Une Chronologie du Cinéma de Science fiction

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623 films

par Yann H

Grand fan de science fiction je vous propose de découvrir ou de redécouvrir les œuvres marquantes, drôle et pop qui ont marqué l’histoire de la SF. Cette liste est dédié aux films de SF. Le terme de Science Fiction apparaît la 1er fois dans le magazine pulp “ Amazing Stories “ en 1924. Le genre naît sous la plume de Mary Shelley, avec la caméra de Melies en 1902 ... La science-fiction apparaît avec la révolution industrielle et les progrès scientifique de tout ordre au début du 19ème. Elle met a jour les fantasmes et les questions nés avec l’histoire du monde, les progrès de la médecine et l’évolution des lois, des connaissances et des mœurs. Elle permet des métaphores hardies sur le destin de notre espèce. Cette page vous propose un voyage dans le temps et retrace les œuvres de fiction qui au fil des ans jalonnent le genre.

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    Le Voyage dans la Lune (1902)

    13 min. Sortie : . Aventure, fantastique, science-fiction et muet.

    Court-métrage de Georges Méliès avec Victor André, Bleuette Bernon, Brunnet

    Nous sommes au tout début du XXème siècle. La toute première projection du cinématographe par les Frères Lumière a eu lieu il y a sept ans. À l’époque, les films dépassaient difficilement la durée de cinq minutes. Un magicien du nom de Georges Méliès, réalisateur d’une quantité pléthorique de films dont une saga sur l’affaire Dreyfus et plusieurs œuvres fantastiques, crée Le Voyage dans la Lune, soit l’adaptation de De la Terre à la Lune, de Jules Verne et des Premiers Hommes dans la Lune, de H.G. Wells. Sans le savoir, Méliès, en un quart d’heure, révolutionne le septième-art. Un quart d’heure, ce qui est énorme à l’époque.

    https://youtu.be/_FrdVdKlxUk
  • Voyage autour d'une étoile (1906)

    5 min.

    Court-métrage de Gaston Velle

    1906
    Voyage autour d'une étoile
    Film de Gaston Velle

    Comme Georges Méliès, Gaston Velle (1868-1953) a commencé dans le domaine de la prestidigitation avant de se lancer dans le cinéma naissant avec une cinquantaine de films à son actif en France et en Italie entre 1903 et 1911.

    En 1906, il réalise un film à trucages "Voyage autour d'une étoile" dans lequel un vieux savant astronome observe le ciel et voudrait bien explorer l'espace. C'est son domestique qui lui donne la solution en gonflant devant lui une bulle de savon. Il ne reste qu'à gonfler une bulle assez grande pour s'abstraire de la pesanteur et partir à travers l'espace pour atteindre une planète lointaine.

    Le thème de l'exploration spatiale et de la confrontation avec d'autres mondes est bien présent et il se dégage une puissante poésie de ces images au charme suranné.
    https://youtu.be/tiQ2dME9vdw
  • Bande-annonce

    A Trip to Mars (1910)

    4 min. Sortie : . Science-fiction.

    Court-métrage de Ashley Miller

    1910
    A trip to Mars
    Court-métrage de Ashley Miller

    En 1910, les productions Edison sont encore diffusées via Kinétoscope, l'appareil mis au point par 'l'homme aux 1000 brevets' avant le cinématographe des Lumière et ses équivalents. C'est au moins le cas d'A Trip To Mars, où un scientifique invente une poudre permettant de s'affranchir de la gravité. Conséquences immédiates et spectaculaires : les objets domestiques s'envolent, la maison se renverse et surtout, il se retrouve aspiré hors de la Terre.

    Ce petit film séduit grâce à ses initiatives graphiques, ses idées malines et ses nombreux trucages. La visite et les références "from outerspace" sont réduites et superficielles, mais assez marquantes – l'aspect démoniaque du glacier humanoïde par exemple. Le problème est la confusion générée par des raccords abrupts, peut-être bâclés à certains endroits ; le charme et l'attention ne sont pas trop entamés cependant, car la fluidité des opérations et de la trame est épargnée.

    Ce film marie vraisemblablement les suggestions de l'écrivain H.G.Wells aux contributions de l'illusionniste Georges Méliès. C'est probablement le premier film 'martien' du cinéma, huit ans avant le long-métrage danois Le Vaisseau dans le ciel (aussi nommé A Trip to Mars chez les anglo-saxons).
    (Source : https://zogarok.wordpress.com)

    https://youtu.be/np7VImsSMQM
  • Bande-annonce

    Frankenstein (1910)

    13 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Court-métrage de J. Searle Dawley avec Mary Fuller, Charles Ogle et Augustus Phillips

    La première adaptation du roman de Mary Shelley au cinéma est une production Edison de 1910. Le négatif original a hélas brulé dans un incendie quelques années plus tard. Il n’existe aujourd’hui qu’une seule copie de ce Frankenstein connue au monde ; elle fut découverte dans les années soixante-dix par Al Dettlaff, collectionneur du Wisconsin (décédé en 2005), dans un lot qu’il avait acheté vingt ans plus tôt. Il a tenté, en vain, de le revendre à l’AFI (American Film Institute) pour 1 million de dollars. Les copies de cette copie que l’on peut voir aujourd’hui sont en très mauvais état mais elles nous permettent de réaliser à quel point le film était assez élaboré pour son époque.

