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Cover Pharoah Sanders

Pharoah Sanders

Liste commentée, accompagnée d'une critique.

Liste de

41 albums

créee il y a environ 7 ans · modifiée il y a environ 1 an

Pharaoh Sanders Quintet
6.6

Pharaoh Sanders Quintet (1970)

Sortie : 1970 (France). Free Jazz, Jazz

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 8/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Septembre 1964 -

Et voilà que l’envie me prend de commencer un peu la route avec Pharoah, du coup autant choisir son premier album en leader, « Pharaoh », paru en mille neuf cent-soixante-cinq sur le mythique label ESP consacré en bonne partie au free-jazz et aux musiques alternatives, c’est toujours un plaisir de poser la galette sur la platine et de toucher ces pochettes anciennes, souvent pleine d’histoires, parfois dissemblables sur une même édition, car fabriquées de bric et de broc, une spécificité ESP.

En gros le contexte est le suivant, à New York Pharoah commence à être connu, il joue avec Billy Higgins, Don Cherry, Rashied Ali, John Gilmore et Sun Ra, on trouve des témoignages sonores de ses performances avec le "Grand Mage". Cet enregistrement est effectué en septembre 1964, avant des rencontres qui vont bouleverser son destin, celle d’Ornette Coleman avec lequel il enregistrera la sublime « Chappaqua Suite », et celle de John Coltrane avec lequel il sera invité sur « Ascension », on connaît tous la suite de cette extraordinaire aventure.

Pour l’heure le voici leader d’un quintet où il joue du ténor, Stan Foster est le trompettiste, Jane Getz est au piano, William Bennett à la basse et Marvin Patillo aux percussions. Deux longues pièces sont jouées, une par face, la première se nomme « seven by seven » et la seconde « bethera ».

Peut-être que certains s’attendent à un album fou furieux plein de rage et de cris, free et libertaire, et bien ce n’est pas le cas. Il serait faux de dire que Pharoah reste constamment sage et classique, particulièrement sur la face une où il se montre plus rageur dans son approche, lâchant un peu de mordant dans ses solos, ce sont d’ailleurs les meilleurs passages de l’album. Il faut faire attention car les labels sont inversés en version originale, par conséquent les noms des morceaux également.

Il est évidemment intéressant d’écouter cet album si on veut aborder l’évolution de ce grand musicien, incontestablement il y a déjà à cette période, en germe, ce qui deviendra la spécificité du son de Pharoah, ce sur quoi il va travailler et creuser, pour développer ce son majestueux et solennel, entier et incandescent. Déjà, au milieu de ce contexte hard bop, il secrète la petite flamme qui grandira.

On remarque également sur la piste une, décidément intéressante, des passages où l’orchestre n’est pas si loin de suivre l’exemple coltranien, particulièrement dans le jeu de la pianiste Jane Getz et du bassiste William B

Live in Seattle (Live)
8.7

Live in Seattle (Live) (1971)

Sortie : 1971 (France). Jazz, Free Jazz

Live de John Coltrane

xeres a mis 10/10 et a écrit une critique.

Annotation :

30 septembre 1965 -

Laissons John Coltrane s’exprimer : « Physiquement je ne peux aller au-delà de ce que je fais actuellement dans la forme que je pratique. Cela m’effraie toujours de penser que je vais devoir encore changer. Très souvent, quand je suis à un tournant je repousse l’échéance afin que tout le monde puisse ma comprendre avant que j’ai déjà changé. »

L’une des réponses aux interrogations que John Coltrane pose, sera l’arrivée de Pharoah Sanders. Ce dernier va jouer sur beaucoup d’albums qui suivront, on peut citer parmi d’autres « Ascension (1965) », Kulu Sé Mama (1966) », « Meditations (1966) », « Expression (1967) », « Live At The Village Vanguard Again! (1967) », « Om (1967) », « Cosmic Music (1968) » et bien sûr ce « John Coltrane Featuring Pharoah Sanders – Live In Seattle » qui sera enregistré au « Penthouse » de Seattle, le trente septembre mille neuf cent soixante-cinq, trois mois après « Ascension ».

Cet enregistrement est le premier « set » où les deux jouent ensemble, on le sait, John est malade, il a besoin d’un autre souffleur à ses côtés. Il a eu sa première rencontre avec le jeune Pharoah en mille neuf cent cinquante-neuf, ces derniers temps il a beaucoup parlé avec lui et Pharoah défriche des territoires nouveaux, où Coltrane n’a pas posé le pied, ce sera donc lui, et pas un autre, qui sera choisi.

Cet album voit intervenir un autre musicien nouveau, Donald Garrett à la clarinette basse, les trois autres sont les musiciens attendus, le pianiste McCoy Tyner, le bassiste Jimmy Garrison et le batteur Elvin Jones. C’est John lui-même qui fait intervenir un technicien pour enregistrer le concert, le son n’est pas parfait mais on s’en contente largement, malgré les petits défauts : Coltrane, les amis, Coltrane qui innove encore pour nous !

J’écris à partir du double Lp sorti en France à l’époque, il n’y a donc pas les deux titres que l’on peut entendre sur les rééditions Cds. Ça s’ouvre avec « Cosmos » qui nous plonge directement au cœur du sujet, c’est une nouvelle pièce au répertoire qui ne s’intéresse guère à la mélodie, Coltrane a quitté ces territoires et ne s’intéresse qu’à « l’harmonie primitive » et surtout à l’atonalité.

C’est là où il en est, chaque renoncement, chaque avancée vers une autre musique est un pas qui le rapproche de l’essentiel, un endroit qu’il cherche à atteindre et où lui seul peut nous mener. La musique est âpre, grave, sans compromission aucune, dont la conclusion fatale sera, entre autres, la dispa

Concert in Japan (Live)
8.4

Concert in Japan (Live) (1973)

Sortie : 1973 (France). Jazz, Free Jazz

Live de John Coltrane

xeres a mis 10/10.

Annotation :

22 juillet 1966 -

Offering: Live at Temple University (Live)
8.8

Offering: Live at Temple University (Live) (2014)

Sortie : 23 septembre 2014 (France).

Live de John Coltrane

xeres a mis 10/10 et a écrit une critique.

Annotation :

11 novembre 1966 -
Quand il est paru en 2014, je l’avoue, cet album m’a bouleversé. Tant d’années passées en compagnie de la discographie du géant, à l’écouter, à la scruter même, à me fondre dans sa musique, les albums de toutes les époques, mais celle qui m’a le plus fasciné, interrogé, remis en cause, c’est la dernière, celle qui dépasse l’entendement, dépasse l’idée même de musique…

Il est arrivé en 2014, son nom, Offering: Live At Temple University, double LP cossu avec des cartes postales à l’intérieur, insert, pochette Impulse US, numéroté, du solide. Pour ce qui est de l’enregistrement la qualité technique est assez moyenne, la prise de son imprécise, un morceau est incomplet, le rendu est très imparfait mais un effort est fait pour l’écoute des ténors. Je conseille de monter le son.

Le contexte de ce concert n’a rien de réjouissant, il s’est déroulé à Philadelphie en 1966, le onze novembre. L’époque n’était pas très propice au jazz d’avant-garde, le lendemain la presse titrera « Une pauvre affluence au show de Coltrane », un tiers de la salle est remplie et elle se vide pendant le concert. L’échappée commence dès le début avec une version de « Naïma » transfigurée. Et puis il y a « Crescent » le premier chef d’œuvre ici, Pharoah dépasse tout, une expérience d’écoute difficile à transmettre tellement elle est intense, mais certains n’y entendront que du bruit. Je pense qu’encore aujourd’hui beaucoup n’iront pas au bout de cet album, y’a des trucs qui ne sont pas fait pour tout le monde, on ne peut rien y faire, c’est comme ça...

Pourtant, en 2014, entendre Coltrane ressuscité des morts, ce fut un cadeau extraordinaire, miraculeux, particulièrement pour ce concert précis, pour ces moments de sincérité totale arrachés au temps, cette version de « Léo » complètement allumée, irréelle, transcendée par le souffle du ténor de Pharoah qui se donne totalement, se vide de son énergie, tout au bout du souffle et du don de soi. Place ensuite à une tornade de rythmes engagée par Rashied Ali et l’armée des percussionnistes qui se consume, complètement survoltés, chose inouïe, Coltrane scande une mélopée, il chante ! Micchael Brecker était présent il raconte sur Jazzmag n° 665 : « Je me souviens que Coltrane tapait sur sa poitrine en criant. J’étais abasourdi, je ne m’attendais pas à ça. En découvrant le CD (un pirate) je me suis aperçu qu’il ne criait pas mais qu’il chantait magnifiquement, très fort, tout en intervalles. La musique était très free. Coltrane

Tauhid
7.8

Tauhid (1967)

Sortie : 1967 (France). Free Jazz, Jazz

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 10/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1967 -

« Tauhid » est l’album suivant dans la discographie de Pharoah Sanders, c’est également son premier sur « Impulse », le label qui verra parmi ses plus belles œuvres, d’ailleurs « Tauhid » se range d’emblée dans cette catégorie. L’album a été enregistré le quinze novembre mille neuf cent soixante-six dans le mythique Van Gelder Studio, à Englewood Cliffs dans le New Jersey, on se souvient des musiciens de la Note Bleue, chargés dans des taxis, allant en caravane avec sandwichs et provisions, qui y descendaient, après avoir passé le pont, pour y enregistrer la crème des Blue Note.

