Mon journal en 2019 : réminiscences d'une cinéphilie recrudescente

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327 films

par Edelwice

Suite logique du journal de 2018 dont les titres et les images de couverture similaires prouvent mon manque flagrant d'imagination : https://www.senscritique.com/liste/Mon_journal_en_2018_souvenirs_d_une_cinephilie_grandissante/2033243

Image de couverture : Tokyo Godfathers de Satoshi Kon (à gauche, moi quand je n'aime pas un film et à droite, moi quand j'aime un film)

334 films vus en 2018 (revisionnages compris pour la plupart). Si j'arrive à regarder plus de 300 films cette année (mon objectif donc), ça sera déjà pas mal du tout !

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  • L'Opérateur (1928)

    The Cameraman

    1 h 16 min. Sortie : . Comédie, romance, drame et muet.

    Film de Buster Keaton et Edward Sedgwick avec Buster Keaton, Marceline Day, Harold Goodwin

    Premier film de l'année et première déception, et première incompréhension au passage. A mon grand regret, vu la moyenne du film sur le site et les notes de mes éclaireurs, je n'ai pas été emballé plus que ça et L'Opérateur s'impose même comme le moins bon film de Buster Keaton, selon moi évidemment. Je ne sais pas, c'est moins poétique que Sherlock Junior, moins facétieux que L'Epouvantail et moins inventif que L'Insaisissable. Ceci dit, ça reste (très) bon quand même et surtout grand et audacieux pour l'époque (toute la séquence des Tong wars est impressionnante par exemple). Les cascades sont risquées et c'est toujours une réussite.

    Seulement voilà, je trouve que le talent de Keaton peine à s'épanouir dans le format long. La maladresse du personnage, d'abord vaguement amusante, finit carrément par lasser au bout de la première demi-heure. Et l'histoire maintient difficilement l'intérêt du spectateur (la fatigue post-réveillon n'aidant peut-être pas). Je n'aime pas trop non plus son inclination à rendre tous les personnages secondaires détestables car elle sert un comique qui ne fonctionne pas toujours. Autrement, c'est un beau morceau de cinéma, surtout au regard de sa date de sortie : 1928 tout de même !
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    La La Land (2016)

    2 h 08 min. Sortie : . Comédie musicale, comédie dramatique, romance et musique.

    Film de Damien Chazelle avec Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend

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    Paddington 2 (2017)

    1 h 44 min. Sortie : . Aventure et comédie.

    Film de Paul King avec Ben Whishaw, Hugh Bonneville, Sally Hawkins

    Laissons un peu parler le coeur et les sentiments : +1

    Après avoir revu La La Land, c'est maintenant au tour de Paddington 2. Ceci dit, je l'ai vu pour la première fois il y a tout juste une semaine, mais passons. J'avais trop envie de le revoir. J'ai un peu le moral dans les chaussettes en ce moment, mais avec ces deux films, je me sens tout ragaillardi !

    J'en profite pour remettre l'annotation que j'avais écrite la première fois : https://www.senscritique.com/activity/773291/16792992

    Paddington 2, c'est un peu The Grand Budapest Hotel pour les enfants et j'adore ça. C'est comme une bulle d'optimisme et de bonne humeur. En quelques mots, c'est un film qui parle à l'enfant qui sommeille en nous et qui fait énormément de bien à regarder, tout simplement. C'est réconfortant (j'avais le sourire aux lèvres en permanence) et en même temps l'émotion n'est jamais factice : prenons l'exemple de la scène du livre pop-up avec Tante Lucy, celle de la larme dans la prison, celle de l'appel téléphonique et celle de la fin qui m'ont ému et beaucoup touché. Je ne peux que fondre devant tant de tendresse... Peu de films parviennent à me rendre aussi heureux.

    https://youtu.be/D0qY4nq-7C4

    J'ai également fait plus attention à certains détails que je n'avais pas remarqués la première fois. Le plus drôle réside dans le journal que Knuckes lit en prison. Déjà le nom, "Hard Times", puis le titre de l'article qui fait la couverture : "La carte « sortez de prison » n'a aucune valeur légale."
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    Millennium Actress (2002)

    Sennen joyû

    1 h 27 min. Sortie : . Animation, drame, fantastique et romance.

    Long-métrage d'animation de Satoshi Kon avec Miyoko Shôji, Mami Koyama, Fumiko Orikasa

    Et je continue sur ma lancée des revisionnages avec mon Satoshi Kon préféré que je n'avais pas revu depuis plus de deux ans. Note inchangée (9) au passage.

    Je crois bien que Millennium Actress est le film qui me bouleverse le plus, avec Le Conte de la princesse Kaguya, et ça n'a jamais été aussi vrai. Je me souviens avoir eu les larmes aux yeux lors de mon dernier revisionnage, mais là, j'ai tout bonnement éclaté en sanglots lors des dernières minutes du film. C'est dans l'accès aux souvenirs qu'on pensait avoir oubliés et dans la mort imminente que la vie et le désir de vie, intimement liés aux rêves qu'on n'a de cesse de pourchasser, se manifestent avec le plus vif éclat.

