentes du jeu.

On peut parfois accéder à des zones avant d’avoir obtenu le pouvoir que l’on imagine nécessaire, en exploitant intelligemment les capacités dont on dispose déjà.

Cela crée une sensation assez unique : celle d’avoir légèrement « cassé » le jeu.

On se retrouve dans une zone où l’on pense ne pas être censé se trouver, avec cette impression d’avoir découvert quelque chose que le jeu aurait presque dû nous interdire.

Et pourtant, ces possibilités ont été pensées par les développeurs.

C’est une philosophie de game design que je trouve particulièrement réussie : le jeu possède ses règles, mais il nous laisse suffisamment de liberté pour les comprendre et parfois les détourner.

À l’époque, j’étais encore relativement débutant dans les Metroidvania, et Super Metroid m’a donc paru très exigeant. J’ai passé énormément de temps dessus et j’ai dû me renseigner à plusieurs reprises.

Avec davantage d’expérience aujourd’hui, je pense que je pourrais probablement l’aborder différemment. J’aurais notamment envie d’essayer de progresser plus rapidement et de profiter davantage de cette liberté que le jeu offre au joueur.

Mais je ne voudrais surtout pas changer ce qui m’a plu dans ma première expérience.

Car Super Metroid possède aussi une atmosphère exceptionnelle.

Le jeu peut être oppressant, mystérieux et parfois inquiétant. Et ce qui est remarquable, c’est qu’il parvient à créer cette ambiance avec des moyens techniques qui paraissent aujourd’hui extrêmement simples.

Quelques pixels, quelques couleurs, des effets sonores et une musique exceptionnelle suffisent à donner au monde une véritable identité.

La musique joue d’ailleurs un rôle essentiel. Elle contribue à cette ambiance presque cinématographique qui m’a beaucoup marqué.

C’est assez fascinant de voir à quel point Super Metroid arrive à raconter et à suggérer des choses sans avoir besoin de multiplier les dialogues ou les explications.

Il y a également quelque chose qui m’a particulièrement touché après avoir découvert le jeu : la manière dont Super Metroid a accompagné toute une génération de joueurs.

Un ami proche, qui a aujourd’hui le même âge que moi, y avait joué lorsqu’il était enfant. Il avait le poster du jeu et le regardait avec son frère lorsqu’il ne jouait pas.

Il analysait la carte.

Il se demandait où aller ensuite, quels endroits il pouvait atteindre et ce qu’il pouvait encore découvrir.

Et il avait terminé le jeu à 100 % alors qu’il était encore enfant.

Cette histoire m’a beaucoup marqué parce que mon rapport au jeu est complètement différent.

Je n’ai pas grandi avec Super Metroid. Je l’ai découvert à 40 ans, sans nostalgie particulière, sans souvenir d’enfance associé à la Super Nintendo.

Et pourtant, j’ai retrouvé quelque chose de cette fascination.

Cette envie de comprendre le monde du jeu, de mémoriser les lieux, d’explorer chaque recoin et de chercher ce qui peut se cacher derrière un passage.

C’est aussi pour cela que je considère aujourd’hui Super Metroid comme un véritable pilier du jeu vidéo.

Pour moi, il ne s’agit pas simplement d’un excellent épisode de Metroid. C’est l’un des jeux qui ont défini le genre Metroidvania et qui ont montré à quel point l’exploration pouvait devenir une mécanique centrale.

Après avoir découvert Metroid, Metroid II puis Super Metroid à la suite, j’ai également beaucoup apprécié la cohérence de cette trilogie. Les trois jeux ont chacun leur identité et leurs qualités, mais Super Metroid représente clairement pour moi l’aboutissement de cette progression.

Évidemment, d’autres Metroidvania m’ont depuis énormément marqué. Hollow Knight, notamment, est l’un des rares jeux qui m’a procuré une sensation comparable, avec son monde labyrinthique, son exploration et son atmosphère.

Et certains jeux plus récents vont même plus loin sur certains aspects.

Mais cela ne diminue en rien ce que représente Super Metroid.

Parce qu’il y a une différence entre un jeu qui est encore excellent aujourd’hui et un jeu qui a contribué à définir les règles d’un genre entier.

Super Metroid fait partie de ces jeux-là.

C’est un jeu qui m’a fait comprendre ce que j’aimais dans le Metroidvania.

Un jeu qui m’a fait apprécier le fait de me perdre.

Un jeu qui m’a donné envie d’explorer sans toujours savoir exactement où j’allais.

Et surtout, un jeu qui, des décennies après sa sortie, conserve cette capacité à nous faire ressentir quelque chose de très simple :

« Je ne suis peut-être pas censé être ici. »

Pour moi, c’est l’une des plus belles réussites du jeu.

