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42 livres

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Cent ans de solitude
8

Cent ans de solitude (1967)

Cien años de soledad

Sortie : 1968 (France). Roman

livre de Gabriel García Márquez

Résumé : L'histoire de la famille Buendia sur six générations, dans le village imaginaire de Macondo, qui s'agrandit et attire de nouveaux arrivants.

Annotation :

Bon j'abandonne après plus de 250 pages de lecture. Une véritable épopée pas seulement sur l'immensité de son histoire mais aussi sur le style purement diégétique. Du récit pur qui peut survoler deux ans de vie en une page, récit qui ne prend jamais le temps de se poser, une véritable logorrhée. Bon, avant qu'on me tombe dessus : oui je remarque aussi les qualités, le surréalisme qui habite les pages, le foisonnement créatif qui les gonfle mais moi malgré tout, ça m'emmerde..... Marquez tartine ses pages de gros blocs de paragraphes et je déteste ça. Son histoire riche en inventions ne parvient pourtant jamais à m'intéresser. Je n'ai jamais ressenti une seule émotion, je lis le truc sans plaisir, les événements se suivent et se ressemblent sans jamais me saisir.

PS : j'ai décidé de retirer ma note (qui était de 4/10) parce que ne l'ayant pas lu en entier, ce ne serait pas correct de ma part de la garder.

Les Particules élémentaires
6.8

Les Particules élémentaires (1998)

Sortie : 15 octobre 1998. Roman

livre de Michel Houellebecq

-Alive- a mis 10/10.

Résumé : Les particules élémentaires est la chronique du déclin d'une civilisation - la nôtre - qu'illustre l'existence plate et morose de deux demi-frères, Michel et Bruno, confrontés à leur misérable condition.Car tandis que Bruno s'abîme dans une quête désespérée du plaisir sexuel, la vie amoureuse de Michel continue d'être un pitoyable désastre. Ni résigné, ni satisfait, ce dernier, chercheur en biologie, reste persuadé que ses travaux seront déterminants pour l'avènement d'une nouvelle espèce, asexuée et immortelle, et la disparition - enfin ! - de l'humanité.

Annotation :

« À ce besoin de certitude rationnelle, l’Occident aura finalement tout sacrifié : sa religion, son bonheur, ses espoirs et en définitive sa vie. »

Houellebecq détruit tout, ne croit en rien, nihiliste absolu, jusqu'au-boutiste. Il n'y a pas de fierté humaine, pas d'amour, pas d'espoir, pas de rédemption. Les générations qui nous précèdent ont merdé sur tous les plans et nous laissent un monde violent, individualiste, hypocrite et factice. Normal que Houellebeck déplaise à beaucoup, il ne met jamais d'eau dans son vin, jamais de gant, il ne croit en rien sinon en une évolution qui devra passer par l'extinction de notre espèce dégénérée, abrutie, qui ne mérite que la mort.

Je crois qu'il faut vraiment lire Houellebecq dans l'ordre. Ce livre-ci est un tableau complet là où Extension de Domaine de la Lutte n'était qu'une esquisse. Et ce Particules Elementaires déroule un tapis "philosophique" abouti qui semble mener logiquement vers Plateforme et La Possibilité d'une île.

Journal de deuil
7.5

Journal de deuil

Sortie : février 2009 (France). Correspondance / Journal

livre de Roland Barthes

-Alive- a mis 1/10.

Annotation :

Roland Barthes c'est le seul intellectuel capable de théoriser sur son propre deuil. Sa mère vient de mourir, il est ravagé par le chagrin mais au lieu de se soumettre au silence et au recueillement il se met à inventer des concepts, à penser son deuil, à rédiger des notes, des réflexions. Une démarche que certains trouveront "humaine" et "intime", moi je trouve que ça va toujours dans le sens de la pensée universitaire-branlette-intellectuelle. Ou comment profiter d'une profonde tristesse pour en faire un terreau de la pensée. Infatigable le mec. Des notes sur des brouillons (concrètement, c'est vraiment des brouillons, du gribouillage souvent, des mots écrits en coin de feuille) et ça passe pour un truc indispensable à lire, socle de ce qui viendra après : la chambre claire.

Dernière conversation avant les étoiles
7.6

Dernière conversation avant les étoiles

Sortie : octobre 2005 (France). Essai

livre de Philip K. Dick

-Alive- a mis 7/10.

Résumé : En janvier 1982, Philip K. Dick s'entretient avec la journaliste Gwen Lee, que lui a présentée son amie Doris Elaine Sauter. Dick parle longuement du film d'un jeune réalisateur, Ridley Scott, alors en cours de montage et qui doit sortir sous le titre Blade Runner, il improvise face au micro le scénario de son prochain roman, The Owl in Daylight, il décrit ses visions de 1974 et évoque pêle-mêle, entre délire et érudition, sa méthode d'écriture, une civilisation extra-terrestre sourde et muette ne communiquant que par les couleurs, les ÿvangiles, Parménide, la suite de Fibonacci, et tout ce qui fait de sa propre biographie un véritable roman de Philip K, Dick. Deux mois plus tard, Dick meurt d'une crise cardiaque à l'âge de 54 ans. Il n'aura pas vu Blade Runner, il n'aura pas écrit The Owl in Daylight, mais nous aura laissé, avec ces conversations, un témoignage exceptionnel - inédit en français - sur une oeuvre majeure du XXe siècle.

