Une Chronologie du Cinéma de Science fiction
Grand fan de science fiction je vous propose de découvrir ou de redécouvrir les œuvres marquantes, drôle et pop qui ont marqué l’histoire de la SF. Cette liste est dédié aux films de SF. Le terme de Science Fiction apparaît la 1er fois dans le magazine pulp “ Amazing Stories “ en 1924. Le genre naît sous la plume de Mary Shelley, avec la caméra de Melies en 1902 ... La science-fiction apparaît avec la révolution industrielle et les progrès scientifique de tout ordre au début du 19ème. Elle met a jour les fantasmes et les questions nés avec l’histoire du monde, les progrès de la médecine et l’évolution des lois, des connaissances et des mœurs. Elle permet des métaphores hardies sur le destin de notre espèce. Cette page vous propose un voyage dans le temps et retrace les œuvres de fiction qui au fil des ans jalonnent le genre.
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2087 films
créée il y a environ 12 ans · modifiée il y a 15 joursLe Voyage dans la Lune (1902)
13 min. Sortie : 1 septembre 1902 (France). Aventure, Fantastique, Science-fiction
Court-métrage de Georges Méliès
Yann H a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Nous sommes au tout début du XXème siècle. La toute première projection du cinématographe par les Frères Lumière a eu lieu il y a sept ans. À l’époque, les films dépassaient difficilement la durée de cinq minutes. Un magicien du nom de Georges Méliès, réalisateur d’une quantité pléthorique de films dont une saga sur l’affaire Dreyfus et plusieurs œuvres fantastiques, crée Le Voyage dans la Lune, soit l’adaptation de De la Terre à la Lune, de Jules Verne et des Premiers Hommes dans la Lune, de H.G. Wells. Sans le savoir, Méliès, en un quart d’heure, révolutionne le septième-art. Un quart d’heure, ce qui est énorme à l’époque.
https://youtu.be/apWTcPQVB6o
An Over-Incubated Baby (1901)
1 min. Sortie : 1901 (Royaume-Uni).
Film de Walter R. Booth
Annotation :
« Un bébé trop incubé » (alias « Le merveilleux incubateur à bébés ») est un film muet britannique de 1901, réalisé par Walter R. Booth, qui met en scène une femme recevant une mauvaise surprise après avoir placé son bébé dans l'incubateur du professeur Bakem, conçu pour une croissance de douze mois en une heure. Ce film est considéré comme « l'un des films à trucages les plus originaux réalisés par W.R. Booth et R.W. Paul en 1901 ». Selon Michael Brooke de BFI Screenonline, « c'est l'un des films les moins élaborés de Booth et Paul cette année-là, bien que le concept soit si ingénieux qu'il n'avait sans doute pas besoin de plus que de simples transitions par cut-up ».
Le film
1901 - An Over-Incubated Baby - Walter Robert Booth; Robert William Paul
https://youtu.be/6eOLn6jmUvQ?si=rOZ9qIbMVrC-tZCl
Le Voyage à travers l'impossible (1904)
24 min. Sortie : 31 juillet 1904. Fantastique
Court-métrage de Georges Méliès
Voyage autour d'une étoile (1906)
05 min.
Court-métrage de Gaston Velle
Annotation :
Comme Georges Méliès, Gaston Velle (1868-1953) a commencé dans le domaine de la prestidigitation avant de se lancer dans le cinéma naissant avec une cinquantaine de films à son actif en France et en Italie entre 1903 et 1911.
En 1906, il réalise un film à trucages "Voyage autour d'une étoile" dans lequel un vieux savant astronome observe le ciel et voudrait bien explorer l'espace. C'est son domestique qui lui donne la solution en gonflant devant lui une bulle de savon. Il ne reste qu'à gonfler une bulle assez grande pour s'abstraire de la pesanteur et partir à travers l'espace pour atteindre une planète lointaine.