La magie est encore là, sous les doigts de ces jeunes musiciens. Trois titres seulement, le premier sur la première face dure dix-sept minutes, il s’appelle « Upper Egypt and Lower Egypt » et est tout simplement magnifique, il est habité par une structure qui sera souvent utilisée dans les compositions de Pharoah. D’abord une longue introduction basée sur les rythmes et les percussions, transe hypnotique doucement induite, puis, passage de flûte et entrée du piano, accompagnée d’une première montée des tensions, puis arrivée explosive du ténor qui agit comme une déflagration. Ce ne sont là que des points de repères qui fonctionnent souvent assez bien.

Il est vrai que Pharoah joue peu ici, mais son esprit veille et préside au recueillement, et ce long travail préparatoire est juste magique, il prépare la suite qui sera belle, sereine et libératrice. Pour peu qu’on soit bien dans la musique, dedans, on peut même s’y sentir bouleversé, et ce ténor qui arrive après douze minutes et trente secondes, n’a aucun mal à faire chavirer les âmes. Même le chant ténu de Pharoah passe bien ici…

Mais il faut également souligner le talent et la notoriété des accompagnateurs, Sonny Sharrock est à la guitare, Dave Burrell au piano, Henry Grimes à la basse, Roger Blank à la batterie et Nat Bettis aux percussions. Soulignons également qu’outre le ténor, Pharoah joue de l’alto et de la flûte piccolo, il chante également.

La face B débute par le court « Japan » où précisément Pharoah déploie à nouveau ses qualités de chanteur. Il est intéressant de noter l’ouverture vers les autres cultures, le groupe s’inscrit en effet dans une trame musicale d’inspiration nipponne. Du folklore donc, mais il n’y a pas de hasard, Pharoah revient du pays du soleil levant et il a été ému par le respect qui lui a été porté.

Les titres suivants sont au nombre de trois et forment une suite d’un quart d’heure envi

The Olatunji Concert: The Last Live Recording (Live)
8.5

The Olatunji Concert: The Last Live Recording (Live) (2001)

Sortie : 25 septembre 2001 (France).

Live de John Coltrane

xeres a mis 10/10 et a écrit une critique.

Annotation :

John Coltrane – The Olatunji Concert : The Last Live Recording (2001)

Voici l’album qui est souvent présenté comme le dernier concert de John Coltrane, enregistré le 23 avril mille neuf cent soixante-sept à l’«Olatunji Center of African Culture » à New York, pourtant, si c’est bien son dernier album, il y aura encore un concert, à Baltimore, le sept mai, qui lui sera véritablement l’ultime chant du cygne.

Cet enregistrement a été réalisé en vue d’une diffusion sur la station de radio locale de Billy Taylor, « WLIB ». C’est ce dernier que l’on entend lors de la brève introduction de ce concert. Coltrane se partage entre le ténor et le soprano, Pharoah Sanders joue également du ténor, Alice Coltrane est au piano, Jimmy Garrison à la basse, Rashied Ali à la batterie et Algie DeWitt au batà drum, un tambour en forme de sablier en provenance du Nigéria. On signale sur l’album la présence possible de Jumma Santos aux percussions.

Deux pièces sont jouées, « Ogunde » qui était le titre d’ouverture de l’album « Expression », et « My Favorite Thing » cette pièce fétiche que John a dénaturé au fil de sa vie, pour en faire une sorte d’hymne qui recueillait, au fil de son évolution, de nouvelles formes et de nouveaux atours, comme un témoin du temps qui conserve à chaque interprétation une nouvelle empreinte. Cette version démentielle frôle les trente-cinq minutes.

La qualité sonore de ce document est aléatoire. L’orchestre jouait au second étage de la bâtisse et une foule se présenta qui s’installa dans l’escalier et jusqu’à l’extérieur, si bien qu’une circulation se fit qui causa quelques nuisances sonores, obligeant l’ingénieur du son à d’incessants réglages, mais qu’importe le son pourvu qu’on ait l’ivresse !

De l’ivresse il y en eut, car le concert est bouleversant, fou, entre beauté ultime et tristesse majeure. De la créativité encore et toujours, comme si elle ne pouvait s’arrêter, grandir et s’épuiser dans le cri avant de renaître aussitôt. Comme s’il fallait que gagne la vie, malgré les cris et la douleur, l’épuisement qui gagne dans le secret du corps. Rashied Ali confie « Je n'ai toujours pas pensé qu'il était malade, parce que quand il a mis l’anche à sa bouche, il n'y avait pas d'hésitation, le feu était allumé à plein régime. »

Sans doute un peu sacrifié, comme d’autres, lors de cet enregistrement, Pharoah laisse entendre une réelle furia, avec une fougue qui se libère et s’emploie, avec une énergie féroce. Il faut bien accepter l’enregistrement tel

Oh! Pharoah Speak

Oh! Pharoah Speak (1971)

Sortie : 1971 (France).

Album de The Latin Jazz Quintet, Pharoah Sanders et Juan Amalbert

xeres a mis 6/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1968 ? -

Cet album fait figure d’événement anecdotique dans la discographie de Pharoah Sanders, pourtant il existe, alors parlons-en. L’énigme principale concerne sa date d’enregistrement, mille neuf cent soixante et onze est la date de sa première parution, mais sur la pochette il n’y a aucun renseignement discographique précis concernant l’histoire de la rencontre qui vaut ce titre, « Oh ! Pharoah Speak ».

Habituellement on se borne à indiquer les « sixties » sans autre précision, mais après avoir assez longtemps cherché, vu que j’ai une des premières rééditions de l’album, on peut trouver une estimation plus précise, qui daterait l’enregistrement en mille neuf cent soixante-sept, ce qui est plausible. L’album est paru sur le label « Trip ».

Pour tout dire l’album est un peu frauduleux en laissant croire que Pharoah possède un rôle éminent sur cet enregistrement, il est là bien sûr, mais noyé au milieu de dix-sept autres invités. Le « Latin Jazz Quintet » comme son nom l’indique est réduit à cinq, deux percussionnistes, un guitariste électrique, un bassiste et un trompettiste qui hérite de pas mal de solos, ainsi qu’un des deux trombonistes invités, d’ailleurs.

Les titres défilent et Pharoah n’est que l’un des trois saxophonistes, un soprano et deux ténors, il y a également quatre cuivres du côté des invités ainsi que cinq percussionnistes, deux pianistes, un guitariste et un bassiste, ceci pour expliquer qu’ici ça grouille sans qu’on sache trop qui fait quoi. Ceci dit c’est un honnête album de musique latine, comme il doit y en avoir beaucoup, même s’il ne casse pas trois pattes à un canard, Eric Dolphy lui-même fut autrefois l’invité de cette formation, mais je n’ai pas écouté cet autre album.

La première pièce présentée comprend des problèmes de son, « The Dues Payer » couine de temps en temps, après ça va, en l’écoutant je me suis dit que Pharoah y est reconnaissable, mais rien d’évident pour moi à cause du timbre et de la prise de son, toutefois meilleure sur la réédition de soixante-treize. Probablement joue-t-il lors de la dernière coda de « Midnight Montuno » pour un très bref solo, sans doute aussi sur « Haarlem », « Daria » et sur « Oh ! Pharoah Speak » puisqu’on nous le dit, mais globalement c’est au sideman Pharoah que l’on a affaire.

Bref l’album est certes écoutable, mais n’espérez pas y trouver la patte de Pharoah, ni même le bout d’un ongle.

Izipho Zam (My Gifts)
8

Izipho Zam (My Gifts) (1973)

Sortie : 1973 (France). Free Jazz, Jazz

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

14 janvier 1969 -

Toujours en se référant non pas aux dates de sorties mais à celles d'enregistrement, nous voici en janvier soixante-neuf avec "Izipho Zam" qui ne parut que sur le tard, en 1973.

Voici un bel album sorti par le label Strata East, le second de la « Dolphy Series », il s’agit de Izipho Zam (My Gifts) de Pharoah Sanders. Souvent quand on parle de la discographie de Pharoah on a tendance à la classer à gros traits en trois phases.

La première, c’est évident, c’est quand il jouait aux côtés de John Coltrane, second ténor devenu nécessaire quand le souffle venait à manquer. Déjà il avait une forte personnalité, à mon avis il est possible qu’il n’ait jamais aussi bien joué qu’à cette période, du moins il a atteint des cimes auxquelles il s’est peu aventuré par la suite.

La seconde correspond à la période Impulse avec une discographie tout à fait réussie et même quelques albums cultes, jusqu’en 1974. Pour la suite c’est un peu plus compliqué, il y a clairement une baisse de régime mais, s’il y a des bas, tout n’est évidemment pas à déclasser…

Izipho Zam est un peu à part, car, tout comme pour l’album de Cecil Payne, il n’est pas sorti l’année de son enregistrement, paru en 73, il a été enregistré en janvier 69, un mois avant « Karma » l’album le plus souvent plébiscité dans la discographie de Pharoah Sanders ! Cette proximité de calendrier attire l’attention avec raison, l’album est vraiment très bon.

Le premier titre de l’album est "Prince Of Peace", qui deviendra plus tard "Hum-Allah-Hum-Allah-Hum-Allah" sur Jewels Of Though. Leon Thomas est déjà présent, il s’illustre par son chant, mais c’est surtout le second titre « Balance » qui est exceptionnel avec un magnifique solo de Pharoah et un Sonny Sharrock extrêmement brillant qui illumine la pièce de toute sa classe.