10/10.

Un chef-d’œuvre total et l’un des piliers du jeu vidéo.

t comprendre pourquoi on aime jouer. Pour moi, Super Metroid appartient clairement à cette dernière catégorie.

Ce qui rend cette expérience encore plus particulière, c’est que je l’ai découvert à 40 ans.

J’avais toujours eu envie de faire la série Metroid, mais je n’avais jamais pris le temps de parcourir les premiers épisodes. J’avais joué à Metroid Dread quelques années auparavant et j’avais beaucoup apprécié le jeu, mais je pense aujourd’hui que je ne l’avais pas encore pleinement compris. Je connaissais finalement assez peu les codes du Metroidvania.

Puis, lors d’un marathon Metroid, je me suis enchaîné les premiers épisodes. J’étais alors alité avec de gros problèmes de dos, ce qui m’a donné l’occasion de me plonger complètement dans la série.

Metroid m’avait déjà impressionné. Metroid II m’avait beaucoup plu, malgré certaines limites qui lui sont propres.

Et puis je suis arrivé à Super Metroid.

Là, j’ai vraiment eu le sentiment d’atteindre un aboutissement.

Une forme d’apothéose.

Tout ce que les deux premiers épisodes avaient mis en place semble ici prendre une nouvelle dimension. L’exploration, la progression, les pouvoirs, la construction du monde et cette sensation de solitude fonctionnent avec une maîtrise remarquable.

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la manière dont le jeu nous laisse explorer sans constamment nous indiquer où aller.

J’ai aimé me perdre.

J’ai aimé revenir dans des zones déjà parcourues en me demandant si quelque chose m’avait échappé. J’ai aimé essayer une nouvelle capacité et comprendre progressivement ce qu’elle pouvait m’apporter. Le jeu donne constamment envie de regarder derrière le prochain mur, de tester un passage ou de retourner dans un endroit que l’on croyait avoir terminé.

Et il y a cette autre dimension que j’ai trouvée particulièrement intéressante : la possibilité de contourner certaines intentions apparentes du jeu.

On peut parfois accéder à des zones avant d’avoir obtenu le pouvoir que l’on imagine nécessaire, en exploitant intelligemment les capacités dont on dispose déjà.

Cela crée une sensation assez unique : celle d’avoir légèrement « cassé » le jeu.

On se retrouve dans une zone où l’on pense ne pas être censé se trouver, avec cette impression d’avoir découvert quelque chose que le jeu aurait presque dû nous interdire.

Et pourtant, ces possibilités ont été pensées par les développeurs.

C’est une philosophie de game design que je trouve particulièrement réussie : le jeu possède ses règles, mais il nous laisse suffisamment de liberté pour les comprendre et parfois les détourner.

À l’époque, j’étais encore relativement débutant dans les Metroidvania, et Super Metroid m’a donc paru très exigeant. J’ai passé énormément de temps dessus et j’ai dû me renseigner à plusieurs reprises.

Avec davantage d’expérience aujourd’hui, je pense que je pourrais probablement l’aborder différemment. J’aurais notamment envie d’essayer de progresser plus rapidement et de profiter davantage de cette liberté que le jeu offre au joueur.

Mais je ne voudrais surtout pas changer ce qui m’a plu dans ma première expérience.

Car Super Metroid possède aussi une atmosphère exceptionnelle.

Le jeu peut être oppressant, mystérieux et parfois inquiétant. Et ce qui est remarquable, c’est qu’il parvient à créer cette ambiance avec des moyens techniques qui paraissent aujourd’hui extrêmement simples.

Quelques pixels, quelques couleurs, des effets sonores et une musique exceptionnelle suffisent à donner au monde une véritable identité.

La musique joue d’ailleurs un rôle essentiel. Elle contribue à cette ambiance presque cinématographique qui m’a beaucoup marqué.

C’est assez fascinant de voir à quel point Super Metroid arrive à raconter et à suggérer des choses sans avoir besoin de multiplier les dialogues ou les explications.

Il y a également quelque chose qui m’a particulièrement touché après avoir découvert le jeu : la manière dont Super Metroid a accompagné toute une génération de joueurs.

Un ami proche, qui a aujourd’hui le même âge que moi, y avait joué lorsqu’il était enfant. Il avait le poster du jeu et le regardait avec son frère lorsqu’il ne jouait pas.

Il analysait la carte.

Il se demandait où aller ensuite, quels endroits il pouvait atteindre et ce qu’il pouvait encore découvrir.

Et il avait terminé le jeu à 100 % alors qu’il était encore enfant.