    "La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit" a dit Oscar Wilde. Et c'est justement ce dont il est question dans Millennium Actress. Chiyoko Fujiwara, l'"actrice millénaire", poursuit cet homme qui lui est rentré dedans un jour d'hiver, dans la réalité comme dans ses films. Satoshi Kon mélange ainsi la réalité (l'histoire de Chiyoko), la fiction (ses films) et les souvenirs, et c'est absolument brillant. Chiyoko lui a couru après toute sa vie, même si elle a fini par perdre de vue son but en cours de route (ce qui est représenté par la perte de la clé), par "grandir" de cette image de jeune fille qu'elle n'a pas voulu ternir, au moins dans ses films.

    Le long-métrage repose sur une imagerie, et par extension sur une symbolique, simple mais terriblement efficace dans ce qu'elle évoque. Une simple clé prend un grand nombre de significations selon l'expérience intime et personnelle que le spectateur aura du film. On peut certes regretter la relative pauvreté de l'animation, mais devant le génie de la réalisation, le vibrant hymne à la vie et le sublime hommage au cinéma du XXème siècle que le film propose, c'est bien peu de choses...

    https://youtu.be/p_bPQ5e9f2U
    https://youtu.be/jWEYajrxiEU

    "Car après tout, c'est courir après lui que j'aimais."
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    Asako I&II (2019)

    Netemo sametemo

    1 h 55 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Ryusuke Hamaguchi avec Masahiro Higashide, Erika Karata, Rio Yamashita

    Asako I&II est un film empreint d'un doux sentimentalisme et de pudeur, une pudeur toute japonaise dans les non-dits et la façon de concevoir la relation amoureuse. Il faut parfois s'accrocher car le rythme est relativement lent et il est facile de décrocher, justement, mais les personnages extérieurs au couple, Asako-Baku dans un premier temps puis Asako-Ryohei, ainsi que l'approche sociale du film entretiennent l'intérêt deux heures durant. C'est d'ailleurs peut-être cet aspect social, presque sociologique d'une certaine façon, qui m'a le plus intéressé. Le Japon d'aujourd'hui, on le sait, est tiraillé entre les traditions d'un côté et le modernisme de l'autre, et c'est encore plus vrai à Tokyo, forcément. Si Ryohei affirme à Asako qu'elle n'a pas besoin de lui demander (et donc de son autorisation) pour chercher du boulot, il l'"autorise" néanmoins à rentrer tard le soir à la maison après avoir renoué avec son amie de la fac. C'est une phrase anodine, qui montre surtout la gentillesse et la prévenance du personnage, mais qui en même temps en dit beaucoup sur les mentalités des Japonais (que je ne critique pas du tout, je vois plutôt ça comme un constat). Les moeurs ont certes évolués mais elles restent quand même bien ancrées dans le quotidien. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres que j'ai appréciés voir tout au long du film, et tout cela est montré de façon très naturelle.

    Le personnage d'Asako (qu'on voit d'abord peu alors qu'elle donne pourtant son nom au film) n'est pas facile à appréhender. A cause de son mutisme et de son comportement parfois déconcertant, on ne la comprend pas toujours dans les décisions qu'elle prend, qui nous apparaissent plus irrationnelles qu'autre chose. Il y a quand même quelque chose de beau et fort à la voir affirmer ses choix, cesser enfin de tourner en rond et se donner les moyens d'arriver à ses fins après les erreurs difficilement pardonnables qu'elle a commises. J'en viens justement au développement de l'intrigue relative à Baku qui m'a un petit peu déçu. J'aurais préféré que le personnage soit une "apparition" née du dilemme qui ronge Asako, comme la première scène où elle le revoit en vrai après toutes ces années le laisse initialement penser.

    Je suis parfois resté hermétique au film mais Asako I&II m'a globalement séduit et j'ai notamment beaucoup apprécié la première partie, avant la disparition de Baku, pour la tendresse et l'innocence qui s'en dégagent.
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    Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (1980)

    Airplane!

    1 h 28 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker avec Robert Hays, Julie Hagerty, Lloyd Bridges

    La scène d'ouverture donne le ton : les fameuses premières notes de la célèbre musique de Jaws se font entendre et l'aileron du requin est remplacé par celui d'un avion dans une mer de nuages. Ok, on sait que le film va être absurde, que ça va être débile et qu'on va bien rigoler. Eh bien pas tant que ça finalement. Le fait est que je n'ai pas toujours adhéré à l'humour quand même particulier et que je n'ai pas accroché au film comme je l'espérais.