La face deux est entièrement dédiée à Izipho Zam d’une durée proche de vingt-neuf minutes. On trouve ici ce qui fera longtemps la marque de Pharoah, de longues phases dominées par le jeu de multiples percussions sur lesquelles interviennent à tour de rôle chants, solos des uns et des autres. C’est le Pharoah que l’on aime, celui qui deviendra une icône de la Great Black Music.

Karma
8.2

Karma (1969)

Sortie : 1969 (France). Avant-garde Jazz

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 10/10 et a écrit une critique.

Annotation :

14, 19 février 1969 -

Cet album a été enregistré en février mille neuf cent soixante-neuf, c’est le second album pour « Impulse », il est souvent considéré comme le point culminant de la discographie de Pharoah, il y a des raisons à cela, notamment parce qu’il cumule une certaine facilité d’accès et un fort pouvoir attractif. Tout d’abord par la simplicité de la structure du titre phare « The Creator Has A Master Plan », qui se tient en entier sur la première face. Mais aussi par la beauté du chant de Leon Thomas et enfin par l’arrivée sublime du son du saxophone ténor, merveilleux et libérateur.

A ce stade il est bon de rappeler que le label « Strata East » sortira en 1973 un album de Pharoah, « Izipho Zam (My Gifts) » enregistré le quatorze janvier soixante-neuf, soit exactement un mois avant « Karma ».

Pharoah est habité par un mysticisme qui l’envahit et le guide, toute sa musique en est empreinte et cette première pièce possède tout d’une prière. Bien que les paroles soient d’Amosis Leontopolis Thomas, communément nommé Leon Thomas, chaque mot semble venir de son cœur. Bien entendu chacun y trouvera ce qu’il souhaite, cette fois naïve et première est sans doute enfantine, mais les mots les plus simples sont souvent les mieux compris.

Ce qui est sûr c’est que Leon Thomas a formidablement bien chanté, avec une exquise modération, quant au leader il nous livre un jeu plein d'émotion, au-delà du souffle, en un lieu où seul le cri s'avère possible pour exprimer l'indicible.

Un mot sur les musiciens, Richard Davis et Reggie Workman à la basse, énormes, Julius Watkins au cor, James Spaulding à la flûte, Lonnie Smith au piano, William Hart à la batterie et Nathaniel Bettis aux percussions. Sur la pièce de la face B Frederick Waits est à la batterie et Ron carter à la basse.

Sur l'album d'origine il y a un titre par face et « Colors » occupe l'entièreté de la face deux. « Colors » a été enregistré cinq jours plus tard, et commence comme une liesse, une fête où chants et musique se lient pour exprimer une sorte de béatitude, une ode à la nature et à la joie, une fête collective. Leon Thomas se lâche grave dans cet océan de plénitude et de transe collective. Pas de lente montée ici, nous nous baignons dans ce milieu marin, portés par les voix et les clochettes, les airs chantés et les tambourins magnifiques. La basse groove et « The Créator a toujours ce fameux Masterplan » alors pas d’inquiétude, tout va…

Une phase conclusive toute en lyrisme termine ce

Deaf, Dumb, Blind: Summun, Bukmun, Umyun
8.1

Deaf, Dumb, Blind: Summun, Bukmun, Umyun (1970)

Sortie : 1970 (France). Jazz, Free Jazz, Avant-garde Jazz

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1er juillet 1970 -

Près de six mois sont passés, une session d’enregistrement est organisée aux Studios A&R à New York, le premier juillet soixante-dix. Leon Thomas n’est plus là, et la formation a subi quelques bouleversements. Le premier concerne Pharoah lui-même qui ne joue pas du ténor mais du soprano et aussi de pas mal d’instruments de percussions, il faut dire qu’il a été à l’école de Sun Ra où chaque musicien est d’abord un percussionniste. Ainsi il joue également du piano à pouces, du sifflet de la flûte et des cloches.

Il en va de même pour Gary Bartz principalement à l’alto et aux instruments accessoires, Lonnie Liston Smith au piano, piano à pouces et percussions, Woody Shaw à la trompette aux maracas et aux percussions diverses, Cecil McBee est à la basse, Clifford Jarvis à la batterie, Nathaniel Bettis aux percussions africaines, Anthony Wiles à la conga et aux percussions africaines également.

Déjà on peut parler d’une sorte de tournant, l’album porte une pièce par face, « Summun, Bukmun, Unyun » se tient sur la face A et pèse vingt et une minutes, « Let Us Go Into The House Of The Lord » se tient au-delà des dix-huit minutes sur la face B. Les notes de pochette nous expliquent que le titre de l’album est une citation provenant du Coran qui signifie « Sourd, muet, aveugle ».

Cette première face marque déjà un tournant avec les deux albums « Impulse » précédents, pourtant elle est également révélatrice d’un virage stylistique qui s’affirmera assez souvent par la suite. Après une courte introduction à la basse, les percussions en nombre établissent un fort tapis sonore, propice aux envolées des solistes qui se succèdent, ou même jouent en même temps.

Tous ces rythmes, sifflets, cloches et instruments de percussions divers s’agglomèrent joyeusement autour de la basse de Cecil Mcbee qui maintient invariablement le cap, Pharoah a bien appris de Sun Ra, les saxs, trompette fusent en solos, se relançant avec abondance. Une place est également offerte au piano qui offre un solo et marque des rythmes répétitifs entêtants, ainsi se crée ce sentiment de transe qui habite la pièce. Pourtant il est bon de pousser le son, même sur les versions d’origine.

« Let Us Go Into The House Of The Lord » est un traditionnel arrangé ici par Lonnie Liston Smith. La pièce se déroule sur un mode extatique que l’on entendait parfois chez Coltrane lorsque la quête était abandonnée. Cet état de grâce et de béatitude sera assez souvent présent dans la musique de Phar

Jewels of Thought
8.1

Jewels of Thought (1969)

Sortie : 1969 (France). Free Jazz, Jazz

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

20 octobre 1969 -

Cet album a été enregistré le vingt octobre 1969, dans l’ordre il suit « Karma » duquel il est assez proche. On retrouve quelques musiciens communs aux deux enregistrements, comme Leon Thomas au chant et aux percussions, Lonnie Smith au piano et Richard Davis à la basse sur la seconde pièce. D’autres arrivent comme Cecil McBee à la basse et aux percus dans le canal droit, Idris Muhammad à la batterie et aux percus et Roy Haynes à la batterie uniquement sur le premier titre, je ne détaille pas trop les percussionnistes car tout le monde y va de bon cœur.

On retrouve à nouveau deux longues compositions, le premier titre « Hum-Allah-Hum-Allah-Hum-Allah » dure un quart d’heure, le second est beaucoup plus long « Sun In Aquarius » dure plus de vingt-huit minutes, il est donc fractionné en deux parties, la première sur la face une et la seconde sur l’entièreté de la seconde face, les deux pièces sont également différentes pour ce qui est du style et de l’accessibilité, si on peut dire. Il va de soi que dans les versions modernisées, sur Cd, les choses sont différentes, mais là j’écris d’après l’exemplaire français d’époque.

« Hum-Allah-Hum-Allah-Hum-Allah » reste tout à fait dans la continuité de « Karma », le chant de Leon Thomas l’illumine de suite, et je dois dire qu’il fait partie des premiers albums de Pharoah que j’ai écoutés, et ré-écoutés jusqu’à en être imprégné, chaque note est devinée, sue connue. Le charme est grand, il provoque un balancement de tout le corps qui groove en même temps que la musique.

Sa structure est simple et lumineuse, Pharoah le jouera souvent à la fin de ses concerts car il sème la joie et la lumière, les rythmes et la danse. Il procure une transe positive et ravit celui qui l’écoute, Outre Leon Thomas il faut mettre en évidence, Lonnie Smith qui joue un superbe solo, et bien sûr Pharoah, mais là c’est sans surprise.

Le titre suivant est très différent, « Sun In Aquarius » est plus free et d’un accès moins facile, son premier nom était « Explorations » et ça lui va bien. Si les percus sont là dès l’introduction, point de joie ni de fête, mais un piano plus sombre et mystérieux, sans repères mélodiques, juste un bruit grave qui gonfle et s’accentue, jusqu’au tumulte, les cymbales sont énormément présentes, elles palpitent et s’agitent. Cette première partie annonce un univers très différent, nouveau.

L’arrivée du ténor sur la face B apporte le cri de Pharoah, la petite histoire raconte qu’il ne joue pas de

Ptah, the El Daoud
8

Ptah, the El Daoud (1970)

Sortie : juillet 1970 (France). Avant-garde Jazz

Album de Alice Coltrane

xeres a mis 10/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Alice Coltrane Featuring Pharoah Sanders And Joe Henderson – Ptah, The El Daoud (1970)

Parmi les trois albums enregistrés par Pharoah Sanders en mille neuf cent soixante-dix, celui-ci est le premier dans l’ordre chronologique, il a été en effet enregistré le vingt-six janvier au « Coltrane Home Studio », dans les sous-sols, à New-York. Pour dire vrai, à l’époque tout ne s’est pas passé comme on croit pour ce qui concerne Alice Coltrane. Le regard, aujourd’hui largement partagé, était vraiment différent, dans nos contrées.

Parlons de l’hexagone et des vecteurs médias de l’époque, c’est-à-dire essentiellement la presse jazz, qui bien souvent était le reflet de ce qui se passait aux States et ailleurs, avec le décalage temporel que l’on imagine bien. Alice Coltrane était assez largement descendue. On ne lui pardonne rien, curieusement ostracisée, un peu comme Yoko Ono, si je puis me permettre une analogie.

