Trier par : Tri par défaut
  • Tri par défaut
  • Date de sortie
  • Derniers ajouts
  • Note de l'auteur de la liste
  • Notes de mes éclaireurs
  • Note globale
  • Ordre alphabétique
  • Popularité
Croissant
  • Croissant
  • Décroissant
  • 1
  • 2
  • 1

    Metro 2033 - Metro, tome 1 (2005)

    Metro 2033

    Sortie : 2005. Science-fiction et roman.

    Livre de Dmitry Glukhovsky

    On imagine une histoire noire, crade, effrayante. On tombe à côté. Ce n’est rien de tout ça, mais ça aurait pu l’être si l’auteur n’avait pas été aussi frileux. Finalement, le livre déborde de promesses non tenues et n’est rien de moins que de la SF gentillette à ranger au rayon jeunesse. L’univers a beau contenir quelques éléments violents (jugez-en : des rats, des radiations, des tunnels hantés, des stalkers, des mutants), tout est traité pour plaire à des gamins de 12 ans et n’ose jamais aller dans l’horreur pure qu’on aurait espéré d’un tel ouvrage.

    850 pages ma gueule ! Faut du courage.
  • 2

    Monsieur Prokhartchine (1846)

    Господин Прохарчин

    Sortie : 1846. Roman.

    Livre de Fiodor Dostoïevski

    Nouvelle de jeunesse de Dostoeivski, à la fois touchante et drôle, mais trop peu marquante pour être vraiment retenue.

    77 pages, éditions Actes Sud
  • 3

    Le monde du sexe (1957)

    The World of Sex

    Sortie : 1957. Essai.

    Livre de Henry Miller

    Henry Miller qui tente d'écrire un essai philosophique, c'est presque un échec avant même d'être un projet. Impossible pour lui de tenir plus de cinq pages sans se lancer dans quelques anecdotes croustillantes. Et de toute façon, je n'ai absolument rien compris à ce qu'il voulait dire, à part que le sexe doit être placé au même niveau que toutes autres choses . Le sexe est un sujet hautement philosophique à ses yeux qui ne doit pas être traité comme une chose avilissante. Je suis d'accord, mais il faut reconnaître que Miller n'est pas un bon essayiste et que ses tentatives d’explication se noient dans ses emportées lyrique. Poète, provocateur, conteur, oui ! Mais pas essayiste.

    113 pages, édition Bartillat
  • 4

    Des éclairs (2010)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Jean Echenoz

    Echenoz c'est bien, sans modération, ça se lit toujours avec grand plaisir même si c'est jamais des GRANDS livres. Des éclairs, ou la biographie romancée de Nicolas Tesla (affublé ici du nom de Gregor par soucis moral de l'auteur) est le troisième et dernier livre de sa "trilogie" biographique. Me reste à lire le premier : Ravel. Et ce sera pareil, une lecture plaisante sans aucun doute. Moins tortueux que ses premiers ouvrages des années 80, les livres plus récents d'Echenoz n'en sont pas moins intéressants. Dans une interview, Echenoz explique lui-même, sans même s'en rendre compte, que ce roman-ci l'avait obligé à travailler des phrases différentes. Des "phrases". Tout Echenoz est là : écrivain de forme qui s'attache au rythme, au son, au sens et à ses détournements. Jamais pompeux ou démonstratif, tout est travaillé pour le plaisir du lecteur.

    174 pages, éditions minuit (quelle autre édition de toute façon ?)
  • 5

    Les Désaxés (2004)

    Sortie : 2004. Roman.

    Livre de Christine Angot

    J'ai aimé un livre de Christine Angot ! J'en suis le premier surpris. Pourtant regardez moi cette gueule, on aurait presque envie de critiquer le livre rien qu'à sa couverture. D'ailleurs il se tape une triste moyenne. Et je pense que l'animosité que suscite l'auteure y est pour beaucoup. Obligé. Car pour être franc, c'est un bon livre. L'histoire d'un couple sur le déclin, engagé dans une autodestruction inéluctable, sans véritable responsable et qui se déroule comme une partie de ping pong de plus en plus rapide. Chacun rejette la faute à l'autre, renvoie la balle, et effectue un pas de plus vers la séparation. C'est un livre écrit d'un souffle, avec un style assez oral qui peut épuiser mais qui convient très bien ici. Les personnages sont si justes que beaucoup de scènes m'ont troublé sur des petits détails qui prennent sous cette dimension restreinte (celle du couple) une force conséquente.

    155 pages
  • 6

    Ravel (2006)

    Sortie : janvier 2006. Roman.