    On a affaire aux mêmes problèmes que dans Scary Movie. Je ne suis d'ailleurs pas étonné de retrouver les réalisateurs aux commandes (réalisation et écriture, joli jeu de mots au passage) de certains épisodes de la saga parodique. Le dosage est très mal calibré, on est bombardé en permanence de gags et de références qu'on ne saisit pas forcément et, si c'est évidemment toujours divertissant, je ne rigolais vraiment qu'une fois de temps en temps. C'est très simple en réalité : il y a tellement de situations et de répliques différentes que certaines vont fatalement nous faire rire à un moment ou à un autre, et tant mieux pour ceux qui ont eu la chance de se marrer tout du long. J'aime le fait que l'absurde soit poussé à son paroxysme, mais la sauce n'a pas pris à cause de ce côté too much qui penche parfois vers l'indigestion.
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    La Cité de la peur (1994)

    1 h 33 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Alain Berbérian avec Chantal Lauby, Alain Chabat, Dominique Farrugia

    C'est un non, hélas. Dans un genre similaire, j'ai préféré "Y a-t-il un pilote dans l'avion ?" vu la veille. La Cité de la peur déploie un humour qui ne me touche pas du tout. J'ai souri quelques fois (le joggeur qui explose, la description du menu par Gérard Darmon aux allusions sexuelles à peine cachées) mais je n'ai pas rigolé une seule fois, un comble pour un film à la réputation qui le précède. J'étais peut-être mal luné mais j'ai trouvé l'ensemble souvent lourd, faussement cool (la scène avec les bruitages à la bouche) et un peu trop grossier : vomi, pets, ça passe une fois (et encore) mais pas deux. De façon générale, c'est tout le comique de répétition qui tombe à l'eau dans ce film. Et l'humour très premier degré finit très vite par lasser.

    Tout le film repose en fait sur son humour et c'est donc un peu gênant quand il peine à nous décrocher un sourire. Les acteurs se laissent totalement aller et sont souvent très bons, la réalisation est appréciable et relativement inspirée (j'ai par exemple bien aimé la séquence sur le passé du commissaire), mais ça ne suffit malheureusement pas à relever le niveau du film.

    Un extrait de la Carioca pour finir (peut-être bien mon passage préféré du film d'ailleurs) : https://youtu.be/vOkwNKNSUhQ
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    Frigo déménageur (1922)

    Cops

    18 min. Sortie : . Comédie et muet.

    Court-métrage de Edward F. Cline et Buster Keaton avec Buster Keaton, Edward F. Cline, Virginia Fox

    Rien ne vaut un bon court de Buster Keaton pour passer un bon moment ! La deuxième moitié, à partir du moment où les policiers commencent à courir après Keaton en fait, est excellente. On y retrouve l'humour, l'inventivité dans les gags et les super cascades caractéristiques de l'acteur-réalisateur.

    "Get some cops to protect our policemen"
  • Dikkenek (2006)

    1 h 24 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Olivier Van Hoofstadt avec Jean-Luc Couchard, Dominique Pinon, Jérémie Renier

    Je tiens à préciser que j'ai regardé le film dans un état de fatigue extrême (d'où le choix de la comédie bien grasse, pas autant que les cheveux des personnages ceci dit, qui ne demande pas un gros effort intellectuel) car je l'ai trouvé franchement mauvais. C'est stéréotypé, caricatural, sexiste et raciste sans jamais être drôle. Aïe ! On apprécie évidemment le jeu des acteurs qui ne se prennent pas au sérieux et qui en font des tonnes (Couchard, Damiens). Heureusement d'ailleurs, car c'est cinématographiquement parlant très pauvre sinon.

    "On a bien essayé de le placer mais on y arrive pas. LES BIERES !!!"
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    Ferdinand (2017)

    1 h 46 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Carlos Saldanha avec John Cena, Kate McKinnon, Bobby Cannavale

    Il arrive un moment où il faut savoir arrêter les frais. Je ne comprends pas comment on peut encore pondre ce genre de film sans la moindre saveur et à la recette éculée. Ce n'est pas parce qu'on a des taureaux comme personnages que la soupe (oserais-je parler de margasse ?) va être différente, bien au contraire, surtout quand le traitement des thématiques qui leur sont associées (la corrida évidemment mais aussi la masculinité et la virilité toxiques qui conduisent souvent à aller contre sa "nature") qui est aussi gentillet que doucereux, pour ne pas dire mauvais et décevant. Et dire que ça est allé aux Oscars.

    Récapitulons : le film passe à côté de son sujet, est truffé d'incohérences et il n'est pas drôle, les personnages sont stéréotypés (ça ne vaut pas le chat "asiatique" dans Les Aristochats qui joue du piano avec des baguettes mais tout de même) quand ils ne sont pas détestables (la chèvre). Restent un côté mignon sur lequel il serait criminel de cracher, une animation très propre et plutôt jolie, et une composition agréable signée John Powell qu'on a évidemment connu plus inspiré. Ce n'est pas foncièrement mauvais mais terriblement fade et oubliable. J'anticipe un probable futur -1 en mettant directement 4.
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    The Kings of Summer (2013)

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Jordan Vogt-Roberts avec Nick Robinson, Gabriel Basso, Moises Arias

    Il n'y a jamais grand-chose à dire sur les films qui ne nous ont pas touché plus que ça. De là à dire que The Kings of Summer m'a laissé indifférent, peut-être pas, mais on en est pas loin en tout cas. C'est une sorte de Microbe et Gasoil avant l'heure, avec des ados un peu plus âgés et en légèrement mieux quand même. Les images sont belles (on devine les prémices de Kong : Skull Island, notamment dans le travail sur la lumière), les acteurs tout à fait convenables (Nick Robinson a un sourire auquel on ne saurait résister) et la bande-son suffisamment éclectique pour être agréable à écouter dans l'ensemble, mais ça ne me parle pas ou peu. Et c'est quand même très convenu dans le développement narratif, l'excentricité de Biaggio ne suffisant pas à masquer ce manque, certes relatif, d'originalité.
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    Ghost in the Shell (1995)

    Kôkaku kidôtai

    1 h 23 min. Sortie : . Animation, science-fiction, action et thriller.