Le thème de l'exploration spatiale et de la confrontation avec d'autres mondes est bien présent et il se dégage une puissante poésie de ces images au charme suranné.
https://youtu.be/tiQ2dME9vdw
The '?' Motorist (1906)
The '?' Motorist
03 min. Sortie : 1906 (Royaume-Uni). Fantastique, Comédie, Science-fiction
Court-métrage de Walter R. Booth
Vingt Mille Lieues sous les mers (1907)
10 min. Sortie : 1907 (France). Science-fiction, Aventure
Court-métrage de Georges Méliès
Annotation :
En adaptant le roman éponyme de Jules Verne, dont il est contemporain, Georges Méliès a choisi de faire une mise en scène fantaisiste pleine d’imagination. Il fait parcourir au Nautilus 200 000 lieues sous les mers soit dix fois plus que celui de Jules Verne. Le film est peuplé de créatures fantastiques, le capitaine Nemo lui-même doit combattre des crabes géants, des hippocampes et une pieuvre gigantesque... Georges Méliès a fait appel au corps de ballet du Châtelet pour jouer dans ce film tourné au studio de Montreuil avec de nombreux effets spéciaux réalisés par d’ingénieuses machines.
Le film Vingt Mille Lieues sous les mers
https://dai.ly/x5guu45
Excursion dans la lune (1908)
07 min. Sortie : 1908 (France). Science-fiction, Fantastique
Film de Segundo de Chomón
Annotation :
(Muet 8 minutes) Le succès considérable du Voyage dans la Lune de Georges Méliès entraina l’apparition de nombreuses imitations. Le fait que Pathé décide, 6 ans plus tard, d’en tourner une copie montre bien l’ampleur du succès du film de Méliès. Car cette Excursion dans la Lune n’est pas un remake encore moins une suite, non c’est une pâle copie, un plagiat destiné à profiter de la notoriété d’un autre film. On retrouve ainsi la plupart des scènes-clés du film de Méliès mais tout est bâclé, simplifié, écourté afin d’avoir une durée moindre et donc un prix de vente inférieur à l’original. Les différences les plus visibles sont au niveau de l’alunissage (dans le bouche au lieu de l’œil, l’effet perdant d’ailleurs tout son humour), et au niveau de la partie sur la Lune qui est l’objet d’un petit ballet de danseurs et d’acrobates. Le film reste très intéressant à regarder, ne serait-ce que pour sa valeur historique et c’est une bonne chose de pouvoir le voir aujourd’hui joliment restauré dans une version en couleurs.
Source : https://films.oeil-ecran.com/2010/10/22/excursion-lune/
Le Voyage sur Jupiter (1909)
08 min. Sortie : 1909 (France). Science-fiction
Court-métrage de Segundo de Chomón
The Aerial Submarine (1910)
15 min. Sortie : novembre 1910 (Royaume-Uni). Science-fiction
Court-métrage de Walter R. Booth
A Trip to Mars (1910)
04 min. Sortie : 18 février 1910 (France). Science-fiction
Court-métrage de Ashley Miller
Annotation :
En 1910, les productions Edison sont encore diffusées via Kinétoscope, l'appareil mis au point par 'l'homme aux 1000 brevets' avant le cinématographe des Lumière et ses équivalents. C'est au moins le cas d'A Trip To Mars, où un scientifique invente une poudre permettant de s'affranchir de la gravité. Conséquences immédiates et spectaculaires : les objets domestiques s'envolent, la maison se renverse et surtout, il se retrouve aspiré hors de la Terre.
Ce petit film séduit grâce à ses initiatives graphiques, ses idées malines et ses nombreux trucages. La visite et les références "from outerspace" sont réduites et superficielles, mais assez marquantes – l'aspect démoniaque du glacier humanoïde par exemple. Le problème est la confusion générée par des raccords abrupts, peut-être bâclés à certains endroits ; le charme et l'attention ne sont pas trop entamés cependant, car la fluidité des opérations et de la trame est épargnée.
Ce film marie vraisemblablement les suggestions de l'écrivain H.G.Wells aux contributions de l'illusionniste Georges Méliès. C'est probablement le premier film 'martien' du cinéma, huit ans avant le long-métrage danois Le Vaisseau dans le ciel (aussi nommé A Trip to Mars chez les anglo-saxons).