    Le film :
    https://dai.ly/x71cdw0
  • Homunculus (1916)

    1 h 09 min. Sortie : . Science-fiction et Épouvante-horreur.

    Film de Otto Rippert avec Olaf Fønss, Ernst Ludwig, Adolf Paul

    A la mort d’un enfant, pour atténuer le chagrin de la mère, le Dr Hansen (Albert Paul) parvient à créer l’Homunculus (Olaf Fonss), un bébé artificiel. Lorsque l’Homunculus fête ses 25 ans, il se demande pourquoi il est incapable d’aimer. Il découvre son origine artificielle. Pour se venger, il décide de détruire l’humanité. Devenu patron d’une entreprise, il exploite ses ouvriers. Mais en réalité, il joue un double jeu : il se déguise en ouvrier et attise la haine des travailleurs. Le Dr Hansen crée alors un second Homunculus afin d’éliminer le premier : le feu doit être combattu avec le feu. En haut d’une montagne, le premier Homunculus tue le second. Mais il est frappé par la foudre…

    Homunculus est une série de films allemands réalisés par Otto Rippert (1869-1940) en 1916. Le scénario a été écrit par Fritz Lang et le film préfigure déjà son chef d’œuvre Métropolis (1927). Tourné en pleine guerre 1914-1918, son message reste très actuel.

    Cette adaptation du roman de Robert Reinert dénonce la volonté de construire des hommes artificiels. Au moyen d’une technologie sinistre, des scientifiques fous mettent au point des androïdes surhumains. Cette créature artificielle, dotée de pouvoirs surhumains, pense être exclue de l’humanité en raison de son incapacité à éprouver et à susciter de l’amour. L’acteur danois Olaf Fonss, vêtu d’une cape noire ou déguisé tantôt en financier, tantôt en ouvrier, campe une créature ténébreuse. Une telle critique de la modernité, dès 1916, apparait aujourd’hui comme conservatrice.
  • Bande-annonce

    La Folie du docteur Tube (1915)

    14 min. Sortie : 1915. Fantastique et muet.

    Court-métrage de Abel Gance avec Albert Dieudonné et Severin Mars

    Paradoxal, La folie du Dr Tube l'est à plus d'un titre: d'abord il s'agit d'une comédie burlesque réalisée par un metteur en scène avide de tourner toute sorte de films, mais aussi plus connu pour ses oeuvres sérieuses... Ensuite, c'est un film à vocation expérimentale, dans lequel Gance et son chef-opérateur Léonce-Henri Burel ont expérimenté avec des objectifs déformants, rendant l'image parfois bien difficile à déchiffrer... voire impossible à comprendre!

    https://youtu.be/mLI080IXyMQ
  • Paris qui dort (1924)

    1 h. Sortie : . Muet et science-fiction.

    Film de René Clair avec Henri Rollan, Charles Martinelli, Louis Pré Fils

    René Clair, 26 ans, pour son premier film, joue au pionnier du cinéma. Sur les traces de Mack Sennett, Buster Keaton et même Charlie Chaplin, il invente une comédie burlesque dans un Paris figé par le sommeil. Seul le gardien de la tour Eiffel et les passagers d'un avion sont réveillés. Paris est à eux ! Comme des gamins, ils vont profiter de cette bulle de liberté qui leur est offerte par cet étrange sortilège narcoleptique.


    https://youtu.be/rXNwI4uRmSs
  • Aelita (1924)

    Аэлита

    1 h 51 min. Sortie : . Muet, drame, science-fiction, aventure et fantastique.

    Film de Yakov Protazanov avec Nicolas Balatov, Vera Orlova, Valentina Kuindzhi

    Yakov Protazanov fut l’un des cinéastes tsariste le plus renommé des années 10 lorsqu’il s’est exilé en France suite à la Révolution d’Octobre 1917. Toutefois, il rentre en URSS en 1923 où il se voit confier par le pouvoir bolchevik un budget conséquent afin de réaliser le premier grand film de science-fiction du pays. Tiré d’une nouvelle de Léon Tolstoï totalement modifiée pour l’occasion, Aelita (1924) a connu un succès sans précédent dans son pays grâce notamment à la majesté de ses décors constructivistes et à ses délires inspirés de l’impressionnisme allemand. Certaines scènes de révolte sur la planète Mars ont d’ailleurs sans nul doute inspiré Fritz Lang pour son futur Métropolis (1927).

    Ce premier film de SF soviétique vaut surtout pour l’audace de ses décors constructivistes et pour ce qu’il révèle de l’URSS de Lénine. Film de propagande politique, reverie de cineaste ...