    Livre de Jean Echenoz

    Echenoz en lecture audio, c'est presque encore plus sympa qu'en lecture normale, surtout quand c'est lu par lui-même. Une pierre deux coups pour moi. Je voulais clore la trilogie "biographique" d'Echenoz (ici celle de Maurice Ravel), et je voulais retenter la lecture audio. Merci la bibliothèque. En plus, ma copine a écouté le livre avec moi, et a pu ainsi découvrir l'auteur.
  • 7

    Lumière et matière - Une étrange histoire (1992)

    Sortie : novembre 1992. Essai.

    Livre de Richard Phillips Feynman

    Je mets 7/10, mais soyons honnête, ce genre de livre ne se note pas vraiment. Je n'ai rien à lui reprocher, et je ne lui trouve rien d'assez époustouflant non plus.

    Il faut prévenir les éventuels intéressés, le titre est trompeur dans la mesure où il laisse penser qu'on aborde le sujet lumière/matière de façon générale, qu'on y verra tout ce qu'il y à vulgariser sur le sujet. Non. Absolument pas.

    Ce sont 4 conférences données par Feynman qui abordent le sujet de façon très précise : Feynman nous mène, pas à pas, au plus proche de ce qu'est réellement l'électrodynamique quantique. Et donc, c'est quoi ? Eh bien, ce sont des calculs de probabilités pour savoir comment se comporte la lumière dans une situation donnée. Réfraction, concentration, diffraction, etc.

    Rien de magique ou de grandiose dans ce livre. Feynman nous demande "vous voulez vraiment entrer dans la mécanique quantique ? Ok ! Eh bien voilà !" Et là, il pose ses calculs de proba sur la table, quitte à faire chier son public venu l'écouter pour 4 jours de conférence. Et au final, on apprend des trucs ! On apprend qu'on ne sait rien. On sait, au mieux, deviner la réaction de la lumière corpusculaire. Mais quant à savoir pourquoi elle agit ainsi, personne ne peut y répondre. Et ce serait entrer dans le domaine de la métaphysique.

    200 pages en poche
  • 8

    Une vie française (2004)

    Sortie : novembre 2004. Roman.

    Livre de Jean-Paul Dubois

    Bel exemple de manipulation promotionnelle. Ne vous-y trompez pas, ce n’est parce que toutes les critiques le répètent, que le livre s’appelle « une vie française » et que les chapitres sont rythmés aux quinquennats de la Ve République, qu’il faut croire que c’est un roman sur la France. Ça a le culot de se présenter comme une traversée de l’Histoire du pays à travers celle d’un homme, alors que non. J.P Dubois se fout bien de la France, sinon pour la juger d’assez loin. Ce qui l’intéresse surtout, c’est de raconter les étapes de la vie d’un homme en empruntant beaucoup dans la sienne. Une vie loin d’être représentative de quoi que ce soit. Le mec passe quand même 25 ans de sa vie sans travailler parce qu’il est riche. Alors certes, on traverse bien les années sexe, puis les années grises, jusqu’à Chirac, mais c’est à travers les yeux d’un soixante-huitard suffisant qui rejette la politique en bloc (comme le petit con d’anar qu’il est), qui crache non-stop sur toute forme de spiritualité et de religion, qui trompe sa femme sans regret, puis qui s’étonne ensuite que sa vie devienne merdique. Ils me font rire ces soixante-huitards, ils prennent tout de haut, mais refusent d’être mis au banc.

    400 pages
  • 9

    Pourquoi je suis moyennement démocrate (2002)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Vladimir Volkoff

    Tout petit livre qui valide ce que je pensais savoir de Volkoff. Je ne connaissais que le romancier, et on n’est jamais vraiment sûr de bien analyser un auteur à travers ses histoires. Volkoff est donc bien de tendance aristocrate et ne voit pas dans la démocratie la panacée qu’on aimerait nous montrer. Il n’y a dans ce livre d’à peine 100 pages, aucune autre prétention que celle d’exposer ses arguments de façon claire. C’est limpide, droit, on sent qu’il tait un peu son habituelle ironie, même si parfois elle rejaillit naturellement (pour mon plus grand plaisir). Volkoff n’apporte rien de nouveau à la réflexion, il synthétise le débat, sans provocation, sans animosité, pioche dans diverses citations l’appuie de ses arguments et laisse même un terrain d’entente aux défenseurs de la démocratie. Ce n’est pas un sujet nouveau, et ce n’est pas SON sujet. Car SON sujet, dont il s’est fait une spécialité est celui de la “désinformation”. Abordé dans les romans que j’ai lus de lui comme le Montage (que vous devez absolument lire !), mais aussi dans des essais que je compte lire un jour.