Ça témoigne d’un certain malaise envers John Coltrane, son choix de fin de vie, le free jazz, le nouvel orchestre surtout, avec Alice à la place de McCoyTyner, un truc pas facile à encaisser. Mais surtout s’ajoutent les accroches sur sa façon de gérer l’œuvre de son défunt mari, qui étaient souvent très critiquées, la sortie d’« Infinity » et du choix des cordes, par exemple. Du coup Alice a pris, et ses albums se faisaient descendre fissa. Ainsi, il m’a fallu du temps pour m’affranchir de tout ça, et la disco d’Alice n’est arrivée à mes oreilles que sur le tard.

Dont ce fameux « Ptah, The El Daoud » si bien millésimé. Alors c’est sûr ce n’est pas un album de John, et il est bien qu’il en soit ainsi, il reste de jazz c’est indéniable, mais il se parfume aux essences lointaines, à la musique indienne, et sans doute à une certaine quiétude, une sérénité retrouvée, une paix mélangée de tristesse. Un album recueilli.

Alice joue du piano, formidablement, et de la harpe, aussi. Ceux qui sont là sont des grands et ne sont pas devenus des quiches du seul fait de partager la peine d’Alice, Pharoah le premier qui stationne côté droit, avec son ténor, sa flûte et ses clochettes. Joe Henderson, au ténor et à la flûte aussi, garé côté gauche, et Ron carter avec sa basse, magnifique, et Ben Riley, efficace et sobre, à la batterie.

Toutes les compos sont d’Alice, dont le morceau titre qui porte le nom d’un Dieu Egyptien, « El Daoud » signifiant « le bien aimé » nous indique-t-on. L’heure n’est pas à la rigolade, c’est certain, chacun se tient plutôt dans le respect

Journey in Satchidananda
7.9

Journey in Satchidananda (1971)

Sortie : 1971 (France). Avant-garde Jazz, Hindustani

Album de Alice Coltrane et Pharoah Sanders

xeres a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

4 juillet 1970/ 8 novembre 1970 -

Cet album est paru le huit novembre mille neuf cent soixante-dix, c’est-à-dire dix mois environ après « Ptah, The El Daoud », le personnel a beaucoup évolué, même si on y retrouve Pharoah Sanders. D’autres grands sont arrivés, Vishnu Wood à l’oud, Cecil McBee et Charlie Haden aux basses, Rashid Ali à la batterie, Tulsi au Tamboura, une sorte de drone indien, ainsi que Majid Shabazz aux clochettes et au tambourin. Alice joue de la harpe et du piano.

Cet album est sans doute le meilleur qu’elle ait enregistré, l’esprit Coltranien y souffle avec toute sa bienveillance, celui encore apaisé d’A love Suprême, avec la retenue, le recueillement et la paix qu’il secrète, même s’il y manque le feu brûlant sous-jacent. Cet album fait l’effet d’un baume, il apaise la douleur et calme les plaies, pour qu’après une autre vie soit possible, même hors des chemins parcourus, c’est la voie d’Alice et ce sera également celle de Pharoah. C’est ce qui rend cet album si important.

Le premier titre de l’album « Journey In Satchinanda » marque, une route, un chemin mystique qui apaise et calme, répare et guérit, ainsi au son de cette basse qui avance tranquillement, nous faisons ce voyage, dans ce tunnel balisé par l’oud et le saxophone, vers un point lumineux qui marque la paix et le retour à ce que nous sommes, à notre état naturel et authentique.

« Shiva-Loka » poursuit ce voyage et dessine une voie mystique et apaisée, Pharoah se fond dans les sonorités hindoues et s’inscrit dans les délicieux bruissement de cordes de la harpiste, s’y glisse et repose, tranquille et serein. « Stopover Bombay » marque une étape, une brève escale, à la ville, là où tout trépide et secoue, sauf pour celui dont l’esprit est clair, calme et reposé.

La seconde face commence par l’hommage à John Coltrane sobrement intitulé « Something About John Coltrane », on retrouve un esprit plus jazz car Alice joue du piano, seul le son du tamboura joué par Tulsi nous rappelle aux sonorités orientales, mais Pharoah lors de son solo s’inscrit bien dans un formidable espace dédié, à la croisée des musiques, entre la musique de John, celle de l’Orient et d’un ailleurs mystique et rêvé.

« Isis and Osiris » est la pièce la plus longue, elle a été enregistrée en juillet et comprend Charlie Haden à la basse ainsi que Visnu Wood à l’oud, Alice a retrouvé sa harpe et Pharoah son soprano. La pièce s’étire assez longuement et laisse percer un sentiment d’improvisation, d’une ligne d

Thembi
7.9

Thembi (1971)

Sortie : 1971 (France).

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

25 novembre 1970 et 12 janvier 71 -

« Thembi » a été enregistré en deux parties distinctes, la première le 25 Novembre mille neuf cent soixante-dix, cinq mois après « Summun Bukmun Umyun - Deaf Dumb Blind », elle correspond à la première face de l’album. La seconde est enregistrée l’année suivante, le douze janvier soixante et onze et correspond donc à la seconde face, le temps de passer de L.A. à New York.

« Astral Traveling » qui ouvre l’album ne saurait mieux convenir, tant il se situe dans la même veine extatique que le précédent, atmosphère contemplative et introspective toute en douceur et sérénité. Le tournant amorcé sur l’album précédent semble se confirme donc, même si le titre suivant « Red Black & Green » va aussitôt infirmer cette proposition.

En effet, nous voilà soumis au feu et à la tempête, l’explosion de « karma » surgit à nouveau sur ce titre, le re-recording utilisé semble même multiplier par deux le déchirement et la colère, après ce bref épisode plein de fureur, tout se calme et repose, le violon de Michael White participe à ce retour à la paix et à l’atténuation des chaleurs que délivre encore la braise fumante, cette pièce est magnifique et semble symboliser la dualité qui existe dans le cœur de chaque homme, soumis aux forces contraires, déchiré entre la vie et la mort…

« Thembi » qui suit marque un retour au calme et à la sérénité, au soleil, au ciel bleu et aux fleurs des champs, il faut dire que c’est le prénom de la compagne de Pharoah. Certes le thème est beau mais le contraste avec la pièce antérieure est élevé et il est difficile de s’acclimater à cette béatitude un peu niaise, après avoir été tant chaviré et bousculé. Mais c’est désormais la voie de Pharoah, lui-même écartelé entre des sentiments contraires, le soprano convient bien à la sonorité ambiante, dialogue avec le violon, sautillement léger de la basse de Cecil McBee et percussions multiformes. La quatrième pièce, « Love », est un superbe solo de Cecil McBee à la contrebasse, pizzicato puis à l’archet, très beau.

La seconde face voit quelques changements dans le line-up, je ne me suis pas trop attardé sur les musiciens car ce sont souvent les mêmes, mais jamais tout à fait. « Morning Prayer » est le premier titre de cette face qui en contient deux. Pharoah joue de la flûte, puis des percussions, on peut y entendre un nouvel hommage à l’Afrique et à la danse, Lonnie Liston Smith qui est co-auteur de la pièce déroule un très beau solo assez lancinant puis laisse

Black Unity
7.9

Black Unity (1972)

Sortie : 1972 (France).

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 8/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1971 -

Comme indiqué plus haut, « Black Unity » a été enregistré le vingt-quatre novembre mille neuf cent soixante et onze, aux "A&R Recording Studios" de New York. L’album ne contient qu’une seule piste fractionnée en deux parties égales qui tiennent chacune sur une face. La pièce qui porte le nom titre possède donc une durée totale de trente-sept minutes et vingt et une secondes.

On retrouve une grande partie des musiciens avec lesquels Pharoah avait enregistré l’album précédent, Hannibal Marvin Peterson à la trompette et aux percus, Carlos Garnett au ténor et à la flûte, Joe Bonner au piano, Cecil McBee et Stanley Clarke aux deux basses, Norman Connors et Billy Hart aux deux batteries, Lawrence Killian à la conga, au talking drum et au balaphone.

"Black Unity" se veut le fils spirituel de "Karma", Pharoah désire à nouveau frapper un grand coup, les musiciens rassemblés sont tous de haut niveau, la paire de bassistes et celle de batteurs, les percus, tout semble fonctionner pour cette section rythmique extraordinaire, c’est du velours pour Joe Bonner qui se trouve idéalement situé, il n’hésite d’ailleurs pas à saisir les opportunités et à se lancer dans des solis nombreux. Cecil McBee et Stanley Clark sont d’enfer, ils portent l’album et ne cessent de l’alimenter de l’énergie nécessaire, pour nourrir ce funk entêté et persistant.

Le problème, puisqu’il faut bien qu’il y en ait un, c’est la relative absence des solistes qui ne se manifestent que sur une partie de l’album. Après avoir balancé le thème avec une belle fureur, ils s’élancent à partir de la sixième minute vers une sorte de bouillonnement grandiose, d’où s’extrait Pharoah qui balance un solo puissant et rageur, de ceux dont on se rappelle, ça part très, très fort, vers une explosion monstrueuse, Marvin prend le relais avec la même furie, avant que ne revienne le jeune lion et que les cris s’unissent en un rugissement commun.

Hélas ces « fabuleux » ne reviennent qu’à la trente-quatrième et ne se signalent que fort brièvement, quasi absents de cette seconde face, pourtant très groovy. L’impression générale balance entre fascination et frustration, entre réussite et loupé, pourtant, objectivement l’album est vraiment bon, seulement, se dit-on, il aurait pu être énorme…

Live at the East (Live)
8.1

Live at the East (Live) (1973)

Sortie : 1973 (France).