    Coincé entre ses influences multiples et contradictoires, Aelita est donc une oeuvre foncièrement bridée dans ses idées les plus novatrices et in fine rattrappée par une idéologie qui contredit l’ensemble de ce qui vient de se passer à l’écran.

    https://youtu.be/je1bIhS-7G8
  • Le Monde perdu (1925)

    The Lost World

    1 h 40 min. Sortie : . Muet, science-fiction et aventure.

    Film de Harry O. Hoyt avec Bessie Love, Lewis Stone, Wallace Beery

    Adaptation du célèbre roman de Sir Arthur Conan Doyle. Ce long-métrage d’une heure est le premier de l’histoire à donner vie à des dinosaures. Et pour l’époque, c’est une véritable prouesse, et une réussite.

    Avec des effets spéciaux novateurs, notamment les créatures en stop-motion animées par Willis O’Brien (qui travaillera sur le futur King Kong), Le Monde Perdu offre au cinéma un spectacle nouveau et unique. Le public est conquis. Le chemin est ouvert aux futurs King kong, Godzilla et Jurassic Parc...

    https://youtu.be/XNIyYpouwFE
  • Bande-annonce

    Metropolis (1927)

    2 h 25 min. Sortie : . Muet, drame et science-fiction.

    Film de Fritz Lang avec Alfred Abel, Gustav Fröhlich, Rudolf Klein-Rogge

    Splendeur visuelle et modèle de créativité. Le génie à l’état pur.

    C’était un des films favoris de Hitler, ce qui valut à Fritz Lang la proposition par Goebbels, en 1933, de prendre la direction du cinéma national-socialiste. Le jour même, il s’exilait en France, puis aux USA. Oublions ce fâcheux parrainage, avec le recul, il est intéressant d’analyser la peur qu’avait Fritz Lang de la société à venir. Son film a des allures prémonitoires : les événements - prise de pouvoir par les nazis et plus tard stalinisme - donneront par certains côtés raison au cinéaste.

    Metropolis est un film exemplaire à de multiples points de vue. Techniquement, c’est un véritable tour de force. Le réalisateur allemand à bénéficié des toutes dernières innovations : matériel de prises de vue hyper-sophistiqué, techniques d’animation révolutionnaires, trucages et effets spéciaux en tous genres dont le fameux "effet Schüfftan" - du nom de son créateur -, permettant par jeux de miroirs d’intégrer des maquettes miniaturisées au décor.

    Alors en plein dans sa période expressionniste, il est au sommet de son inventivité visuelle. Les plans de génie se succèdent, magnifiquement architecturés, graphiquement parfaits, qu’il s’agisse des images de la ville imaginaire (on voit aujourd’hui encore ce qu’elles apportent, en particulier aux dessinateurs de BD) ou des mouvements de foule d’une géométrie extraordinairement maîtrisée.

    https://youtu.be/skY2eDN7CoE
  • La Femme sur la Lune (1929)

    Frau im Mond

    2 h 36 min. Sortie : . Comédie, drame, romance, science-fiction et muet.

    Film de Fritz Lang avec Klaus Pohl, Willy Fritsch, Gustav von Wangenheim

    Le film, très long pour l'époque, près de trois heures, peut se scinder en deux parties d'une durée à peu près équivalente : la première prend la forme d'un thriller scientifique au récit assez classique mais parfaitement mis en scène et tout à fait ancré dans le réel, alors que la seconde le voyage et la découverte de notre satellite naturel, revêt un aspect étrange, mystérieux et fantasmagorique qui n'est pas sans rappeler quelques albums de Tintin.

    Le tournant intervient avec le décollage de fusée, montrée avec une précision scientifique. Certains éléments sont assez visionnaires, telle cette plate-forme de placement qui ressemble de très près à celle de la fusée Saturne et la première apparition d’un compte à rebours.

    https://youtu.be/aHcazI9PgNg
  • L'Amour en l'an 2000 (1930)

    Just Imagine

    1 h 49 min. Sortie : . Comédie, fantastique, comédie musicale et science-fiction.

    Film de David Butler avec El Brendel, Maureen O'Sullivan, John Garrick

    New York, en 1980. Les avions ont remplacé les voitures, les numéros ont remplacé les noms, les pilules ont remplacé la nourriture, les mariages arrangés par le gouvernement ont remplacé l'amour, et les bébés naissent dans des tubes à essai. Les scientifiques font revivre un homme frappé par la foudre en 1930; il est rebaptisé "Single O". Il est ami avec J-21, qui ne peut pas épouser la fille de ses rêves parce qu'il n'est pas assez «distingué» - jusqu'à ce qu'il soit choisi pour une expédition de quatre mois sur Mars par un scientifique renégat...