    97 pages
  • 10

    Prenez le temps d'e-penser, tome 1 (2015)

    Sortie : . Essai et sciences.

    Livre de Bruce Benamran

    À mon sens, il y a deux gros problèmes dans ce livre. Le premier c’est qu’à trop vouloir être fun et sympa à lire, il perd en justesse. Le deuxième, c’est qu’à vouloir aborder autant de sujets, il ne fait que les effleurer, ou pire : il les vulgarise mal.

    Un exemple évident : cette façon gratuite qu’il a de taper sur Aristote, au sujet de la matière et de la lumière, lui permet de passer directement aux atomistes et à la science moderne. Comme si, Aristote avait eu tout faux, et les autres totalement raison. Déjà, Aristote n’était pas seul à son époque et ne sortait pas ses idées de nulle part, indépendamment du reste des hommes. N’importe quel livre d’Histoire de la physique comprendrait qu’il faille passer par une explication d’abord “culturelle” pour comprendre comment les Antiques arrivaient à leurs conclusions.

    Il faut voir aussi le nombre de sujet abordés en 400 pages pour comprendre qu’aucun n’est dignement traité. Mais le plus honteux pour un ouvrage qui veut parler au plus grand nombre, c’est de manquer aussi cruellement d’images. Dans tout exercice de vulgarisation, il y a toujours un moment où l’illustration devient inévitable. N’importe quel vulgarisateur peut le comprendre. À quoi sert-il de parler du modèle atomique de Bohr sans le montrer ? N’est-il pas contre-productif de nous établir une carte du système solaire seulement par le texte, sans jamais la dessiner ? Pas une seule image, ni des fentes de Young, ni de la loi de Wien, ni même du fameux référentiel de Galilée. Des petits dessins, pourtant faciles à exécuter. Non, ici, tout repose sur la bonne blague. Mais la bonne blague est bien inutile face à la difficulté de certains concepts. Et c’est là que Bruce échoue. Certains chapitres sont tout bonnement illisibles. Son explication de la relativité se heurte à cette absence d’illustrations (pourtant, c’est pas compliqué de dessiner des trains en mouvement). Son chapitre sur le système solaire est aussi chiant qu’une succession de pages Wikipédia, son chapitre sur la thermodynamique s’embourbe lentement dans son bordel.

    Bref. La moitié du livre est ratée. Au début de chaque chapitre, ça va. Mais dès qu’on commence à aller vers des notions plus élaborées, on perd en clarté. Le découpage en paragraphe court n’y change rien. Et je défie quiconque, n’ayant lu que ce livre, de me réexpliquer les concepts les plus corsés

    380 pages
  • 11

    Une histoire de la lumière, de Platon au Photon (2015)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Bernard Maitte

    C’est en lisant ce genre de livre, qu’on se rend compte à quel point la vulgarisation de Bruce Benamran est limitée et putaclic. Ici, c’est 60 pages qui sont nécessaires pour expliquer la conception lumière/matière des antiques. Ce qui est plus difficile que de la moquer et de la rejeter d’un revers de la main bien sûr. Et je crois pouvoir dire qu’il y a l’essentiel dans ce livre. Et ô incroyable ! Il est riche en illustrations pour appuyer chaque explication. Du coup, tout est limpide.

    On part des antiques pour arriver jusqu’à Planck, Einstein, le corps noir, la théorie des quantas, la physique quantique, pour finir sur le laser. Chaque avancée en physique n’est jamais racontée indépendamment du contexte scientifique de l’époque. On comprend mieux en quoi la naissance de la science moderne a eu besoin d’une transformation fondamentale des conceptions du monde pour être possible. Giordano Bruno, Copernic et Galilée étaient, en ce sens, de véritables prophètes dans leur domaine. On comprend aussi qu’aujourd’hui, nous arrivons de nouveau à une impasse et que la physique quantique est le signe qu’il nous faut une transformation équivalente à celle de la Renaissance. C’est toute notre conception du monde qui est à revoir : le vide n’est pas immatériel, l’espace-temps gonfle donc il est plein, et la physique des particules, avec cette dualité d’état qui emmerde tant les physiciens, nous oblige à réévaluer tout ce que savons de la matière.

    354 pages
  • 12

    Dernier jour sur terre (2014)

    Last Day on Earth: A Portrait of the Niu School Shooter

    Sortie : . Essai.