(Source : https://zogarok.wordpress.com)
https://youtu.be/np7VImsSMQM
Frankenstein (1910)
13 min. Sortie : 18 mars 1910 (États-Unis). Épouvante-Horreur, Muet
Court-métrage de J. Searle Dawley
Annotation :
La première adaptation du roman de Mary Shelley au cinéma est une production Edison de 1910. Le négatif original a hélas brulé dans un incendie quelques années plus tard. Il n’existe aujourd’hui qu’une seule copie de ce Frankenstein connue au monde ; elle fut découverte dans les années soixante-dix par Al Dettlaff, collectionneur du Wisconsin (décédé en 2005), dans un lot qu’il avait acheté vingt ans plus tôt. Il a tenté, en vain, de le revendre à l’AFI (American Film Institute) pour 1 million de dollars. Les copies de cette copie que l’on peut voir aujourd’hui sont en très mauvais état mais elles nous permettent de réaliser à quel point le film était assez élaboré pour son époque.
Le film :
https://dai.ly/x71cdw0
Un mariage intérplanetaire (1910)
Un matrimonio interplanetario
15 min. Sortie : 12 février 1910 (Italie). Science-fiction, Muet
Court-métrage de Enrico Novelli
A Message From Mars (1913)
1 h. Sortie : juillet 1913 (Royaume-Uni). Science-fiction
Film de Wallett Waller
La Folie du docteur Tube (1915)
14 min. Sortie : 1915 (France). Fantastique, Muet
Court-métrage de Abel Gance
Yann H a mis 5/10.
Annotation :
Paradoxal, La folie du Dr Tube l'est à plus d'un titre: d'abord il s'agit d'une comédie burlesque réalisée par un metteur en scène avide de tourner toute sorte de films, mais aussi plus connu pour ses oeuvres sérieuses... Ensuite, c'est un film à vocation expérimentale, dans lequel Gance et son chef-opérateur Léonce-Henri Burel ont expérimenté avec des objectifs déformants, rendant l'image parfois bien difficile à déchiffrer... voire impossible à comprendre!
https://youtu.be/mLI080IXyMQ
Filibus, le mystérieux pirate des airs (1915)
Filibus
1 h 16 min. Sortie : 29 avril 2024 (France). Aventure, Policier, Muet
Film de Mario Roncoroni
Annotation :
Filibus, sous-titré Il misterioso pirata del cielo (le mystérieux pirate du ciel), est un film muet italien réalisé par Mario Roncoroni sorti en 1915.
Le film raconte les aventures d'une pirate des airs nommée Filibus. Il porte pour la première fois le lesbianisme sur le grand écran, quinze bonnes années avant le film Cœurs brûlés où Marlene Dietrich embrasse une femme.
Le personnage de Filibus s'inspire du gentleman cambrioleur Rocambole, personnage des romans de l'écrivain français Pierre Alexis Ponson du Terrail.
Assistée de son équipage masculin masqué tout dévoué , Filibus organise ses entreprises criminelles depuis son dirigeable en adoptant diverses identités , tant masculines que féminines. Elle s’amuse à ridiculiser son adversaire acharné , le détective Hardy. Conservé dans une version avec intertitres néerlandais , en cinq chapitres d’un quart d’heure chacun , cette sympathique production italienne s’inscrit dans une veine feuilletonnesque très en vogue dans les années 1910, à laquelle appartiennent les serials de Feuillade (Les Vampires) , de Victorin Jasset (l’irrésistible Protea) , d’Emilio Ghione (I topi grigi - Les souris grises) , ou encore les bandes plus courtes de Franz Hofer (La Boule noire ; La vipère noire) ou de Joseph Delmont (Le club Mystérieux) .