    Pour l'époque, le film était très ambitieux et plein d'idées ingénieuses. Les effets spéciaux de grande envergure, le somptueux New-York futuriste, semblable à Metropolis (Fritz Lang, 1927), avait été construit dans un hangar d'une banlieue de Los Angeles. Dans le film, la ville regorge de nourriture, de boissons - et de bébés artificiels ! D'ailleurs, la réplique "Redonnez-moi ce bon vieux temps !" est une référence à la préférence de l'homme des années 30 pour la manière traditionnelle de faire des enfants, plutôt que pour la mode des années 80, à savoir à l'aide d'éprouvettes. Elle empêchera une nouvelle sortie du film pendant de longues années, censuré par le code Hays. Le film ne remportera que moyennement les faveurs du public. Il faut dire que la comédie musicale était en déclin. Ce qui dissuadera jusque dans les années 50 de nombreux réalisateurs à investir à nouveau dans la science-fiction autrement que pour des séries B à petits budgets.
    Pour la petite histoire : en 1930, au cours de la campagne de promotion de Just Imagine, on enterra un coffret sous le trottoir devant le Carthay Circle Theater de Berveley Hills. On ne devait le déterrer qu'en 1980. Hélas, en 1980, le célèbre théâtre avait été rasé et des tonnes de béton recouvraient le lieu où se trouvait le coffret.
  • Bande-annonce

    La Fin du monde (1931)

    1 h 34 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Abel Gance avec Jean d'Yd., Pierre Alcover, Sylvia Grenade

    Jean, acteur, écrivain et poète, et son frère Martial, astronome nobélisé, sont amoureux de la même femme. Jean veut se retirer pour son frère qui refuse ce sacrifice. Martial découvre qu’une comète va heurter la terre dans 114 jours. La panique s’empare de la population. Martial parvient à faire proclamer la République Universelle…
  • Bande-annonce

    Frankenstein (1931)

    1 h 10 min. Sortie : . Drame, Épouvante-horreur et science-fiction.

    Film de James Whale avec Colin Clive, Mae Clarke, John Boles

    1931
    Frankenstein - Film de James Whale

    2éme adaptation du roman, mais ce film restera pour tous l'une des oeuvres marquantes du cinéma fantastique et de Science Fiction. Son rayonnement fut immédiat et mondial. Et il a su condenser, en à peine plus d'une heure, tous les aspects visuels qui deviendront les clichés surexploités par les Roger Corman, Mel Brooks, Terence Fisher ou John Landis : tour lugubre, brume inquiétante, laboratoire insensé, couloirs biscornus, assistant bossu et jeune femme effarouchée.

    La Bande Annonce :
    https://youtu.be/J8qNUB1Fz_U

    A lire un très bon article sur "les" Frankenstein(s) :
    https://www.letemps.ch/…/frankenstein-un-monstre-prolifere-…

    Un documentaire de la BBC sur la naissance du mythe :
    https://youtu.be/NZTqzvZBaAU
  • L'Île du docteur Moreau (1932)

    Island of Lost Souls

    1 h 10 min. Sortie : décembre 1932. Fantastique et Épouvante-horreur.

    Film de Erle C. Kenton avec Charles Laughton, Richard Arlen, Leila Hyams

    1932
    L'Ile du docteur Moreau - Film de Erle C. Kenton

    Le film de Erle C. Kenton éclipse totalement les autres adaptations du roman, réalisées en 1977 par Don Taylor et en 1996 par John Frankenheimer.

    Charles Laughton confère au docteur Moreau une « humanité » inquiétante, dès les premiers instants où Edward Parker (Richard Arlen) se trouve contraint d’embarquer sur son bateau transportant des caisses d’animaux vers son île. Il compose un personnage en apparence accueillant, affable et impeccable dans son costume trois pièces d’un blanc immaculé. Il en laisse paraître progressivement la véritable nature et excelle à en transmettre la folie mégalomaniaque et l’absence de toute morale qui le conduisent à se comporter comme le maître et le créateur des pauvres créatures peuplant son île.

    Le récit ne perd ainsi rien de sa force, du malaise et de la sensation d’enfermement qu’il parvient à créer. On est aussi saisi et terrifié que Parker en découvrant cette scène où, Bela Lugosi méconnaissable récite une à une les lois (édictées par Moreau) à ses malheureux semblables auxquels il demande de répéter « Are We Not Men? ». Cette scène et ses dialogues n’ont rien perdu de leur force et ont d’ailleurs été repris plusieurs décennies plus tard par des groupes de rock ou de new wave dont « Oingo Boingo », le groupe de Danny Elfman.

    L’île du Docteur Moreau démontre que sans horreur explicite, sans effets gores, il est possible de susciter l’effroi par le travail sur la photographie, la bande son (les hurlements de douleurs des créatures torturées hors champ) et les cadres. C’est là aussi l’une des grandes leçons du film et plus généralement du cinéma d’horreur de cette époque: le récit et les personnages priment sur le spectaculaire. La peur naît des situations, de l’identification aux personnages, du « climat » installé par la mise en scène et non d’un artifice spectaculaire.

    La bande annonce
    https://youtu.be/D6wWPwz4BAM

    John Landis nous parle de Island of Lost Soul
    https://youtu.be/QK8UgJq0bmI
  • L'Homme invisible (1933)

    The Invisible Man

    1 h 11 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et science-fiction.

