Mes sorties ciné 2018

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123 films

par Scaar_Alexander
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    Bande-annonce

    Searching - Portée disparue (2018)

    Searching

    1 h 41 min. Sortie : . Thriller et drame.

    Film de Aneesh Chaganty avec John Cho, Debra Messing, Sara Sohn

    [In progress] Voilà un petit film épatant. On s'attend à être saoulé au bout de dix minutes par le dispositif, comme on l'avait été en regardant Open Windows, dont l'intrigue est un poil similaire à celle de Searching. Mais Aneesh Chaganty est un jeune cinéaste autrement plus talentueux. Son film est un modèle de storytelling. Il n'y a que le dénouement, à la limite, qui déçoit un peu. Pas forcément le gros twist, assez inattendu et pas non plus portnawakesque... mais ce qui vient après. Mais dans l'ensemble, ce sont cent minutes bien, bien tendues, et ce très rapidement, grâce à a) un prologue flashback très touchant qui rappelle celui de Là-haut, et b) la performance toute en nuance du sous-estimé John Cho. Remarque : c'est plutôt rafraîchissant, que les acteurs appartiennent à une minorité sans que leur couleur de peau ne soit mentionnée une seule putain de fois...
  • 92
    Bande-annonce

    Les Frères Sisters (2018)

    The Sisters Brothers

    1 h 57 min. Sortie : . Western.

    Film de Jacques Audiard avec John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal

    Après un Dheepan vide de propos et un De rouille et d'os trop putassier pour être honnête, Audiard avait besoin de calmer de nouveau l'assistance, comme il l'avait fait avec Un Prophète, il y a maintenant près de dix ans. Mission globalement accomplie avec LFS, parfait OVNI assumant sa sensibilité européenne. On retrouve bien sûr son immense talent de faiseur d'images brut (le film est somptueux à voir, et ce dès la première scène, fusillade perturbant brièvement les ténèbres de la nuit), ses figures de style et son maniérisme, ainsi que sa roublardise, mais c'est le fond qui impressionne, ici. D'abord, avec son scénario d'une délicieuse (et constante) imprévisibilité, LFS est un film qui a tout compris à ce que doit être une aventure de fiction : un chaos contrôlé. Ensuite, le film a compris une seconde chose déterminante : le mythologique Ouest américain est, pour cela, un cadre parfait, dont Audiard, loin de tous les clichés, et fort de son rapport cru à l'homme et aux éléments, semble capter une vérité jusqu'ici ignorée. Il n'a jamais aimé les chemins balisés, mais ça aurait pu donner n'importe quoi, et LFS est tout, sauf n'importe quoi : comme le Hostiles de Scott Cooper, il saisit l'essence sauvage et ambivalente de l'ethos américain, qu'il exprime avec une incroyable pertinence via ses quatre personnages tous aussi charnels que symboliques, et joués par quatre acteurs au sommet de leurs arts (à commencer par C. Reilly). L'humour tantôt potache, tantôt caustique garantit à lui seul le divertissement, mais le film sait aussi toucher - et en aurait été d'autant plus capable avec un compositeur autre que le chiantissime Alexandre Desplat, mais bon. Et à la fin, on n'a plus du tout envie de rigoler. On en vient alors au dernier quart du récit, qui est lancé par un choix scénaristique étonnant : la mort absurde de Morris et Warm (joués par Gyllenhaal et Ahmed, réunis après Nightcrawler !), à cause de cet abruti de Charlie Sisters, alors qu'ils étaient des personnages bien plus intéressants que lui. Étonnant et fort... mais qui ne nous a pas totalement convaincus, peut-être à cause de son exécution. Mais il n'en sert pas moins la force crépusculaire et profondément mélancolique de l'histoire et du film. À méditer, peut-être...
  • 93
    Bande-annonce

    Climax (2018)

    1 h 35 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et expérimental.

    Film de Gaspar Noé avec Sofia Boutella, Romain Guillermic, Souheila Yacoub

    Very, VERY bad trip. Aberration pluridisciplinaire et polymorphique. Une heure trente qui en parait trois au bas mot, composée d'un prologue rétrospectivement futile, d'un début relativement intriguant avec ses témoignages vidéos faisant cinéma-vérité, d'un premier numéro de danse assez énergique mais bien trop long (surtout si l'on adhère pas au genre), d'une phase interminable de dialogues nullissimes entre des personnages qui n'en sortent pas moins inintéressants (alors que son objet était sans doute de nous les rendre un minimum attachants pour en avoir quelque chose à foutre de ce qui leur arrive, non ?), entrecoupée d'un autre numéro de danse, cette fois-ci chiant à mourir, laissant penser que Climax est plus une démo du chorégraphe qu'autre chose... et d'une bonne dernière demi-heure où le déchaînement des enfers ravive un instant l'intérêt du spectateur médusé... avant de le perdre définitivement dans un tohu-bohu assourdissant, vain, et très, très pénible. Noé est toujours un réalisateur sans pareille, sa technique n'a rien perdu de sa virtuosité, et son goût pour l'horreur est resté très clairement intact, mais dans Climax, il n'a rien à dire. Du moins, rien qui ne mérite d'être dit : la drogue, c'est mal ? Et c'est quoi, le putain de rapport avec la France ? Qu'apporte cette petite excentricité d'en faire un film "fier d'être français", surtout avec un tel univers culturellement bâtard ? Et c'est quoi, ces réflexions philosophiques de collège sur la naissance et la mort ? La case "résumé" de la fiche Allociné du film aurait dû vendre la mèche : c'est ce film-ci que Noé aurait dû intituler "Enter the VOID"... Si Sofia Boutella, pas une grande actrice mais toujours une sacrée vision, rend la première partie survivable par sa délicieuse présence, elle finit engloutie, comme tout le reste, dans le capharnaüm hystérique final. Enfin, la leçon a retenir, s'il doit y en avoir une, est que le plus impressionnant plan-séquence du monde ne peut transformer l'eau en vin, ou de façon plus appropriée, la merde en or massif. Tous aux abris ! Enfin, pas tout le monde : vus la part de commentaires dithyrambiques, certains ont du mal à distinguer les deux...
  • 94
    Bande-annonce

    Un peuple et son roi (2018)

    2 h 01 min. Sortie : . Historique et drame.

    Film de Pierre Schoeller avec Gaspard Ulliel, Adèle Haenel, Olivier Gourmet

    Regrettable coup d'épée dans l'eau, d'autant plus regrettable pour tout féru d'histoire, et plus précisément de cette période charnière de notre histoire. Intéressant mais raté, raté mais intéressant, selon l'humeur. Constat, dans tous les cas : la moitié du temps, le nouveau film de Schoeller fait l'effet d'une bande-annonce d'un grand film à venir sur 1789 ; et l'autre moitié, dès que l'on sort de l'Assemblée nationale et de son petit théâtre de catastrophes en préparation, généralement admirablement reconstitué et joué, pour côtoyer une plèbe téléfilmesque, on a juste l'impression que le cinéaste a eu les yeux plus gros que le ventre. On ne se dit pas qu'il manque au film au moins une heure trente pour ne pas avoir l'air archi-décousu, mais qu'il aurait dû bosser bien davantage, notamment du côté des personnages... qu'il a inventés, les autres étant bien aidés par l'histoire. En gros, on se tape complètement de leurs histoires, alors qu'ils sont censés être le point de vue du "peuple" (ou plus précisément, de la populace parisienne...), ce qui est problématique. Surtout que ce parti pris est censé justifier, au passage, les carences de traitement de TOUS les personnages historiques ainsi que le zappage d'innombrables moments-clés - Louis XVI faisant partie des victimes, malgré la belle performance de Lafitte. Du coup, l'argument du deuxième film (est-il seulement en préparation ?) ne justifie rien, puisque deux nouvelles heures consacrées à la Terreur ne changeront rien au côté expédié des deux précédentes. Tout ce qu'on a, c'est UN film, qui articule mal la grande histoire (partie plutôt réussie) avec une petite aussi grandiloquente que ratée. Pas que le film soit exempt de qualité, y compris esthétiques, et c'est ce qui rend d'ailleurs la chose frustrante (tous ces moyens pour ça ?). Je prendrai le temps de les aborder dans une critique. Disons déjà que Schoeller a eu le bon goût, que dis-je, l'intelligence de ne pas prendre grossièrement parti (ce n'est pas une oeuvre de propagande de la IIIème république ni un délire de professeur marxiste). Il va jusqu'à poser un regard critique sur l'exécution du Roi, ce qui est déjà ça (présentant ce moment tel qu'il était : une farce tragique). Pas assez pour faire un bon film, mais suffisamment pour ne pas faire regretter la sortie...
  • 95
    Bande-annonce

    L'Ombre d'Emily (2018)

    A Simple Favor

    1 h 58 min. Sortie : . Policier et thriller.