Les ingrédients qui font le charme particulier du genre sont là : rythme relativement alerte malgré un montage parfois approximatif (du moins dans la copie subsistante !) ; intrigue rocambolesque riche en rebondissements et faisant fi de la vraisemblance ; lieux suggestifs : musée d’antiquités égyptiennes, terrasse d’une villa surplombant un vaste paysage ; route déserte où attend une voiture noire ; promenade de bord de mer où défilent en arrière plan les passants) ; superbes extérieurs inondés de lumière ou plongés dans une nuit lunaire ; goût du gadget et de la technique : le dirigeable ; la nacelle qui permet de tomber du ciel puis de se volatiliser ; mise en scène jouant sur les entrées et les sorties de champ mais aussi sur ce qui est tapis dans le plan (l’appareil photo miniature caché dans la statue du chat).
Homunculus (1916)
1 h 09 min. Sortie : 1916 (France). Science-fiction, Épouvante-Horreur, Muet
Film de Otto Rippert
Annotation :
A la mort d’un enfant, pour atténuer le chagrin de la mère, le Dr Hansen (Albert Paul) parvient à créer l’Homunculus (Olaf Fonss), un bébé artificiel. Lorsque l’Homunculus fête ses 25 ans, il se demande pourquoi il est incapable d’aimer. Il découvre son origine artificielle. Pour se venger, il décide de détruire l’humanité. Devenu patron d’une entreprise, il exploite ses ouvriers. Mais en réalité, il joue un double jeu : il se déguise en ouvrier et attise la haine des travailleurs. Le Dr Hansen crée alors un second Homunculus afin d’éliminer le premier : le feu doit être combattu avec le feu. En haut d’une montagne, le premier Homunculus tue le second. Mais il est frappé par la foudre…
Homunculus est une série de films allemands réalisés par Otto Rippert (1869-1940) en 1916. Le scénario a été écrit par Fritz Lang et le film préfigure déjà son chef d’œuvre Métropolis (1927). Tourné en pleine guerre 1914-1918, son message reste très actuel.
Cette adaptation du roman de Robert Reinert dénonce la volonté de construire des hommes artificiels. Au moyen d’une technologie sinistre, des scientifiques fous mettent au point des androïdes surhumains. Cette créature artificielle, dotée de pouvoirs surhumains, pense être exclue de l’humanité en raison de son incapacité à éprouver et à susciter de l’amour. L’acteur danois Olaf Fonss, vêtu d’une cape noire ou déguisé tantôt en financier, tantôt en ouvrier, campe une créature ténébreuse. Une telle critique de la modernité, dès 1916, apparait aujourd’hui comme conservatrice.
Vingt Mille Lieues sous les mers (1916)
20,000 Leagues Under the Sea
1 h 45 min. Sortie : 24 décembre 1916 (États-Unis). Action, Aventure, Science-fiction
Film de Stuart Paton
Annotation :
Il semblerait qu'une créature marine monstrueuse attaque les navires et coule leur équipage. Une expédition, à laquelle prend part le professeur français Aronnax, ainsi que sa fille, est dépêchée pour éliminer le monstre. Les membres de l'expédition ne s'attendent pas à découvrir que la créature est en fait un sous-marin commandé par un certain capitaine Nemo. Ce dernier fait prisonnier le professeur et ses compagnons et leur explique le pourquoi des attaques de bateaux. Dans le même temps, les membres d'un vol en montgolfière échouent sur une île perdue, sur laquelle vit une étrange jeune fille sauvage...
Le célèbre romancier français Jules Verne était un précurseur et un visionnaire. Ses nombreux romans associent souvent aventure et nouvelles technologies. Il est encore à ce jour l'un des auteurs les plus traduits et lus au monde. Ses récits ne mirent pas longtemps avant de servir d'inspiration aux réalisateurs qui s'essayaient à une nouvelle technologie apparue en 1895 : le cinéma ! Le fameux Voyage dans la Lune de Méliès est une adaptation détournée d'un récit de Jules Verne par exemple.