    Film de James Whale avec Claude Rains, Gloria Stuart, William Harrigan

    Dans son Frankenstein, James Whale se prenait de compassion pour la créature monstrueuse créée par le docteur mégalo. Ici, plus de pitié, le savant fou et le monstre ne font plus qu'un et n'inspirent aucune indulgence : le Dr Griffin s'est injecté un sérum d'invisibilité aux effets collatéraux néfastes. Grisé par le pouvoir de sa nouvelle personnalité — et surtout par la drogue utilisée —, il veut conquérir le monde. En commençant par le terroriser. La paranoïa s'empare de tous : le mal est près de nous, à côté des enquêteurs qui échafaudent un piège, dans la chambre de l'ami terrorisé... Ce mal invisible qui frappe à l'aveugle peut évoquer, selon les époques, la peste, l'Inquisition, le nazisme, le communisme... Aujourd'hui, ce serait le terrorisme

    https://youtu.be/IkQMiTlUYZM
  • Gold (1934)

    2 h. Sortie : . Science-fiction.

    Film de Karl Hartl avec Günther Rittau, Otto Baecker et Werner Bohne

    1934
    Gold - Karl Hartl - Film

    En 1933, Adolf Hitler accède au pouvoir en Allemagne. L'industrie cinématographique allemande, qui était toujours aussi productive que celle d'Hollywood sera touchée directement. Bon nombre des meilleurs réalisateurs allemands étaient juifs vont fuir le pays.

    Les films tournés après 1933 ressembleront plus a de la propagande.
    Reste cette curiosité ...

    L'histoire :
    Achenbach, un scientifique allemand a découvert un moyen théorique de transformer le plomb en or. Alors qu'il est sur le point de mettre en pratique sa théorie, avec son ingénieur Werner Holk, son laboratoire est détruit par un saboteur. Holk est ensuite embauché par le capitaliste britannique qui a ordonné le sabotage et se rend en Écosse pour voir le travail de son ami recréé à grande échelle dans un laboratoire secret sous la mer du Nord. Jurant de faire vengeance, il accepte d'aider le millionnaire et même frauduleusement "crée" un peu d'or pour conforter l'illusion que la machine fonctionne. Ayant gagné la confiance de la fille un peu rebelle du millionnaire ainsi que des ouvriers, Holk met en place un plan pour détruire la machine avant que l'or artificiel qu'elle créerait puisse faire des ravages dans l'économie mondiale.

    Gold/L'Or est un film ancré dans les années 30. Dans cette décennie portée par l'espoir des dernières avancées technologiques mais terrifiée par une crise économique sans précédent qui pèse sur l'avenir. Ses deux sentiments contraires portent le film...

    Pour la petite histoire : Lorsque le film a été examiné par le conseil de censure américain après la Seconde Guerre mondiale, les censeurs se sont demandés si les scientifiques allemands n'avaient pas été en mesure de construire un réacteur nucléaire bien avant 1940, tant certaines scènes semblaient concrètes.
  • Bande-annonce

    La Fiancée de Frankenstein (1935)

    Bride of Frankenstein

    1 h 15 min. Sortie : . Drame, Épouvante-horreur et science-fiction.

    Film de James Whale avec Boris Karloff, Colin Clive, Valerie Hobson

    1935
    LA FIANCÉE DE FRANKENSTEIN - Film de James Whale

    Quatre ans après Frankenstein, James Whale – alors au sommet de sa carrière – propose le second volet des aventures de ce savant fou et de sa monstrueuse créature. Souvent considéré comme supérieur au premier, La Fiancée de Frankenstein étonne par son humanisme culotté.

    Au centre de l’intrigue, il est donc beaucoup questions de femmes : la fiancée enlevée, la femme que l’on cherche à reproduire sur le même modèle que la créature, jusque dans ce titre qui entretient la confusion sur le nom Frankenstein. Parle-t-on du monstre ou de son créateur ? En définitive, James Whale n’accorde pourtant que peu d’importance à ces personnages-là pour concentrer toute son attention sur le rapport ambigu qu’entretient Frankenstein – et par expansion les autres hommes – avec le monstre. Celui-ci, interprété avec toujours autant de talent par Boris Karloff, est un concentré assez détonnant de sensibilité et de virilité caricaturale sur lequel se projettent toutes sortes de symboliques homosexuelles.

    En effet, n’oublions pas que James Whale était un réalisateur excentrique qui vivait son homosexualité au grand jour dans le Hollywood des années 1930. Constamment entouré de jeunes et séduisants garçons, le réalisateur eut une vie tumultueuse (on le retrouva noyé dans sa piscine en 1957 et les soupçons se portèrent vers ses favoris) au point d’en inspirer le film Ni dieux, ni démons de Bill Condon (1998).

    Extrait du film
    https://youtu.be/3zhqCccFsGc
  • La Vie future (1936)

    Things to Come

    1 h 40 min. Sortie : . Science-fiction.