    Film de Paul Feig avec Anna Kendrick, Blake Lively, Henry Golding

    Coup de coeur. Aux spectateurs exigeants : oubliez vos préjugés à l'encontre des personnalités associées à l'entreprise, et donnez-leur une chance, une petite. Paul Feig a beau être un tocard à qui l’on doit plus de déchets que de réussites, ça ne lui interdit pas de pondre un bon film (théoriquement, jusqu'ici). Le hamster humain Anna Kendrick a beau ne pas être instinctivement associée à des films à Oscars, les exceptions In the air et M. Wolff suggèrent que le problème se situe surtout au niveau de ses choix de carrière. Post-Gossip Girl Blake Lively a beau peiner à se bâtir une image d’actrice respectable, nous savons tous à quel point peut être injuste une réputation tirée d'un seul film ou d'une seule série télé. Vrai, vrai, vrai. Voilà une autre vérité : L'Ombre d'Emily est le premier vrai bon film de son réalisateur, et son duo de personnages a offert à ses deux actrices les meilleurs rôles de leurs carrières à ce jour (à commencer par Anna Kendrick, qui se livre ici à un one-woman show absolument irrésistible). Et si l'on assimile bien que tout cela a été cuisiné à la sauce comédie noire, et donc qu'il ne faut pas comparer Feig à Hitchcock, ni Blake Lively à Kim Novak, ça fera parfaitement sens. Car c’est du fun assumé. (...) Une série B diablement divertissante, à la fois gentiment trash et sucrée, drôle et parfois pas seulement, tordu ce qu'il faut, dont l’esprit vous surprendra même par moments, et menée tambour battant par deux actrices au top de leur forme. (...) L’Ombre d’Emily s’avère être un des meilleurs films de cette rentrée 2018, un divertissement irrésistible à 90%, aussi surprenant par son acerbité que par sa malice contagieuse, que son réalisateur a eu l’excellente idée de ne jamais trop prendre au sérieux, et dont la pétulance du duo féminin excuses les faiblesses scénaristiques : si le film est plus réussi en tant que comédie noire qu’en tant que thriller à tiroirs, ce dernier saura satisfaire jusqu’au (quasi- ?)bout les amateurs de toute façon charmés par le reste. Les anglais appellent les cocktails non-alcoolisés des « mocktails » (mot éminemment ridicule, certes). Voilà ce qu’est le film : un « mocktail » cinématographique dont la valeur ajoutée est de fusionner l’esprit de la comédie kitscho-trashouille américaine et le chic d’un certain cinéma européen indé... soit un accomplissement assez épatant, quand on voit le monde qui les sépare. La leçon a en retenir est que ça peut marcher. On en apprend tous les jours. (...)
  • 96
    Bande-annonce

    Frères ennemis (2018)

    1 h 51 min. Sortie : . Policier.

    Film de David Oelhoffen avec Matthias Schoenaerts, Reda Kateb, Sofiane

    Pas vu le précédent film d'Oelhoffen, mais ce sera chose faite sous peu : Frères ennemis est assez remarquable. Il marche autant en tant que film de gangster (ou plutôt polar ? C'est un peu les deux à la fois...), économe dans sa narration et brut de décoffrage, qu'en tant que récit d'une vieille amitié blessée, porté par deux acteurs d'une intensité incroyable, ou que réflexion sur les racines via ses deux personnages-miroirs (le Reubeu s'assimilant à la République via le fonctionnariat et le Blanc de cité s'intégrant naturellement et par nécessité à la culture algérienne). Première a parlé de James Gray. Ça peut paraître simpliste, mais les parallèles à faire avec The Yards et La Nuit nous appartient sont nombreux, jusqu'à la dernière confrontation entre le personnage de Manu et le vieux parrain algérien. On n'atteint pas le même degré de maestria, mais ça a quand même une sacrée, sacrée gueule. Les histoires de confrontation entre deux frères ou amis d'enfance opposés par la loi, le cinéma n'en manque pas... mais sans y poser un regard vraiment inédit (il manque peut-être un point de vue vraiment personnel pour en faire un grand film), le cinéaste a traité son sujet avec la gravité et la recherche d'authenticité qu'il méritait (en d'autres termes, Frères ennemis est l'inverse du film de branleurs), tout en s'appuyant sur les performances féroces de Schoenaerts, bouffeur d'écran, et surtout de Reda Kateb, à certains moments littéralement bouleversant (dès le moment où il apprend la mort d'Imrane au téléphone), chaque scène partagée entre les deux acteurs faisant des étincelles. Bien sûr, on n'aurait pas été contre le développement du clan algérien pour lequel roule Manu (et qui l'a quasiment adopté), plus précisément des personnages du vieux parrain et celui du fils d'Imrane (ce qui aurait donné plus d'impact à sa conclusion aux accents de tragédie antique). Et l'on n'aurait pas été non plus contre le développement des stups, qui, en l'état, n'impressionnent pas des masses (avec la supérieure de Driss faisant deux-trois apparitions en coup de vent dans des pièces de dix mètres carrés). On apprécie l'économie narrative du film, qui participe de son intensité, mais compte tenu de l'ambition du film de raconter à la fois un film de gangsters et le drame du déracinement, la longueur idéale pour un tel film aurait été 2h15-20... Enfin, dans tous les cas, avec Frères ennemis, le thriller français se porte bien.
  • 97
    Bande-annonce

    Upgrade (2018)

    1 h 40 min. Sortie : . Action, Épouvante-horreur, science-fiction et thriller.

    Film de Leigh Whannell avec Logan Marshall-Green, Melanie Vallejo, Linda Cropper

    Au rayon "qui sort de nulle part", Upgrade se pose là. Avec sa promo rachitique, son réalisateur connu seulement des amateurs de Saw et Insidious, et dont c'est seulement le deuxième film, son pitch sans signe d'originalité frappant (les thrillers exploitant le transhumanisme courent les rues), ses acteurs inconnus au bataillon à l'exception d'un Logan Marshall-Green qui aurait même fait effet de repoussoir à mes yeux si je n'avais pas vu la série Quarry, il n'avait guère pour lui que le buzz que lui avait valu South by Southwest, mais les lubies de festivaliers font parfois plouf. Donc, restait à voir. Et on a vu : que dire, sinon qu'il est un modèle dans l'art du film fauché, que la seule force d'une mise en scène aussi débrouillarde qu'inspirée peut transformer en spectacle digne de ce nom ? On le savait, mais c'est toujours bien de le rappeler. Tout surprend, dans Upgrade : la performance ultra-physique de Marshall-Green, son traitement réaliste des éléments cyberpunk de la société qu'il dépeint (par son côté zéro fioritures), son action EXTRÊMEMENT ludique, son étonnante petite méchanceté qui rappelle un Robocop, et SURTOUT, l'interaction homme-machine (ou plutôt I.A.) qu'il dépeint via la relation entre le héros et STEM. Cette partie, argument de vente #1 du film, est presque une synthèse du sujet et du rapport du spectateur à ce sujet : c'est tour-à-tour exaltant pour ce que la technologie apporte au héros humain, faisant par moment ressembler le film à un buddy-movie (excellente performance de Simon Maiden en STEM), et diablement effrayant parce que... on ne perd à aucun moment de vue l'idée du prix à payer. Autant dire que sa fin, impitoyable, confirme la nature de mise en garde du film contre le transhumanisme : pas forcément original parce que les gens ne sont pas encore totalement gogos, mais là, le danger inhérent à cette saloperie frappe plus que la moyenne. Alors, c'est loin d'être un chef-d'oeuvre malgré tout. Le scénario n'est pas sans ratés, cf. le personnage bidon de la fliquette, le développement faiblard des personnages, et des dialogues parfois bateau, l'absence d'antagoniste charismatique gêne un peu dans le dernier acte (jusqu'à on sait quel moment...), et dans le détail, le film n'évite pas non plus le déjà vu. Mais le mélange d'énorme fun (avec l'aide, notamment, de la musique über-80s de Jed Palmer et de beaucoup d'hémoglobine) et de réflexion pertinente sur l'I.A. en fait malgré tout un incontournable du genre.
  • 98
    Bande-annonce

    Galveston (2018)

    1 h 31 min. Sortie : . Action, policier, drame et thriller.

    Film de Mélanie Laurent avec Ben Foster, Elle Fanning, Lili Reinhart

    Déception. Pourtant, Galveston mène à un constat des plus inattendus : Mélanie Laurent sait filmer. Ce qui restera de Galveston, en plus des performances comme convenu brillantes des intenses Foster et Fanning (râââh), c'est l'intérêt de Laurent pour l'image pure, ne se contentant pas d'une mise en scène plan-plan qui lui aurait laissé le loisir de diriger ses acteurs : de la fusillade du début au solide plan-séquence du climax, sa caméra impose son style, énergique et intime, rivée aux corps moites et cassés. C'est clairement un film d'ambiances, Laurent et son chef op' s'étant de toute évidence éclatés à "se faire" l'Amérique profonde, celle des routes à perte de vue, des motels miteux, des bars à musique country inimitables, etc. Le problème, c'est que c'est tout : des petits Français se faisant tous les clichés possibles du genre, comme des touristes se limitant aux incontournables. Ce n'est pas mal filmé, mais on a déjà vu ça mille fois. Audiard a conté l'Amérique à sa façon avec ses Frères Sisters ; Laurent, elle, ne propose rien de personnel ni innovant. Aucun regard. Et l'on peut en dire de même de son scénario, aux figures usées jusqu'à la corde. Au début, on est curieux de voir où va le film : propose-t-il une embardée dégling' à la Another day in paradise, ou bien un récit crépusculaire de rédemption d'un condamné à la Leaving Las Vegas ? Mais au final, il ne va nulle part d'intéressant, ce qui est dommage pour un film à la narration économe ce qu'il faut (cf. tout le début). Galveston est un film sur les perdants de la vie qu'on ne gagne pas grand-chose à découvrir. Les performances sont habitées, mais par quoi ? La relation entre Roy et Raquel, dont le côté bricolé séduit, compense du mieux qu'elle peut la banalité de la trame, mais c'est insuffisant, tout comme la tendresse du regard que le film porte sur eux (voir cette émouvante scène de danse quasi-amoureuse). À ceux qui utiliseront [spoiler alert !] la mort de Raquel, indéniablement une des plus éprouvantes qu'on ait vu au ciné récemment, comme preuve de l'originalité de Galveston : à quoi mène-t-elle ? À rien de satisfaisant : l'antagoniste joué par Beau Bridges est torché, l'épilogue avec la fille joliment interprété mais archi-superflu, et le spectateur frustré par un spectacle plus déprimant que stimulant. Genre, vraiment déprimant. Enfin : Fanning continue au moins son ascension, armée de son naturel irradiant, à la fois poupée de porcelaine et son sauvage opposé...
  • 99
    Bande-annonce

    Venom (2018)

    1 h 52 min. Sortie : . Action et science-fiction.