En 1916, un studio nouvellement créé en 1915 par Carl Laemmle et baptisé Universal décide d'adapter et de mêler deux romans de l'écrivain : 20000 lieues sous les Mers et sa pseudo-suite, L'île Mystérieuse. Réalisé par Stuart Paton, 20000 Lieues sous les Mers fût, malgré un échec financier, la première grande production pour la Universal (avec un budget de plus de 200 000$) et même si cette version a depuis été totalement éclipsée par la spectaculaire version de 1954, elle n'en demeure pas moins importante au sein de l'évolution du cinéma lui-même, puisque ce film de 1916 est le premier à proposer au public quelque chose de jamais vue auparavant : des prises de vues sous-marines ! Un exploit rendu possible grâce à une invention des frères Williamson, qui, grâce à un astucieux dispositif possédant un jeu de miroir, permit donc de filmer sous l'eau et de faire découvrir aux spectateurs les fonds marins. Une approche quasi-documentaire, et on ne peut s'empêcher de penser à la réaction du public devant de telles images inédites ! Le cinéma propose du rêve et ce 20000 Lieues sous les Mers de 1916 a certainement su remplir cette fonction à l'époque.
Source : https://lepetitcinemadestephane.blogspot.com/.../20000...
Vingt Mille Lieues sous les mers - Stuart Paton (1916)
https://youtu.be/0g9MxtS898M
Le vaisseau dans le ciel (1918)
Himmelskibet
1 h 37 min. Sortie : 22 février 1918 (Danemark). Science-fiction
Film de Holger-Madsen
Annotation :
Le Vaisseau du ciel ou À 400 millions de lieues de la Terre (Himmelskibet) est l’un des premiers longs-métrages de science-fiction moderne. Il est en tout cas un des premiers films de space opera. Il s’agit d’un film danois réalisé en 1918 par Holger-Madsen. Voici le résumé de l’histoire :
« À l’occasion d’un exploit en avion, le célèbre aventurier Avanti Planetaros découvre non seulement que l’homme peut s’élever très haut, mais qu’il peut aussi découvrir d’autres astres. Avec son ami le Dr Krafft, fiancé a sa sœur Corona, ils décident de construire un appareil, l’Exelcior, qui leur permettra de s’envoler vers Mars. Sous l’égide du professeur Planetaros, père d’Avanti, une équipe est constituée pour les accompagner. Mais avant leur départ, pendant une conférence, un ennemi de l’odyssée se déclare : le professeur Dubius… »
La principale force du Vaisseau du ciel est son message invariablement pacifiste. Tout le film baigne dans une dénonciation du comportement humain et professe un message d’unité. En effet, dès la constitution de l’équipage, l’idée est présente puisqu’un membre de l’Est souhaite intégrer l’équipage, en représentant de la toute jeune URSS.
Cette optique d’un équipage mixte est un topos que l’on reverra souvent par la suite au cinéma. Il est impressionnant de noter, à la vision de ce film, le nombre d’idées présentes qui deviendront des clichés de la science-fiction : voyage vers une autre planète, souci de la crédibilité scientifique du voyage, découverte d’une civilisation, utopie, catastrophe planétaire, union de deux peuples différents…
Le Vaisseau du ciel se situe à mi-chemin entre le cinéma plus délirant et forain des débuts à la Georges Mélies, et La femme sur la lune (1927) de Fritz Lang, un des premiers films de hard science-fiction. Si Le Vaisseau du ciel ne va pas aussi loin dans la crédibilité que le film de Lang, on note tout de même un certain sérieux dans l’approche : on assiste à la construction du vaisseau comme dans le célèbre Aelita – le premier film de science-fiction soviétique par Yakov Protazanov en 1924 –, à une tension psychologique menant à une révolte dans le vaisseau, à une peur du vide stellaire qui n’est pas sans évoquer un autre film d’Europe de l’Est, Ikarie XB-1 réalisé par le Tchèque Jindřich Polák…
Algol (1920)
Algol - Tragödie der Macht
1 h 51 min. Sortie : 1920 (France). Science-fiction
Film de Hans Werckmeister
Annotation :
"Algol" – 1920 de Hans Werkmeister est un métrage de la veine de "Das Kabinett des Dr Caligari" mais en plus hétérogène. Même si l'opus oscille entre un style naturaliste et un style expressionniste, cinématographiquement il est en avance sur ce que propose le cinéma américain contemporain. La tentative de supprimer les cartons d'intertitre au profit de textes inscrits dans le récit – tract, lettre, télégramme, ... – témoigne de la recherche d'une grammaire totalement autonome pour le nouveau medium.