    Film de William Cameron Menzies avec Raymond Massey, Edward Chapman, Ralph Richardson

    Méconnue, troublante, ahurissante, prophétique et souvent prodigieuse, cette fresque s’avère une réflexion politique sur la société sous la forme d’un pamphlet virulent. Marqué par des effets spéciaux sidérants qui n’ont rien perdu de leur magie, mais aussi par des décors incroyables qui participent grandement à sa réussite, La Vie future s’interroge sur l’avenir de l’homme, étroitement lié au progrès technologique, et rend compte de l’anxiété ambiante à l’idée de voir le monde basculer à nouveau dans un conflit mondial.

    https://youtu.be/atwfWEKz00U
  • Le Voyage cosmique (1936)

    Kosmicheskiy reys: Fantasticheskaya novella

    1 h 10 min. Sortie : . Science-fiction.

    Film de Vasili Zhuravlyov

    1936
    Le voyage cosmique
    Film de Vassili Jouravliov

    1934 : Les historiens s'accordent généralement sur cette date comme marquant le début du "réalisme socialiste" en URSS imposé par Staline. Le 7eme art dans l'empire soviétique ne va donc pas échapper à cette règle et les créateurs seront priés de s'y conformer sous peine de s'exposer à quelques ennuis avec les autorités. Rappelons que pour le réalisme socialiste l'art est le reflet de la réalité et qu'il ne peut donc être que "réaliste".

    C'est précisément à cette date qu'est mis en chantier le film de Vassili Jouravlev. Le Voyage cosmique est une date dans l'histoire du cinéma de science fiction véritablement le premier long métrage de space opéra soviétique.

    Ce qui fait l'importance de cette œuvre est la précision technique qui rend crédible le voyage sur la lune. Certes, il y avait eu auparavant une volonté de minutie dans La Femme sur la lune de Fritz Lang en 1928, mais cela ne concernait que les préparatifs du voyage.

    Parlons enfin du but recherché par l'URSS qui laisse sortir ce film. Nous l'avons dit, la sortie intervient au moment du réalisme soviétique ; il n’a donc pu être échafaudé et diffusé qu’avec la bénédiction des autorités. Y a t-il alors un paradoxe ? Pas vraiment car il était bien précisé dans les statuts définissant le réalisme socialiste qu'il convenait d' exalter le progrès scientifique et c’est manifestement le cas.

    https://youtu.be/UA6W4pWtJEY
  • Le Rayon invisible (1936)

    The Invisible Ray

    1 h 20 min. Sortie : . Épouvante-Horreur, science-fiction et thriller.

    Film de Lambert Hillyer avec Boris Karloff, Bela Lugosi, Frances Drake

    1936
    Le rayon invisible
    Film de Lambert Hillyer

    "Un savant démontre qu'une météorite tombée en Afrique des siècles auparavant recèle des propriétés inconnues. Il estime que l'humanité doit en être informée."

    Contexte :
    L’année 1935 fut riche en productions d’excellente qualité pour le genre fantastique. Il y eut The Raven et surtout The Bride of Frankenstein pour la Universal, puis Mark of the Vampire et Mad Love pour la MGM, ou encore The Black Room pour la Columbia... La guerre des studios sur ce terrain fait rage. L’année 1936 fait bien vite redescendre le rythme. Les films en préparation diminuent en nombre et en qualité. L’exploitation générale du genre tend à s’essouffler et surtout l’effet de surprise auprès du public commence à s’éroder.

    The Invisible Ray est l’un des derniers films importants de cette période. Techniquement, le film est sans faille. distillant décors gothiques, atmosphère lugubre, effets spéciaux révolutionnaires et charme fou, sont incontestablement les plus maîtrisées, et entretiennent une solide ambiance de mystère. Le rassemblement de savants, dans un cadre intime dominé par les étoiles scintillantes perçues à l’aide de l’observatoire de Karloff, possède une magie considérable.

    https://youtu.be/Y3Uvlm7N-As

  • Le monde tremblera (1939)

    1 h 48 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Richard Pottier avec Claude Dauphin, Madeleine Sologne, Armand Bernard

    1939
    Le monde tremblera
    Film de Richard Pottier

    Jean Durand, un jeune inventeur de génie, a mis au point une machine diabolique, capable de prédire à chacun le moment précis de sa mort. L'engin est si bien conçu qu'il a même déterminé l'heure et la date exactes du décès de son créateur. Il espère ainsi amasser une immense fortune, en attirant une clientèle huppée et inquiète de son avenir. Durand se félicite de son invention et ne se rend nullement compte de ses effets pervers. Sachant que leurs jours sont comptés, un homme assassine sa maîtresse, un patron ferme son usine pour profiter de ses derniers instants, mettant deux-mille personnes au chômage, tandis qu'un banquier sans scrupules, Seitz Bendler, provoque un krach boursier...