    Long-métrage d'animation de Mamoru Oshii avec Atsuko Tanaka, Tania Torrens, Akio Ôtsuka

    Revu et note inchangée (6).

    J'avais placé beaucoup d'espoir dans ce revisionnage, le premier depuis que j'ai vu le film pour la première fois il y a plusieurs années, et force est de constater que j'ai toujours du mal à aimer ce Ghost in the Shell et à voir le génie qu'on lui trouve. Sa courte durée et ses scènes d'action en font un film divertissant à regarder qui distille également quelques moments contemplatifs apportant une certaine poésie mélancolique appréciable à l'ensemble, mais ça ne va guère plus loin en ce qui me concerne.

    Outre le contexte particulièrement confus à base de diplomatie, de relations internationales et de demandes d'asile, qui n'est certes pas très important et servant surtout d'excuse à la vraie intrigue, celle qui s'intéresse au Major Kusanagi et au Puppet Master, c'est surtout dans sa réflexion que le film m'a déçu. La question de l'humanité et de son évolution mise en rapport avec les progrès fulgurants de la technologie est évidemment pertinente, mais son traitement m'a semblé ici limité, presque pauvre même, et trop abstrait. Le film cite le terme de "réseaux" à tout bout de champ sans qu'on sache réellement ce qu'il désigne.

    Dans une approche certes différente mais néanmoins similaire, notamment de tout ce qui a trait à la fusion de deux entités qui permet de transcender sa condition initiale, je préfère largement le Paprika de Satoshi Kon pour sa pensée et ses idées beaucoup plus concrètes et donc plus passionnantes à mon sens, mais aussi le film The End of Evangelion (je ne porte pourtant pas l'anime dans mon coeur) pour sa réflexion plus aboutie.
  • Cris et Chuchotements (1972)

    Viskningar och rop

    1 h 31 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ingmar Bergman avec Harriet Andersson, Kari Sylwan, Ingrid Thulin

    C'est compliqué, pour moi en tout cas, de parler d'un film comme Cris et Chuchotements. Sans parler de mes connaissances limitées en matière de techniques cinématographiques (de la scénographie à la composition d'un plan) et d'écriture, c'est surtout l'impression que le film ne m'était pas adressé qui me fait dire ça.

    L'esthétique est évidemment somptueuse, le rouge et le blanc dominent, se mêlent et se confrontent dans un manoir richement décoré qui sert de prison mortifère de laquelle les personnages cherchent à s'échapper, elle et les souvenirs qui lui sont inévitablement associés. Ce n'est d'ailleurs pas anodin si les seules scènes qui ont lieu à l'extérieur, dans le jardin de la propriété, relèvent du souvenir, le premier (concernant la mère) lucide et le deuxième (la scène de fin) salvateur dans le réconfort qu'il apporte, même s'il est peut-être basé sur des mensonges et des faux-semblants. Peu importe tant que l'émotion, elle, est réelle et tangible. Ingmar Bergman compose des images-tableaux, sublimes, il fait durer les plans de son film lorsque cela est nécessaire, et l'émotion naît naturellement.

    Seulement voilà, l'émotion, si elle est bien présente, ne s'épanouit jamais vraiment, la faute à une approche que je trouve un peu trop intellectualiste. Intellectualiste dans la façon dont le film a de se détacher de la réalité, de s'en détourner. Notamment dans la partie qui suit la mort d'Agnès. Le symbolisme étouffe les personnages et rend l'identification évidemment mais surtout l'empathie et même la compréhension difficiles. J'ai senti le film m'échapper alors que la première heure m'avait plu et laissé une forte impression. Mais il se termine sur une scène magnifique...

    En tout cas, c'était nettement meilleur que Le Septième Sceau que je n'avais pas du tout aimé et que j'ai d'ailleurs presque oublié... J'ai encore Persona et Sonate d'automne sous le coude, j'espère continuer sur la belle lancée initiée avec Cris et Chuchotements.
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    Café Society (2016)

    1 h 36 min. Sortie : . Comédie, drame et romance.

    Film de Woody Allen avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Blake Lively

    Le questionnement de nos goûts prend sa source dans la comparaison à ceux des autres. J'ai comme l'impression, stupide et infondée j'en conviens, de devoir me justifier d'avoir adoré Café Society alors que je n'ai par exemple pas du tout aimé Annie Hall, le premier considéré comme un film mineur du réalisateur et le second comme un de ses meilleurs, rien que ça.

    Passé le fait qu'on sait qu'on a affaire au film type de Woody Allen dès les premières notes de musique du générique d'ouverture, Café Society se démarque par sa capacité à nous donner le sourire et à nous charmer en nous emportant dans son univers aux allures enchanteresses par la déconnexion qu'il opère avec la réalité "ordinaire". On est dans le milieu du cinéma à l'époque de l'âge d'or d'Hollywood, des grands noms que le réalisateur affectionne tant, des bars branchés et des fêtes.