Du reste ce récit faustien a une ambition éthique qui peut encore résonner de nos jours : dénonciation de l'hubris technologique.
Un film jalon, perdu puis retrouvé, important à connaître et intéressant à visionner.
Le film
Algol: Tragedy of Power - 1920 Public Domain Film
https://youtu.be/EVllxrgeBHw?si=1UUyVzzynNTg2yq0
Paris qui dort (1925)
59 min. Sortie : 6 février 1925 (France). Muet, Science-fiction
Film de René Clair
Annotation :
René Clair, 26 ans, pour son premier film, joue au pionnier du cinéma. Sur les traces de Mack Sennett, Buster Keaton et même Charlie Chaplin, il invente une comédie burlesque dans un Paris figé par le sommeil. Seul le gardien de la tour Eiffel et les passagers d'un avion sont réveillés. Paris est à eux ! Comme des gamins, ils vont profiter de cette bulle de liberté qui leur est offerte par cet étrange sortilège narcoleptique.
https://youtu.be/rXNwI4uRmSs
La Cité foudroyée (1924)
1 h 12 min. Sortie : 5 décembre 1924 (France). Fantastique, Science-fiction
Film de Luitz-Morat
Annotation :
Considéré comme l’un des premiers films français de science fiction, La Cité Foudroyée reste parmi les plus connus de Luitz-Morat, se distingue par une intrigue à rebondissements et des images inédites de Paris détruit, qui impressionna le public en son temps. Richard Gallée, un jeune ingénieur méprisé par l'Académie des Sciences, parvient à dompter la foudre. Souhaitant à tout prix épouser sa fiancée dont le père a subi un revers de fortune, il menace de détruire Paris si le conseil municipal ne lui remet pas une forte rançon...
La Cité foudroyée - Luitz Morat - 1924
https://youtu.be/jCA1qj9y0TI
Aelita (1924)
Аэлита
1 h 51 min. Sortie : 25 septembre 1924 (Union Soviétique). Muet, Drame, Science-fiction
Film de Yakov Protazanov
Annotation :
Yakov Protazanov fut l’un des cinéastes tsariste le plus renommé des années 10 lorsqu’il s’est exilé en France suite à la Révolution d’Octobre 1917. Toutefois, il rentre en URSS en 1923 où il se voit confier par le pouvoir bolchevik un budget conséquent afin de réaliser le premier grand film de science-fiction du pays. Tiré d’une nouvelle de Léon Tolstoï totalement modifiée pour l’occasion, Aelita (1924) a connu un succès sans précédent dans son pays grâce notamment à la majesté de ses décors constructivistes et à ses délires inspirés de l’impressionnisme allemand. Certaines scènes de révolte sur la planète Mars ont d’ailleurs sans nul doute inspiré Fritz Lang pour son futur Métropolis (1927).
Ce premier film de SF soviétique vaut surtout pour l’audace de ses décors constructivistes et pour ce qu’il révèle de l’URSS de Lénine. Film de propagande politique, reverie de cineaste ...
Coincé entre ses influences multiples et contradictoires, Aelita est donc une oeuvre foncièrement bridée dans ses idées les plus novatrices et in fine rattrappée par une idéologie qui contredit l’ensemble de ce qui vient de se passer à l’écran.
https://youtu.be/je1bIhS-7G8
L'Inhumaine (1924)
2 h 15 min. Sortie : 12 décembre 1924 (France). Drame, Muet
Film de Marcel L'Herbier
Yann H a mis 6/10.