Live de Pharoah Sanders

xeres a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1972 -

Concernant les deux albums parus en mille neuf cent soixante – douze, seul un des deux indique une date précise d’enregistrement, « Black Unity » a été enregistré le vingt-quatre novembre mille neuf cent soixante et onze, c’est uniquement sur cet indice que j’estime « Live At The East » antérieur, les probabilités me font pencher pour cette hypothèse, mais en tout cas, rien de grave…

Mon exemplaire semble authentique, la pochette percée par deux méchants trous réguliers, « punch holes », probablement effectués avec un poinçon. On peut également trouver des pochettes avec un coin coupé ou une entaille sur le côté. En fait ce sont des marques de passage aux « invendus ». Une façon d’indiquer que ces vinyles ne pouvaient être vendus au prix du neuf, mais soldés à petits prix, j’en ai pas mal comme ça, des originaux déclassés.

La formation habituelle est sacrément bouleversée et on a l’impression d’entrer dans une nouvelle ère. Pharoah est toujours au saxophone, mais il y a deux bassistes, Cecil Mcbee et Stanley Clarke, Joseph Bonner au piano et à l’harmonium, Norman Conners et William Hart à la batterie, Marvin Peterson joue de la trompette, Carlos Garnett de la flûte et donne de la voix, en même temps que Harold Vic, Lawrence Killian est à la conga et au balaphone. L’orchestre est très complet avec une rythmique d’enfer et des solistes hors pair.

On trouve trois pistes, « Lumkili » qui est la seconde est partagée en deux, la première partie sur la face A et la seconde au début de la face deux d’après les notes de pochette, mais en réalité les faces indiquent que la pièce est rétrogradée à la fin de la face deux, ce qui est plus exact, il y a également des erreurs concernant les durées. L’album s’ouvre sur « Healing Song » qui dépasse les vingt minutes, c’est une pièce agréable, plutôt « mid tempo » avec des chœurs qui interviennent de temps en temps, apportant une couleur gospel à la pièce. On n’est pas si loin de Tauhid malgré le bouleversement d’orchestre.

C’est un solo de Pharoah qui montre la voie, suivi par un duo de basses exquis, ça commence gentiment pendant la première partie puis Pharoah et l’excellent Marvin Peterson décochent un solo et tout vire free quelques secondes avant de repartir comme si de rien n’était, le final est explosif avec un Pharoah des grands jours, ces quelques notes, restant gravées à jamais pour qui les ré-écoute avec intensité.

La seconde pièce qui se situe donc au début de la face deux est bien « Memories Of J.

Village of the Pharoahs
8

Village of the Pharoahs (1973)

Sortie : 1973 (France). Jazz, Soul-Jazz, Free Jazz

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 10/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1971/1972/1973 -

Pharoah Sanders Featuring Vocalist Sedatrius Brown – Village Of The Pharoahs (1973)

Après avoir été mis en avant lors de la quête Coltranienne, second souffle de John dans cette recherche éperdue d’une autre musique, plus libre et plus sauvage, hors des règles établies, Pharoah fit sa mue et, sans doute que, dans l’ombre d’Alice, il pencha lui aussi vers une musique plus contemplative et extatique.

Il y laissa une partie de sa force et de son engagement hors norme dans l’exercice des solos, mais, il faut bien lui accorder qu’il ne se perdit pas systématiquement dans une musique un peu mièvre ou même niaise, ce merveilleux album est un haut témoignage de cette nouvelle phase musicale, déjà esquissée, mais qui trouve avec cet album une part de noblesse et de grâce que certains ne verront sans doute pas, le regard tourné ailleurs.

La première face de l’album est consacrée à une longue suite en trois parties qui donne son titre à l’album, enregistrée à San Francisco en mille neuf cent soixante-treize. Sedatrius Brown dont le nom figure sur la pochette est chanteuse et percussionniste, on retrouve également quelques noms souvent croisés dans les formations de Pharoah, parmi lesquels Joe Bonner, Lawrence Killian, Calvin Hill à la basse, Jimmy Hopps à la batterie et les percussionnistes Kylo Kylo et Kenneth Nash, Pharoah est au soprano et sans doute chante-t-il également.

Dès l’introduction de la pièce la magie opère et ne nous lâchera plus, une impression de voyage en pays chaud, quelque part en Orient, et c’est toute une imagerie qui défile et surtout ce sentiment de « partir », d’être arraché au milieu ambiant, transporté vers un ailleurs lointain. La progression de la pièce est finement agencée, évoluant sans cesse avec de subtiles changements qui en marquent les étapes, c’est merveilleusement fait et ces odeurs d’épices qui surgissent, forcément…

Je tiens cet album pour une des meilleurs choses qui me soit arrivée en cette période, Sédatrius Brown intervient dès la seconde partie et nous retrouvons cette alchimie qui fit tant pour la musique de Pharoah, lorsque Leon Thomas était présent. Dix-sept minutes seulement, et pourtant un magnifique voyage qu’on ne se lasse pas d’écouter, car chaque son y est à sa place, dans un mouvement de changement perpétuel et tourbillonnant.

Issue des mêmes sessions, « Myth » est une courte pièce qui termine la première face à la manière hindoue. La face deux nous transporte à rebours vers l’année soixan

Wisdom Through Music
7.6

Wisdom Through Music (1972)

Sortie : 1972 (France). Free Jazz, Soul-Jazz, Jazz

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 8/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1973 -

Hélas ! hélas ! Il arrive le nanard, je ne sais si je suis excessif ou simplement honnête, mais il faut bien le dire, celui-ci sent le remplissage. Très court, à peine trente-deux minutes de musique souvent peu intense, l’impression, fausse mais quand même, que Pharoah a remisé son saxo, des chants, des chants à foison, mais aucun chanteur ou musicien-chanteur n’est crédité sur la pochette…

La troupe rassemblée comprend Pharoah au soprano, au ténor et à la flûte, James Branch à la flûte, Joseph Boner au piano, Cecil McBee à la basse, Norman Connors à la batterie et Lawrence Killian, James Mtume et Babadal Roy aux percussions.

Trois titres se tiennent à l’aise sur la face A, un peu plus d’un quart d’heure à eux trois, on retient tout de même le fameux « Love Is Everywhere » qui performait lors des concerts, la seconde face contient deux titres, dont « Selflesness » signé de Pharoah qui frôle à lui seul les onze minutes et qui mérite lui aussi le détour.

« Whisdom Through Music » se distingue de l’ensemble car c’est le seul titre instrumental, tourné vers l’Orient il se veut lyrique et méditatif, ces couleurs dépaysantes sont toujours bienvenues et font peut-être référence à un véritable intérêt de la part de Pharoah pour les musiques hindoues ou exotiques.

On aurait envie de sauver Cecil Mcbee et Mtume, et sans doute le méritent-ils, les solos de Pharoah également même s’ils sont peu nombreux, mais globalement, même en mettant en valeur le positif, ce n’est pas sûr que la balance penche du bon côté, ou alors il faut encore faire un effort et considérer que ces chants et ces airs de fêtes sont joyeux et entraînants, mais le doute demeure malgré tout.

Peut-être y avait-il une nécessité commerciale pour sortir rapidement cet album qui, à l’époque, a dû bien se vendre, mais il y a également un risque sérieux de décrédibiliser un musicien phare du label en multipliant ce genre d’objets. Nous verrons ce que raconte la suite…

(Si vous l'avez ne le jetez pas, car il a malgré tout son petit charme, celui des trucs qu'on finit par aimer à force d'écouter et de se demander s'il vaut le coup ou non).

Elevation
8.2

Elevation (1973)

Sortie : 1973 (France). Jazz

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 10/10 et a écrit une critique.

Annotation :

7 au 9 septembre 1973 -

Et voici venir, toujours sur Impulse, « Elevation » l’album dont on ne parle jamais, oublié bien souvent, réédité petitement, un album d’aficionados, et pourtant…

Quel album ! Il succède parfaitement à « Village Of The Pharoahs », mais n’en a pas la même accessibilité, son prédécesseur s’offre avec facilité, sans manière ni détour, « Elevation » s’élève à une sorte d’universalité du message de Pharoah, en ce sens qu’il cumule un peu ce qui a fait sa gloire et sa singularité, en évitant les pâleurs, sans rien renier, ni le free, ni la colère, d’ailleurs on comprend très vite, rien qu’à l’écoute du morceau titre.

« Elevation » dépasse les dix-huit minutes et rentre ainsi dans la catégorie des chevaux de bataille de Pharoah. L’introduction ne se démarque pas des standards qu’il a choisis, basse ronde, sautillante et répétitive, piano répétitif lui aussi, percussions à gogo, et par -dessus tout, le magnifique ténor de Pharoah qui dessine ses lignes et nous embarque.

La pièce s’enrichit au fur et à mesure, la rythmique gonfle et pousse loin, Pharoah répond dans le cri, et tout s’emballe à la façon des plus beaux passages de « Karma », cette montée jusqu’au free est remarquable et arrache fort, la puissance rythmique est à son comble et pousse encore Pharoah dans ses limites, jusqu’à l’explosion finale, orgiaque…. Sauf qu’on est seulement à la moitié de la pièce !

Le calme revient et arrive le magnifique Calvin Hill à la basse qui se pose vers l’avant, poussé par les seules percussions de John Blue et Jimmy Hopps, accompagnés de Lawrence Killian à la conga. Pharoah a toujours su s’entourer des meilleurs et les clochettes qui bruissent ici sont tout simplement merveilleuses. Le soprano de Pharoah introduit l’excellent Joe Bonner au piano, qui use de la flûte en bois également. La sérénité s’installe désormais et marque une descente paisible et sereine.