    Film de Ruben Fleischer avec Tom Hardy, Michelle Williams, Riz Ahmed

    Bon, ben voilà, comme prévu, c'est une merde. Rendue tout juste tolérable par un second acte très légèrement distrayant grâce au duo que forment le héros et Venom, qui occasionne quelques scènes funs (comme celle du resto). Et encore, comme tout le reste, le film part dans tous les sens, complètement inconsistant sur le plan tonal parce qu'il patauge du début à la fin entre une vague volonté d'être un minimum "dark" (celle qu'on osait espérer) et un recours pathologique à un humour marvelesque bidon à 80%, la créature Venom n'en loupant pas une pour placer une réplique qui se veut "cool" et "décalée" alors qu'elle n'est que débile ("tu commences à me plaire, Eddie", "Jump ? Pussy !", etc.). Parce que le scénario est, clairement, officiellement, un des pires que Marvel ait jamais greenlighté. Rien ne fonctionne, de la relation avec l'ex archi-antipathique (Michelle Williams, sacrifiée sur l'autel du cinéma industriel) au médiocrissime antagoniste, sorte d'Elon Musk evil joué par un Riz Ahmed pas du tout à sa place, en passant par l'"amitié" naissante entre Eddie et Venom (pas crédible une seconde parce qu'on a beau être dans une fantaisie, le comportement de la créature est bien trop humain, tendance détendu du gland, au point de ruiner l'"expérience") (et ça rend parfaitement ridicule le "I'm sorry about Venom" de l'ex à la fin), par l'improbable façon de réagir des personnages à l'existence de Venom (dafuq ?), et une infinité de détails à se fendre le crâne sur un mur tellement ils sont cons. Ajoutez à ça une mise en scène de tâcheron même pas foutue de proposer au public UNE scène d'action réussie en dépit de son budget (l'interminable bouillie de pixels finale est un grand moment, à cet égard) et des effets spéciaux terriblement paresseux (Venom a une bonne gueule, mais comme par hasard, tout se passe la nuit... pratique), et vous avez un des pires Marvel jamais produits, sinon LE. Ne sort même pas indemne de l'expérience le pauvre Tom, dont le jeu outrancier, sans doute dû à une direction d'acteur inexistante, est souvent ridicule. Venom ne fonctionne donc ni en tant que thriller, ni en tant que comédie (Thor Ragnarok est insignifiant, mais il a le mérite de divertir), ni en tant que buddy-movie. La chanson d'Eminem laisse davantage de souvenirs...
    Note :
    - Venom avec des lolos quand il "possède" le personnage de l'ex : Oscar de la grotesquerie 2018.
    - La première scène post-générique, avec Woody Harrelson en futur Némésis : euh... "non" ?
  • 100
    Bande-annonce

    A Star Is Born (2018)

    2 h 15 min. Sortie : . Drame, comédie musicale et romance.

    Film de Bradley Cooper avec Lady Gaga, Bradley Cooper, Andrew Dice Clay

    Séances de cinéma (4 salles)
    Sensationnel. Si je devais me limiter à UN argument, plus encore que la performance habitée de Cooper dans le rôle de sa vie (encore plus qu'on ne le pense peut-être, vu ses problèmes passés), plus encore que la supermassive révélation de Lady Gaga en actrice, d'un charisme dingue, et qui DOIT absolument faire carrière (et ça vient de quelqu'un qui ne s'est JAMAIS intéressé à elle), plus encore que la qualité de la bande originale écrite et composée par une bande de gens trèèèès talentueux (une des meilleures du genre, point), plus encore que la sincérité presque absurde de la démarche et la justesse des sentiments dépeints, qui compensent largement la prévisibilité d'un récit plein de figures connues (difficile de faire autrement), plus encore que la mise en scène de Cooper, autre révélation (la caméra rivée aux corps et aux visages) (meilleures scènes de live depuis Almost Famous)... ce serait le duo vedette. Ce qui se passe entre Gaga et Cooper se passe rarement, au cinéma. Le couple qu'ils composent est à transformer le plus gros cynique en midinette/fanboy (ou "shipper", comme disent les Américains) qui se prendra, dans la salle, à souhaiter qu'il soit vrai. "Alchimie" est un euphémisme. Et ce dès leur première putain de scène. Bon, maintenant, pourquoi, du coup, ASIB n'a-t-il "que" huit étoiles ? Deux raisons. D'abord, quelques cafouillages dans la narration, avec des ellipses à cause desquelles on peine à mesurer le temps qui passe. Ensuite, toute la partie "peinture de l'industrie-rouleau-compresseur", qui aurait gagné à être développée pour lui faire dire quelque chose d'un minimum original (en l'état, Rock Forever a dit la même chose...), et pour nous faire avaler le fait que le personnage d'Ally ne trouve pas complètement merdique ce qu'elle chante. En fait, ASIB aurait gagné à être plus long d'un bon quart d'heure, ne serait-ce que pour développer davantage les personnages secondaires... à commencer par le grand Sam Elliott - ce qui ne l'empêche pas de livrer une performance oscarisable (cette scène de la voiture...). Mais puisqu'on parle d'émotion... l'essentiel est déjà là. À la fin, Ally chante I'll never love again (pour une performance à tordre les tripes), avant qu'un flash-back de son défunt mari ne la complète... et pour peu que l'on soit fleur bleue, la satisfaction est absolue. Parce que talent.Parce qu'il en faut, du pur, du sans filtre, pour porter si haut un film au potentiel tarte à la crème si élevé. And the Oscar goes to...
  • 101
    Bande-annonce

    First Man, le premier homme sur la Lune (2018)

    First Man

    2 h 22 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Damien Chazelle avec Ryan Gosling, Claire Foy, Kyle Chandler

    Séances de cinéma (17 salles)
    Ok, alors, sans surprise : si vous allez voir le film pour ses sorties dans l'espace, foncez. Chazelle est un faiseur d'images hors-pair, il a été visiblement été TRÈS bien entouré, le choix de la pellicule (65, 35, et même 16 !) paie largement (jusque dans l'intimidante scène de la Lune), les effets spéciaux sont invisibles (rappelant un peu l'approche d'Interstellar, en fait), le travail sur le song est monumental, on est DANS l'action, à la fois sonné et excité par le tumulte des éléments, et l'espace n'a jamais été filmé de cette façon, aussi réaliste, quasi-naturaliste, qui donne l'impression que le cinéaste l'a filmé avec le même naturel que s'il tournait un reportage sur SOS Médecins. De ce point de vue, c'est un accomplissement, c'est très immersif, même si l'on aurait aimé une musique plus mémorable. Le problème, c'est qu'hors de l'action, hors des cockpits des appareils de mort dans lesquels s'invite la caméra à l'épaule de Chazelle, ce n'est pas super fascinant. Ryan Gosling est très bien en ce qu'il fait du Ryan Gosling et l'on imagine sa performance suffisamment fidèle à ce qu'était Neil Armstrong, et la très charismatique Claire Foy campe avec panache son épouse, mais ça ne rend hélas pas leur vie de famille, la faute à une écriture assez pauvre de tous les personnages secondaires AUTRES qu'elle. Les personnages sont assez désincarnés. Sur le plan dramatique, Apollo 13 fonctionnait bien, bien mieux. Quant à toute la partie "conquête spatiale", on l'a vue en mille fois mieux dans L'Étoffe des héros. Certes, le film s'appelle "First Man", mais il aurait été bien que ça vive un minimum, autour de lui...
    Notes :
    - La censure du drapeau américain est quand même un peu grosse, je confirme après avoir vu le film.
    - Toutes les scènes de famille font très The Tree of Life.
    - Ah oui, et le coup du bracelet de la défunte gamine semble être une pure invention de scénariste. Du coup, bof-bof...
  • 102
    Bande-annonce

    Halloween (2018)

    1 h 49 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de David Gordon Green avec Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak

    Ce film aurait dû s'appeler "THE Halloween". Il est à peu près aussi bidon et inutile que "The Predator". Non, sérieusement, à l'exception de la seule scène de meurtre(s) un minimum marquante (celle de la station service, le reste étant complètement insipide et vu 40 000 fois), d'une reproduction réussie de l'atmosphère du premier film dans le premier acte (cf le plan-séquence, pourquoi pas...), du masque de Michael Myers (moins kitsch que les précédents), et du petit Black qu'est plutôt fun (surtout dans son duo avec la blonde, qui aurait dû être l'héroïne), il n'y a pas grand chose à sauver, dans ce truc. La scène d'intro est plus guignolesque que marquante ("regaaarde le maaaaasque !!!!"), les personnages sont inexistants (on se fout qu'ils crèvent), à commencer par les petits gars qui ont tous l'air de tarlouzes (même Laurie est réduite à une Sarah Connor de supermarché), les meurtres sont bidons (ça va jusqu'à des fausses bonnes idées, comme la lumière s'allumant et s'éteignant à répétition dans le jardin), les ficelles scénaristiques font dix centimètres d'épaisseur (mon dieu, le coup du jet de téléphone dans le punch pour empêcher la famille de joindre la petite-fille), les décisions prises sont débiles 90% du temps (le mari sortant de la baraque forteresse juste parce qu'il voit la voiture de police arriver...) et certains moments sont même aberrants (mon dieu, le "twist" du docteur, gaspillant Will Patton au passage), le plan diabolique du doc (justement) ne fait aucun sens, on a même droit à une scène sortie de nulle part où deux flics parlent de recette de sandwichs alors qu'on se fout totalement d'eux, le ton étant très inconsistant (Danny McBride a l'écriture a dû jouer !)... On a l'impression que ce truc a été écrit en quelques heures tant il est pauvrissime et poussif dans son évolution dramatique, et tant il ne fait rien de sa SEULE bonne idée (Laurie devenant bad-ass). Et David Gordon Green, bien qu'il livre une mise en scène qui, disons, fait le job, n'est clairement pas dans son élément : son film n'a aucune espèce d'identité. Autant dire qu'implication de Carpenter ou non, c'est une insulte à SON film, "La Nuit des masques", modèle absolu du genre. Halloween H20 était assez nul, mais il était au moins plus divertissant...
  • 103
    Bande-annonce

    The Predator (2018)

    1 h 47 min. Sortie : . Action et science-fiction.