    Livre de David Vann

    J’avais adoré Sukkwan Island de Vann, et je compte toujours lire d’autres de ses romans. Mais là il faut avouer ma déception. Dernier Jour sur Terre fait partie de ces nombreux non-fiction-novel que Capote a initié avec son Cold Blood. Vann enquête sur la vie de Steve Kazmierczak, un jeune étudiant qui à 27 ans a décidé, comme tant d’autres, de ramener ses flingues sur le campus et de tirer sur la foule. 5 morts seulement. Vann ne cherche pas le gros fait divers mais l’exemple banal de la tuerie scolaire. Et c’est cette banalité qu’il interroge. C’est tout à fait louable de sa part. Seulement voilà, son postulat de départ nous entraîne vers des raisonnements d’une bêtise crasse. Vann se demande pourquoi lui qui a grandi avec cette culture des armes n’a pas fini comme Steve. Et sa conclusion est la suivante : l’Amérique construit des tueurs de masse. Placidement, il pointe du doigt Marylin Manson, les films d’horreur (Saw), Fight Club, Nietzsche, bref, tout ce qu’aimait Steve. Ainsi que son enfance difficile, son gout modéré pour les armes à feu, son ambivalence sexuelle, son gout pour les jeux de tir, sa passion pour la criminologie, etc.

    Je cite Vann : « Presque chaque phrase de l’Antéchrist est une citation au meurtre de masse. Nombre de mes collègues ne sont pas d’accord, mais j’ai étudié l’Allemand et l’histoire de la pensée allemande […] et je crois toujours que c’est l’un des pires livres jamais écrits. »

    Ce genre de jugement, Vann en émet sur tout ce que j’ai énoncé. Il faut voir ce qu’il dit sur Fight Club pour le croire, c’est assez ahurissant de stupidité. Les raccourcis sont si faciles, les inductions si honteuses qu’on se demande s’il ne le fait pas exprès. Car finalement, la question des armes à feu n’est pas tant évoquée que ça. Vann préfère imaginer que la culture américaine toute entière est fautive, que tout est uniment accusable.

    Et enfin l’autre problème, c’est que l’enquête sur Steve n'est pas passionnante. Vann synthétise des témoignages, récite ses informations, et son seul apport se trouve dans les jugements qu’il émet sur chacun. Il ne prend aucun recul sur le sujet. Il dit souhaiter regarder Steve comme une victime, comme un suicidé, mais finalement ne peut s’empêcher de le juger avec mépris, sans parfois même s'en rendre compte.

    Bref, Vann est un con fini.

    250 pages en poche.
  • 13

    Ennemis publics (2008)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy

    Dans cet échange organisé, chacun y va de son petit texte me-vois-tu, du moins au début où l’exercice permet à chacun d’occuper un espace isolé, mais petit à petit l’échange devient intéressant. Sans surprise alors, on lit un Houellebecq franc, peut-être trop, mais pas spécialement cynique (juste au début), un homme cultivé, nourri de poésie et de Schopenhauer, et qui exprime clairement ses idées. À l’inverse, BHL ne semble qu’aimer le name dropping et encore plus le citation-dropping. Je n’ai pas senti chez lui autant de sincérité. Qu’il lance une idée ou qu’il rebondisse sur une autre, c’est toujours en intellectualisant à outrance. Fatiguant à lire aussi à s’ériger sans cesse en écrivain indigné, défenseur de la veuve et de l’orphelin. Finalement, c'est quand il parlera littérature qu'il sera le plus vrai. Les deux hommes discutent essentiellement d'art, mais aussi beaucoup de leur passé et de leur rapport aux médias. Rien de bien grandiose, juste de quoi nous rappeler que ces deux auteurs, aussi méprisables qu'on puisse les trouver restent avant tout des hommes, imparfaits.

    313 pages en poche
  • 14

    Les Buddenbrook (1901)

    Buddenbrooks : Verfall einer Familie

    Sortie : 1901.