    Que dire si ce n'est que l'histoire m'a plu pour sa justesse de ton ? Le choix de Vonnie est amené naturellement sans que les enjeux narratifs liés à sa décision n'aient l'air forcés ou artificiels, car ce n'est pas le cas. Sa relation avec Phil est sérieuse et c'est quelque chose que le film retranscrit bien à l'écran. Un choix inévitablement accompagné de regrets qui se transforment en rêves d'une vie avec l'autre, celui qu'on n'a pas choisi. Kristen Stewart est superbe dans ce film, j'avais au départ un peu de mal avec cette actrice (les ravages de Twilight) mais je l'apprécie de plus en plus.
    Mais surtout, les couleurs et le travail sur la lumière dans Café Society sont absolument magnifiques. Ils créent l'ambiance et font qu'on l'apprécie tant au point de ne pas vouloir la quitter. La fin est néanmoins très belle...
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    Le Retour du héros (2018)

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie et historique.

    Film de Laurent Tirard avec Jean Dujardin, Mélanie Laurent, Noémie Merlant

    Une comédie sympathique, relativement fine - rien de bien exceptionnel toutefois - par le prisme de l'écriture, de la fiction et du mensonge, sur laquelle je n'ai pas grand-chose à dire en fait. Mélanie Laurent et Jean Dujardin forment un duo plaisant qui fonctionne plutôt bien, suffisamment pour porter le film sur la durée en tout cas. L'humour est peut-être un peu prévisible (on sent que Neuville ne va pas faire sagement ce que lui demande Elisabeth) et je trouve ça dommage qu'il ait parfois recours à l'anachronisme (le salaire des femmes ou même l'exclamation "Parce que c'est notre combat !")... Mais dans l'ensemble, le film est assez drôle et j'ai vraiment passé un bon moment, je n'en attendais (ni n'en voulais d'ailleurs) pas plus ! Le Retour du héros a rempli son rôle de divertissement et c'est tout ce que je lui demandais.
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    Magic in the Moonlight (2014)

    1 h 37 min. Sortie : . Comédie romantique.

    Film de Woody Allen avec Colin Firth, Emma Stone, Eileen Atkins

    Quelque peu déçu même si Magic in the Moonlight reste une comédie romantique pleine d'esprit, sublimant la lumière - particulièrement celle du crépuscule - et qui n'est certainement pas dénuée de charme. C'est apaisant et réconfortant mais la comparaison avec Café Society, que j'ai vu la veille, joue peut-être en sa défaveur même si les deux films sont sensiblement, mais pas fondamentalement, différents. La confrontation entre le pessimisme et la rationalité du personnage joué par Colin Firth et l'optimisme et la spiritualité de celui joué par Emma Stone est pétillante et donne son attrait au film. C'est un peu l'histoire d'un homme qui apprend à aimer la vie en lui trouvant des plaisirs et en acceptant ses mystères, et à se laisser aller. Et de ce point de vue, c'est vraiment un beau film, la scène à l'observatoire m'a beaucoup plu par exemple. Mais au fond, la plus belle des magies reste l'amour, c'est en gros le propos de Woody Allen.
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    Boy Erased (2019)

    1 h 55 min. Sortie : . Drame.

    Film de Joel Edgerton avec Lucas Hedges, Nicole Kidman, Joel Edgerton

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    Jeux dangereux (1942)

    To Be or Not to Be

    1 h 39 min. Sortie : . Comédie et guerre.

    Film de Ernst Lubitsch avec Carole Lombard, Jack Benny, Robert Stack

    C'est brillant, dans la forme bien sûr (réalisation, acteurs) et surtout dans l'écriture, fine et pleine d'esprit. To Be or Not to Be est finalement une histoire d'espionnage relativement classique mais bien ficelée, qu'on prend plaisir à suivre, et qui réussit à être très drôle tout en gardant un ton assez grave par moments. Ce qui est suffisamment rare pour mériter d'être souligné. La première moitié est ainsi plutôt sérieuse, servant à planter le décor (invasion de la Pologne et mainmise sur la ville de Varsovie par les nazis) et à présenter les différents personnages. La deuxième partie est quant à elle beaucoup plus légère et se moque gentiment mais allègrement du nazisme. Car après tout, l'humour peut être une arme très efficace lorsqu'il sert la dénonciation.
    Le film enchaîne les quiproquos et les retournements de situation, dès la première scène qui induit le spectateur en erreur quant à sa nature, il se joue souvent de nous et c'est ce qui rend le visionnage aussi réjouissant. C'est presque du théâtre en temps réel sauf que c'est filmé, la mise en abyme sur l'art en général est très intéressante.

    To Be or Not to Be est un film qui, je trouve, a très bien vieilli et se regarde très bien, avec beaucoup de plaisir même. C'est un film intelligent, politique et particulièrement osé pour l'époque !

    "Il faisait à Shakespeare ce que nous faisons à la Pologne." Cette réplique, d'un colonel nazi à l'égard d'un comédien qui s'avère être la personne à laquelle il est justement en train de s'adresser, m'a beaucoup fait rire, et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
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    The Normal Heart (2014)

    2 h 12 min. Sortie : . Drame, historique et romance.