    Très intéressant film de science-fiction français, qui est organisé autour d’une idée géniale, une machine qui prévoit le moment précis de la mort, à la minute près et qui scrute parfaitement les réactions de chacun face à la prédiction (ou à la crainte d’une prédiction) : certains rattrapent le temps perdus, certains s’affligent, certains règlent leurs comptes, etc. Bien entendu le film laisse planer un doute magnifique entre la pure prédiction et la prédiction auto-révélatrice (sans l’annonce de la mort, les événements se seraient enchaînés différemment et auraient-ils conduit jusqu’à la mort ?).
  • Buck Rogers (1939)

    3 h 57 min. Sortie : . Aventure, fantastique et science-fiction.

    Film de Ford Beebe et Saul A. Goodkind avec Buster Crabbe, Constance Moore, Jackie Moran

    1939
    Buck Rogers - film de Ford Beebe

    Le personnage de Buck Rogers, créé par Philip Francis Nowlan, apparaît pour la première fois en 1928 dans les pages du célèbre magazine « Amazing Stories ». Peu après, ses aventures sont adaptées sous forme de bandes dessinées. En 1939, un serial est également produit suite au succès du très similaire FLASH GORDON. Les producteurs de BUCK ROGERS iront d'ailleurs jusqu'à reprendre l'acteur emblématique Buster Crabe, qui venait de camper le footballeur sauveur du monde Flash Gordon, pour leur propre version.

    Pour économiser sur un budget restreint, le serial réutilise également des séquences truquées de la comédie musicale science-fictionnelle JUST IMAGINE et des décors et costumes de FLASH GORDON's TRIP TO MARS, ce qui accentue encore la parenté entre les deux films aux intrigues quasiment interchangeables.

    BUCK ROGERS servit d'inspirateur évident à la monumentale saga de George Lucas (qui lui emprunte, notamment, son célébrissime générique défilant)

    le film :
    https://youtu.be/vE403XSmF6w
  • Dr. Cyclops (1940)

    1 h 17 min. Sortie : . Science-fiction et aventure.

    Film de Ernest B. Schoedsack avec Albert Dekker, Charles Halton, Victor Kilian

    1940
    Dr. Cyclops
    Film de Ernest B. Schoedsack

    Réalisé en 1940 par Ernest Beaumont Schoedsack, le père de KING-KONG, ce Dr Cyclops ne connut pas le même succès que les tribulations de son singe géant.

    Renversant la thématique du gigantisme sur l'animal, Schoedsack nous présente la miniaturisation de l'être humain face au thème de la science en folie.

    A travers des effets spéciaux assez réussis, il faut savourer un flamboyant technicolor ainsi que la prestation d'Albert Dekker en scientifique totalement dément !

    https://youtu.be/vz2ChHGknUw
  • Croisières sidérales (1942)

    1 h 35 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de André Zwoboda avec Suzanne Dantes, Suzanne Dehelly, Robert Arnoux

    Evidemment soumis à la censure du régime de Vichy, Croisières sidérales parvient tout de même à travers une fable scientifique à exprimer l‘air du temps d‘alors, assez fétide politiquement comme l‘on sait...

    Un couple de scientifiques, Françoise et Robert Monier, s’apprête à rejoindre et explorer la stratosphère à bord d’un ballon pressurisé, fierté de la Science Française.

    Croisières sidérales est basé sur un vrai principe d’astrophysique, la relativité du temps théorisé depuis peu. En voyageant très vite, près de la vitesse de la lumière, puis en revenant sur Terre, les voyageurs seraient effectivement plus jeunes que les terriens restés sur place, dans l'espace-temps référentiel…

    Le réalisme du premier ballon très allongée est frappante, avec sa cabine de forme sphérique, très semblable au ballon du tour du monde de Bertrand Picard et Brian Jones ou celui du saut de Felix Baumgartner.
  • C'est arrivé demain (1944)

    It Happened Tomorrow

    1 h 24 min. Sortie : . Comédie.

    Film de René Clair avec Dick Powell, Linda Darnell, Jack Oakie

    C’est arrivé demain fait partie des films que René Clair a tourné à Hollywood, pendant son exil aux Etats-Unis. Il s’agit d’une histoire comme il les aime, qui joue avec les frontières de la réalité. Ce conte fantastique met en scène un jeune journaliste qui reçoit le journal du lendemain des mains du vieux documentaliste du journal.

    La leçon de cette amusante fable est (comme on pouvait s’y attendre) qu’il n’est pas toujours bon à un homme de connaître son avenir.

  • L'Ennemi sans visage (1946)

    Sortie : . Thriller.

    Film de Maurice Cammage et Robert-Paul Dagan avec Jim Gérald, Louise Carletti et Roger Karl

    "L'ennemi sans visage" est une curiosité française, un film partant d'un sujet de SF, mais qui dévie ensuite nettement vers le cinéma policier, et le "Mystery" à l'américaine. Rien ne manque : la journaliste fouineuse, le détective perspicace, la maison gothique, les passages secrets, le criminel masqué, le magot de service et autre héritage appétissant...