    Film de Shane Black avec Boyd Holbrook, Olivia Munn, Jacob Tremblay

    Ouais, ben... comme prévu, c'était bien pourri. Ce film ne pouvait pas être une déception : le plan avait l'air clairement foireux dès la première photo promotionnelle et son casting sans "gueules" (à l'exception peut-être de l'excellent Trevante Rhodes et K. Brown). L'expérience n'est pas COMPLÈTEMENT catastrophique : on en sort avec quelques bonnes surprises dans un océan de médiocrité, comme toute la scène du centre (les échanges avant le massacre et le massacre en lui-même), le festival d'hémoglobine (qui surprend pour un blockbuster, de nos jours), un personnage féminin qui n'est pas qu'une potiche (tout en ayant une force physique un minimum crédible), les utilisations parfois pas bêtes des thèmes musicaux de Silvestri, l'association des deux camps vers la fin, et cette réplique sur l'utilisation abusive du terme "prédateur" et quelques autres... Mais une fois que le Predator est dans la nature et que la joyeuse équipe se forme, ça sombre dans le n'importe quoi, Black transformant son film en comédie d'action comme il l'avait fait avec Iron Man 3, esclave de sa culture de la blagounette systématique (qui tombe à plat deux fois sur trois, cf. la scène du bus, comme si ce n'était pas le même mec qui avait écrit Le Dernier Samaritain ou The Nice Guys). Les personnages déconnent pendant tout le film, comme s'ils jouaient à COD dans leur salon (ce qui rendra les quelques moments "dramatiques" de la fin complètement ridicules)... dans le premier, il y avait des one-liners funs, mais le ton général était légitimement dramatique. Et le pire, c'est que le film ne compense même pas avec son action. Il n'y a aucun moment de tension... sinon peut-être celle du sas de décontamination avec Munn (toute nue mais on ne voit évidemment rien) et le Predator. Le reste, c'est du cirque. Et l'intrigue est un festival de mauvaises idées, de cette anthologie de la mauvaise idée qu'est le "super-Predator" au "chien Predator" qui devient sympa. Le fils Holdbrook n'a décidément pas les épaules d'un lead, Sterling K. Brown cabotine dans un rôle de "villain" insignifiant, et Munn, encore elle, est la FAUSSE Munn, c'est-à-dire celle qui s'est charcuté le bas du visage pour allez savoir quelle raison débile. Donc, bien qu'elle assure plutôt pas mal dans un des rares rôles un minimum intéressants, même là, pas de vraie satisfaction. Le climax sur le vaisseau (ces vaisseaux...) est guignolesque. Tragédie : le Predators de 2010, occasion manquée, était moins raté que ça...
  • 104
    Bande-annonce

    Bohemian Rhapsody (2018)

    2 h 14 min. Sortie : . Biopic, drame et comédie musicale.

    Film de Bryan Singer avec Rami Malek, Lucy Boynton, Gwilym Lee

    Séances de cinéma (14 salles)
    Meh. Un film sympa, mais surtout une occasion un peu manquée, au regard du monstre dont il est censé conter l'histoire ; un biopic de facture classique (les débuts exaltants, check, la décadence à coup de poudre, check, le SIDA, check), suffisamment divertissant pour être recommandé aux amateurs (à commencer par les fans, évidemment, qui ne seront pour autant pas tendres avec le film...), mais c'est tout. Oui, Malek est phénoménal, comme prévu, oui, Bryan Singer s'est fendu de pas mal de très jolis plans (quoique la plupart sont dans la BA...), oui, le casting est sensas' (Gwilym Lee en Brian May... wow !), et surtout, ils ont réussi à ne pas foirer la partie Wembley, ce qui est un accomplissement en soi. Si vous cherchez de l'électricité, vous en aurez. Il y a de l'ambiance. Mais sur le plan dramatique, c'est faible. Toute l'énergie du scénario est dédiée au personnage central, et le reste est en mode économie. Le monde qui l'entoure ne coule pas organiquement. Le temps passe, mais on ne le ressent pas, plein de moments sont expédiés (la formation du groupe), tout arrive trop rapidement. La relation entre Freddie et Mary est assez emblématique de cette faiblesse : au début, c'est fort... puis pouf (alors que Lucy Boynton, mamma mia !). La famille de Freddie ? Rien à cirer. Les autres membres et leurs familles ? Itou. Tom Hollander était une excellente addition : il n'aura à aucun moment l'occasion de briller. Le film est une succession de moments souvent divertissants, parfois même excellents, mais sans vraie cohésion, alors qu'il parvient à deux-trois reprises, ironie, à capter la symbiose nécessaire à toute collaboration musicale (ou autre)... Le problème ? BR manque simplement de personnalité (l'opposé parfait de la chanson éponyme, donc...), réalisé par Singer puis son remplaçant sans que cela ne se voit... témoignage du manque de caractère de leurs styles. Le départ de Cohen, dont l'approche sombre a déplu au groupe qui, lui, voulait un truc plus consensuel, est un autre signe. Il l'a eu. C'est une pub géante pour Queen, sans vrai regard critique. Et le résultat final repose trop sur le génie de la musique... qui n'est pas de lui. Bref, too bad. À ne pas douter, Mercury, s'il vivait, aurait encouragé quelque chose de plus... à son image.
    Note : oh, et les scènes de concert sont okay, mais en dehors de Wembley, aucune ne laisse à un seul tube le temps d'exister. Et puis, quelques semaines après celles d'A Star Is Born, c'est un peu faiblard...
  • 105
    Bande-annonce

    Silvio et les autres (2018)

    Loro

    2 h 38 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Paolo Sorrentino avec Toni Servillo, Elena Sofia Ricci, Riccardo Scamarcio

    Quand on est sensible au cinéma de Sorrentino, pour le meilleur comme pour le pire, il est difficile de rester indifférent à la moindre de ses fantaisies. En tout cas, depuis Il Divo, une embardée aussi hallucinante qu'hallucinée qui en faisait la nouvelle rock star du cinéma. La Grande Bellezza était incroyablement long et incroyablement nombriliste, mais n'en était pas moins esthétiquement fort et parcouru de fulgurances, même This must be the place (son moins bon film) avait ses moments, et Youth, son film le plus accessible, était malgré le style vampirique du cinéaste en contact avec une certaine humanité. Parce que c'est ce que ses détracteurs reprochent au gars : de faire du cinéma tape-à-l’œil dont la constante épate, comme l'étalage de belles Italiennes à poil, sert de cache-sexe à sa vacuité intersidérale. Silvio ne les fera pas changer d'avis ! Déjà, vous allez en voir, des culs. Ensuite, ça a souvent une gueule d'empilement de clips sous anabolisants, et Sorrentino a beau filmer le strass comme personne, au final, c'est un peu fatigant, surtout qu'il cherche en contrepartie à raconter PLUS que son sujet, comme toujours. L'habitué Toni Servillo est parfait dans le rôle du "Cavaliere" (il s'approprie très vite le personnage), mais le cinéaste semble ne pas trop savoir quoi faire de lui, ou du moins à quels thèmes se limiter, quel angle choisir : il parle de lui, donc, mais aussi de l'ambivalence du pouvoir, de la vieillesse, de la moralité en politique, de l'histoire de l'Italie contemporaine, des nouveaux riches, etc. C'est très éparpillé, et assez verbeux (il y a des supers dialogues, comme ceux de la dispute avec l'épouse, et des nettement moins inspirés). Il manque un fil conducteur, qui aurait pu être Sergio (excellemment joué par Scamarcio), qu'on laisse hélas un peu béton dans la deuxième partie. Maintenant, le problème, c'est que Silvio... est, a priori, le remontage en un long film de DEUX films sortis en Italie, Loro 1 et 2, plan un peu pourri qui expliquerait les carences scénaristiques du film (en partie). Donc, difficile de noter avec certitude (c'est un peu comme le film Chouans!...). Disons qu'en l'état, c'est très inégal, mais quand même souvent électrisant. Et surtout, ça a l'inestimable avantage d'avoir porté un regard non partisan sur l'homme Berlusconi (contrairement au nanar du petit marxiste barbu Moretti), mégalomane, certes, ridicule, certes, et certainement pas un modèle d'intégrité, mais également bien plus que ça...
  • 106
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    En liberté ! (2018)

    1 h 48 min. Sortie : . Comédie et policier.