Un assez bref hommage à McCoy Tyner, « Greeting To Saud » est rendu par Joe Bonner qui s’inscrit dans une sorte de filiation, même si la main gauche n’est pas si dominante, le lyrisme est bien là, les percus derrière ornent les accords, Calvin Hill et son tamboura ajoute un drone oriental et le morceau s’achève avec, dans le lointain, la voix de Sedatrius Brown. Fin de la première face.

L’album a connu des sessions d’enregistrement étalées sur trois jours, les sept, neuf et treize septembre de l’année soixante-treize, de quoi s’aérer et prendre l’air et même, pour ce titre « Ore-Se-Re

Love in Us All
8

Love in Us All (1974)

Sortie : 1974 (France).

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1974 -

Et voici venir le dernier album de Pharoah pour « Impulse », le mariage entre les deux a bien fonctionné, tant pour l’artiste que pour le label, ce dernier est cependant en mauvaise santé et sa fin est proche, malgré les heures glorieuses et les chefs d’œuvres, il y aura bien encore quelques belles pages, avec Keith Jarrett, Gato Barbieri et les rééditions du catalogue pour tenir jusqu’à la fin de cette décennie, mais l’essentiel est déjà dit et la page ne va pas tarder à se tourner…

Cet ultime album est peu bavard, très peu de renseignements sur cette très belle pochette, des photos issues de planches-contacts avec le seul Pharoah pour illustrer l’intérieur, pas de nom de musiciens, ni d’accompagnateurs, juste l’année, 1974, les titres, un par face, comme on aime avec Pharoah.

« Love is Everywhere » se pose sur la face A et « To John » pour la face B. Le premier titre est issu des sessions de l’album « Wisdom Through Music », il suffit de s’y rapporter pour retrouver le nom des musiciens. Cet album faisait figure de disque un peu pâlot, et voilà que nous découvrons qu’il ne contenait qu’un extrait de ce « Love Is Everywhere » qui, ici, dans son intégralité prend une nouvelle envergure, avec une grande force et une belle puissance, pleine d’optimisme.

Seule la partie chantée avait été présentés sur « Wisdom », le développement qui suit est une vraie réussite et redonne une nouvelle dimension à cette pièce. Il n’est que de poser l’œil sur le vinyle pour distinguer la césure entre la partie ancienne et la partie nouvelle, les teinte de gris sur la face se changent en une couleur noire et brillante pour la partie nouvelle.

Les développements instrumentaux sont joyeux et festifs, cet hymne à l’amour s’envole brillamment, grâce à Cecil McBee et surtout au joueur de piano Joe Bonner qui se pose sur le tapis des percussions de Babadal Roy, James Mtume, Lawrence Killian et Norman Connors pour développer un superbe solo qui retrouve une belle sérénité. Pharoah se greffe avec son soprano sur ces rythmes réguliers et s’inscrit dans cette quête de paix intérieure dans laquelle il inscrit le plus souvent sa musique désormais.

La seconde pièce sur la face B « To John » que l’on identifie naturellement comme étant un hommage à John Coltrane, est très différente. Les deux hommes ont beaucoup échangé ensemble et on devine aisément l’ascendance naturelle de Coltrane pour celui qu’il considère comme un prolongement de lui-même, ou plutôt de son art, musical et s

Live in Paris (1975) (Live)
8.2

Live in Paris (1975) (Live) (2020)

Sortie : 13 mars 2020 (France).

Live de Pharoah Sanders

xeres a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1975 -

Encore du frais avec cet inédit de Pharoah Sanders, pochette gatefold, carton dur et concert enregistré à Paris en 1975 au Grand Auditorium du Studio 104 de la Maison de Radio France, première édition officielle avec remastérisassions des bandes d’origine. Du bon travail côté son, donc, mais pas de mp3 fourni. Les photos de la pochette intérieure sont inédites et augmentées d’un texte documenté.

C’était un temps où Paris et la France avaient encore un rôle de tout premier plan et une influence importante sur la planète jazz, depuis ce temps révolu, ne reste que les nombreux festivals d’été qui enchantent le public et nourrissent encore les musiciens...

Joint dans la documentation écrite ce que déclarait André Francis pour présenter les musiciens avant leur arrivée sur la scène : « Voici le quartet de Pharoah Sanders, avec Danny Mixon au piano et à l’orgue, Calvin Hill à la contrebasse et Greg Bandy à la batterie. Cette formation dans un chant d’amour œcuménique hérité de la dernière période coltranienne, mais mis en scène par Pharoah Sanders avec une emphase spectaculaire qui, lorsque l’on voit le spectacle risque de le faire ressembler à une fête de music-hall de patronage ».

Bon, André Francis a présidé de nombreuses années à la diffusion du jazz sur les ondes de Radio France, sa vision était souvent partiale et réactionnaire, il avait du mal avec le free, mais il a eu l’intelligence de ne jamais insulter l’avenir et de programmer toutes les musiques, même s’il égratignait volontiers d’un commentaire saignant ce qu’il n’aimait pas. Il a su également faire évoluer ses goûts, ce qui est bien. Il a gardé inexplicablement pendant très longtemps une dent contre Archie Shepp, ce qui peut sembler étonnant, celui-ci ayant toujours gardé des racines blues très présentes dans sa musique. Il faut comprendre qu’avant le net, le rôle des radios dans la diffusion du jazz était primordial, ce qui nous vaut ce genre d’album par ailleurs, venus de France ou même, parfois, d’Italie.

Sans surprise on retrouve « Love is Here », « The Creator Has a Master Plan » et « Love is Everywhere » qui clôture de façon épique cet album qui réjouira les amateurs du Pharaon.

Un album qui complète parfaitement les albums officiels de Pharoah Sanders.

Pharoah
8.1

Pharoah (1976)

Sortie : 1976 (France). Jazz, Soul-Jazz

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Août et Septembre 1976 -

Je saisis l’opportunité qui m’est donnée pour dire deux petits mots de cet album très particulier dans la discographie de Pharoah Sanders. J’ai déjà évoqué sa grande rareté, elle s’explique assez facilement, Pharoah était en errance de label et une opportunité lui est proposée par "India Navigation Company", un label underground basé à New York, il signe. Faute de moyens le tirage est relativement confidentiel alors que la renommée de Pharoah ne cesse de grandir, la distorsion engendrée par ce grand écart explique les prix. Les seules rééditions vinyles qui se trouvent sur le marché sont pirates, imitant tant bien que mal l’original. Il y a fort à parier que les « masters » n’ont pas été utilisés.

Par contre, « Harvest Time » qui occupe à lui seul la première face est un merveilleux titre plein de groove et de spiritualité. Il se distingue du reste de la discographie de Pharoah par une économie de moyen et une certaine sobriété. Il est accompagné par le guitariste Munoz avec lequel il joue en duo pendant l’introduction, le bassiste Steve Neil et, vers la fin du titre, par Lawrence Killian aux percussions et Bedria Sanders à l’harmonium.

Le titre est très zen, ici pas de luxuriance au niveau des percussions ni d’exubérance d’aucune sorte, cette sobriété ne signifie pas une économie d’investissement de la part de Pharoah qui joue quasiment tout du long, en laissant un peu de place aux impros de ses partenaires tout de même, sans jamais risquer le cri dont il est habituellement un grand amateur. Le bassiste Steve Neil est le grand interlocuteur de Pharoah sur cette pièce, le son de la basse est primordial ici, lancinant, répétitif, plein de calme et de sérénité. Pharoah se repose sur ce groove délicat pour dérouler un solo passionnant où même la respiration s’entend, la prise de son est délicate, quel contraste avec la face deux beaucoup plus négligée !

Après l’extraordinaire réussite de la première face, la seconde passe (un peu) à côté. La formation se modifie avec l’arrivée de Jiggs Chase à l’orgue et de Greg Bandy à la batterie qui remplacent leurs homologues. "Love Will Find A Way" est très enlevé avec Pharoah au chant et aux percussions, on retrouve le sens de la joie et de la fête qui se manifeste souvent dans sa musique, festif et joyeux donc, mais la prise de son est lointaine pour la batterie et trop imparfaite, heureusement le solo de ténor est particulièrement réussi, ce qui équilibre l’impression d’ensemble, le solo

Love Will Find a Way
7.3

Love Will Find a Way (1978)

Sortie : 1978 (France).

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 6/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1978 -

Après le Live de Paris et « Pharoah » sur India Navigation, Pharoah sort ce « Love Will Find A Way » sur Arista, un album qui dispose de pas mal de moyens, une pléiade de musiciens avec section de cuivres et section de anches et même une section de cordes dirigée par Sydney Sharp, des tas de musiciens dont je ne cite pas les noms, une production ambitieuse dirigée par Norman Connors, mais je n’insiste pas trop sur la débauche de moyens, car le résultat est assez pauvre.

Cet album est le premier qui déçoit vraiment, je pense, une certaine mièvrerie commerciale s’étale sous nos oreilles étonnées, avec « Love Is Here » par exemple, et ça ne s’arrange pas avec la suite, le pharaon a vraiment perdu son lustre et son cap, ces moments sont difficiles. Une page qu’il faudra vite tourner car on souffre vraiment.

Sur le premier titre de la face deux « As You Are », la chanteuse Phylis Hyman chante une ballade assez navrante au milieu de laquelle Pharoah adresse un solo propre et net, noyé dans les cordes et la lessive qui décrasse tout. C’est dur !