Annotation :

Un livre pour les fans qui m'aura appris deux choses :

1- K.Dick n'était pas si dingue à la fin de sa vie. Bon, il avait des expériences divines à ne plus savoir qu'en faire, mais il revenait dessus comme n'importe qui de rationnel. Un homme très lucide, très cultivé, avec une soif de culture chronophage, tellement sincère dans son discours qu'on aurait presque envie de croire à ses différentes rencontres avec Dieu et avec des entités extraterrestres qui lui envoyaient des "rafales d'informations séquentielles sous formes de millions de couleurs".

2- K.Dick allait pondre un roman dont la seule idée me met l'eau à la bouche. The Owl in Daylight (à traduire par "Comme un Hibou en plein jour") où l'histoire inspirée de ses expériences divines, à savoir celle d'une civilisation extraterrestre prenant contact avec l'humanité, et les deux étant mutuellement aveuglés par l'autre ; car bouleversements des sens non adaptés à un monde trop différent. Et ces rencontres se focalisent sur la notion du langage universel : les mathématiques. L'autre est si différent de nous, et son monde est si puissant pour nos sens, que la rencontre est comme une expérience divine, une vision du paradis. Derrière cette idée purement SF K.Dick avait déjà pour idée de maîtriser des concepts de dingues qu'il expose dans l'interview.

Putain dommage qu'il soit mort avant.

Le Diable l'emporte
6.8

Le Diable l'emporte (1948)

Sortie : 1948 (France). Roman, Science-fiction

livre de René Barjavel

-Alive- a mis 5/10.

Résumé : Nous sommes dans les années 1960, la technologie nucléaire est à son apogée et l'Homme se lance à la conquête de l'espace. Cette conquête passe d'abord par la possession de la Lune par une des grandes nations de ce monde : la Russie, l'Europe de l'Ouest, et les États-Unis. Ces grandes nations se disputent la domination de la Lune et s'ensuivent des conflits, qui se transforment en une équivalence de la guerre froide au niveau mondial.

Annotation :

Une première partie pas géniale, ce qui explique ma note.

Barjavel raconte toujours la même histoire à des variations près. Toujours cette idée d'abri anti-atomique, de cataclysme nucléaire et d'arche construite par le fameux monsieur Gé qu'on trouve dans d'autres de ses livres.

Par contre la fin est puissante. Scènes de guerre mondiale où des armes massives effroyables sont utilisées sur les populations. Son bouquin le plus pessimiste. Une rose au paradis sonne comme une réponse à ce livre, il reprendra quasiment la même histoire mais pour lui donner un message d'espoir.

Les Nuits blanches
7.9

Les Nuits blanches (1848)

(traduction André Markowicz)

Belye notchi

Sortie : 1956 (France). Roman

livre de Fiodor Dostoïevski

-Alive- a mis 6/10.

Résumé : Un homme solitaire et romanesque rencontre une fille éplorée. Désespérée par un chagrin d'amour, Nastenka se laisse aller au fantasme du jeune homme.

Annotation :

mouais....
j'aime pas les épanchements amoureux, j'ai l'impression de retrouver le même Dosto que dans son premier roman. Pas trop mon truc même si ça se lit facilement.

Pas pleurer
6.9

Pas pleurer (2014)

Sortie : 21 août 2014. Roman

livre de Lydie Salvayre

-Alive- a mis 6/10.

Résumé : Deux voix entrelacées. Celle, révoltée, d'un témoin direct de la guerre civile espagnole, et celle, roborative, de Montse, qui a tout gommé de sa mémoire...

La Meilleure Part des hommes
6.6

La Meilleure Part des hommes

Sortie : août 2008 (France). Roman

livre de Tristan Garcia

-Alive- a mis 8/10.

Résumé : « Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement de lutte et d'émancipation de l'homosexualité en France. Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. L'un et l'autre s'aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice et de son amant, intellectuel médiatique, qui passent plus ou moins consciemment à côté de leur époque. Nous assistons avec eux au spectacle d'une haine radicale et absolue entre deux individus, mais aussi à la naissance, joyeuse, et à la fin, malade, d'une période décisive dans l'histoire de la sexualité et de la politique en Occident. Ce conte moral n'est pas une autofiction. C'est l'histoire, que je n'ai pas vécue, d'une communauté et d'une génération déchirées par le Sida, dans des quartiers où je n'ai jamais habité. C'est le récit fidèle de la plupart des trahisons possibles de notre existence, le portrait de la pire part des hommes et — en négatif — de la meilleure. »

Annotation :

On a reproché pas mal de choses à Garcia pour son premier roman. Raconter une époque qu'il n'a pas vécu, marteler une style coup-de-poing qu'on peut trouver agaçant,et traiter de l'homosexualité et du sida dans les années 80 sans y connaître grand chose. Et bien ceux qui ont prononcé ces reproches n'ont pas dû lire le même livre que moi.

