2018 : Les yeux injectés de sang (annotée)

Avatar Subversion Liste de

347 films

par Subversion

Les films vus ou revus en 2018, souvent accompagnés d'un commentaire. Comme je n'aime pas donner une note à un film sans en expliquer un minimum la raison, je pense qu'une liste est un bon compromis.

Liste de 2017 : https://www.senscritique.com/liste/2017_Les_films_que_j_ai_vus/1557366

Photo de couverture : Why don't you play in hell ?, de Sion Sono.

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    Docteur Folamour (1964)

    Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Stanley Kubrick avec Peter Sellers, George C. Scott, Sterling Hayden

    J'avais probablement un peu trop d'attente vis à vis du film. Déjà, impossible de ne pas le comparer au chef d'oeuvre Fail-Safe de Sidney Lumet : sortis la même année, tous les deux traitent de la provocation d'une guerre nucléaire, de l'absurdité d'un système où l'automatisation de la technologie peut décider du sort de l'humanité. La différence de traitement est en revanche immense : chez Kubrick, c'est la comédie cinglante, où tout le monde en prend pour son grade (dépeints en caricatures cartoonesques, parfois un peu lourdes). Reste que toute cette critique est tellement évidente qu'on cherche un peu la profondeur métaphysique habituelle chez Kubrick, en vain.
  • The Phantom of Regular Size (1986)

    Futsu saizu no kaijin

    18 min. Sortie : 1986. Science-fiction et Épouvante-horreur.

    Court-métrage de Shinya Tsukamoto avec Kei Fujiwara, Nobu Kanaoka, Shinya Tsukamoto

    Contient déjà en germe ce qui fera Tetsuo, mais en beaucoup plus amateur (il n'y a ni le travail sur les textures ni la dynamique de mise en scène).
  • Bande-annonce

    Survive Style 5+ (2004)

    2 h. Sortie : . Fantastique et comédie dramatique.

    Film de Gen Sekiguchi avec Tadanobu Asano, Reika Hashimoto, Kyoko Koizumi

  • Bande-annonce

    Combat sans code d'honneur (1973)

    Jingi naki tatakai

    1 h 39 min. Sortie : . Drame et gangster.

    Film de Kinji Fukasaku avec Bunta Sugawara, Hiroki Matsukata, Kunie Tanaka

    Difficile de ne pas rétrospectivement penser à Tarantino en voyant le film, tant Fukasaku et sa mise en scène dynamique d'où jaillit de la violence exacerbée rappelle Kill Bill dans ses délires formels : Fukasaku en serait presque avant-gardiste et n'est finalement pas comparable à d'autres réalisateurs de l'époque, pas même à Sam Peckinpah, dont les cadres sont beaucoup plus "ordonnés" (ici, on plonge en pleine esthétique du chaos). La différence avec Tarantino, c'est évidemment que chez Fukasaku tout s'inscrit dans une histoire du Japon, celle des conséquences de la défaite de l'après-guerre et de la bombe atomique, avec toute la misère et la violence sociale qui l'accompagne.
  • Bande-annonce

    Swallowtail Butterfly (1996)

    Suwarôteiru

    2 h 28 min. Sortie : . Comédie dramatique et drame.

    Film de Shunji Iwai avec Hiroshi Mikami, Chara, Ayumi Itô

    (2ème visionnage) Un projet extrêmement ambitieux, ode à la multiethnicité et par là-même féroce critique du nationalisme japonais et de l'enfermement du pays dans le règne de la monnaie, qui a parfois tendance à adopter une sensibilité hollywoodienne (par la musique ou la voix-off inutile) qui confère une lourdeur préjudiciable à l'ensemble. Comme toujours chez Iwai, certaines séquences sont extrêmement poétiques et la photographie crée une ambiance fascinante.
  • Bande-annonce

    Harakiri (1962)

    Seppuku

    2 h 13 min. Sortie : . Action, drame et historique.

    Film de Masaki Kobayashi avec Tatsuya Nakadai, Akira Ishihama, Shima Iwashita

    Kobayashi dénonce comme monstre l'état féodal, ses mensonges et l'absurdité du code samouraï qui en découle. Ce qui est d'autant plus intéressant, c'est que la mise en scène elle-même écrase l'Homme par les surcadrages et les symboles, jusqu'à cette fameuse armure vide qui agit comme la personnification du mensonge de l'Histoire japonaise perpétré jusqu'à l'époque de tournage du film, où le Japon faisait face à une autre autorité qui écrase l'individu : les Etats-Unis. On peut aussi voir le film comme une très belle reconstitution du début de l'ère Edo et de sa période de paix sur un ton formaliste et contemplatif, ou apprécier simplement la maîtrise de l'écoulement du temps dont fait preuve le cinéaste.
  • Bande-annonce

    Usual Suspects (1995)

    The Usual Suspects

    1 h 46 min. Sortie : . Policier et thriller.