Annotation :
Dans une grande demeure huppée, en marge de la ville, se pavanent les élites de la société parisienne. Tous viennent rendre visite à la mystérieuse et magnétique cantatrice Claire Lescot, que chacun convoite à sa manière, comme un joyau inaccessible et à la gloire étincelante. Autant qu’ils s’acharnent à s’attirer ses faveurs, elle s’amuse à les décliner, prenant l’ascendant sur ces hommes peu intéressants et très intéressés. Et, fatalement, quand elle annonce qu’elle décide de partir seule en voyage autour du monde, c’est tout leur monde qui s’écroule, notamment celui de l’un d’entre eux, qui se retrouve abandonné aux mains du désespoir. Le temps sera alors aux stratagèmes et à la remise en question.
Satire sur une aristocratie décadente, vision d’élites fermées sur elles-mêmes et méprisant le peuple, à l’image de ces domestiques masqués sourds et toujours souriants, L’Inhumaine cherche, à l’image de son écran-titre, à rendre l’inhumaine, humaine. Chercher l’humanité dans un monde inhumain sera la mission d’Einar, esprit aussi timide que génial. Le chemin pris par Marcel L’Herbier dans L’Inhumaine ne réserve pas d’immenses surprises d’ordre scénaristique, proposant un scénario assez simple et balisé, étant régulièrement cité comme étant un des points faibles du film. Mais, si l’on peut potentiellement émettre des réserves sur ce point, cela est vite oublié tant L’Inhumaine propose une fabuleuse expérience cinématographique. Disons-le tout de suite : Marcel L’Herbier offre, avec L’Inhumaine, un sommet du cinéma muet, où les idées fusent, réunissant de grands talents de l’époque pour proposer, en quelque sorte, le film ultime du mouvement art-déco.
C’est toute cette esthétique, avec ces formes géométriques, ces superbes décors, cette quête irrépressible de nouveauté, cette ambition sans limites et cette modernité qui font du cinéma de cette époque une véritable ruche à chefs d’œuvre, dont L’Inhumaine fait partie. Un cinéma en avance sur son temps, d’une beauté aussi caractéristique qu’unique, à l’influence notable sur de futures œuvres. Véritable claque esthétique, à la beauté plastique entêtante, L’Inhumaine est un film dont les images s’impriment durablement dans l’esprit du spectateur, nous touchant grâce à la magie cinématographique (autant artistique que technique) qui s’en dégage et qui opère. On emploie parfois ce terme à outrance, mais L’Inhumaine est un chef d’œuvre.
Source : Quentin Coray pour le site https://alarencontreduseptiemeart.com/inhumain
Le Dernier homme sur Terre (1924)
The Last Man on Earth
1 h 10 min. Sortie : 2 novembre 1924 (États-Unis). Comédie, Fantastique, Science-fiction
Film de John G. Blystone
Annotation :
Le film a été censuré lors de sa sortie par le British Board of Film Censors. C'est une adaptation d'un roman de Mary Shelley (1797-1851). Une copie du film est conservée dans les archives du Museum of Modern Art. Il a fait l'objet d'un remake en comédie musicale sous le titre It's Great to Be Alive.
En 1950, une peste connue sous le nom de « masculite » a tué tous les hommes fertiles sur Terre de plus de 14 ans. Le genre féminin gère le monde, et une femme devient présidente des États-Unis.
Pendant ce temps, une aviatrice féminine, Gertie, survolant une forêt de séquoias, aperçoit de la fumée s'élevant de la cheminée d'une cabane, et elle y découvre un homme nommé Elmer Smith. Il est capturé et examiné à l'hôpital. Toutes les femmes du monde commencent bientôt à se battre pour lui.