    Film de Pierre Salvadori avec Adèle Haenel, Pio Marmaï, Damien Bonnard

    Topissime. Après avoir adoré ses premiers films avec Trintignant dans les 90's, j'avais un peu décroché du wagon Salvadori au tournant des années 2000 avec le lourd Les Marchands de sable, et le visionnage de son film avec Gad Elmaleh (sic) n'a rien arrangé. Mais ce coup-ci, il était difficile de ne pas céder à la curiosité, considérant le concert de louanges (quoique la presse parisienne l'a toujours eu à la bonne). Résultat : une réussite quasi-totale dans le domaine de la comédie burlesque. Seul un plantage comique me vient à l'esprit, le coup du tueur en série aux sacs, qui finit par lasser ; le reste fait mouche quasi-tout le temps, les passages cultes en puissance ne manquant pas. C'est que le film est animé d'un esprit de... liberté, justement, de folie, qui le rend parfaitement imprévisible, et donc d'autant plus réjouissant, pétillant. C'est à la fois délirant et parfaitement cohérent, plein d'affection pour ses personnages (tous fonctionnent, y compris l'amant Louis), dénué de temps mort car impeccablement dosé... en gros, on parle ici d'une mécanique ultra-huilée montée par un quinqua rôdé dans son art. Mais ce n'est pas seulement une comédie réussie. D'abord, c'est également un drame finement écrit, empreint de mélancolie et de romantisme (certaines déclarations d'Antoine touchent au cœur), surtout quand la Tautou est à l'écran (elle a un peu dix ans de trop pour le rôle, mais bon, ça passe) : derrière les gags, on sent le poids des huit années qu'Antoine a passé en prison. Peut-être la conclusion, sur le besoin de mythologie paternelle, est-elle moins forte que le reste, pas aidée il faut dire par un Elbaz toujours aussi peu charismatique (qui faisait le job tant que l'humeur était légère...), mais ça passe, à l'aise. Ensuite, c'est un film qui respire le plaisir de faire du cinéma, dès sa première scène de baston, fort bien troussée au passage. Et le casting se prête à merveille à cette réjouissante récréation, à commencer par Adèle Haenel, qui continue de s'imposer comme une des meilleures actrices françaises à l'heure actuelle : on savait de quoi elle était capable dans le registre comique depuis Les Combattants, mais dans ce rôle de "stalkeuse" moitié coupable, moitié hébétée, elle est juste géniale (et seule elle pouvait faire passer la réplique : "J'ai envie de taper et de me faire taper"). On regrette presque que la promo du film en ait trop montré !
  • 107
    Bande-annonce

    Sale temps à l'hôtel El Royale (2018)

    Bad Times at the El Royale

    2 h 22 min. Sortie : . Policier et thriller.

    Film de Drew Goddard avec Jeff Bridges, Chris Hemsworth, Dakota Johnson

    [In progress] Plouf. Et quand on dit "plouf", c'est "plouf", hein. El Royale commence comme un des polars pulp les plus ambitieux du cinéma américain récent : le décor est là, la photo est là, le casting est là, le postulat foisonnant de potentialités est là. Mais qu'arrive-t-il quand un cinéaste a la théorie et non le coeur de son film ? Plouf. Une myriade d'intentions plus ou moins mégalos, dans un écrin sans charme, car fabriqué sans esprit : ça a la musique, mais certainement pas les paroles, et fournir la matière à une bonne bande-annonce est moins dur à faire qu'avec un film. Puisque son dispositif rappelle Les Huit Salopards, on peut parler de sous-tarantinade : autant ce dernier fonctionnait à plein moteur jusqu'à sa conclusion car il avait QUELQUE CHOSE À DIRE (sur l'Amérique), autant l'ABSENCE de choses à dire d'El Royale (sur l'Amérique) parait assez vite évidente (à mi-chemin), avant de sauter aux yeux dans un dernier acte aussi creux qu'interminable (le film a une bonne demi-heure de trop), où Chris Hemsworth cabotine. Que voulait dire Goddard, déjà ? Ça part dans tous le sens (l'embrigadement religieux, le tout-sécuritaire, la corruptibilité de l'âme, la mémoire collective, le racisme), sans s'arrêter sur quoi que ce soit. Le seul truc qui reste, c'est la petite salve de piques un peu débiles contre la vilaine Amérique patriarcale de Trump. En fait, seul le duo composé par Jeff Bridges et Cynthia Erivo (jolie révélation) suscite l'intérêt. Leurs scènes ont un esprit, comme une intention. En fait, on aurait préféré deux-heures en compagnie exclusive de leurs personnages, dans une aventure plus humble... et hélas, on a "plus" que ça. Beaucoup de dialogues qui se la jouent (dont les trois quarts manque de la verve nécessaire), de moments qui se rêvent chocs, montage rutilante d'artifices accouchant d'une souris très sage. Si le film avait duré une centaine de minutes, on aurait fait avec son superficialité et ses ratés (notamment Jon Hamm, pas vraiment en forme). En l'état, non. Ce n'est pas un foirage calamiteux du type d'Hotel Artemis, mais c'est quand même foireux. La Cabine dans les bois laissait espérer davantage de Goddard...
  • 108
    Bande-annonce

    Suspiria (2018)

    2 h 32 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de Luca Guadagnino avec Dakota Johnson, Tilda Swinton, Mia Goth

    Ouais, euh, pourquoi pas, mais vite fait, alors, ce qui risque d'être problématique quand le film dure 2h30, mais bon. Suspiria sauce 2018 n'est certainement pas laid à voir, il a un casting d'excellente qualité, à commencer par Tilda Swinton et fifille Johnson faisant enfin l'actrice et sans se déshabiller... c'est techniquement très maîtrisé, et les scènes de danse sont d'excellente qualité, tant dans leurs chorégraphies que dans leur façon d'être filmées... il y a une belle scène de "meurtre" par contorsion extrême au début, assez mémorable... mais au-delà de ça, on a quand même affaire à un beau cas d'interminable ego-trip par un petit con d'"artiste" dont le "génie" n'est certainement pas à la hauteur de ses prétentions. C'est énervant parce que vraiment, son film n'est pas mauvais MAUVAIS. S'il avait eu une durée similaire à celle du Suspiria original (1h40), je lui aurais même donné la moyenne. Il y a à boire et à manger, dans la première partie. Guadagnino a beau revendiquer qu'il n'a pas "remaké" le film d'Argento, il ne s'en livre pas moins à un exercice de reconstitution d'un style propre aux années 70 (zooms brutaux, montage aventureux, gros plans de visages) qui est épatant, mais au-delà de la technique ? N'est-ce pas juste Suspiria 77 en délavé ? Ce dernier avait une photo et une direction artistique uniques, et une ambiance oppressante à souhait, notamment grâce à la BO de Goblin. Suspiria 2018 n'a pas grand chose de ça. Le côté slasher est passé à la trappe (exit les meurtres du début) ; Suspiria 2018, c'est autre chose. Mais quoi ? Ben, on sait pas. C'est un peu n'importe quoi. Quel est le rapport avec la putain d'Allemagne nazie ? Aucune des innovations de Guadagnino, que ce soit ça, la bande à Baader, ou le vieux psy (clairement joué par une nana), n'apporte quoi que ce soit à la trame originale. La danse, c'est très bien. Dans le film d'Argento, ça aurait très bien pu être une école de dessin, mais là, non, c'est un personnage à part entière. Mais... là aussi, quel est le "message" en lien avec l'histoire de la secte de sorcières ? Pourquoi Suzie vient-elle voir le psy, à la fin ? On n'a même pas envie de savoir tant tout cela parait bien vain. Suspiria 77 avait une héroïne à laquelle on s'identifiait, une trame simple, et un dénouement aussi carré qu'efficace ; Surpiria 2018, lui, propose un des barrages en couilles les plus spectaculaires jamais vus au cinéma (le festival grand-guignolesque final), et pour rien. Tout ça pour ça ?
  • 109
    Bande-annonce

    Millénium : Ce qui ne me tue pas (2018)

    The Girl in the Spider’s Web: A New Dragon Tattoo Story

    1 h 57 min. Sortie : . Action, policier, drame et thriller.

    Film de Fede Alvarez avec Claire Foy, Beau Gadsdon, Sverrir Gudnason

    Quand j'ai appris que le deuxième Millénium hollywoodien allait se faire sans Fincher ni son casting, je me suis demandé ce qu'ils avaient fumé. Ça avait l'air du plan pourri. Mais j'étais disposé à donner sa chance à ce TGITSW, car après tout, j'avais eu raison de donner la sienne à TGWTDT, le film de Fincher s'avérant largement supérieur au suédois, et Rooney faisant un encore meilleur boulot que Noomi. Contrairement à cette dernière, au physique d'anti-hamster, Rooney Mara, c'est la poupée de porcelaine de Todd Haynes, et sa Lisbeth mettait plus sous tension (comment allait-elle s'en sortir ?), le combo Lisbeth/Rooney faisant pour moi une héroïne de saga parfaite. Alors, donner sa chance au film d'Alvarez, oui, essentiellement parce qu'Evil Dead et Don't breathe m'ont tant plu... mais si les miracles existent, ils sont fait pour n'arriver qu'une fois, non ? Parce que plan foireux, double-oui, vu combien ce nouveau film est une débandade quasi-totale. C'est du Millénium émasculé, émasculé comme son insipide Blomkvist, sauce mainstream-quinoa, quasiment PG-13 (zéro nudité et une hémoglobine bien pudique), au scénario de sous-James Bond cousu de fil blanc, bourré de facilités (tout est rendu trop facile soit par un hasard bien pratique, soit par la puissance quasi-magique du hacking - sic), et totalement inadapté à la saga (du terrorisme nucléaire, sérieusement ?!), et où Lisbeth est transformée en sorte de Catwoman LGBT justicière/super-héroïne tendance #metoo (voir sa première scène, où elle "venge", mais sans faire trop mal non plus au mari violent, parce que c'est la gentille !), interprétée par une Claire Foy écrasée sous le poids de la comparaison, plombée par un accent scandinave complètement foireux, et qui en fait trop, faute d'un perso de qualité. On se fout de son histoire, comme de sa relation à Blomkvist, qui a soudain le même âge qu'elle, comme de la piteuse tentative de création d'une mythologie autour d'elle, comme de sa vilaine soeur (antagoniste de piètre qualité, ce qui est problématique dans un thriller !) ; on ne s'attache à rien car aucune intimité n'a le temps de se créer dans ce thriller fait pour attirer le chaland. De cet assemblement sans ambition d'éléments sans saveur, Avarez fait ce qu'il peut, troussant plutôt bien les scènes d'action (la baston dans la salle de bain, où la scène du sniper)... mais encore une fois, les miracles, c'est rare par essence. Un gaspillage d'énergies.
  • 110
    Bande-annonce

    The Spy Gone North (2018)

    Gongjak

    2 h 27 min. Sortie : . Action et drame.

