Je ne pouvais pas manquer de me lancer dans ce nouveau titre de DigixArt, après avoir joué à leurs deux précédents opus : Miles 0 et Road 96 (je retiens surtout ce dernier, Miles 0 étant une déception à mon sens).
Ils ont su créer une patte assez personnelle, à base d’environnements colorés semi-ouverts, de personnages au caractère trempé, et surtout d’un rythme narratif très soutenu.
Tides of Tomorrow s’inscrit donc dans cette parfaite lignée, avec cette fois un milieu aquatique post-apo, largement inspiré de Waterworld. Il y a un message écologique évident, avec un drame sous-jacent de pollution plastique extrême qui a décimé une grande partie de la population mondiale, en introduisant une maladie endémique, la “plastémia”, qui “vitrifie” progressivement ses victimes.
Je ne vais pas m’étendre davantage sur l’univers, que j’ai trouvé assez riche, avec trois factions en lutte pour leur survie, et avec lesquelles nous allons créer des alliances au fil de l’eau.
On est donc amené à parcourir, à l’aide d’une embarcation personnelle, tout un patchwork d’îles artificielles, avec un level design particulièrement créatif et soigné.
Comme introduit précédemment, l’aventure est extrêmement rythmée, assez dirigiste mais avec de nombreux dialogues à choix, qui définiront avec le temps l’orientation éthique générale du joueur.
L’histoire est bien menée et assez prenante, bien qu’également assez simpliste dans son aspect manichéen.
Dans l’ensemble, on a une progression plaisante et haute en couleur, avec une proposition franchement originale, parfaitement analogue à Road 96.
Le jeu n’est pas exempt de défauts, et je vais en énumérer quelques-uns :
- Il y a une mécanique novatrice basée sur les actions de joueurs précédents, que l’on peut “rejouer” comme des artefacts enregistrés ,et qui font partie intégrante de la progression. J’ai trouvé cela un peu décousu : j’ai le sentiment qu’on essaie d’amener des dimensions parallèles avec ces “ghosts” de joueurs ; j’ai trouvé que cela me sortait de l’immersion et que cela jouait à contre-courant du sentiment d’empathie que les développeurs ont voulu apporter.
- C’est un double A et cela se ressent sur la finition globale : des personnages qui flottent un peu, mal arrimés au sol, un pilotage de bateau sans intérêt, des phases d’infiltration peu fines avec des comportements ennemis parfaitement prévisibles, et quelques personnages très caricaturaux.
- Quelques bugs de progression également.
Dans l’ensemble, j’ai passé plutôt un bon moment avec ce titre qui, sans être très mémorable, confirme que la direction artistique est le point fort de ce studio.