La thématique en question ne sert pas tant à parler des homosexuels que d'une époque. Celle des années 80, comme un lourd nuage gris qui s'abat sur le pays et qui y reste (Houellebecq approuve). La folie se meurt, chacun se range dans un camp, y va de son coup de bienpensance. Une époque raisonnable et tellement triste. Un livre qui ne cesse d'insulter son lecteur, qui nous prend par le col et qui nous tire. On en vient à voir dans un personnage exécrable (Willie) le martyre d'une humanité perdue.

À l'aide ou le rapport W
7.3

À l'aide ou le rapport W

Sortie : août 2013 (France). Roman

livre de Emmanuelle Heidsieck

-Alive- a mis 7/10.

Résumé : "Ils disaient généralement avoir eu le sentiment de revivre quelques secondes avant d'être épingles. Des voisins ont attesté que lors de l'arrestation : « II semblait euphorique, il avait fini son muret, i ! irradiait, une joie stupéfiante, hystérique, il riait, » On l'a embarqué." Août 2015. Un professeur à la retraite est arrêté par la police devant son domicile. Menotté, il est embarqué et placé en garde à vue. L'homme est accusé d'avoir rendu des services dans le voisinage. L'aide à la personne est désormais un délit passible de prison et d'une forte amende. Au ministère de l'Intérieur, deux hauts fonctionnaires en tout point dissemblables rédigent le rapport qui servira de base au texte de loi. Dans ce roman d'anticipation, Emmanuelle Heidsieck décrit un monde effrayant qui pourrait être le nôtre et dresse un constat acerbe des dérives sociales.

L'Exil et le Royaume
7.3

L'Exil et le Royaume (1957)

Sortie : 1957 (France). Recueil de nouvelles

livre de Albert Camus

-Alive- a mis 5/10.

Résumé : Dans les épaisseurs de la nuit sèche et froide, des milliers d'étoiles se formaient sans trêve et leurs glaçons étincelants, aussitôt détachés, commençaient de glisser insensiblement vers l'horizon. Janine ne pouvait s'arracher à la contemplation de ces feux à la dérive. Elle tournait avec eux, et le même cheminement immobile la réunissait peu à peu à son être le plus profond, où le froid et le désir maintenant se combattaient.

Annotation :

Recueil de nouvelles variées autour du thème de l'exil. Camus sait écrire des histoires libres d'interprétations, mais par contre il peine à les rendre intéressantes. Trop d'envolées lyriques et des récits peut-être profonds de sens mais maigres en actions. Je me suis ennuyé.

L'Oreille interne
7.7

L'Oreille interne (1972)

Dying Inside

Sortie : 1975 (France). Roman

livre de Robert Silverberg

-Alive- a mis 6/10.

Résumé : David Selig, Juif new-yorkais d'une quarantaine d'années, se considère comme un raté.Il est pourtant télépathe et pourrait profiter de ce don pour faire fortune, conquérir - et garder ! - les plus belles femmes Mais non, rien à faire, il estime être un monstre tout juste bon à faire le nègre sur des devoirs d'étudiants, incapable de réussir sa vie. La dernière preuve en date : ce talent qu'il déteste tant, mais qui est finalement son seul lien avec le reste de l'humanité, est en train de le quitter ! Apeuré à l'idée de se retrouver seul avec lui même, Selig nous conte sa misérable existence.Grand roman psychologique, plein d'humour et de mélancolie, L'oreille interne est peut-être le plus beau livre de Robert Silverberg et à coup sûr un chef-d'?uvre de la science-fiction.

Annotation :

C'est l'histoire d'un télépathe qui nous parle de sa vie misérable car son don est une malédiction, mais la vrai malédiction c'est que son don est entrain de disparaître. J'ai mis 6 parce que je m'attendais à mieux quand même. Intéressant, original mais un peu redondant. Des grosses longueurs, Selig radote.

La Cerisaie
7.7

La Cerisaie (1904)

(traduction André Markowicz et Françoise Morvan)

Višnëvyj sad

Sortie : septembre 2002 (France). Théâtre

livre de Anton Tchékhov

-Alive- a mis 8/10.

Résumé : Après un exil à Paris, Lioubov retourne dans la maison familiale, une demeure ouverte sur une cerisaie. Ruinée, elle pense à vendre la propriété.

La Mouette
7.9

La Mouette (1896)

(traduction André Markowicz et Françoise Morvan)

Tchaïka

Sortie : 1896 (France). Théâtre

livre de Anton Tchékhov

-Alive- a mis 8/10.

Résumé : Un jeune homme — souhaitant transformer le monde — affronte sa mère en cherchant en vain à lui faire connaître sa valeur mais fini par déclarer forfait.

Un an
7.1

Un an

Sortie : 1997 (France). Roman

livre de Jean Echenoz

-Alive- a mis 8/10.

Annotation :

Un très bon Echenoz. Evidemment chez lui tout est dans le style, et ici il nous raconte les galères d'une jeune femme nommée Victoire, qui par crainte d'être soupçonnée d'un meurtre, fuit sa vie et la société jusqu'à vivre comme SDF. En 100 pages brutes (sans chapitre) Echenoz nous tient en haleine avec peu de chose si ce n'est un travail sur la phrase et le rythme qui font de lui un très bon écrivain de forme. J'aime beaucoup.

