Ne vous fiez pas à ses airs de sympathique petit Metroidvania : Well Dweller frise le chef-d’œuvre ! Beau à tomber, jouissif à jouer et bien plus riche qu'il n'en a l’air !
Après Sheepo, Islets et l'excellent Crypt Custodian, Kyle Thompson commence à avoir une signature difficile à manquer. Des mondes entièrement dessinés à la main, des personnages immédiatement attachants et surtout cette capacité assez rare à proposer des Metroidvania accessibles sans jamais les rendre simplistes.
Well Dweller pousse probablement cette formule plus loin que ses prédécesseurs. Sur le papier, l'histoire tient en quelques mots : Glimmer, (minuscule oiseau armé d'une allumette) doit traverser un royaume en décomposition pour retrouver sa famille capturée par une reine passablement dérangée. Quelques heures plus tard ce petit conte macabre s'est transformé en une aventure étonnamment généreuse, remplie de personnages, de secrets, de quêtes et de détours que je n'avais absolument pas vus venir. Sous ses airs de joli « petit Metroidvania indépendant » se cache surtout un jeu qui frise le chef-d’œuvre !
Un conte qui aurait mal tourné
Impossible de commencer ailleurs que par la direction artistique. Well Dweller est juste magnifique ! Kyle Thompson dessine lui-même l'intégralité du jeu tandis que son frère Eric en compose la musique, une collaboration qui donne depuis Sheepo une identité immédiatement reconnaissable à leurs productions. On retrouve évidemment quelque chose d'Islets ou de Crypt Custodian dans les personnages et les animations mais Well Dweller abandonne une partie de leur douceur pour s'enfoncer dans un véritable conte de fées macabre et le contraste fonctionne à merveille !
Glimmer est adorable, les personnages rencontrés le sont souvent tout autant et pourtant le royaume qui les entoure est franchement sordide. Ruines pourrissantes, créatures grotesques, cadavres, poissons suspendus dans des filets ou boss délicieusement répugnants <3 le jeu peut passer du mignon au franchement inquiétant sans que les deux registres semblent jamais incompatibles. C'est même ce mélange qui lui donne autant de charme.
Une allumette et beaucoup de répondant
Les déplacements sont précis, le platforming vif et les combats possèdent cette nervosité immédiate qui donne envie d'aller provoquer la prochaine bestiole plutôt que de l'éviter. L'excellente idée vient notamment de cette minuscule allumette que Glimmer transporte partout. Elle sert d'arme et de source de lumière, mais devient progressivement un véritable outil de déplacement et d'exploration. Les nouvelles compétences enrichissent naturellement les possibilités tandis que les différents bibelots permettent d'adapter certaines capacités à sa façon de jouer, sans jamais transformer les commandes en tableau de bord d'Airbus.
Il faut également souligner l'excellente souplesse laissée au joueur concernant la difficulté. Plusieurs paramètres permettent d'adapter l'expérience et j'insiste sur ce point parce qu'un détail a bien failli me tenir éloignée du jeu : son système de soin repose par défaut sur un QTE. Une idée qui m'avait suffisamment rebutée pour que je tarde à me procurer le jeu..
Heureusement, les développeurs ont eu l'excellente idée de rendre ce que nous appellerons désormais « le système de soin à la C** » entièrement désactivable. Il est alors remplacé par un fonctionnement beaucoup plus traditionnel et chacun peut donc choisir la formule qui lui convient. Cela peut sembler anecdotique, mais c'est exactement le genre d'option que j'aimerais voir plus souvent : proposer une mécanique particulière à ceux qui l'apprécient sans obliger tous les autres à la subir. Cette modularité permet à chacun de trouver son équilibre sans dénaturer les combats. Et débarrassée de ce qui aurait personnellement constitué une véritable contrariété, j'ai pu profiter pleinement d'un gameplay vif, réactif et surtout terriblement jouissif !
Juste encore un détour
Well Dweller donne initialement l'impression d'être une aventure relativement modeste avant de dévoiler progressivement une quantité assez impressionnante de choses à faire et à découvrir. Derrière le chemin principal se cachent des quêtes secondaires, des personnages à retrouver, des secrets, des améliorations, des bibelots, des ressources et différents collectibles. Ce n'est certes pas un monstre de durée de vie, mais c'est une aventure particulièrement dense qui utilise remarquablement bien son temps.
Et surtout, cette richesse ne ressemble jamais à une liste de courses destinée à remplir artificiellement la carte. L'exploration fonctionne parce qu'elle attise constamment la curiosité ! Derrière son apparente simplicité se cache une quantité de contenu que je ne soupçonnais absolument pas en lançant le jeu. Même lorsque la récompense n'est pas essentielle à la progression, la simple curiosité suffit à donner envie d'aller voir.
Well Dweller comprend ainsi parfaitement ce qui fait fonctionner un bon Metroidvania : la récompense ne doit pas toujours être une amélioration spectaculaire. Parfois, découvrir un personnage étrange, un petit morceau d'histoire ou simplement une salle que l'on n'avait encore jamais vue suffit. La carte cesse alors d'être un espace qu'il faut méthodiquement nettoyer pour devenir un endroit dans lequel il est réellement agréable de se perdre.
📎 Derrière cet adorable petit oiseau et ses décors dessinés à la main, Well Dweller cache surtout un Metroidvania bien plus ambitieux qu'il n'en a l'air. J'ai adoré ses combats, son univers, mais aussi cette façon de toujours me donner une bonne raison de quitter le chemin prévu pour aller fouiller ailleurs.
Je pensais descendre au fond d'un puits pour découvrir un sympathique petit Metroidvania et j'en suis ressortie avec l'impression d'avoir joué à l'un des meilleurs représentants du genre de ces dernières années !!! Pas mal pour un petit oiseau armé d'une allumette.
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