    Téléfilm de Ryan Murphy avec Mark Ruffalo, Matt Bomer, Taylor Kitsch

    C'était très bien et fort, voilà. J'ai un peu la flemme de m'étendre sur ce film même si ce ne sont pas les choses à dire dessus qui manquent. Passées les premières minutes un peu gênantes mais amusantes dans cette liberté assumée, revendiquée même, et cette débauche de corps d'hommes nus, on s'investit sans réserve dans l'histoire, dure, des ravages du sida dans la communauté gay de New York. La rage, le désarroi et la douleur des personnages deviennent les nôtres le temps du film, surtout leur colère face à l'inaction du gouvernement qui refuse de reconnaître la maladie et sa gravité. Tant qu'elle ne touche pas les personnes hétérosexuelles... C'est évidemment bouleversant (quand Bruce raconte la mort de son amant) mais aussi un peu trop larmoyant par moments (les dernières minutes par exemple). Et Julia Roberts est très bien dedans, mais cela va de soi (j'adore cette actrice).

    J'étais au départ étonné de voir que le réalisateur était Ryan Murphy, mais l'influence du film dans sa série Pose, excellente au passage, est évidente quand on y pense, notamment dans la représentation du sida.
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    Hôtel Woodstock (2009)

    Taking Woodstock

    2 h. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Ang Lee avec Demetri Martin, Imelda Staunton, Henry Goodman

    Ang Lee est décidément un réalisateur touche-à-tout, il n'a pas vraiment de caractéristiques personnelles (d'où une réalisation toujours soignée et intéressante mais globalement un peu impersonnelle) si ce n'est celle de vouloir raconter une belle histoire, touchante, dans chacun de ses films. Taking Woodstock ne fait pas exception, bien au contraire.

    S'il est regrettable que la musique soit finalement un élément mineur de Taking Woodstock (on ne voit et n'entend quasiment rien du festival), servant plus d'excuse et de support au développement affectif des personnages, principalement Elliot, qu'autre chose, il faut bien reconnaître à Ang Lee d'avoir brillamment su reproduire et retransmettre l'ambiance folle et l'énergie incroyable qui y régnaient. On s'y croirait presque, ça grouille de partout, ça s'active constamment en arrière-plan, ça vit véritablement devant nos yeux à l'écran.

    L'ardeur et l'énergie du film sont galvanisantes et nous gagnent peu à peu jusqu'à nous emporter complètement lorsqu'Elliot se lâche un peu la bride et se laisse vivre enfin pour lui et non plus pour ses parents auxquels il a consacré toute sa vie, sacrifiant au passage ses projets et ses rêves. La scène dans le van puis celle de l'"océan" sont magnifiques et celle des space cookies m'a beaucoup fait rire.
    Le film est peut-être un peu long (il y a quelques passages à vide), le procédé du split screen un peu irritant, mais ça aura globalement été une expérience largement positive pour moi. Le film m'a d'ailleurs pas mal fait penser à Pride, j'ai trouvé qu'ils dégageaient tous deux une aura et une dynamique assez similaires.
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    Frank (2014)

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie, drame et comédie musicale.

    Film de Lenny Abrahamson avec Michael Fassbender, Domhnall Gleeson, Maggie Gyllenhaal

    Mon avis est peut-être un peu injuste et biaisé par la déception causée par la deuxième moitié qui plombe littéralement le film sans jamais vraiment atteindre la justesse émotionnelle, ni même l'émotion d'ailleurs, mais le fait est que mon impression du film, au départ très positive, s'est nettement estompée après la fin de l'enregistrement de l'album du groupe en pleine nature, pour laisser place à l'agacement. La dimension dramatique de l'histoire est assez mal dosée et le réalisateur peine à nous rendre les personnages, tous plus ou moins névrosés à leur façon, sympathiques. Sauf Frank qui est sûrement le plus à même de susciter l'empathie, et la sympathie, du spectateur.

    Quand bien même le film se vautre en pleine course, les acteurs sont investis (particulièrement Domhnall Gleeson) et la première partie, elle, reste très bonne et justifie presque à elle seule le visionnage pour son côté décalé et délirant. Et les séquences (de création) musicales sont plutôt cool !
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    Ben is Back (2019)

    1 h 43 min. Sortie : . Drame.

    Film de Peter Hedges avec Julia Roberts, Lucas Hedges, Courtney B. Vance

    Ben is Back est un drame américain classique, efficace, certes un peu larmoyant mais beaucoup moins qu'attendu (!), où la période de Noël perd sa légèreté habituelle et gagne en tension et en gravité. C'est un film qui n'a rien d'exceptionnel mais qui réussit ce qu'il entreprend. Son sujet, l'addiction et ses ravages (sur soi bien sûr, mais aussi sur son entourage), et sa relation mère-fils, forte d'un amour inconditionnel, presque aveugle d'une certaine façon, rendent le film finalement assez marquant, mémorable, et l'empêchent de tomber dans la banalité. Les facteurs de rechute sont bien mis en lumière et montrent à quel point il peut être difficile de sortir de l'enfer de la drogue une fois qu'on y est entré. Julia Roberts est épatante dans ce rôle éprouvant de mère en souffrance, qui croit en son fils à sa place, car lui n'y croit plus (en la rémission et en lui-même), et Lucas Hedges renvoie plutôt bien l'impression de perte de contrôle de son personnage qui ne maîtrise jamais vraiment la situation.
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    Radio Days (1987)