Les Enfants Tanner
8.1

Les Enfants Tanner (1907)

Geschwister Tanner

Sortie : 1985 (France). Roman

livre de Robert Walser

-Alive- a mis 4/10.

Résumé : "De tous les endroits où j'ai été, poursuivit le jeune homme, je suis parti très vite, parce que je n'ai pas eu envie de croupir à mon âge dans une étroite et stupide vie de bureau, même si les bureaux en question étaient de l'avis de tout le monde ce qu'il y avait de plus relevé dans le genre, des bureaux de banque par exemple. Cela dit, on ne m'a jamais chassé de nulle part, c'est toujours moi qui suis parti, par pur plaisir de partir, en quittant des emplois et des postes où l'on pouvait faire carrière et le diable sait quoi, mais qui m'auraient tué si j'étais resté. Partout où je suis passé, on a toujours regretté mon départ, blâmé ma décision, on m'a aussi prédit un sombre avenir, mais toujours on a eu le geste de me souhaiter bonne chance pour le reste de ma carrière." Les enfants Tanner est le premier roman d'un "marginal" né en Suisse il y a un siècle. Robert Walser, entré dans l'oubli bien avant sa mort en 1956, est revenu aujourd'hui au rang des plus modernes de ses contemporains, Kafka, Musil, Walter Benjamin.

Annotation :

C'est très bien écrit et ça mérite peut-être un statut d'oeuvre unique rien que pour la plume légère et nonchalante de Walser mais j'y peux rien si ça m'ennuie profondément. Combien longue fût cette lecture !

Running Man
7.4

Running Man (1982)

The Running Man

Sortie : janvier 1987 (France). Roman

livre de Stephen King (Richard Bachman)

-Alive- a mis 7/10.

Résumé : Ben est désespéré de voir son bébé s'éteindre à petit feu. Chômeur, il n'a plus rien pour acheter les médicaments susceptibles de le sauver.

Annotation :

Stephen King c'est toujours efficace même si sa plume est proche du néant. C'est pas chez lui que l'on nourrira son intellect quoi. Son Running Man tient en haleine et divertit comme il se doit avec quelques scènes mémorables. Du stress, de la violence, de l'action pour une dystopie basique mais sympa à lire.

Nous, animaux et humains : actualité de Jeremy Bentham

Nous, animaux et humains : actualité de Jeremy Bentham

Sortie : 3 mars 2011 (France). Essai

livre de Tristan Garcia

-Alive- a mis 6/10.

Résumé : Quelque chose a changé dans notre sensibilité. Nous ne souffrons plus la souffrance des animaux. Et la séparation entre nous et eux à l'épreuve de laquelle nous avions édifié la certitude de notre identité se défait. L'humanité ne parvient plus à se contenir en elle-même. Elle déborde comme un vase trop plein et s'écoule vers d'autres formes de vie. Pour comprendre ce bouleversement, un retour au philosophe Jeremy Bentham s'impose. Dans son Introduction aux principes de morale et de législation de 1789, le fondateur de l'utilitarisme a dégagé les principaux arguments utilisés aujourd'hui par tous les défenseurs de l'antispécisme et du droit des animaux, mais également les limites de cette argumentation. En se plaçant dans les pas de Jeremy Bentham mais aussi des grands auteurs de la pensée animaliste (Peter Singer, Tom Regan, Martha Nussbaum) et de certains écrivains (Franz Kafka, Curzio Malaparte, J. M. Coetzee), Tristan Garcia se livre à une réflexion très personnelle sur les paradoxes de la nouvelle communauté morale qui nous relie aux autres animaux. Pourquoi ce lien s'impose-t-il au moment où nous ne vivons plus ensemble ? Comment s'interdire de faire souffrir les autres animaux sans souffrir de la souffrance qu'ils s'imposent ? Sans jamais clore l'interrogation, l'auteur appelle à sortir de la focalisation sur la question du droit, pour ouvrir celle de la communauté sensible que nous pouvons former - ou pas - avec ce lointain semblable qu'est l'animal.

Le Poids de la grâce
7.8

Le Poids de la grâce (1930)

Hiob, Roman eines einfachen Mannes

Sortie : 1930. Roman

livre de Joseph Roth

-Alive- a mis 6/10.

Résumé : L'oeuvre de Joseph Roth est faite d'ironie, de dérision, d'humour et d'une infinie compassion pour ses personnages. Une grande liberté d'expression alliée à une précision méticuleuse, une extrême rigueur, en font l'un des plus grands prosateurs de la langue allemande. Il a ce goût viennois de la plaisanterie, de la pointe amère et sceptique. Mais il a aussi un côté « prophète » qui s'exprime en particulier dans Le Poids de la grâce, et qui l'apparente parfois à Isaac B. Singer. Treize romans, huit récits, trois volumes d'essais et de reportages et un millier d'articles... Voilà ce qui nous reste aujourd'hui de Joseph Roth. A un enfant qui lui posa un jour la question : « Pourquoi écris-tu toujours ? » il répondit simplement : « Pour que le printemps revienne. »

Annotation :