    Livre de Thomas Mann

    Déjà, respect à Thomas Mann pour avoir écrit ça à 25 ans. C’est sauter les étapes d’une carrière que de commencer la sienne avec un tel livre. Les Buddenbrook, c’est le genre de saga familiale qu’on écrit à la maturité littéraire. Une sorte de Guerre et Paix sur la bourgeoisie allemande. Mais chose intéressante : c’est une saga qui démarre au milieu et raconte la fin. Quand le lecteur arrive, l’édifice familial est déjà construit, et les premières scènes nous plongent d’emblée dans le faste. Étalage de richesse, longues scènes de repas, de dialogues surfaits. Mann a l’air écœuré par cette ostentation, même si ça ne l’empêche pas de brosser des personnages profonds, bousculés entre les obligations de leur rang et leurs volontés individuelles. Et ce sont justement ces volontés individuelles qui mèneront la famille à la perte. Mais pas que. Il y a aussi l’idée que cette bourgeoisie meure d’elle-même. Comme si au bout d’un moment, cette vie faite de contrats, de renommée, de commerce, de morale immuable, éjectant l’art, l’amour et la liberté individuelle, ne pouvait plus tenir à l’orée du siècle nouveau. Les Buddenbrooks sont condamnés. Un destin tragique mais inévitable. Et c’est se débattre dans des sables mouvants que d’essayer de s’en sortir, car pour eux toute tentative de sauvetage est vouée à l’échec (en attestent les mariages déshonorés de Tony). Avec ce premier livre, Mann nous raconte la fin d’un siècle.

    758 pages en poche
  • 15

    À coups redoublés (1974)

    Bloodhouse

    Sortie : 1974. Roman et récit.

    Livre de Kenneth Cook

    Toute petite histoire de Cook. Comme d’hab chez lui, la violence la plus crue est racontée de façon cocasse. C'est l'histoire d’une dispute de bar qui dégénère en meurtre. Un petit livre donc, dans lequel on nous montre encore une Australie imbibée d’alcool, nourrie de violence, peuplée d’hommes bêtes. L'originalité du livre réside ici dans une idée narrative : le roman nous annonce dès le début qu'il y a un mort à la fin de cette histoire, mais on ne sait pas qui. Et tout le roman déploie autant de situations dans lesquelles les personnages la frôlent de près. On croit toujours savoir qui va mourir, jusqu'au dénouement, drôle et inattendu. Bref, un bon petit roman mais qui n’a pas l’effet de son Wake in Fright, qui reste son meilleur à mes yeux.

    139 pages en poche
  • 16

    Pottsville, 1280 habitants (1964)

    Pop. 1280

    Sortie : 1964. Roman.

    Livre de Jim Thompson

    Eh bien le voilà enfin ! Mon premier coup de cœur de l'année. Et je dois cette lecture à l'un de mes éclaireurs (vaditchka) que je remercie. L'histoire du shérif de Pottsville, Nick Corey, homme lâche, humilié, écrasé par son entourage, qui décide un beau jour de retourner la situation à son avantage. Le voilà parti pour une vendetta machiavélique qui nous révèle, à nous lecteurs, toutes les immondices de cette ville, et plus largement de cette Amérique raciste, bigote, sournoise, et prête à tout pour le rester.

    270 pages, édition Rivages/Noir
  • 17

    Drame de chasse (1884)

    Драма на охоте

    Sortie : 1884. Roman.

    Livre de Anton Tchékhov

    Comment ça se fait ? Pourquoi ce roman n'est-il pas plus cité ? Mystère ! J'ai trouvé ça absolument fabuleux. Je connaissais le Tchekhov dramaturge volubile, dialoguiste de génie. Je connaissais le Tchekhov paisible, peintre de la nature, capable de s'immiscer dans tous les sentiments humains. Et voilà que je découvre un Tchekhov virtuose, nerveux, et écrivain policier. Mais d'un policier tout particulier, dans lequel le décor donne tout son poids à l'affaire. Si chez les russes, Dostoeivski est l'écrivain de la ville, Tchekhov est celui de la campagne. On croirait du Pouchkine revisité à la sauce moderne : une hargne qui attrape le lecteur, un texte couché d'un seul trait (aucune interruption de chapitre). Pour moi c'est du génie, et pourtant c'est un triste 7 chez mon seul éclaireur qui l'a noté.

    317 pages en poche, Actes/Sud Babel.
  • 18

    Le Feu follet (1931)

    Sortie : 1931. Roman.

    Livre de Pierre Drieu la Rochelle

    Journée d'un héroïnomane qui sait la mort inévitable, et qui ne voit qu'elle comme échappatoire à une vie d'échec. Du moins c'est ce qu'il pense. Le lecteur est enchaîné par force de ses arguments à sa vision désespérée. On le suit une journée entière pendant une tournée entre ses amis qui lui tendent une main, mais qui de l'autre lui enfoncent encore plus la tête sous l'eau. Mais en fait c'est plus compliqué que cela. Il n'y a ni fautif, ni sauveur. Tout y est débattu : la drogue, l'amour, le sexe, la vie, Dieu. Tout y est dit et son contraire. On y verra aussi une France de l'ombre, résidus de la Grande Guerre, une France sans conviction, sans idée, condamnée à mourir pour laisser place à celle qui divisera les hommes pour la 2nd Guerre.
    C'est une oeuvre intelligente, mais d'une terrible noirceur. Si noire que j'en suis resté distant. C'est ce qui vaut un 7, mais c'est indéniablement un livre fort.