Un album qui ne laisse que des interrogations, qu’est devenu Pharoah ? Survivra-t-il à ce naufrage ? Est-il déjà trop tard ? Le cachet était-il vraiment si important ? Son public va fuir, sera-t-il remplacé par un autre qui attend ?

Nous verrons bien si ce pas de côté est unique et passager, où bien un tournant décisif sans espoir de retour…

Live at Fabrik Hamburg 1980 (Live)

Live at Fabrik Hamburg 1980 (Live) (2023)

Sortie : 24 mars 2023 (France).

Live de Pharoah Sanders Quartet

xeres a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Pharoah Sanders Quartet – Live At Fabrik Hamburg 1980 (2023)

Une nouveauté pour changer, bien qu’elle ressuscite un concert ancien, donné le six juin quatre-vingts à la « Fabrik » de Hambourg, par le quartet de Pharoah Sanders. Ce dernier est au ténor et se fait accompagner par le fidèle John Hicks au piano, Curtis Lundy à la basse et Idris Muhammad à la batterie, celui-ci s’offre un mini solo vers la fin du titre d’ouverture « You Gotta Have Freedom ».

Parlons un peu de ce qui fait que Pharoah est Pharoah, je parle de ce cri, né très tôt dans son jeu, dont il jouait et même, peut-être, abusait au temps de la jeunesse, bien que pour moi il n’est jamais arrivé qu’il me lasse. Ce cri venait de loin et exprimait à lui seul toute la générosité contenue dans le jeu surpuissant du saxophoniste. Il exprimait à la fois le don de soi et le plaisir du dépassement, tout donner et ne rien garder, jusqu’à l’épuisement, souffler encore et encore, et voir les foules se soulever…

Mais ça ne peut durer qu’un temps, le corps possède ses limites et il ne sert à rien de vouloir le forcer, sinon se mettre en péril, avec le temps le cri s’est amenuisé, est devenu plus rare, mais les aficionados s’en contentaient, c’était déjà beaucoup, car tout revenait, les plaisirs anciens augmentés du plaisir de l’instant.

Alors le cri s’est petit à petit domestiqué, n’intervenant plus vraiment comme une surprise, car on le sentait préparé, mais c’était déjà énorme de l'entendre, et c’était déjà beaucoup, largement suffisant pour plaire à son public reconnaissant, alors écoutons cette première face « You Gotta Have Freedom », en profitant à plein de ces moments rares.

La face B est la plus courte, les treize minutes d’« It’s Easy To Remember » passent très vite et permettent à Curtis Lundy de nous offrir un magnifique solo de basse sur cette jolie ballade signée Richard Rodgers, c’est un genre que Pharoah aime et auquel il s’est exclusivement livré sur plusieurs albums.

La face C est occupée par « Dr. Pitt », la pièce s’étale sur plus de vingt minutes, elle fait partie des morceaux qui sont très souvent joués en concert. Le piano de John Hicks dessine un thème très stimulant qui évoque la fête ou la liesse. Pharoah ouvre la ronde des solos et s’envole le premier dans un effort sans surprise oserait-on dire, c’est-à-dire tout bonnement excellent et digne de son art, avec quelques-unes de ses embardées légendaires, qui sont sa marque.

Le concert s’achève avec le fameux « The Créator Has

Journey to the One
7.6

Journey to the One (1980)

Sortie : 1980 (France). Soul-Jazz, Smooth Jazz

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 8/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1980 -

La période post Impulse de Pharoah Sanders est souvent sujette à caution, voire soupçonnée de trahison artistique. Ce procès est souvent excessif et masque une partie essentielle de l’œuvre de Pharoah, les albums enregistrés sur « Theresa Records » réservent quelques très bonnes surprises, comme ce « Journey To The One » double LP enregistré en 1980.

La pochette d’origine est en carton solide comme on aime sur les pressages US. Le contact est rassurant. Au dos on peut lire la liste des musiciens principaux, John Hicks et Joe Bonner aux claviers, Ray Drummond à la basse, Idris Muhammad à la batterie, Yoko Ito Gates au koto sur « Kazuko (Peace Child) » et Eddie Henderson au bugle. De nombreux autres participants sont également présents, mais la liste est longue et varie au fil des titres.

Certes, le free n’est présent qu’au travers de quelques rares solos qui glissent presque malgré eux vers le cri, laissant place à un post bop assez convenu, mais une certaine grâce toute coltranienne est présente et les références au quartet mythiques sont nombreuses. "After The Rain", ballade signée Coltrane est interprétée, ainsi que « Easy To Remember" de Hart et Rodgers que Coltrane a joué sur l’album « Ballads ».

On trouve également présentes des influences indiennes sur « Soledad » avec sitar et tabla et d’autres japonaises avec le koto sur « Kazuko ». Un parfait album de freak, mais pas que, même si ça peut surprendre on y trouve une ballade soul chantée, « Think About The One », en début de quatrième face, pièce très agréable, mais côté vocal elle est surpassée par l’étonnant « You've Got To Have Freedom » au début de la troisième face dont l’introduction rappelle les meilleurs souvenirs de Pharoah. Le dernier titre « Bedria », à nouveau une ballade mais cette fois-ci dans le registre habituel de Pharoah, de la paisible spiritual music. Il faut aussi ajouter « Doktor Pitt » et « Greetings To Idris » qui ouvrent l’album avec une force exceptionnelle.

C’est l’impression générale qui domine ici, loin des chevauchées au sax aux côtés de Coltrane, mais de la quiétude et de la paix, du calme et de la sérénité, un album finalement plébiscité par le public qui lui fera un très bon accueil.

Rejoice
8

Rejoice (1981)

Sortie : 1981 (France).

Album de Pharoah Sanders

xeres a mis 8/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1981 -

Voici une nouvelle sortie sur « Theresa Records », petit label Californien créé en 1976, important pourtant car il a signé de grands musiciens comme Pharoah, Idris Muhammad, John Hicks, Nat Adderley, Bobby Hutcherson et d’autres encore, on s’y bouscule…

Album important pourtant puisqu’il est double, en pochette intérieure on trouve en exergue une citation qui dévoile les intentions de Pharoah : « Rejoignez-nous dans notre hommage à la paix et à la beauté - Marchez avec nous, dansez avec nous, chantez avec nous, réjouissez-vous avec nous, rejoignez-nous dans la paix et l'amour ».

Ces quelques mots sont prononcés également dès le début de « Rejoice », le morceau titre qui occupe la première face avec ses treize minutes, par la voix de Kazuko Ishida. On retrouve également quelques vieux compagnons de Pharoah, comme Joe Bonner au piano et Art Davis à la basse, mais aussi quelques anciennes gloires, comme Bobby Hutcherson au vibraphone ou Elvin Jones à la batterie.

Cette première pièce est très agréable et très maîtrisée, sans réels débordements, elle ouvre le discours en suivant les principes énoncés plus haut, musique de joie et de contemplation, mais les années quatre-vingts arrivent avec leurs lots de catastrophes en tout genre, alors Pharoah sera-t-il, lui aussi, le jouet de cette dérive artistique ou se tiendra-t-il, fièrement, tel un pilier au milieu du gué ?

« Highlife » qui ouvre la face suivante propose une réponse alternative, festive et innocente. Des cris et des chants strient cette compo populaire destinée à la célébration de la fête et de la bonne humeur. La suivante « Nigerian Juju Hilife » se situe dans ce même créneau de manifestation de joie collective. On y retrouve les rythmes animés par le batteur Babatunde et le joueur de conga Big Black, la basse électrique en avant et tout le monde chante le refrain, c’est un peu « La compagnie Créole » qui passe par ici, avec, à rythme régulier, le ténor qui chuinte comme pour nous rappeler : « Hé, c’est Pharoah qui est là ! »

Mais nous n’en sommes qu’à mi-parcours, le second volet s’ouvre sur un chapitre un peu différent, John Hicks est au piano et Steve Turre au trombone, quelques chœurs interviennent parfois, comme sur « Origin », avec un effet prévisible. La pièce suivante « When The light Are Low » s’inscrit plus dans le jazz et se détache ainsi de ce qui précède, avec un certain classicisme ici, une plongée dans le post bop, sans de réels risques.

Une reprise de « Moment’s Notice »

Heart Is a Melody (Live)
7.9

Heart Is a Melody (Live) (1982)

Sortie : 1982 (France). Jazz

Live de Pharoah Sanders

xeres a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

1982 -

« Heart Is A Melody » est enregistré en live au « Keystone Korner de San Francisco » le vingt-trois janvier quatre-vingt-deux. Comme l’indique l’annonceur lors des présentations, Pharoah est au ténor, accompagné par Idris Muhammad à la batterie, William Henderson au piano et John Heard à la basse.

L’entièreté de la première face est occupée par une excellente version du titre de John Coltrane « Olé », ça dure plus de vingt et une minutes et c’est tout simplement mémorable, rien que pour cette première face vous pouvez vous procurer cet album les yeux fermés, si vous êtes amateur des œuvres du pharaon. Me revient aussitôt en mémoire cette autre version délivrée par Noah Howard ‎sur l’album « Live In Europe - Vol. 1 », plus courte mais tout aussi mémorable.

On s’attache en premier à la partie de Pharoah, c’est lui qui apporte cette majoration remarquable qui rend la prestation unique, intense et passionnée, particulièrement par ce « « growl » qui fait ce timbre inimitable, jusque dans le « cri » cet espace à lui qu’il investit à chaque fois en s’adressant directement aux tripes. Il est admirablement servi par les autres membres du quartet, on pense à Idris, une star lui aussi, mais également au pianiste, William Henderson, qui fait le boulot en se référant au McCoy Tyner d’alors, vif, brillant et érudit, même s’il mise plus sur sa main droite.