    Dans son château, un savant se prépare à mener une expérience inédite : il s'apprête à transférer l'esprit d'un condamné à mort dans un mannequin articulé. Mais durant la nuit de l'expérience, le savant est assassiné... L'inspecteur Wens mène l'enquête...
  • Un Yankee à la cour du roi Arthur (1948)

    A Connecticut Yankee in King Arthur's Court

    1 h 46 min. Sortie : . Comédie et fantastique.

    Film de Tay Garnett avec Bing Crosby, Rhonda Fleming, Cedric Hardwicke

    1949
    Un Yankee à la Cour du Roi Arthur
    Film de Tay Garnett

    Un Yankee à la Cour du Roi Arthur de Tay Garnett est la troisième adaptation du roman de Mark Twain, après une version muette réalisée par Emmett J. Flynn en 1921 et une version parlante réalisée par David Butler en 1931 (deux productions Fox). Le roman de Twain, écrit en 1889, constitue l'un des tous premiers exemples de ce sous-genre de la Science-fiction qu'est le « time travelling » ou le voyage dans le temps (La Machine à remonter le temps de HG Wells date 1895). Comme le titre l'indique, le roman narre l'histoire d'un modeste américain du Connecticut qui se retrouve dans la Cour du Roi Arthur après avoir été frappé par la foudre. Confrontant le Moyen-âge à la modernité, Un Yankee à la Cour du Roi Arthur annonce d'une certaine manière Les Visiteurs (1992, Jean-Marie Poiré).

    La propagande des valeurs américaines.
    Bing Crosby, en plus d'apporter la modernité à une Europe en déclin, va apporter des changements sociaux et politiques. Les souverains, François-Joseph et le Roi Arthur, sont des monarques grabataires et autoritaires. Mais la venue de l'américain, bousculant les hypocrisies de la Cour, va plaire au souverain qui va voir dans le personnage une incarnation de la franchise. Le roi breton comme l'empereur d'Autriche Hongrie méconnaissent la réalité du quotidien de leurs sujets car ils sont entourés de mauvais conseillers : Bing Crosby va proposer au roi de se déguiser pour mieux se fondre dans la population afin de comprendre son peuple. Cette scène est directement inspirée d'Henri V de Shakespeare, où le monarque se mélange de nuit avec les soldats de son armée.

    https://youtu.be/c_yJBUaNnpY
  • Vingt-quatre heures chez les martiens (1950)

    Rocketship X-M

    1 h 17 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Kurt Neumann avec Hugh O’Brian, Noah Beery Jr., Morris Ankrum

    Si la science-fiction est un genre quasiment aussi âgé que le septième art (Le Voyage dans la lune de Méliès), elle fut tout d’abord minoritaire au sein du cinéma fantastique qui - à l'exception de quelques films russes (Aelita de Yakov Protozanov), allemands (Metropolis de Fritz Lang) ou autres - s'était surtout concentré dans les années 30 et 40 sur une formidables galerie de monstres divers et variés (Frankenstein, Dracula, la momie, la féline, le loup-garou...).

    La seconde guerre mondiale est passée par la, Il devenait pressant pour les scénaristes de trouver un autre levier à la peur. Cela ne fut pas très difficile au milieu d'un tel climat délétère, d'une atmosphère paranoïaque qui empestait à cette époque de la Guerre froide, du Maccarthisme et de la chasse aux sorcières. C’est aussi en 1947 qu’un OVNI se serait écrasé aux alentours de la base de Roswell.

    Le premier film de science-fiction de ce nouvel âge d'or à être sorti sur les écrans américains fut justement 24 heures chez les martiens (Rocketship X-M) de Kurt Neumann, le premier vol dans l'espace des années 50 en quelque sorte.

    Film de série B n'ayant bénéficié que d'un budget ridicule, Rocketship X-M se révèle malgré tout bien sympathique de par son message, mais également au vu de sa naïveté et du kitsch qui en découlent surtout à postériori ; car il ne faut pas oublier que cette odyssée spatiale se déroulait quasiment 20 ans avant que n'aient lieu les véritables premiers pas sur la lune.

    Bande Annonce : https://youtu.be/tG9RD1lje_s
  • Bande-annonce

    Destination... Lune ! (1950)

    Destination Moon

    1 h 32 min. Sortie : . Aventure, drame et science-fiction.

    Film de Irving Pichel avec John Archer, Warner Anderson, Tom Powers

    19 ans avant Neil Armstrong et Buzz Aldrin, les américains débarquent sur la Lune… du moins au cinéma. Le film d'Irving Pichel est le premier à narrer une histoire scientifiquement cohérente de bout en bout donnant même au film un air de docu-fiction.

    Vous ne vivrez donc pas ici de rencontre avec les Sélénites ni autre tracasserie spatio-temporelle. Épuré des thèmes conventionnels de la science-fiction, le film s'attarde alors sur l'aspect technique de la mission : procédures de décollage et d'alunissage, vol en apesanteur, exploration lunaire, le tout saupoudré de commentaires pertinents sur les lois de la physique spatiale. Preuve que le film a pour ambition d'être didactique,
    pédagogique et fondé sur la réalité scientifique.

    Le film sur : https://youtu.be/nzz4uX0dspg