    185 pages en poche
  • 19

    Houellebecq économiste (2014)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Bernard Maris (Oncle Bernard)

    La lecture de l'auteur par le prisme de l'économie est sensée, et bien défendue. Là n'est pas le problème. Ce qui fait un peu défaut à ce projet c'est l'écriture journalistique de Maris. A trop vouloir nous vendre le talent de Houellebecq, il finit par s'emporter dans son adoration pour nous servir un texte de moins en moins lisible, de plus en plus éclaté, quand bien même il le structure par penseurs économiques. Et malgré tous les arguments déployés, j'ai eu l'impression qu'il n'a fait qu'effleurer le sujet. C'est trop peu. Houellebecq contient toute la pensée anti-libérale dans ses romans. Oui, c'est vrai, mais pas que. Houellebecq est aussi un écrivain qui parle de religion, de mort, d'humanité, d'histoire, d'évolution, de morale. Il est bien plus qu'un écrivain de notre temps, bien plus qu'un écrivain de l'ère capitaliste comme le défend Maris.

    149 pages en poche
  • 20

    La Moustache (1986)

    Sortie : 1986. Roman.

    Livre de Emmanuel Carrère

    On reconnait bien dans cette histoire, le Carrère pasticheur des genres qu'il affectionne. Passionné par la littérature de l'absurde, il n'a pas attendu longtemps dans sa carrière d'écrivain pour la rejoindre en imaginant ce récit qui vire du cocasse à la terreur. L'histoire d'un type qui vient de raser sa moustache, et qui constate qu'autour de lui personne ne se souvient qu'il n'en avait une. Ce n'est pas un livre irréprochable. Carrère a tendance à surcharger cette histoire de monologues interrogateurs, de suspicions lancées en l'air, qui tournent sur elles-mêmes sans faire avancer l'intrigue. Trop de bavardage quoi. Mais cette absurdité lui permet aussi, et surtout, de toucher un sujet qui lui est cher : le couple.

    183 pages, en poche
  • 21

    Il est difficile d'être un dieu (1964)

    Trudno byt' bogom

    Sortie : 1964. Roman.

    Livre de Arkadi Strougatski et Boris Natanovitch Strougatski

    Comme dans Stalker, il y a ici une manière de poser des questions profondes avec une grande retenue. Le lecteur n'est jamais aidé. C'est à lui d'avoir l’œil vif et d'être assez attentif pour saisir tous les enjeux de la lecture. Car oui, c'est d'une grande intelligence !

    Nous sommes sur la planète Arkanar. Un énorme bourbier Moyen-Ageux dans lequel sévit une milice (les Gris) et qui, lentement mais sûrement, fait plier le pays par une tyrannie lancée contre les lettrés et les savants. Dans ce merdier fasciste, le lecteur suit Don Roumata, un noble qui sue sur tous les fronts pour sauver des vies, et pour empêcher le pire d'arriver. La grande idée du livre est que ce Roumata, et d'autres de ses compères, sont en fait des terriens, bien plus évolués, et présents sur Arkanar en tant qu'historiens. Convaincus par les théories d'une Histoire progressiste - et d'ailleurs la naissance d'un Moyen-Age sur cette planète leur donne raison - ils veillent à ce que celle d'Arkanar suive son cours. Mais Don Roumata, lui, hésite à intervenir plus qu'il ne le fait déjà.

    Et toute l'intelligence du livre est ici. Faut-il laisser la terreur gagner cette partie là, en espérant que des temps prochains la verront en perdre une autre ? Faut-il intervenir dans l'Histoire ? Ces fameux Gris pourraient être aussi bien des Bruns que des Rouges, voilà ce que nous disent les deux auteurs. Ils nous disent aussi que l'Histoire se répète, qu'elle est cyclique, mais que ça ne nous empêche pas de la dévier. On peut y lire alors un appel à l'aide lancé à l'Europe qui observait le Stalinisme sévir sans rien faire. On peut aussi y lire une réflexion plus grande sur le sens de l'Histoire, sur la place de chacun dans celle-ci, sur la possibilité d'y prendre part.

    Pourquoi seulement 7/10 alors ? Eh bien parce que si dans le fond, c'est un grand livre. Dans la forme, c'est plus difficile à apprécier. Les Strougatski ne cherchent pas à plaire, seulement à interroger.