Les Singer, une famille juive pieuse toute entière dévouée aux traditions religieuses. Et l'histoire du malheur qui s'abat sur eux en ce début de vingtième siècle, et de leur foi comme seul remède à ce qui semble être une malédiction divine. Le livre est habité par cette foi et le roman veut nous montrer combien elle est précieuse, et qu'il serait désastreux de la perdre. Malheureusement, le style plutôt agréable de Roth ne lui évite pas de se perdre en longueur et de s'essouffler tout au long du roman. Des longueurs, mais aussi un angle de récit pénible : le lecteur a toujours une avance sur les personnages quelques peu ignorants, et donc il devine les retournements de situation bien avant qu'ils arrivent, tandis que Roth s'amuse à retarder inutilement leur révélation. Ces deux défauts amputent le livre de la grandeur qu'il essaie d'atteindre.

Lune noire
7.6

Lune noire (1944)

The Moon Is Down

Sortie : 1994 (France). Roman

livre de John Steinbeck

-Alive- a mis 8/10 et a écrit une critique.

Résumé : Diffusé sous le manteau pendant l'occupation, voici le plus étonnant des Steinbeck. Alors que partout en Europe la guerre fait rage, au bout du monde, un petit village scandinave coule une existence paisible. Jusqu'au jour où une unité allemande apparaît au sommet de la côte. En un instant l'harmonie ancienne est rompue. Rapidement l'envahisseur est condamné à la terreur. Face à lui, la population doit choisir entre la résistance ou la collaboration. Ce sera la résistance, mais passive, faite d'indifférence, de silence et de refus. Jusqu'à retourner la menace vers l'ennemi, le mener à la folie.Orden le rebelle, Lanser le colonel nazi et Corell le collaborateur incarnent triplement l'unique destinée de l'homme face au totalitarisme. Grâce à la finesse psychologique des personnages et à la force heurtée du récit, ce roman, alors prophétique, devient une parabole pour aujourd'hui. John Steinbeck (1902-1968) est l'auteur de nombreux livres aussi marquants que Des souris et des hommes ou A l'est d'Eden et fut lauréat du prix Nobel de Littérature en 1962. Lune noire date de 1942.

Annotation :

Pour l'instant, le Steinbeck le moins bon que j'ai lu, et c'est un 8/10

Ne surtout pas s'attendre à un livre explosif et détonnant comme le laisse penser la quatrième de couverture. C'est l'histoire d'une résistance sourde qu'on ne voit jamais, qu'on entend un peu, et c'est surtout beaucoup de dialogues épurés, directs, presque du théâtre. Certains auront peut-être l'impression de rester sur leur faim car le livre passe très vite, n'offre aucune scène palpitante. La qualité ne se trouve pas dans le récit de cette "résistance" mais bien dans les lignes de dialogue et ce qu'elles disent des personnages.

Une journée d'Ivan Denissovitch
7.6

Une journée d'Ivan Denissovitch (1962)

(trduction Jean et Lucie Cathala)

Odin den' Ivana Denisovicha

Sortie : 1973 (France). Roman

livre de Alexandre Soljenitsyne

-Alive- a mis 6/10.

Résumé : Prisonnier depuis huit ans dans un camp de travaux forcés en Asie centrale sous le régime stalinien, Ivan Denissovitch Choukhov, petit homme bon et débrouillard, est un zek, un détenu dans le langage administratif soviétique. Harcelé par ses bourreaux, le froid et la faim, il s'efforce de survivre avec dignité. Alexandre Soljenitsyne nous plonge dans le quotidien d'une victime des camps de travail, et c'est toute l'horreur de cet univers " hors la vie " qui nous saute au visage. En 1962, avec ce texte inoubliable écrit en deux mois dans une langue vive, truculente et lyrique, Soljenitsyne et le monde du goulag entraient en littérature.

Annotation :

ça mérite sûrement pas un 6/10, car je vois très bien ce qui fait de ce livre une oeuvre importante : on est ici face à l'un des premiers témoignages qui ont révélé au reste du monde l'existence des goulags (peut-être le premier, j'en sais rien), Soljenitsyne a commencé à penser à son écriture alors qu'il purgeait encore ses 8 ans en camps. La force du texte c'est d'adopter une langue populaire et vive qui ne se concentre que sur les détails, mais ce sont justement ces détails qui importent ici, le reste n'existe plus. Comment faucher quelques objets utiles, comment les cacher, comment obtenir par tous les moyens du rab au réfectoire, comment se protéger du froid sibérien (ce froid tellement intense qu'il en gèle vos bottes) comment se comporter avec les gardes etc... En somme comment survivre au quotidien. Pas de peur, pas de pleurs, pas de victimisation, juste la vie en camps. Mais la force du texte est aussi sa faiblesse. On peut vite se lasser de cette lecture malgré ces courtes 200 pages, ce fût mon cas. Intéressant, important mais pas passionnant.

Cinq matins de trop
7.7

Cinq matins de trop (1961)

Wake in fright

Sortie : 2006 (France). Roman

livre de Kenneth Cook

-Alive- a mis 8/10.