    1 h 28 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Woody Allen avec Woody Allen, Mia Farrow, Seth Green

    Radio Days est pour moi un retour au Woody Allen qui m'ennuie vaguement et qui peine à me charmer, à m'enchanter et plus globalement à me toucher. Le film est verbeux et prend trop rarement le temps de se poser, et je trouve de toute façon le temps long lorsqu'il le fait... Il y a pourtant un certain charme à cet ensemble de petites histoires liées par la radio, baignant dans une douce nostalgie, et c'est peut-être dans la représentation de la sphère familiale que Woody Allen réussit le plus son coup : on finit par se prendre d'affection pour les membres de cette grande famille qui vivent tous ensemble sous le même toit, dans une effervescence et des désaccords permanents qui révèlent d'autant plus l'amour qui les unit. Du reste, le film est plaisant mais anecdotique et je n'en retiendrai pas grand-chose à titre personnel.
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    Xenia (2014)

    2 h 08 min. Sortie : . Drame.

    Film de Panos H. Koutras avec Kostas Nikouli, Nikos Gelia, Aggelos Papadimitriou

    La preuve qu'il ne faut pas s'arrêter aux apparences : l'affiche du film ne m'inspirait rien alors je n'ai pas cherché à aller plus loin, quelques semaines ont passé et j'ai fini par regarder la bande-annonce puis le film dans la foulée, qui s'est révélé être un vrai coup de coeur.

    Xenia est deux portraits à la fois. Le premier, c'est celui d'une Grèce en pleine crise sociale et économique qui voit émerger des groupuscule d'extrême droite, des fachos qui se croient tout permis au point de vouloir faire la loi dans les rues la nuit, la leur, celle de l'intolérance à l'égard des étrangers (albanais en l'occurence) et des homosexuels pour ne citer que ce qui concerne les deux frères. C'est une Grèce où la police est totalement dépassée, devenue aveugle par la force des choses et s'en prenant injustement aux mauvaises personnes.

    Le deuxième, c'est celui d'un amour fraternel qui va amener les deux frères, Danny et Ody, à se lancer dans un road trip complètement barré et aux implications beaucoup plus grandes que ce qu'ils avaient initialement prévu. Xenia est avant tout un voyage initiatique, un récit d'apprentissage dans lequel les deux frères se "réconcilient", renouent des liens entre eux en tout cas, et partent à la recherche de leur père pour lui soutirer de l'argent, et la nationalité grecque au passage. Les deux jeunes hommes, en particulier Danny, vont sortir mûris de ce voyage qui fait office de passage à l'âge adulte, ce qui est illustré par de très belles scènes oniriques où Danny, au départ dans l'entre-deux (air enfantin et sucette à la bouche tout en ayant conscience de son corps, l'affirmant et le mettant même en valeur), dit au revoir à son enfance et à l'innocence qui allait avec.

    C'est un film qui réussit aussi bien à émouvoir qu'à mettre de bonne humeur, et qui peut compter sur une excellente utilisation de la musique, à l'origine des meilleures scènes du film.
    En voici un exemple : https://youtu.be/EMsicUDKK-8
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    Persona (1966)

    1 h 24 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ingmar Bergman avec Bibi Andersson, Liv Ullmann, Margaretha Krook

    Persona est un film d'une richesse incroyable qui touche au sublime (quelle photographie ! la modulation des ombres et des lumières est magnifique) et qui questionne avec beaucoup de pertinence l'identité, celle écartelée entre le "moi" social, celui de la représentation, et le "moi" véritable. Je ne suis pas sûr d'avoir tout à fait compris Persona (le peut-on vraiment ?) mais l'expérience proposée m'a beaucoup plu, c'est certain. Pour moi, il s'agit plus de la concrétisation du dédoublement de la personnalité mais l'interprétation est ouverte, c'est ce qui rend le film aussi passionnant.

    Je n'ai guère plus à dire et je préfère vous diriger vers l'excellente analyse de WeSTiiX : https://www.senscritique.com/film/Persona/critique/103318802
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    Casse-Noisette et les Quatre Royaumes (2018)

    The Nutcracker and the Four Realms

    1 h 39 min. Sortie : . Fantastique et musique.

    Film de Lasse Hallström et Joe Johnston avec Mackenzie Foy, Keira Knightley, Morgan Freeman

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    Tous en scène (2016)

    Sing

    1 h 48 min. Sortie : . Comédie musicale.