    290 pages en poche
  • 22

    Au-delà du mal (1979)

    By Reason of Insanity

    Sortie : 1979. Roman.

    Livre de Shane Stevens

    J'abandonne. J'ai lu à peu près 150 pages, et tout me parait lourd, mal écrit, cheapos au possible. L'impression de lire un épisode d'Esprit Criminel.
  • 23

    La Fortune des Rougon (1871)

    Sortie : 1871. Roman.

    Livre de Émile Zola

    Premier de la saga Rougon-Macquart, La Fortune des Rougon raconte la naissance et la division de la famille en deux lignées, à partir d'Adélaïde Fouque. Une plongée dans le Sud de la France d'abord, à Plassans (une sosie d'Aix-en-Provence, imaginée par Zola pour le cadre de son histoire). Puis plongée dans une famille bâtarde, divisée, composée de figures si diverses qu'elles semblent toutes symboliser une part de la France de l'époque. Le livre nous raconte essentiellement comment Pierre Rougon et sa femme courent après l'argent, l'unique but de leur vie. Il y a donc une intrigue, mais elle se construit en plusieurs étapes. Et au milieu des personnages plus vicieux les uns que les autres, Zola lâche deux personnages profondément attachants : le jeune Silvère, et sa compagne Miette. Sans eux, l'oeuvre aurait été assurément trop cynique. Une fois tous ces personnages posés dans le décor, Zola nous raconte comment les événements politiques de l'époque vont être perçus et récupérés localement par les Rougon pour établir leur fortune. C'est donc tout ça à la fois ce premier roman : le récit d'une famille, le récit d'un amour, le récit d'une ville, le récit des secousses révolutionnaires de fin de siècle, tout cela noué autour d'une intrigue de coup d'état, et de petites machineries odieuses.

    C'est un très bon départ. Le seul problème que j'ai avec Zola finalement, c'est son manque de spontanéité. Toujours à étirer ses pages, à en rajouter, alors que bien souvent, quelques bons mots lui servent à tout dire. Reste alors l'impression d'un roman qui aurait pu être formellement flamboyant, mais qui se perd trop souvent en digressions emmerdantes.

    377 pages en poche
  • 24

    Moins que zéro (1986)

    Less Than Zero

    Sortie : 1986. Roman.

    Livre de Bret Easton Ellis

    Je ressors toujours des livres de Bret Easton Ellis, lassé, désintéressé, dépouillé d’émotions, comme le sont ses personnages. C’est chez eux une fuite constante. Ils fuient le vide qui les devance, ne s’écoutent pas parler, bavardent pour ne rien dire, se droguent pour meubler leur quotidien, sans pour autant s’auto-détruire. Car on aurait pu espérer qu’au bout de ce néant, ils chercheraient une délivrance par la mort, mais même pas. Ils vivent en léthargie, et ça leur suffit. Du coup, une fois ce constat fait, il n’y a plus rien d’autre à lire chez Ellis. Quitte à sonder l’ennui, je préfère le faire avec Carver, Houellebecq, ou D.Parker. Il y a chez chacun d’eux plus que cela : en surface l’ennui, mais en profondeur le mal-être, la transformation d’une société, ou la futilité. En gros, on peut raconter l’ennui autrement qu’en étant ennuyeux. Bret Easton Ellis a choisi la voie la plus extrême, et elle me laisse de côté.

    204 pages en poche, qui m'ont paru interminables
  • 25

    La part manquante (1989)

    Sortie : 1989. Récit.

    Livre de Christian Bobin

    Au début, on se dit "que c'est bien écrit", "magnifique écriture qui pose des mots sur des sentiments pourtant si subtiles".

    Passé la vingtaine de pages, on trouve que Bobin en fait trop, que sa verve est un poil étouffante.

    89 pages en poche
  • 26

    Le Colosse de Maroussi (1941)

    The Colossus of Maroussi

    Sortie : 1941. Récit.

    Livre de Henry Miller

    Aaah Henry Miller, le plus européen des écrivains américains. Dès qu’il quitte sa terre natale, c’est pour s’en défaire comme d’un lourd manteau, et pour embrasser tout entier le pays dans lequel il se trouve. Dans ce récit, il nous raconte son année de voyage à travers la Grèce, alors que la guerre commence à gronder en Europe. Et Miller est un écrivain de l’instant présent. À New York, il chantait l’Amérique. En France, il se sentait français. Et en Grèce, on le surprend à bouder les deux pays, pour servir son adoration aux grecs. À le lire, on le croirait envouté, hypnotisé par le pays, plus que cela même ! Transformé métaphysiquement ! C’est le Miller fou qu’on retrouve ici. Le Miller poète délirant, qui se perd dans des dédales de songes, qui part au quart de tour, qui à partir de menues descriptions peut bâtir des dizaines de pages irréelles, de métaphores psychédéliques et de mots philosophiques. Il se perd sans cesse, se fout de tout. Son texte est une jubilation de 300 pages.