Résumé : «Voilà une caractéristique bien particulière des gens de l'Ouest, songea Grant. Tu peux coucher avec leurs femmes, spolier leurs filles, vivre à leurs crochets, les escroquer, faire presque tout ce qui te frapperait d'ostracisme dans une société normale : ils n'y prêtent guère attention. Mais refuser de boire un coup avec eux et tu passes immédiatement dans le camp des ennemis mortels. Et merde, à quoi bon ? Il ne voulait même plus penser à l'Ouest, à ses habitants et à leurs manies. Laissons-les tranquilles. Une fois à Sydney, qui sait, il ne remettrait peut-être plus jamais les pieds ici.» Jeune instituteur planté au fin fond de l'Outback, coeur de l'Australie, John Grant doit passer la nuit à Bundanyabba avant de prendre l'avion pour des vacances à Sydney. Il dépose ses valises à l'hôtel, va boire un verre et jouer dans l'un des nombreux pubs de cette petite ville surchauffée et poussiéreuse, où tout le monde s'ennuie Thriller atypique, à la fois initiatique et nihiliste, Cinq matins de trop nous transporte dans le cauchemar éveillé d'un homme ordinaire, autant acteur que spectateur, petit à petit enchaîné à l'alcool, au jeu, au sexe, à la violence, à l'autodestruction.

Annotation :

Ça sent la poussière, la sueur et les insolations. Un livre trépidant sur les péripéties d'un type malchanceux coincé dans l'Outback Australien. Très bon. (et c'est publié en 1961, pas en 2008 ! ça c'est la réédition française).

Pétrole !
7.7

Pétrole ! (1931)

Oil !

Sortie : 2008 (France). Roman

livre de Upton Sinclair

-Alive- a mis 7/10 et a écrit une critique.

Résumé : « Comme Zola, Upton Sinclair n'a rien d'un styliste extasié : il peint large, vite, puissant, il emporte le lecteur et l'incite à s'insurger : Sinclair n'aurait pas renié l'acception utilitaire de son travail. Pourtant Pétrole ! demeure un récit d'aventure. Tel Géant, livre qui fut lui aussi adapté au cinéma, ce roman se veut le roman du pétrole. Le pétrole volontiers scélérat que Sinclair avait déjà affronté en manifestant contre les Rockfeller. On ne manquera pas d'être frappé, au long de toute la première partie du livre, par la toute puissance de J. Arnold Ross, magnat de la génération fondatrice de l'industrie pétrolière américaine, et de la soumission parfaite de son fils Bunny. Pourtant, le jeune homme s'affranchit de cette tutelle écrasante et finit par tracer son propre chemin, singulièrement différent de ce que dessinait l'exemple paternel. Sept cents pages d'idéalisme, empreintes de toutes les composantes du roman d'éducation. On sent qu'Upton Sinclair aspire à donner vie à la chimère de la littérature américaine de tout temps, the great American novel, le grand roman américain à l'échelle du pays-continent qui une fois pour toutes s'inscrira dans l'histoire littéraire. Un tel ouvrage doit constituer un ferment, ouvrir un chemin, voire une école, connaître le succès public, c'est essentiel. Eh bien, ces critères là, Pétrole ! les réunit tous. »

Annotation :

« Paul demeura songeur et poursuivit :
- Je ne voyais pas ces gens qui étaient venus pour concéder leurs terrains, mais, du dehors, j'entendais, et j'écoutais leurs discussions. Et maintenant, en voyageant à travers l'Europe, je me rends compte que la diplomatie mondiale est absolument la même chose : ce n'est qu'une dispute pour une concession pétrolière. Chaque nation déteste toutes les autres, entre dans des combinaisons, promet d'agir de concert, mais elles se sont vendues mutuellement avant qu'il fasse nuit, et il n'est pas de mensonge que n'ait fait, pas de crime que n'ait commis chacune d'elles.»

Vice caché
7.3

Vice caché (2009)

Inherent Vice

Sortie : 2 octobre 2010 (France). Roman

livre de Thomas Pynchon

Résumé : Doc Sportello, teint d'endive et coupe afro, atteint d'une fâcheuse tendance à s'endormir au mauvais moment par abus de marijuana, est détective privé dans la Californie des seventies. Chargé d'enquêter sur Mickey Wolfmann, promoteur milliardaire à tendance nazie, il doit faire équipe avec le flic Bigfoot, son meilleur ennemi. Un voyage totalement déjanté au pays des hippies. Si cool, man.

Annotation :

Arghh, désolé mais je trouve ça vraiment chiant. Pourtant j'ai toujours envie de découvrir Pynchon, mais ce bouquin, sans pour autant me débecter, m'agace tout simplement. On suit une enquête sans vraiment la suivre, elle est là, fait avancer le récit de temps en temps, mais le texte ne s'y attache pas vraiment et préfère nous balader dans des digressions énormes (chaque description, chaque petit élément, présentation, anecdote sert une digression). Du coup le style est dense, lourd, demande au lecteur une énorme attention pour rien car tout ce qu'on se force à lire n'a jamais aucune importance dans la diégèse. Tout est superflu. Et l'humour, qui arrive à me tirer un sourire par ci par là, porte toujours sur des délires hippies, sur le personnage de Spotello, toujours à côté de la plaque.....Enfin bref, j'ai pas trop d'argument. C'est juste que ce truc m'ennuie plus qu'autre chose. D'ailleurs je ne l'ai pas terminé donc pas noté.