    Film de Bryan Singer avec Stephen Baldwin, Gabriel Byrne, Benicio Del Toro

    Il serait faux de dire que Usual Suspects n'est pas rondement mené : le spectateur est au centre du film, c'est lui qui est dupé et se doit d'interroger tout ce qu'il voit. Par-là, le film questionne la notion de vérité et de metteur en scène, et on voit à quel point il a pu avoir une influence sur des thrillers tels que Memento. Reste que j'ai un peu de mal avec les films à twist, où tout l'intérêt réside dans un scénario qui joue avec le spectateur mais qui n'a pas grand chose à proposer au delà de ce postulat, notamment en terme esthétique : quand on voit une telle lourdeur de mise en scène dans les 10 dernières minutes, on se dit que tout ça est un peu vain sur les bords. Du coup, le film rejoue l'esbroufe qu'il prétend dénoncer.
  • Bande-annonce

    Swiss Army Man (2016)

    1 h 37 min. Sortie : . Aventure, comédie, drame, fantastique et romance.

    Film de Daniel Scheinert et Dan Kwan avec Paul Dano, Daniel Radcliffe, Mary Elizabeth Winstead

    Réussir à rendre poétique et touchant un film à base de pets et d'humour noir était déjà en soi difficile, mais swiss army man est étonnant de bout en bout. Devant beaucoup à l'humour "what the fuck" d'Internet et à la lisibilité immédiate des vidéos-clips, il est clair que le film dépasse son postulat pour proposer une approche originale de la mort, la solitude, la folie, et tant d'autres thématiques étonnement bien traitées entre deux pets (drôles, cela dit).
  • Bande-annonce

    Mean Streets (1973)

    1 h 52 min. Sortie : . Policier, drame et romance.

    Film de Martin Scorsese avec Robert De Niro, Harvey Keitel, David Proval

  • Histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar (1970)

    Nippon Sengoshi - Madamu onboro no Seikatsu

    1 h 45 min. Sortie : .

    Documentaire de Shôhei Imamura avec Chieko Akaza, Tami Akaza, Akemi Akaza

    Imamura part de l'individu pour raconter la grande histoire du Japon de l'après-guerre, en confrontant les témoignages de l'hôtesse de bar avec des images d'archive. Il expose les zones d'ombres de l'Histoire et les fait s'entrechoquer, ce qui donne un film très riche derrière son apparence de simple témoignage. Ce qui est étonnant, c'est la décomplexion dont fait preuve l'interlocutrice, qui parle sans demi-mot de sa vie sexuelle et de la condition de la femme au Japon. On voit déjà se dessiner un choc générationnel entre elle et sa fille, où l'ancien monde du mariage choisit par rang social devient un mariage par amour.
  • Bande-annonce

    A Ghost Story (2017)

    1 h 32 min. Sortie : . Drame, fantastique et romance.

    Film de David Lowery avec Casey Affleck, Rooney Mara, McColm Cephas Jr.

    Des bonnes idées, notamment dans le début prometteur qui travaille l'écoulement du temps et la matière à la Tarkovski, mais on voit vite les limites du concept qui se résume à réemployer le mythe du fantôme pour en faire une réflexion nihiliste sur le temps et l'art, s'accompagnant trop souvent d'une lourdeur de mise en scène qui crée une émotion factice. Je rejoins la critique d'Antichrist que voici : https://www.senscritique.com/film/A_Ghost_Story/critique/152529540
  • Traversées (2014)

    8 min. Sortie : .

    Court-métrage de Antoine Danis

  • Bande-annonce

    Suzaku (1997)

    Moe no suzaku

    1 h 35 min. Sortie : . Drame.

    Film de Naomi Kawase avec Jun Kunimura, Machiko Ono, Sachiko Izumi

    Le premier long-métrage de fiction de Kawase, et pourtant déjà une superbe maîtrise du plan-séquence, qui unit l'Homme, la nature et le temps dans une même forme organique, qui doit aussi beaucoup au traitement sonore assez fabuleux. Quelques séquences en trop (notamment les images d'archives familiales) mais un traitement très fin et touchant du deuil, et un regard doux et affectueux sur les agriculteurs japonais des montagnes.
  • Bande-annonce

    Monstres & Cie (2001)

    Monsters, Inc.

    1 h 32 min. Sortie : . Comédie et animation.