    Film de Yoon Jong-Bin avec Hwang Jung-Min, Lee Sung-Min, Cho Jin-Woong

    Du thriller solide, sans bullshit et visuellement léché, comme savent le faire les Sud-Coréens. Bon, pas aussi brillamment qu'on l'aurait souhaité, considérant l'ambition du film : des personnages davantage développés, à commencer par un héros qu'on aurait dû davantage connaître, une mise en scène peut-être un peu plus aventureuse (mais qui est au moins énergique), et un chouïa moins de sentimentalisme vers la fin, voilà ce qu'il aurait fallu à Gongjak pour devenir un chef-d'oeuvre du genre, tant son histoire est fascinante, tant son récit est à la fois maîtrisé et foisonnant, complexe et didactique, tant il met de fois le spectateur sous tension (quand Ri révèle à Park qu'il sait !), tant ses quelques twists renversent en plus de réinventer le film, tant son troisième acte impressionne par son souffle romanesque (renforcé par les violons de Jo Yeong-Wook, le compositeur de PCW !), et tant Hwang Jung-Min livre ici une performance d'une nuance impressionnante. Gongjak, c'est, aux quelques défauts susmentionnés près, Le Bureau des Légendes sud-coréen (la voix-off du héros à la fin renforce cet effet), avec un scénario d'un degré d'exigence digne d'un roman de Le Carré (à commencer par le faux colloque orchestré rien que pour attirer le vieux prof !). Et peu importe qu'il idolâtre un poil Kim Dae-Jung, le "Nelson Mandela coréen". D'abord, la sensibilité probablement gauchiste de l'auteur ne le rend pas complaisant envers le Nord, nation-asile qui s'en prend dûment plein la gueule (cf. la scène du monticule de cadavres) ; ensuite, l'homme a marqué l'histoire, et en matant le film, le spectateur a cet exaltant sentiment d'"assister" à l'Histoire. Déjà pas mal, non ? Et malgré le traitement limité des personnages, Yoon parvient, au final, à raconter une très belle histoire d'amitié, qui fait tout le sel dramatique du dernier acte. Par ailleurs, on se plaint de la trop grande sobriété de la réalisation de Yoon, mais QUI oserait dire qu'il n'a pas été super impressionné par tout ce qui se passe entre l'arrivée du héros à Pyongyang (d'une quiétude glaçante, comme d'hab) et sa première rencontre avec Kim Jong-Il n'est pas renversant (toutes les scènes avec le dictateur sont géniales... mon dieu, ce chienchien) ? Ok, Gongjak est imparfait, de toute évidence. Mais il a un sacré cachet : un film d'espionnage dont la BO rend hommage à The Shining, ça le fait, non ?
  • 111
    Bande-annonce

    Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald (2018)

    Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald

    2 h 14 min. Sortie : . Aventure et fantastique.

    Film de David Yates avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler

    Les Animaux fantastiques était une sympathique surprise. C'était sans génie aucun, mais dans le genre, et pour un spectateur pas particulièrement fan de Harry Potter, c'était plaisant, notamment grâce à un bon équilibre entre développement des personnages et spectaculaire et des animaux fun à voir. Aussi n'avais-je aucun préjugé quand je suis allé voir Grindelwald. Ignorant que j'allais subir 2h15 d'un parfait exemple de suite foirée. Le VRAI crime de Gindelwald, c'est d'être chiant à mourir. Si cette grosse conne imbue d'elle-même de Rowling n'avait pas déjà écrit le premier volet, on pourrait dire que l'écriture de scénario n'est vraiment pas son truc : la narration est complètement éparpillée, la nana ayant voulu faire rentrer 40 000 intrigues dans son script, et de fait, tout est bâclé ; aucun arc dramatique de personnage ne captive, les enjeux sont ineptes (en plus d'être pompés sur X-Men avec les motivations du méchant), parfois même obscurs dans un scénario qui est parvenu à perdre une amie généralement incollable ; c'est par moment atrocement bavard pour rien d'intéressant (cf. toute l'exposition interminable du début, ou encore la discussion sur les origines du personnage toujours aussi bidon de Croyance). Et ça ramène Kowalski, un bon point du premier film, sans aucune justification, juste parce qu'il plaisait. En gros : toxique. En dehors de ça ? Les animaux fantastiques sont trop pelés. Le "mâle beta" Redmayne, doté du sex-appeal d'une poule, était supportable dans le premier film, mais ici, il patine complètement, n'ayant même aucune scène digne de ce nom avec Tina (Waterston, qui fait le job sans passion). Zoe Kravitz n'est toujours pas une actrice, juste un "token" de casting minorités-compatible. Depp, lui, ne dessert pas Grindelwald en faisant son Depp, mais n'apporte rien non plus à un antagoniste qui n'arrive pas à la cheville d'un Voldemort. Et le film n'est même pas VRAIMENT satisfaisant à voir : Yates, jamais plus qu'un yes-man compétent, livre une réalisation efficace mais sans personnalité, et ne sait compenser visuellement la médiocrité du script... quant aux effets spéciaux, ils ont beau être réussis, donnant même parfois l'impression que c'est tout l'intérêt du film, une démo de "CG", la scène d'action du début est illisible, et la fin, une bouillie de pixels bleue censée représenter un océan de flammes menaçantes. Ok, le Paris des années 20 est sympa à voir, et oui, Jude Law fait un Dumbledore charismatique. Et ? Et rien.
  • 112
    Bande-annonce

    Amanda (2018)

    1 h 47 min. Sortie : . Drame.

    Film de Mikhaël Hers avec Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin

    Séances de cinéma (1 salle)
    Un des meilleurs films français de cet année, aux côtés de Gaspard va au mariage et le En liberté ! de Salvadori : un incontournable, sans doute dans mon top 10. D'autant qu'Amanda n'emprunte clairement pas les chemins qu'on imaginais : il ne conte pas tant les débuts cahoteux d'une relation entre un adulte un peu bordélique et un enfant, comme les Américains les aiment tant, que l'histoire d'un deuil. La gamine est bien présente, et sa jeune interprète est très bien, mais elle n'est pas au coeur du film : son cœur, c'est David, incarné par un Vincent Lacoste très, très émouvant. Et David, comme tout le reste du film à peu près, bénéficie d'une remarquable qualité d'écriture et d'une grande justesse dans la peinture des sentiments (remarquable équilibre en pesanteur dramatique et légèretés salutaires du quotidien) : rares sont les moments qui sonnent faux, si jamais il y en a un. Les films sur la mort d'un être cher, il y en a plein, mais la majorité d'entre eux a cette fâcheuse tendance à finir, tôt ou tard, par négliger le traumatisme. À utiliser un peu de margarine pour faire passer le tout. Amanda ne fait pas ça. Et... spoiler alert, félicitation aux gens qui ont fait la bande annonce : le coup de l'attaque terroriste, dont les retombées influencent TOUT le reste du film, sera passé under the radar jusqu'au bout. Et c'est très bien comme ça.
    Notes, au rayon "esprit superficiel" :
    - Stacy Martin est toujours aussi charmante, mais elle a toujours besoin de manger une cinquantaine de cheesburgers.
    - Greta Scacchi, elle, aurait dû inversement éviter les plats en sauce (exactement, après le skinny-shaming, l'encore plus infamous fat-shaming). Mais peut-être est-ce génétique. La pauvre. Dans tous les cas, les années 80, c'est mieux avant.
  • 113
    Bande-annonce

    Overlord (2018)

    1 h 50 min. Sortie : . Action, aventure, Épouvante-horreur, science-fiction et guerre.

    Film de Julius Avery avec Jovan Adepo, Wyatt Russell, Mathilde Ollivier

    Get out 2 ! Bon, Overlord n'est ni la pépite pulp au croisement de genres brillamment maîtrisés par un nouveau petit génie du film de genre, comme le prétendent les fans, ni la série Z trop coûteuse que voient ses détracteurs : "juste" une série B dans l'ensemble rondement menée, dont le scénario assez inepte (cf. la fin pompée sur Jaws...) est à la hauteur du pitch (qui aurait été original... il y a vingt ans), mais globalement belle à voir (cf. la colorimétrie, notamment), parsemée de moments franchement spectaculaires (les fusillades sauvages bénéficient d'un beau travail sur le son, et tant l'introduction de ouf, Soldat Ryan dans les airs, que la destruction du labo bénéficient d'une belle exploitation du budget côté FX), et que son mélange d'humilité et d'application rend fort sympathique. Il n'invente effectivement rien, mais il est assez malin. Comme l'a dit un critique, il a l'intelligence de se comporter en film de guerre avec des éléments d'horreur plutôt que l'inverse, et tant mieux : en dépit de dialogues limités, de personnages souvent clichés (le vétéran mutique, le fanfaron relou, le héros vertueux, etc.) et d'accents un peu pourris (aaah, Pilou Asbaek en "Allemand" !), la partie "film de guerre" est bien plus réussie que la partie horrifique : la violence de l'ennemi et la quasi-unité de lieu (on a juste le labo en plus de la maison) lui confèrent une tension à laquelle le casting réagit joliment, à commencer par Jovan Adepo (The Leftovers !), Wyatt Russell (tendu), et la petite Française Mathilde Ollivier, dont le personnage de Chloé a un sacré panache (à la fin, avec son lance-flammes, elle rappelle MEW dans le préquel de The Thing...). Les motivations et le comportement de chaque personnage tiennent la route, comme les choix tactiques, et même si leur triomphe est übertiré par les cheveux (ils auraient dû au moins tous mourir à l'exception du héros et de la fille, à la limite), c'est plaisant à suivre. Après donc, côté horreur, ça n'impressionne hélas pas des masses, et c'est une des limites du film qui explique son 6/10 : un tel film aura beau se fendre de quelques fusillades méchamment fun, s'il ne fait pas peur une seule seconde, à peine capable de pondre quelques "jump scares" pourries, ni même ne retournicotte le cœur, y a problème. Attention, ce n'est pas non plus sans aucun effet : le travail de maquillage est topissime et les créatures dégueus (Dead Space, anyone ?). C'est juste trop peu, dans un tel registre.
  • 114
    Bande-annonce

    Les Veuves (2018)

    Widows

    2 h 09 min. Sortie : . Policier, drame, romance et thriller.