La Vérité sur l'affaire Harry Quebert
7.3

La Vérité sur l'affaire Harry Quebert (2012)

Sortie : 19 septembre 2012. Roman

livre de Joël Dicker

-Alive- a mis 4/10 et a écrit une critique.

Résumé : Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.

Annotation :

La vérité la voici : très prenant, comme n'importe quel petit polar bien ficelé, mais faut pas lui en demander plus, car à part ça c'est très con.

Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?
8

Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (1968)

Blade Runner

Do Androids Dream of Electric Sheep?

Sortie : 1968 (France). Roman, Science-fiction

livre de Philip K. Dick

-Alive- a mis 9/10.

Résumé : Rick Deckard est un chasseur de primes chargé de démasquer et éliminer des androïdes séjournant sur terre illégalement. On les appelle les Andys.

Annotation :

Très dense dans ses explorations thématiques. Les romans de K.Dick sont toujours, à doses variées, des pot-pourris dans lequel l'auteur insère ses lubies. C'est ce qui rend ses univers si denses et si farfelues. Parfois les thèmes s'accordent mal et donnent des livres fouillis, d'autres fois ils s'accordent parfaitement et offrent des livres comme celui-ci. Un monde en décrépitude, poussiéreux, vide de vie, où la seule solution pour y pallier est de construire des simulacres. Un monde dans lequel on distingue mal l'authentique du factice, à tel point que le lecteur finit par se demander : à quoi bon ? qu'est-ce ça change de savoir ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas ? Un monde dans lequel Rick Deckard tue à regret des androïdes qui paraissent plus humains que lui afin de s'acheter un animal pour lequel il n'a aucune affection. Un monde voué à mourir, emporté par un mouvement entropique destructeur.

K.Dick ne parle pas seulement de vrai et de faux, il ne parle pas seulement d’androïdes, il parle du néant contre lequel on ne peut rien faire.

Un roman russe
7.1

Un roman russe (2008)

Sortie : septembre 2008. Récit

livre de Emmanuel Carrère

-Alive- a mis 8/10.

Résumé : « La folie et l'horreur ont obsédé ma vie. Les livres que j'ai écrits ne parlent de rien d'autre. Après L'Adversaire, je n'en pouvais plus. J'ai voulu y échapper. J'ai cru y échapper en aimant une femme et en menant une enquête. L'enquête portait sur mon grand-père maternel, qui après une vie tragique a disparu à l'automne 1944 et, très probablement, été exécuté pour faits de collaboration. C'est le secret de ma mère, le fantôme qui hante notre famille. Pour exorciser ce fantôme, j'ai suivi des chemins hasardeux. Ils m'ont entraîné jusqu'à une petite ville perdue de la province russe où je suis resté longtemps, aux aguets, à attendre qu'il arrive quelque chose. Et quelque chose est arrivé : un crime atroce. La folie et l'horreur me rattrapaient. Elles m'ont rattrapé, en même temps, dans ma vie amoureuse. J'ai écrit pour la femme que j'aimais une histoire érotique qui devait faire effraction dans le réel, et le réel a déjoué mes plans. Il nous a précipités dans un cauchemar qui ressemblait aux pires de mes livres et qui a dévasté nos vies et notre amour. C'est de cela qu'il est question ici : des scénarios que nous élaborons pour maîtriser le réel et de la façon terrible dont le réel s'y prend pour nous répondre. »

Annotation :

Que Carrère ait un sujet ou non, qu’il ait quelque chose à dire n’importe pas, ne l’effraie pas. Carrère trouvera toujours à sortir un bouquin. S’il n’a rien à raconter, il le racontera. Et ce Roman Russe n’est rien d’autre que le récit d’une période vide de création, période où il n’avait plus rien à dire et où les échecs professionnels attiraient les échecs personnels. Et de ces échecs (reportage sans sujet, déboires amoureux, syndrome de la page blanche) il tire un livre introspectif dans lequel il se livre complètement, tout salaud qu’il est. Détestable au possible, imbu de lui-même, désagréable avec sa femme, condescendant, jaloux, capricieux comme peut l'être un bourgeois à qui on a essuyé tous caprices. Il se montre tel qu'il est.

Ce livre c’est le roman du vide mais un vide sondé d’une plume tellement efficace et tellement sincère qu’il résonne comme un mea culpa. Faute avouée à moitié pardonnée, dit le proverbe. Carrère le sait et l’exploite avec talent.

D'après une histoire vraie
7.3

D'après une histoire vraie (2015)

Sortie : 26 août 2015. Roman

livre de Delphine de Vigan

-Alive- a mis 8/10.

Résumé : « Tu sais parfois, je me demande s'il n y a pas quelqu'un qui prend possession de toi. »

Annotation :

Delphine de Vigan enterre un genre entier. L'autofiction. Le récit de soi. Elle le déguise, le retourne, le piétine. Offrant d'une pierre deux coups un roman bluffant et un discours méta sur son propre matériaux. Pourtant ça met du temps à se mettre en place, ce n'est pas sans défaut, sans hésitation mais la littérature ce n'est pas de la cuisine. Les imperfections, aussi nombreuses soient-elles, n'empêchent jamais un livre d'être bon.