    Long-métrage d'animation de Pete Docter, David Silverman et Lee Unkrich avec Billy Crystal, John Goodman, James Coburn

    Un des moins bons Pixar que j'ai vu : pas grand chose de mémorable, un propos vague et manichéen sur le capitalisme industriel, un graphisme qui a énormément vieillit (et qui surtout manque d'affirmation de style), une direction artistique sans ambition, un scénario sous forme d'interminable suite de péripéties et un humour vraiment très peu inspiré... Vaut le coup d’œil pour certains dialogues, et pour mesurer l'immense chemin qu'a parcourut Pixar entre temps.
  • Bande-annonce

    Coco (2017)

    1 h 45 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie, fantastique et comédie musicale.

    Long-métrage d'animation de Lee Unkrich et Adrian Molina avec Anthony Gonzalez, Gael García Bernal, Benjamin Bratt

    Une vraie réussite ; Coco va loin dans la construction d'une philosophie de la mort : quand nous ne pensons plus à nos proches défunts, ceux-ci disparaissent dans le néant. Une idée qui pourrait paraître justement morose, mais qui est traité dans Coco avec la plus grande joie du monde : pour la musique, la culture mexicaine, et toutes les jouissances les plus directes de la vie. Reste quelques points qui me gênent, comme un discours sur l'importance de la famille simpliste et bien trop souligné, des vannes interminables dans cet "anti-monde" qui est, comme à chaque fois chez Pixar, le reflet de notre bureaucratie et notre différenciation des classes. Il est intéressant de comparer cette approche d'un monde des morts avec celle de Burton, qui est à la fois remplie de similitudes et très différente.

    A noter aussi l'animation qui n'est pas simplement une esbroufe technique mais qui acquiert ici un vrai style visuel, qui va à l'encontre de l'imagerie occidentale de la mort.
  • Assassins d'eau douce (1947)

    24 min.

    Court-métrage de Jean Painlevé

    Painlevé est à la fois avant-gardiste dans son approche du documentaire animalier et totalement singulier : il plonge dans un anthropomorphisme assumé, privilégie un humour un peu enfantin pour traiter du monde sous-marin tout en restant assez rigoureux dans son approche scientifique. Quelques problèmes récurrents dans son oeuvre néanmoins : la musique, vite insupportable, et de nombreuses séquences qui font office de bouche-trou.
  • Les Danseuses de la mer (1960)

    13 min. Sortie : 1960.

    Court-métrage de Geneviève Hamon et Jean Painlevé

  • Transition de phase dans les cristaux liquides (1977)

    7 min. Sortie : .

    Court-métrage de Jean Painlevé

    Ou comment transformer un phénomène scientifique observable au microscope en oeuvre d'art abstrait de manière brillante. Au final, assez caractéristique de la démarche de Painlevé : rendre floue la frontière entre art et science.
  • Bande-annonce

    Seule sur la plage la nuit (2018)

    Bamui Haebyunaeseo Honja

    1 h 41 min. Sortie : . Drame.

    Film de Hong Sang-soo avec Kim Min-hee, Jung Jae-young, Moon Sung-geun

    Hong Sang-Soo me fait penser à un Ozu coréen. Non pas à cause de ses films eux-mêmes, mais parce qu'il se construit un système de mise en scène qu'il reprend d'oeuvre en oeuvre, ne jouant que sur la variation. Minimaliste, avec peu de mouvements si ce n'est quelques zooms et panoramiques, c'est un cinéma de la conversation, de l'interaction sociale qui se dessine. Comme toujours, les scènes de repas et l'alcool libère la parole, fait éclater le vernis social.

    Personnellement, c'est une proposition de cinéma que je trouve à la fois intéressante et qui, d'un autre côté, ne me fait ni chaud ni froid. Dans "Un jour avec un jour sans" (que j'avais beaucoup aimé), la structure narrative était le fil conducteur et l'originalité du projet. Ici, j'ai un peu plus de mal à justifier le découpage en deux parties (Allemagne/Corée), si ce n'est par une obsession du réalisateur à répéter les mêmes formes (qu'il semble désigner lui-même dans le film par le personnage du cinéaste).
  • Shara (2003)

    Sharasôju

    1 h 39 min. Sortie : . Drame.