    Film de Steve McQueen avec Viola Davis, Michelle Rodriguez, Elizabeth Debicki

    Avant-propos : En début d’année 2018 est sorti en salle La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro. J’y suis allé avec la candeur du pop-corneur amateur de cinéma dit "de genre", et confiant en le fait que ce film allait signer le retour en forme du cinéaste mexicain après quelques gros ratés. Las ! L’inadéquation entre la médiocrité du film et sa célébration illuminée par la critique m’a, au lieu de ça, mis dans une délicate position : celle de me sentir sur une autre planète. Alors, j’en ai tiré au final plus de satisfaction, celle certes un peu superficielle de l’outsider qui ne hurle pas avec les loups, que de frustration, puisque j’ai compris POURQUOI tant de gens tombaient dans le panneau (l’idéologie), mais… au final, le cinéma n’en sortait pas grandi, et l’expérience était négative. Le nouveau film de Steve McQueen, autre réalisateur d’un film que je place dans mon top 100 (Le Labyrinthe de Pan pour del Toro, Shame pour McQueen), est loin d’atteindre le niveau d’idiotie de La Forme de l’eau, les deux cas de figure comportent des similarités : c’est mis en scène par un cinéaste célébré, c’est porteur de messages politiques orientés à gauche, c’est mal écrit, c’est pourtant bieeeen trop apprécié par la presse, et ça m’a laissé sur le carreau. Encore une fois, moins que La Forme de l’eau ; mais certaines critiques élogieuses me plongent dans le même embarras. Le postulat de Widows n'est pas du tout en faute, attention. Il est, au contraire, bourré de promesses, mélangeant étude de mœurs via sa peinture de couples dans la société américaine, et plus généralement des rapports hommes/femmes, exploration de leurs différents rapports à la violence, à l’autorité, et à la solidarité, drame sur le veuvage, et, naturellement, film de cambriolage (en anglais "heist movie") avec le sexe des braqueuses comme potentiellement savoureux joker dans un thriller qui ne pouvait qu'être hypertendu, puisque réalisé par McQueen. Insistons là-dessus : la présence de McQueen à la barre semblait une garantie d’approche réaliste du sujet, brute, sans concession… la garantie d’un "anti-Ocean's 8", en gros. Alors, oui, mais hélas, non. Parce que si Widows n'entache pas l'image d'immense faiseur d'images dont jouit le cinéaste, il prouve en revanche que le gars n'a pas QUE des trucs passionnants à raconter : son film est très beau à voir, parfois impressionnant techniquement, mais il est aussi très, très mal écrit, et au final tristement vain (...).
  • 115
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    Astérix : Le Secret de la potion magique (2018)

    1 h 25 min. Sortie : . Animation, aventure et comédie.

    Long-métrage d'animation de Louis Clichy et Alexandre Astier avec Christian Clavier, Guillaume Briat, Bernard Alane

    Séances de cinéma (4 salles)
    Sympa, mais... un signe qui ne trompe pas : on ne se marre pas des masses, devant ce Secret de la potion magique. On sourit, c'est relativement plaisant, essentiellement grâce à des personnages que l'on connait depuis son enfance, un bon rythme (garanti par la courte durée d'1h25... Pixar n'ayant pas fait un film en-deçà des 90 minutes depuis Toy Story !), et un emballage plutôt séduisant comme l'était celui du premier opus (j'ai bien dit "plutôt", parce que character design est toujours sommaire, et que certains moments nous renvoient techniquement dix ans en arrière, cf. l'oisillon du début, ou encore les gros plans sur le contenu des marmites). Mais c'est aussi terriblement plat, à l'image des performances de bien des doubleurs, dont les voix manquent cruellement de caractère (César, Sulfurix...), comme c'était le cas précédemment. Seulement, précédemment, il y avait un scénario, basé sur un tome entier (l'excellent Le Domaine des Dieux !) et coécrit avec deux gars... alors que là, Astier s'en est quasiment occupé tout seul. Un scénario original rien que pour Astérix et ses amis, dans l'idée, on dit pas non, hein ; ça peut même faire pardonner les loupés précités. Faut juste que ça ne soit pas naze. L'idée de départ, pourquoi pas... mais que ça ne commence pas en transformant Panoramix en Yamakazi, ni ne finisse en parodie de Goldorak (monument de portnawak), ni ne nous ponde des clichés ineptes en guise de nouveaux personnages (comme l'antagoniste, caricature d'"evil twin", ou la gamine, caricature survolée de fille qui en veut, et dont on grille d'entrée de jeu qu'elle sera l'héritière de Panoramix, dans un esprit très féministe-friendly). En fait, sur le plan comique, c'est étonnamment paresseux, s'appuyant énormément sur les gags visuels (gros abus des personnages d'animaux), enfilant des moments mille fois lus dans les bédés (les pirates, les bagarres, etc.), s'amusant à trouver des noms drôles mais ça c'est super facile, croyant que monter le générique d'un Astérix sur de la pop-music des 90's est une idée génialement décalée... Alors, il mérite quand même la moyenne parce que dans l'ensemble, c'est divertissant, et l'on en garde un nombre décent de moments sympas (le gang de traversée de France en cartoon, le plan "10 commandements" + le génial druide-Jésus, le marcassin du bad guy...). Mais l'on se fout un peu de ce qui se passe en dépit de l'apparente énormité des enjeux, et c'est au final trop peu inspiré pour constituer un volet réussi.
  • 116
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    Les Confins du monde (2018)

    1 h 43 min. Sortie : . Historique, guerre et drame.

    Film de Guillaume Nicloux avec Gaspard Ulliel, Guillaume Gouix, Lang Khê Tran

    Le cinéma de Nicloux poursuit son chemin sur des sentiers moins balisés. LCDM est un film inégal, mais pénétrant. On sait que ça parle de vengeance, mais... abordé sous un angle si ambitieux, au point d'évoquer Joseph Conrad, mêlant métaphysique et boucherie dans une odyssée spectrale aux confins de l'idée-MÊME de vengeance ? Fallait des cojones. La bonne idée qu'il a eu, déjà : confier son premier rôle à Ulliel, qui se bonifie avec le temps d'une façon assez spectaculaire, et livre ici une performance presque intimidante tant elle est hantée (clairement sa meilleure depuis Saint-Laurent). Lui, la réalisation de Nicloux, la photographie poisseuse d'Ungaro, et le rythme hypnotique excusent les ratés d'un film de formaliste qui n'a pour autant pas oublié de raconter quelque chose. Par exemple, on se serait bien passé de quelques unes des chamailleries entre bidasses, mais au moins, ça rappelle comme rarement l'état de dépression dans lequel vivaient ces hommes, et leur difficile coexistence. Les dialogues sont parfois un peu trop explicites, notamment ceux sur la nature aliénante de la vengeance (on a compris, Nicloux), mais le tandem Ulliel-Depardieu (qui a toujours le feu sacré, faut pas croire) fait passer la pilule. En fait, LCDM, film hagard comme son protagoniste, rappelle un peu le très beau Cessez-le-feu, sorti l'année dernière, et traitant d'un sujet similaire, en plus romanesque. Nicloux, lui, fait dans le sale, à l'image de ses multiples visions d'horreurs de corps démembrés, et malgré une BO assez inconsistante, crée ce qui est peut-être le PLUS important : une atmosphère. Celle d'un tripot vietnamien où la France tente vainement d'imprimer son existence à coups de Marseillaise. Préfigurant d'ailleurs la France en perdition d'Apocalypse Now redux. Celle d'une guerre qui ne fait aucun sens, comme la mort absurde du frère d'arme. Celle du dernier plan d'Ulliel, très long, mais tellement bourré de sens tragique ("Alors, on y va quand même ?", question dont la réponse ne viendra jamais tant elle est évidente, puisque Robert est déjà mort, lui aussi...). La romance avec la Vietnamienne (toute érotique fut la première et mignonne la seconde) est sans doute LE maillon faible, car elle peine à s'articuler avec le reste, et a un lien direct avec un épilogue bien trop vite expédié à notre goût (dommage). Mais dans l'ensemble, c'est quand même saisissant.
  • 117
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    Leto (2018)

    2 h 06 min. Sortie : . Biopic, drame et musique.