Cette histoire m’a beaucoup marqué parce que mon rapport au jeu est complètement différent.

Je n’ai pas grandi avec Super Metroid. Je l’ai découvert à 40 ans, sans nostalgie particulière, sans souvenir d’enfance associé à la Super Nintendo.

Et pourtant, j’ai retrouvé quelque chose de cette fascination.

Cette envie de comprendre le monde du jeu, de mémoriser les lieux, d’explorer chaque recoin et de chercher ce qui peut se cacher derrière un passage.

C’est aussi pour cela que je considère aujourd’hui Super Metroid comme un véritable pilier du jeu vidéo.

Pour moi, il ne s’agit pas simplement d’un excellent épisode de Metroid. C’est l’un des jeux qui ont défini le genre Metroidvania et qui ont montré à quel point l’exploration pouvait devenir une mécanique centrale.

Après avoir découvert Metroid, Metroid II puis Super Metroid à la suite, j’ai également beaucoup apprécié la cohérence de cette trilogie. Les trois jeux ont chacun leur identité et leurs qualités, mais Super Metroid représente clairement pour moi l’aboutissement de cette progression.

Évidemment, d’autres Metroidvania m’ont depuis énormément marqué. Hollow Knight, notamment, est l’un des rares jeux qui m’a procuré une sensation comparable, avec son monde labyrinthique, son exploration et son atmosphère.

Et certains jeux plus récents vont même plus loin sur certains aspects.

Mais cela ne diminue en rien ce que représente Super Metroid.

Parce qu’il y a une différence entre un jeu qui est encore excellent aujourd’hui et un jeu qui a contribué à définir les règles d’un genre entier.

Super Metroid fait partie de ces jeux-là.

C’est un jeu qui m’a fait comprendre ce que j’aimais dans le Metroidvania.

Un jeu qui m’a fait apprécier le fait de me perdre.

Un jeu qui m’a donné envie d’explorer sans toujours savoir exactement où j’allais.

Et surtout, un jeu qui, des décennies après sa sortie, conserve cette capacité à nous faire ressentir quelque chose de très simple :

« Je ne suis peut-être pas censé être ici. »

Pour moi, c’est l’une des plus belles réussites du jeu.

10/10.

Un chef-d’œuvre total et l’un des piliers du jeu vidéo.

charly5766
10
Écrit par

Créée

le 9 août 2026

Critique lue 3 fois

charly5766

Écrit par

Critique lue 3 fois

1
1

D'autres avis sur Super Metroid

Super Metroid

Super Metroid

10

Jadenor

le 18 déc. 2011

Suivre
Dernière modification

le 1 oct. 2012

Seule au monde.

Super Metroid est un des rares jeux qui m'ont vraiment marqué gamin. On garde tous une sympathie nostalgique pour certains titres (ce qui nous pousse souvent à les refaire des années plus tard), mais...

Super Metroid

Super Metroid

9

Floax

le 10 juin 2015

Suivre

L'exploratrice.

Musique d'ambiance Très longtemps, je suis resté réticent par rapport à Metroïd, son ambiance, son univers pesant et kitch à la fois et son level design qui demande de l'investissement : ce n'est pas...

Super Metroid

Super Metroid

10

Gueseuch

le 20 juin 2010

Suivre

Un metroid d'avance

Pour me "préparer" à Metroid Other M (qui sera sa suite directe) je viens de me refaire Super Metroid. C'est assez bluffant de voir comment ce jeu a peu vieilli par rapport à d'autres de la même...

Du même critique

Hollow Knight: Silksong

Hollow Knight: Silksong

10

charly5766

le 9 août 2026

Suivre

Hollow Knight: Silksong — Une nouvelle référence du genre

Je pense que Silksong fait partie des plus grands jeux vidéo auxquels j’ai pu jouer. Je le place sans problème aux côtés de certains Mario ou certains Zelda, qui sont pour moi des références absolues...

Metroid Prime 4: Beyond

Metroid Prime 4: Beyond

5

charly5766

le 11 août 2026

Suivre

La déception au bout du voyage

Après avoir terminé mon marathon Metroid avec Metroid 1, Metroid 2, Super Metroid, Fusion, Zero Mission et surtout Metroid Prime Remastered, j’attendais énormément de Metroid Prime 4. Prime...

Final Fantasy VII: Remake

Final Fantasy VII: Remake

9

charly5766

le 11 août 2026

Suivre

Quand un remake dialogue avec son propre passé

Je ne pensais pas autant aimer Final Fantasy VII Remake.J’avais pourtant quelques appréhensions avant de commencer. Reprendre un jeu aussi important pour moi, que je connais depuis longtemps et dont...