    323 pages en poche (dans ma vieille édition du Chêne)
  • 27

    Le meilleur (1952)

    The Natural

    Sortie : 1952. Roman.

    Livre de Bernard Malamud

    Il manque de l'envergure à cette histoire pour être réussie. Toutefois, on est forcé de reconnaître qu’elle a initié un type de récit, un genre qui va se décliner jusqu’à plus soif. Son adaptation au cinéma, elle aussi apparemment, a posé les bases d’une mise en scène reprise à l’infini. Ce genre, c’est la fable sportive. Car Le Meilleure a tout d’une fable. L’ascension fulgurante dans le baseball d’un revenant trop tôt mis sur la touche – Roy Hoobs, chevalier à la batte, assoiffé de victoire. Tout y est iconisé. Chaque personnage semble participer à la légende, comme dans les contes anciens, mais une légende sur le rêve américain. L’impression que Dieu est convié à chaque match, que cette histoire cherche à être un récit biblique sur le baseball. Problème : l’écriture de Malamud file à une vitesse hallucinante. À grand renfort d’ellipses, il nous raconte les hauts et les bas de son héros. Et le tout va bien trop vite pour gagner en ampleur. Quelque chose manque à cette fable, même lorsque Malamud la retourne pour nous montrer son revers. Car oui, il n’oublie pas que derrière le sport, il y a la réalité qui, sans prévenir, peut salir le plus beau des tableaux et y laisser une vilaine trace.

    329 pages
  • 28

    Dolores Claiborne (1993)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Stephen King

    Hmmm, si le portrait de cette Dolores est brillant de vérité, et original par sa forme, il est aussi vite essoufflé. En fait, je pense que cette histoire aurait été plus efficace en nouvelle. Car King l’étire trop, transforme ses confessions en bavardages trop long. Dommage, car le but du livre est atteint : on croit à cette Dolores. Mais il y a assurément un problème de rythme.

    329 pages en poche
  • 29

    Microfictions (2007)

    Sortie : 2007. Recueil de nouvelles.

    Livre de Régis Jauffret

    Bon, il faut bien avouer qu’il y a une supercherie dans la présentation qu’on nous fait de Microfictions en quatrième de couverture. Non non, les 500 nouvelles qui composent ce pavé ne sont pas 500 histoires. Rien d’aussi ambitieux. Ce sont simplement une succession de petits textes coupants, provocateurs, souvent des portraits acides, qui nous éclatent à la gueule au début, puis qui très vite perdent en souffle. On imagine vraiment Jauffret derrière sa plume, écrire au fil de ses idées salaces. Et c’est ça le gros problème de Régis, son écriture se révèle trop facile. Passé 10 textes, on se rend compte qu’ils vont être tous les mêmes, que Jauffret ne va jamais chercher à s’écarter de son modèle initial. Un peu de provoc par ci par là, qui choque au début, mais qui lasse à la fin, comme un vieux pote qui ferait les mêmes blagues depuis 10 ans.

    1000 pages
  • 30

    L'Aveuglement (1995)

    Ensaio sobre a cegueira

    Sortie : 1995. Roman.

    Livre de José Saramago

    J’ai l’impression que Saramago est ce genre d’homme nourri de récits bibliques, tant sa littérature semble pleine d’enseignements, de sens profonds, de possibilités de lectures, et pourtant menée le plus simplement du monde. Au-delà de son style très libre – pas de virgule, des voix qui se mélangent dans les dialogues – il y a dans cette histoire plusieurs couches interprétatives qui font d’elle une sorte de parabole. On peut la lire pour ce qu’elle est : l’histoire d’aveugles mis en quarantaine ; pour ce qu’elle symbolise : l’humanité est aveugle de ses propres travers, aveugle à sa violence ; mais aussi pour les sensations qu’elle délivre : la dégradation, la saleté, la confusion, l’indignation, le dégout. Mais aussi une forme d'humilité face à cette malédiction bien étrange. Il faut se méfier de l'écriture de Saramago. En surface, le ton est naïf, presque malicieux, en profondeur c’est plus que cela. Je suis sorti de cette histoire transformé. Un très grand livre.

    366 pages en poche

  • 1
  • 2