    Film de Naomi Kawase avec Kohei Fukungaga, Yuka Hyyoudo, Naomi Kawase

    Beaucoup de motifs déjà présents dans Suzaku, qui montre une vraie cohérence dans la filmographie de Kawase : le Japon rural et ancré dans la tradition (ici le bouddhisme), dont la nature toujours omniprésente dans le champ et le fond sonore crée des liens originels, une disparition au sein d'une famille et l'apprentissage du deuil, avec finalement l'idée qu'une vie en remplace une autre. Une forme aussi de dépouillement des dialogues maîtrisée, où les plans-séquence et l'expérience du temps qu'ils mettent en place remplacent bien souvent la parole, et disent tout.
  • Bande-annonce

    Vers la lumière (2018)

    Hikari

    1 h 41 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Naomi Kawase avec Masatoshi Nagase, Ayame Misaki, Tatsuya Fuji

  • Bande-annonce

    Celles et ceux des cimes et des cieux (2015)

    2 min40 s. Sortie : 2015. Animation.

    Court-métrage d'animation de Gwenn Germain

  • La femme qui se poudre (1970)

    19 min. Fantastique, Épouvante-horreur et expérimental.

    Court-métrage de Patrick Bokanowski avec Jean-Jacques Choul, Jacques Delbosc d'Auzon, Claus-Dieter Reents

    Pas du tout familier du cinéma de Bokanowski, ce qui explique peut-être mon étonnement face à ce déploiement de formes intrigantes, de zones d'ombre et de floues, de visages déformés et de paysages incompréhensibles, qui jouent beaucoup avec l'imagination du spectateur.
  • La Cage (1964)

    Ori

    11 min. Sortie : 1964. Fantastique et expérimental.

    Court-métrage de Shûji Terayama

    On est assez loin de la maîtrise esthétique des long-métrages de Terayama, mais le film instaure un rythme cyclique plutôt envoûtant, et tourne autour de la question du temps qui ne cessera d'hanter le cinéaste/poète.
  • La permanence (2016)

    1 h 37 min. Sortie : .

    Documentaire de Alice Diop

    Alice Diop choisit, pour traiter le sujet sensible du soin apporté aux migrants, de se limiter à une pièce (la salle de consultation) et à un système de mise en scène frontal (beaucoup de gros plans et peu de montage). Elle crée toute une dialectique entre ce qui est vu/entendu et non-vu/entendu. En plus de son postulat donc, intéressant dans son hermétisme et la confrontation qu'il crée avec le spectateur.
  • Vers la tendresse (2016)

    39 min. Sortie : 2016. Expérimental.

    Court-métrage de Alice Diop

    La forme n'apporte pas grand chose de nouveau, mais on aura rarement vu un court-métrage qui tente de déconstruire le mythe des banlieues avec autant de justesse.
  • Le Labyrinthe d'herbes (1979)

    Kusa-meikyû

    40 min. Sortie : . Fantastique et romance.

    Court-métrage de Shûji Terayama avec Hiromi Kawai, Takeshi Wakamatsu, Keiko Niitaka

    Terayama est probablement l'un des cinéastes japonais les plus géniaux, et pourtant il n'a toujours aucune distribution en France. Un grand film où rien n'est réalité, mais tout est matière poétique : le cinéaste abolit l'espace-temps, fait surgir des allégories hallucinantes au sein de son montage, traite la couleur avec une originalité grandiose, et reste obsédé par la relation conflictuelle à la mère (sans éviter, ce qui est un peu lourdaud et superflus, des connexions avec Freud). En cohérence totale avec ses long-métrages, qui sont chacun une expérience onirique et poétique à part entière.
  • Madame de... (1953)

    1 h 40 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Max Ophüls avec Charles Boyer, Danielle Darrieux, Vittorio De Sica

    Un film qui paraît simple (voire classique), mais qui justement traite des faux-semblants avec une rare complexité : que ce soit les travellings qui embrassent la vacuité de la vie bourgeoise et ses apparats (aller-retour, montées et descentes d'escaliers etc.), le récit construit sur les quiproquos et les manipulations, l'humour absurde (voire parfois noir) qui distille toujours une pointe de satire, les nombreux contre-emplois qui détournent les codes du cinéma classique (musique utilisée comme signifiant du faux-espoir, règle des 180° transgressée avec impertinence etc.) ou encore la direction d'acteur absolument superbe de précision (tous ces faux-sourires et ces non-dits qui passent fugitivement par les expressions faciales) ; le tout concordant vers cette fin d'une noirceur insoupçonnée. D'où le tour d'une force d'une oeuvre qui paraît elle-même classique, mais qui est en fait d'une rare modernité.
  • Bande-annonce

    Lettre d'une inconnue (1948)

    Letter from an Unknown Woman

    1 h 27 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Max Ophüls avec Joan Fontaine, Louis Jourdan, Mady Christians

  • Déjeuner du matin (1974)

    12 min. Sortie : . Animation et expérimental.

    Court-métrage d'animation de Patrick Bokanowski