Légendes d'automne
7.6

Légendes d'automne (1979)

Legends of the Fall

Sortie : 1981 (France). Recueil de nouvelles

livre de Jim Harrison

-Alive- a mis 5/10.

Résumé : " Les trois longues nouvelles de Légendes d'automne occupent une place singulière dans l'œuvre de Jim Harrison. Chacune d'elles a la dureté limpide et tranchante d'un cristal de roche arraché tel quel aux profondeurs de la psyché humaine. Jamais sans doute l'écrivain ne retrouva ensuite la pureté et la puissance de ces nouvelles compactes, marquées au sceau de l'excès et de la démesure. La vengeance est l'obsession de la première, la métamorphose le thème élégiaque de la deuxième, un destin tragique irrigue la dernière. Jamais non plus dans la production ultérieure, certes prolixe et généreuse de Jim Harrison, la folie, la mort, les carnages, les délires, l'errance et le vice, la cupidité et l'égoïsme, les aberrations du comportement et de l'Histoire ne s'entrelaceront avec autant de violence et de grâce aux beautés chatoyantes des êtres et du paysage américain. " Brice Matthieussent

Annotation :

Harrison, en sa qualité d'ancien poète, comme beaucoup d'écrivains américains à leur début, a une très belle plume. Le style est indéniablement beau. Je suis forcé de le reconnaître, mais sa façon de raconter me fait penser à celle de Marquez (plus haut dans cette liste). Trois nouvelles denses mais condensées, portraits de personnages droits et qui mettent en lumière les défaillances de leur époque et de leur pays. Ouais cool, mais c'est trop rapide, et puis je sais pas, ça ne soulève aucune émotion en moi. Franchement je préfère me replonger dans un Steinbeck pour les récits de l'Amérique sauvage. Lui arrive justement à extraire de l'émotion brute de ses histoires là où des Harrison et Marquez tartinent des pages et des pages pour n'extraire qu'une émotion forcée. Et je déteste leurs discours prêts-à-penser, leurs conseils et autres dictons pétris de certitudes. Harrison en abuse.
Je mets 5 pour les deux premières nouvelles. L'éponyme est celle que j'ai le moins aimée.

Le Désespéré
8

Le Désespéré (1887)

Sortie : 1887 (France). Roman

livre de Léon Bloy

-Alive- a mis 5/10.

Résumé : Le Désespéré raconte l'histoire de l'âme douloureuse de Caïn Marchenoir.

Annotation :

Une avalanche de bonnes notes pour ce chef d'oeuvre incontesté et incontestable de Bloy. Incontestable, vraiment ? Ok, je valide totalement la talent littéraire de Bloy. Cette hargne tenace, infatiguable. Ce mec écrit comme un enragé, il lâche des torrents de venin non stop sur le lecteur. C'est puissant, perturbant mais également fatiguant et passé les 3/4 du livre ça devient lassant et redondant. Donc voilà déjà un premier défaut : Bloy est un excellent écrivain mais Le Désespéré n'est assurément pas un bon roman. Bloy se fout du principe de roman d'ailleurs, il se torche avec. C'est seulement pour lui un prétexte pour écrire un personnage qui lui ressemble et l'occasion de balancer tout ce qu'il a à dire. C'est trop épuisant pour moi cette frénésie. Notamment la seconde partie qui blablate sur la religion à n'en plus finir.

Le second défaut est d'un autre ordre. La littérature est l'art des idées, et tous ceux qui semblent mettre 10 juste parce qu'il est convenu de mettre 10, vous soutenez donc à 100% les propos de Bloy ? Anti-républicain, anti-démocratique, un peu antisémite (mais d'un genre bien particulier) chrétien fou enragé comme même le Vatican ne doit pas en avoir. Bloy est un haineux pur et dur. Il pleure la mort de la religion et conspue ceux qui y participent, les "porcs républicains" et les "faux chrétiens". Désolé, mais je ne peux pas adhérer à de telles idées, surtout lorsqu'elles sont aussi extrêmes. Pas qu'elles me fassent peur - j'ai même un profond respect pour Bloy, qui fait parti de ces hommes entiers, habités par leurs convictions, uniques en leur genre - mais je ne me reconnais pas dans celles-ci.

Pour résumer : très mauvais roman mais essai unique. Vraiment lourd à lire. Bloy est un mec fatiguant qui ne s'arrête jamais de conspuer, de vomir sur ses contemporains, de déverser des fleuves de haine dans un jargon brillant et trop élevé pour nous petits êtres médiocres. Une langue enflammée, je n'ai jamais lu ça avant. MAIS je ne te rejoins pas dans tes idées Bloy. Tu vas trop loin pour moi.

Courir
7.6

Courir (2008)

Sortie : octobre 2008. Roman

livre de Jean Echenoz

-Alive- a mis 7/10.

Résumé : On a dû insister pour qu'Émile se mette à courir. Mais quand il commence, il ne s'arrête plus. Il ne cesse plus d'accélérer. Voici l'homme qui va courir le plus vite sur la Terre.