Si Abzu du même studio m'avait particulièrement marqué à sa sortie, je n'ai toujours pas eu l'occasion de faire Journey en 2025. Oui, je sais, honte à moi. En revanche, je vois bien son concept et sa plastique. J'avais aussi adoré Flower, dans le même genre. Giant Squid est donc habitué au registre des aventures simples, courtes et oniriques ayant pour thème, si l'on devait résumer : memento mori.
C'est ainsi donc que débarque Sword of the Sea en 2025, se présentant comme - à nouveau - une courte aventure au gameplay sans intérêt - ce n'est pas le but -, mais à l'onirisme et à l'enchantement permanent. Sword of the sea ne déroge pas à la règle en tant qu'ode à l'espoir et à la fertilité.
La direction artistique semble être de loin de ce que le studio à fait de mieux : empruntant principalement à Journey mixé avec Abzu, tout est absolument superbe et à s'en décrocher la mâchoire : fonds marins, plateaux enneigés, navires échoués...
Le gameplay consiste, sans rien divulgâcher, à glisser, sauter et ouvrir des portes sur différents reliefs naturels. Tout y est fluide, nerveux, doux et grisant. J'ai pensé à Wavetale, avec ses mécaniques de glisses grisantes, et évidemment à Journey. Il est même possible de sauter en faisant de magnifiques (et inutiles) figures tel Antoine Faucon, apprenti skater en 6e5 à Chatepouy-sur-Marne. Voilà, le gameplay en tant que tel n'a pas vraiment d'intérêt... Et on s'en fiche un peu.
Car c'est uniquement le voyage qui compte.
Le jeu se scinde en deux parties distinctes, offrant des sensations de voyage et des environnements assez différents, pour environ 2 à 3 heures de jeu. Le tout est uni mais aussi très contrasté, on se prendrait presque à rêver d'un jeu plus classique dans de tels environnements. L'évasion est là, avec une narration cryptique laissant place à l'imaginaire.
En définitive, Sword of the Sea est un bon jeu pour qui rêve d'onirisme contemplatif mais je lui ai trouvé une aura moindre que ses prédécesseurs - notamment Abzu- malgré l'artillerie lourde de sa plastique. J'aurai presque aimé qu'il soit un peu plus court...
A faire, donc, mais je ne recommande toutefois pas l'achat à prix fort (20 euros), mais plutôt de profiter d'un mois de PS + Extra pour faire quelques indés courts sur un mois tranquille. Ce sont des jeux avec une faibles rejouabilité à mon sens, qui doivent comme des souvenirs éthérés plutôt qu'entassés dans des collections, qu'elles soient numériques ou physiques.
"C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme, tintintin", a dit le poète.