    Film de Kirill Serebrennikov avec Roman Bilyk, Irina Starshenbaum, Teo Yoo

    Séances de cinéma (2 salles)
    Difficile de ne pas aimer Leto. C'est un de ces rares films où l'on comprend sans mal l'absence de notes inférieures à trois étoiles dans la revue de presse Allociné. Sûr, on peut chichiter un peu sur l'espèce de triangle amoureux (véridique ?) qui articule les relations entre les protagonistes, et qui est autrement moins fort que l'autre facette du film, l'autrement plus importante reconstitution de la scène musicale underground de la Russie pré-perestroïka. Ça, c'est juste fabuleux, en état de grâce et d'apesanteur, et une source d'extase pour les amateurs tant du rock alternatif de l'époque (BO exceptionnelle) que de films réussis sur la musique, sur sa force émancipatrice. Mais que ce soit sur scène où dans l'intimité des personnages, Leto reste sur le plan esthétique un pur joyau (dire du bien du noir et blanc est un peu un poncif, mais là, c'est VRAIMENT canonissime), et une peinture de mœurs d'un monde englouti dont l'énergie et l'authenticité feront aisément oublier les quelques petites baisses de rythme dans le dernier acte. Une chose est certaine, en revanche : ce n'est PAS un film punk. Le punk, c'est le culte du n'importe quoi, "brailler", comme le dit un musicien dans la scène du train, avant que le film ne parte dans une de ses quelques embardées hallucinantes entre clip et comédie musicale. Leto est TOUT, sauf du n'importe quoi ou de l'amateurisme, c'est un objet cinématographique chiadé à l'extrême... mais qui ne se laisse simplement pas enfermer là-dedans. Je suis naturellement très intéressé de voir ce que fera à l'avenir Serebrennikov, sans pour autant poser le moindre jugement sur sa situation actuelle (en résidence surveillée), préférant ne pas tomber non plus dans TOUS les panneaux de l'anti-poutinisme ambiant... Plus de remarques dès que j'ai le temps.
  • 118
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    Hunter Killer (2018)

    2 h 02 min. Sortie : . Action et thriller.

    Film de Donovan Marsh avec Gerard Butler, Gary Oldman, Common

    Hey... mais... c'était sympa ! Voilà la première pensée qui m'est venue à l'esprit, alors que défilait le générique de fin (non, de début, du con). Ce truc avait tout du direct-to-video au budget trop important pour son bien, joué par Gerard Butler, qui collectionne quand même les films ratés (sans suivre le chemin de Nicolas Cage, hein...), réalisé par un gars qui n'a même pas sa fiche wikipédia, et semblant pompé sur tous les films du genre (à commencer évidemment par USS Alabama pour sa menace nucléaire et son vilain putschiste russe et Octobre Rouge pour l'émotionnante collaboration "humaine" entre Amerloques et Ruskovs). Ah, et puis il y a Gary Oldman qui cachetonne, par-ci par-là, vraisemblablement engagé pour donner un air respectable au film. Bref, ça s'annonçait moyen. Et si Hunter Killer ne casse pas trois pattes à un canard (à l'image de son titre), il peut lui en casser une et demi, voire deux, pour peu que l'on soit d'humeur pop-corneuse. Ça démarre assez mal, avec tout plein de poncifs du genre, un Common en amiral (rires), et des Russes parlant anglais entre eux comme aux pires heures de 24... mais à mesure que l'histoire se déroule, on se prend au jeu, essentiellement pour deux raisons. D'abord, la mise en scène alerte et sans chichi de Marsh, carrée comme la BO sobre du film (nul lyrisme zimmerien, ici) ; mine de rien, savoir filmer dynamiquement un intérieur de sous-marin n'est pas un maigre accomplissement (la partie trivia sur IMDb permet de comprendre comment il y est arrivé... logistiquement impressionnant, pour un film ne payant pas de mine de prime abord). Ensuite, ce qui se passe HORS de l'eau, non pas côté Pentagone (qui rappelle celles déjà un peu neuneus d'Air Force One...), mais côté SEAL : toute cette partie, bien plus importante que ne le laissait entendre la promo, est vraiment TRÈS efficace, avec une "team" suffisamment caractérisée, des scènes d'action bien emballées (surtout l'exfiltration, haletante), et une vraie progression dramatique (vont-ils s'en sortir, sérieusement ?). Et côté sous-marinier, le regretté Michael Nyqvist forme avec Butler un duo finalement assez fort... même si le mec n'est pas du tout russe (mais Sean Connery l'était-il ?), et si les scènes où s'exprime la fidélité des matelots qu'il a formés sont super-kitsch. Sa dernière scène (tout court) est un plutôt bel adieu. Non, franchement, c'est du divertissement du samedi soir tout à fait correct.
  • 119
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    Une affaire de famille (2018)

    Manbiki Kazoku

    2 h 01 min. Sortie : . Drame.

    Film de Hirokazu Kore-eda avec Lily Franky, Sakura Andô, Mayu Matsuoka

    Séances de cinéma (1 salle)
    S'il existe aujourd'hui UN cinéaste consistant sur le plan thématique, c'est bien Koreeda : d'ici la fin de sa carrière, le prolifique cinéaste aura peut-être fait le tour de ce sujet ô combien fascinant, et ô combien casse-gueule qu'est la filiation, avec un succès incontestable. Incontestable, mais inévitablement inégal : tous ses films ne se valent pas. Alors, quid de celui-ci ? Il vaut de l'or. Une affaire de famille, c'est le meilleur du réalisme social. De la très haute volée, entre De Sica et Bresson. Alors, la Palme d'Or, on s'en fout un peu : perso, mon préféré du gars reste Tel père tel fils ; mais après trois films de moindre intensité, Une affaire de famille est un retour en forme des plus vibrants, pour une forme qui, de toute façon, n'a jamais non plus VRAIMENT pris de vacances (parlons juste d'une plus ou moins grande inspiration !). Un chef-d'oeuvre sur la marginalité (au-delà de la filiation), explorant cet autre sujet sans tabou (cf. l'enterrement de la grand-mère), dans le plus pur style koreedien, moral sans être moralisateur, magnifiquement nuancé (zéro personnage caricatural, même les secondaires), impeccable dans sa direction d'acteurs (QUI dirige mieux des gamins que lui ?), à infusion lente, ménageant ses effets, préparant méticuleusement ses bombes émotionnelles, et dévastant le spectateur au moment où il ne s'y attend pas forcément. Dans Tel père tel fils, c'était le craquage de Fukuyama, à la toute fin. Ici, au-delà de la regrettée et toujours incroyablement chaleureuse Kirin Kiki, c'est quasiment toute la performance d'Andô Sakura, déjà épatante dans le monumental Love Exposure de Sono Shion... ici absolument bouleversante (cette scène où elle dit à la gamine qu'on ne bat pas quelqu'un, quand on l'aime...). Enfin, ne surtout pas croire qu'il dit ce qu'est une famille : son cinéma ne minimise pas les liens du sang (il fait dire à la "mère" qu'accoucher ne fait pas de soi une mère, mais exprime surtout par là le traumatisme de sa stérilité). Non, il est trop intelligent pour ça. Il pose sa réflexion, qui ne ménage pas le spectateur, et nous laisse décider du poids de chaque facteur créant du lien entre les êtres, un lien aussi éternellement complexe qu'eux-mêmes. Il nous montre la misère, mais aussi la beauté, comme celle de cet après-midi d'été, à manger des nouilles froides, entre un homme et une femme près à faire l'amour, alors que les enfants jouent dehors. Nous demandant si, au fond, ce n'est pas tout ce que nous voulons.
  • 120
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    Spider-Man : New Generation (2018)

    Spider-Man: Into the Spider-Verse

    1 h 57 min. Sortie : . Action, aventure et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman avec Shameik Moore, Jake Johnson, Hailee Steinfeld

    Séances de cinéma (5 salles)
    Quand on se penche sur le cas SMISV, le pourquoi de la quasi-unanimité soviétique dont il bénéficie saute aux yeux : en trois syllabes : politique. Exit le "white male" Peter Parker, qui est ici soit mort, soit sur une voie de garage, place à ses remplaçants, un Spider-Man black (ET en partie latino, histoire d'attirer une minorité supplémentaire !), et une spider-Woman ; et encore, ça, c'est avant d'apprendre que le Docteur Octopus est dorénavant une nana, et la gentille Tante May, dorénavant la version Marvel de Q ! Bref, après le grossièrement progressiste Homecoming, la minoritophilie n'est pas près de faiblir, chez Sony. Maintenant que c'est dit, que vaut ce SM en lui-même ? Bah, c'est pas mal, en fait. Suffisamment pour mériter un petit 7, que je lui aurais donné si son studio n'en avait pas fait une prostituée idéologique. C'est indéniablement beau à regarder (sauf lors du climax, gloubi-boulga qui pique un peu les yeux), l'animation est remarquable en règle générale (malgré quelques chutes de frame rate un peu chiantes), l'humour est généralement plaisant même s'il n'évite pas la saturation (quel film de super-héros l'évite, de nos jours, de toute façon ?), et les scènes d'action sont aussi virevoltantes que lisibles. Mais si c'était un chef-d'oeuvre, je ne lui donnerais pas six étoiles, incompatibilité politiques ou pas. En tant que divertissement, il a deux problèmes : un antagoniste complètement pourri (Kingpin, qui ne vaut pas mieux que ceux de la vieille série), et une ÉNIÈME histoire de multiverse sortie de nulle part qui n'apporte qu'une chose, grave : une banalisation du super-héros que l'on connait tous, avec une saturation de Spider-Men & women, par ailleurs bidons en dehors de Gwen (mon dieu, la minette de japanim' !) (cette overdose m'a donné l'impression de voir un épisode récent d'Arrow), et l'idée que "tout le monde a ce qu'il faut pour être un héros", complètement débile pour quiconque a réfléchi plus de quatre secondes à la nature humaine et au sens de l'héroïsme. Il semblerait que le film a conquis la génération Z, familière de ce joyeux foutoir coloré. Moi, ça m'a laissé froid. Autant se concentrer sur Miles Morales, perso sympa malgré son background caricatural (noir, donc graffeur fan de hip-hop...), et même si son "éveil" sent inévitablement le déjà vu. Pour finir, pour la millième fois : trop de méta tue le méta, les gars. Et même : pas besoin. Laissez-le à Deadpool. Une simple histoire, ça peut le faire, parfois.