    Long-métrage d'animation de Garth Jennings avec Matthew McConaughey, Reese Witherspoon, Seth MacFarlane

    Je n'ai même pas la force d'écrire sur ce film, ça veut tout dire. On le vend comme un feel good movie mais ça n'en est pas un : le manque consternant d'originalité et de folie, les clichés jusque dans le choix de tel ou tel animal (l'éléphant pour l'adolescente mal dans sa peau car en surpoids mais à la voix incroyable, le gorille baraqué mais sensible, etc.) et les enjeux éculés ont tué tout le peu de plaisir que j'aurais pu avoir. Le film n'a même pas réussi à me mettre de bonne humeur, il m'a bien décroché quelques sourires (la danse de Rosita dans le supermarché) mais c'est tout. Le problème vient peut-être de moi, après tout pourquoi pas ? Il n'empêche que j'ai trouvé le film trop long, l'impression de le subir n'en étant que plus forte. Et quand même, pour un film dont le titre est Sing, les chansons se font sacrément désirer. Hormis les vingt, bonnes, dernières minutes, on ne fait qu'entendre quelques secondes de chansons diverses (Fireworks, Lollipop, Hallelujah... <3) ici et là et c'est vraiment dommage.

    Dans un genre tout à fait similaire, The Greatest Showman est, à mon avis bien sûr, clairement meilleur.
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    Les Proies (1971)

    The Beguiled

    1 h 45 min. Sortie : . Drame, thriller et guerre.

    Film de Don Siegel avec Clint Eastwood, Geraldine Page, Elizabeth Hartman

    C'est indéniable, Les Proies de Sofia Coppola doit beaucoup au film de Don Siegel, au moins sur le plan purement narratif, mais la réalisatrice réussissait là où ce dernier peine à convaincre, pour ne pas dire échoue. On a en effet du mal à croire à l'attraction qu'exerce l'homme sur les filles et les femmes du pensionnat, et ce ne sont pas des flashbacks ou des voix off, donnant accès respectivement au passé et à l'intériorité/aux pensées des personnages, qui vont nous persuader du contraire. Les Proies de Don Siegel manque cruellement de subtilité, de finesse, de sensualité, de crédibilité et de raffinement, même si ce dernier point est quelque peu tendancieux étant donné que j'ai découvert cette histoire avec la version de Coppola que j'avais beaucoup aimée, pour sa réalisation réfléchie et sa sublime photographie. C'est d'ailleurs ce qui manque à la version de Don Siegel, une vraie atmosphère. Ça reste néanmoins la même histoire, racontée de façon sensiblement différente par l'intermédiaire du prisme de la mise en scène, et elle fonctionne plutôt bien dans l'ensemble (elle me parle en tout cas), donc le film aussi.

    Sinon, c'est moi ou il y a bien une petite ressemblance entre l'actrice qui joue Edwina et Elle Fanning ?
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    Seoul Station (2016)

    Seoulyeok

    1 h 32 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Long-métrage d'animation de Yeon Sang-ho avec Ryoo Seung-ryong, Shim Eun-kyung et Lee Joon

    Sorte de préquel à Dernier train pour Busan, du même réalisateur, Seoul Station est un film de zombies, donc un film relativement divertissant. Il discourt également sur la Corée actuelle, dont il fait un portrait noir comme le goudron et sans le moindre espoir de rédemption (si ce n'est par la violence), sur la monstruosité et l'inhumanité, l'Homme étant montré plus monstre qu'humain, et même plus monstrueux que le zombie. On ne voit d'ailleurs presque plus les zombies dans le dernier quart d'heure, l'épidémie servant en quelque sorte de catalyseur à ce qu'il y a de plus moche et de plus mauvais en l'Homme. Tout ce propos n'est donc pas inintéressant, bien au contraire (j'aurais sinon été encore plus sévère), mais il est noyé dans une surenchère qui fait de la dénonciation une critique bête et méchante (il faut voir comment la police et l'armée sont considérées), perdant ainsi toute pertinence et crédibilité.

    Franchement, je n'ai jamais vu un film qui se foutait autant de son spectateur. C'est incohérent et débile, mais à un point inimaginable... Dernier train pour Busan est un exemple de cohérence à côté de ça, pour vous dire. Les personnages sont tous pitoyables ou des connards finis. Et ils sont tous cons, évidemment (la conne de fille qui ne pense même pas à appeler son copain pour les prévenir de ne pas aller aux urgences, et encore, il y a pire). Les pleurnicheries et les geigneries insupportables, ça y va par contre. En fait, c'est juste affligeant et déplorable, il n'y a (quasiment) rien à en tirer.
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    Entre deux rives (2016)

    Geumool

    1 h 54 min. Sortie : . Drame.

    Film de Kim Ki-duk avec Ryoo Seung-bum, Lee Won-Geun, Kim Young-min

    Entre deux rives est un film horrible qui fait souffrir son personnage et par extension le spectateur, non pas par amusement ou par un plaisir malsain, mais au contraire par une profonde affliction révélatrice des stigmates de l'Histoire qu'on connaît. Ce film est en quelque sorte l'antithèse d'un JSA ou d'un The Spy Gone North, l'espoir d'une réunification possible à travers l'amitié entre des hommes des deux Corées laissant place à un jeu de miroir, cruel et désillusionné, où les deux pays ne valent pas mieux l'un que l'autre en matière d'impunité, d'injustice et dans les méthodes barbares employées. Seule la relation entre Nam Chul-Woo (le Nord-Coréen) et son garde du corps permet au film de ne pas verser dans le pessimisme le plus noir et ainsi de tenir le coup jusqu'à l'issue tant attendue, cohérente et tristement éloquente. En un mot comme en cent, Entre deux rives est un film fort qui ne laisse pas indifférent.