Maintenant qu’il est acquis que celui-ci ne saurait échapper à l’amateur-fureteur des meilleurs Pharoah, on peut s’intéresser à la face B, même si par avance on se doute qu’il va falloir redescendre… Ça s’ouvre avec une pièce de Tadd Dameron, période bop donc, ici avec des références plutôt bluesy, « On A Misty Night » que Pharoah va arranger à sa manière, en respectant le thème et la structure, mais en l’arrachant un peu, histoire d’y laisser sa marque, William Henderson s’y étale avec aisance et longueur, l’air est plutôt romantique, alors il y va, accompagné par la basse chantante de de John Heard.

Vient ensuite « Heart Is A Melody Of Time (Hiroko's Song) », c’est plutôt bien foutu dans un registre situé entre plainte et prière, ça évoque un peu un « remake » de « The Creator Has a Masterplan », des chœurs se font entendre à l’arrière, évoquant un négro spiritual, c’est bien ce qui nous attend ici…

La dernière pièce « Goin’ to Africa (Highlife) » fait référence à la musique d’Afrique de l’Ouest, on se souvient de l’album précédent, « Rejoice » où une grande place avait été gardée pour ces musiques. On e

Live (Live)
8.7

Live (Live) (1982)

Sortie : 1982 (France).

Live de Pharoah Sanders

xeres a mis 9/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Pharoah Sanders – Live … (1982)

« Pharoah est un homme qui possède une grande force spirituelle. Il tend toujours vers la recherche de la vérité. Il essaie de permettre à son « moi » spirituel d’être son guide. Il se préoccupe, entre autres, de l'énergie, de l'intégrité, de l’essentiel. J’aime tant la puissance de son jeu ! De plus il appartient à la jeune garde des innovateurs et c'est pour moi un plaisir et un privilège qu'il ait accepté de m'aider. »
John Coltrane

Voici le texte que l’on peut trouver dans le livret de cet album, un hommage sincère entre grandes personnalités du jazz, on pourrait même dire iconiques, et l’on souvient de cette « trinité » où il se disait que John était le père, Pharoah le fils et Albert l’Esprit Saint. Les croyants les aimeront réunis au paradis, les autres les tiendront chaudement dans leur cœur.

Lors de mon périple sur la disco de Pharoah, certains albums étaient passés à l’as, car ils me manquaient. Ce « Live… » fait partie de cette catégorie, mais par bonheur je l’ai reçu il y a deux ou trois semaines et je l’ai écouté bien souvent depuis. A l’origine il est sorti en vinyle sur « Theresa Records », j’ai cependant opté pour la version Cd car elle possède une pièce de plus « Doktor Pitt » qui est remarquable et dépasse les vingt et une minutes.

Le meilleur extrait reste cependant le titre d’ouverture malgré sa conception simple, on y entend le « Pharoah » que l’on aime tant, avec ses dérapages hors-normes vers le cri et le don de soi. Le titre se nomme « You’ve Got To Have Freedom », un extrait de l’album « Journey To The One ». Quatorze minutes de folie pendant laquelle il présente ses musiciens, c’est probablement le dernier titre du concert qu’il donna au « Maiden Voyage » de Los Angeles entre les 16 et 19 avril de 1981.

« Doktor Pitt » n’est pas loin derrière, enregistré quelques jours avant au « Great American Music Hall » de Los Angeles avec les mêmes musiciens, John Hicks au piano, Walter Booker à la basse et Idris Muhammad à la batterie. Un quartet de rêve qui accompagne Pharoah sur tout l’album. Sur cette pièce John Hicks s’exprime longuement, ainsi qu’Idris, mais plus brièvement. Pharoah se donne également avec générosité.

On remarque également « Easy to Remember » de Hart et Rodgers où Pharoah se rappelle du Coltrane des débuts, c’est vraiment confondant, jusque dans le phrasé et la sonorité de l’instrument, il se souvient, récite et ressuscite, il se pourrait que certains aiment plus particulièrement c

This Is for You John

This Is for You John (1987)

Sortie : 1987 (France). Contemporary Jazz, Jazz

Album de Benny Golson, Pharoah Sanders, Cedar Walton, Ron Carter et Jack DeJohnette

xeres a mis 8/10 et a écrit une critique.

Annotation :

20/21-12-1983-

Benny Golson – This Is For You, John (1984)

Un album sorti dans sa forme originale en format vinyle japonais, il a depuis connu plusieurs rééditions et remasterisations. Sa première particularité est d’être un hommage à John Coltrane et la seconde c’est d’être constitué d’un duo de saxophonistes ténor, Benny Golson, bien sûr, mais aussi Pharoah Sanders que nous retrouvons avec plaisir, il y a également Cedar Walton au piano, Ron Carter à la basse et Jack Dejohnette à la batterie, vraiment difficile de faire mieux.

Benny Golson possède un petit rôle assez particulier dans le jazz, par exemple, lors de ses concerts il passe presque autant de temps à parler et à raconter des histoires puisées dans l’histoire du jazz, qu’à jouer de la musique. Il faut dire que c’est un conteur hors pair, racontant des anecdotes qu’il a lui-même vécues, ou qui lui ont été racontées de première main. Il n’a pas son pareil pour ressusciter le passé et le faire revivre en mélangeant l’humour et la tendresse.

Ainsi se souvient-il à Philadelphie, alors qu’il était jeune ado en compagnie de son ami John Coltrane qu’il fréquentait alors, en 45, avoir écouté live une version d’« Interlude », pièce qui deviendra plus tard « «Night in Tunisia», dont Charlie Parker était le soliste. Ils s’arrangent pour le rencontrer et lui posent tout un tas de questions, lui proposant même de lui porter son saxo jusqu’au club où il doit jouer le soir même...

Trop jeunes pour pouvoir pénétrer à l’intérieur du club, ils écoutent le concert de l’extérieur et sont extasiés parce qu’ils entendent, suit une période où chacun va se démener pour tenter de rejouer la musique entendue ce soir-là. Benny continue : Un soir, quelques jours après, John Coltrane lui dit : « Benny as-tu réussi à jouer la musique de Bird ? Moi je n’y arrive pas » et je lui répondis « Moi non plus ! »

« Time Past », la cinquième pièce de l’album est sous-titrée « This Is For You, John », c’est une compo de Bennie, la seule qui soit dirigée directement à l’intention de John, les autres le sont également, mais par des voies plus mystérieuses ou indirectes. Bien sûr on entend « Greensleeves » ou « Vilia » que John a interprétées, « Origin » de Pharoah Sanders qui est le seul à l’avoir accompagné de son vivant, présent sur cet album, mais pour les autres titres de Benny, comme « Page 12 », les raisons sont plus obscures et ne sont pas expliquées.

C’est du hard bop très convenu, parfois Pharoah glisse un tout petit peu v

Africa
7.9

Africa (1987)

Sortie : 1987 (France).

Album de Pharoah Sanders, John Hicks, Curtis Lundy et Idris Muhammad

xeres a mis 8/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Pharoah Sanders / John Hicks / Curtis Lundy / Idris Muhammed ‎– Africa (1987)

Un petit retour vers Pharoah Sanders avec « Africa » sorti en 1987 et enregistré en studio sur le label néerlandais Timeless Records. On a tendance souvent à rayer d’un trait la période qui suit les albums « Impulse », ce qui est une erreur, même si un tri peut être opéré, en se rappelant toutefois que Pharoah n’a jamais cessé d’être un grand sur son instrument.

Ici c’est le premier titre « You’ve Got To Have Freedom » qui est absolument excellent, et c’est dû à Pharoah qui retrouve la hargne d’antan. Dix minutes hors du temps, qui nous rappellent ce que « le cri » veut dire, quand le ténor vocifère, s’élève et se rebelle en puisant les ressources du feu intérieur.

Au passage on remarque l’exubérance de John Hicks au piano qui assure et contre-assure en bétonnant sévère, la frappe puissante d’Idris Muhammed qui envoie comme un beau diable, seul le bassiste, Curtis Lundy m’est inconnu, mais il assure, évidemment.

Une reprise de Coltrane, comme Pharoah aime à en faire bien souvent, ici c’est « Naïma », on retrouve le côté apaisé de la ballade, voulu par Coltrane, mais Pharoah tord un peu le thème et y ajoute sa touche, ce qui est très bien. Pharoah reviendra plus tard sur cette pièce qu’il aime jouer.

La suite baigne dans un post bop un peu convenu, « Origin » qui regarde vers l’Amérique Latine et nous renvoie à Gato Barbieri, la reprise du standard « Speak Low » arrache bien et Pharoah s’en sort haut la main. La pièce signée du pianiste, « After The Morning », sur tempo moyen, brille particulièrement le temps du solo de Pharoah, ce qui est déjà bien.

« Africa » est la dernière pièce de l’album d’origine, elle renvoie, le temps de quelques minutes, au Pharoah des albums Impulse, genre « Village of The Pharoahs » avec les ambiances festives autour des rythmes africains. Des bonus circulent au fil des rééditions, « Heart to Heart » et surtout « Duo », les deux sont signés Pharoah, mais « Duo » se singularise car on y retrouve le fameux duo ténor/batterie qui fit tant de belles pistes depuis « Interstellar Space », une pièce magnifique, tirant vers le free, pour finir cet album en beauté !

xeres

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