Bien que filmé comme une comédie régulière, The Last Man on Earth a été interdit par le Virginia State Board of Censors pour avoir des femmes se disputant un seul homme. Comme l'a déclaré le Conseil dans un mémorandum du 29 octobre 1924 :
" Bien que "The Last Man on Earth" soit une comédie qui a été mise en scène de manière quelque peu élaborée et ne prétend pas véhiculer un message sérieux, l'image est de nature à justifier son rejet total sous sa forme actuelle. Il regorge de situations suggestives et de sous-titres douteux calculés pour véhiculer un double sens. La dignité de la femme est bafouée dans presque toutes les bobines et un effort est fait pour gagner le rire du spectateur à travers des scènes indécentes et des sous-titres salaces ou cochons. Même si les sous-titres et les situations représentés pouvaient passer, il resterait à se demander si les costumes portés par les acteurs entrent ou non dans les limites de la bienséance.
L'histoire de la comédie représente des femmes d'âges divers se disputant de la manière la plus éhontée la possession d'un jeune homme. Peu, voire aucune, tentative n'est faite pour dissimuler le fait qu'ils sont poussés par l'impulsion sexuelle."
Révolution interplanétaire (1924)
Mezhplanetnaya revolyutsiya
08 min. Sortie : 18 août 1924 (Union Soviétique). Animation
Court-métrage d'animation de Zenon Komissarenko, Nikolai Khodataev et Youry Merkulov
Annotation :
Probablement l’un des films d’animation les plus connus des années 1920. Ce court-métrage inachevé est particulièrement intéressant. Il est considéré comme une parodie du célèbre film Aelita. Pourtant, il faut savoir que les trois créateurs de ce court-métrage avaient auparavant été engagés pour travailler sur les esquisses d’Aelita. Mais Yakov Protazanov, le réalisateur, a refusé l’ajout de séquences animées à un film, déjà par ailleurs expérimental par son esthétique très inspirée du mouvement constructiviste. Au-delà d’une parodie, La révolution interplanétaire peut être vue comme le pendant animé d’Aelita. Et ça tombe bien, car comme son illustre aîné, ce court-métrage, par son esthétique géométrique, rappelle le constructivisme et la volonté de mécanisation de la société. Le prologue est clair sur la démonstration qu’entend opérer l’œuvre : « L’histoire du camarade Kominternov, le guerrier de l’Armée rouge, qui s’envola vers Mars, et anéantit tous les capitalistes de la planète ». Il faut sauver les camarades ouvriers persécutés. En bon sauveur de l’Armée rouge, Kominternov s’envole vers Mars, ce que découvrent alors les capitalistes en lisant la Pravda, le journal officiel du Parti communiste. Dès lors, c’est la débandade : les gros capitalistes fuient sous les lits comme des troupeaux de porcs à moitié nus (quelle dépravation), ils ont peur. Comme d’habitude, ils sont représentés de façon extrêmement caricaturale, ils sont littéralement des vampires qui sucent le sang des ouvriers. Ce film est un des premiers exemples de films de science-fiction utilisés à des fins de propagande dans le monde et même en URSS, où ce genre se développera après la Seconde Guerre mondiale avec la course à l’espace entre les Américains et les Soviétiques. Une autre qualité du film est sa recherche formelle. La typographie reprend par moments les affiches constructivistes de Rodchenko et de Klucis. Certains décors comme l’usine ou la ville futuriste arborent également une forme géométrique. Quant à l’animation, elle est remarquable d’inventivité et on peut considérer ce film comme expérimental.
Le Monde perdu (1925)
The Lost World
1 h 40 min. Sortie : 2 février 1925 (États-Unis). Science-fiction, Aventure, Muet
Film de Harry O. Hoyt
Yann H a mis 7/10.
Annotation :
Adaptation du célèbre roman de Sir Arthur Conan Doyle. Ce long-métrage d’une heure est le premier de l’histoire à donner vie à des dinosaures. Et pour l’époque, c’est une véritable prouesse, et une réussite.
Avec des effets spéciaux novateurs, notamment les créatures en stop-motion animées par Willis O’Brien (qui travaillera sur le futur King Kong), Le Monde Perdu offre au cinéma un spectacle nouveau et unique. Le public est conquis. Le chemin est ouvert aux futurs King kong, Godzilla et Jurassic Parc...
https://youtu.be/XNIyYpouwFE
































