Top 10 Films selon ZayeBandini
Cette liste de 10 films par ZayeBandini est une réponse au sondage Top 100 films des Tops 10
10 films
créée il y a presque 6 ans · modifiée il y a 2 moisStalker (1979)
2 h 43 min. Sortie : 18 novembre 1981 (France). Drame, Science-fiction
Film de Andreï Tarkovski
ZayeBandini a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Revu, en salle, note inchangée, maximum, ce film est un miracle.
Parler de Stalker semble être un exercice assez vain, tant le film transcende absolument tout, offrant des ressentis purement cinématographiques, se plaçant à la croisée de toutes les formes d'art, pour assembler quelque chose qui ne serait possible autrement.
Chaque seconde du film est sublime esthétiquement, de la grisaille du quotidien aux splendides couleurs de la zone, les travellings le ponctuant sont indiciblement beaux, les acteurs possédés dans leur réserve, les textes beaux, hypnotiques, tout en interrogeant profondément la notion de foi sans pour autant s'encombrer de concepts aussi lourdingues que ceux de la religion.
La musique, aussi rare que bouleversante paraît répondre à certaines logiques propres à la zone, apparaissant sans que l'on s'y attende, pour sublimer encore un peu plus ce qui nous est donné à voir et à entendre.
On ressort du film épuisé autant que fasciné par toute cette beauté, et, après quatre ou cinq visionnages, on sait que l'on y reviendra encore et toujours, car cette œuvre fait partie des insaisissables, de celles que l'on ressent plus que l'on ne les comprends véritablement, tout en étant à chaque fois un peu plus marqué au fer rouge.
Mulholland Drive (2001)
Mulholland Dr.
2 h 26 min. Sortie : 21 novembre 2001 (France). Drame, Thriller, Romance
Film de David Lynch
ZayeBandini a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Sixième, septième, peut-être même huitième visionnage, ça fait un moment que j'ai cessé de compter, mais en salle cette fois, à l'occasion d'une restauration 4K, approuvée par Lynch, à la sortie plutôt discrète.
Je l'avait vu pour la dernière fois pendant le premier confinement, calepin à la main, prenant des notes afin de ne louper aucune piste, de le comprendre le mieux possible...
Était-ce une bonne idée ou pas je ne le sait toujours pas, mais cette fois-ci, bien calé dans un fauteuil de la Filmo, c'est pour la stratégie inverse que j'ai opté, celle de se laisser porter.
Et c'était certainement la meilleure chose à faire, car autant qu'un génial casse tête, décortiquant le spectateur autant que l'inverse, Mulholland Drive est un pur objet de fascination, se jouant constamment du langage cinématographique et symbolique pour faire ressentir des passerelles narratives sur lesquelles bloque une analyse un peu trop terre à terre.
Curieusement c'est en lâchant ainsi prise que le film m’apparaît plus compréhensible, la trame générale n'étant finalement pas si ténébreuse, mais baignant à chaque instant dans les limbes du rêve, créant cette fascination magnétique sans pareil. Une sorte de lettre d'amour pour la magie du cinéma, aimant autant les zones d'ombres que la lumière des projecteurs, tout à fait en adéquation avec un portrait à l'acide d'Hollywood, machine à réaliser et créer autant qu'à briser les rêves, au milieu de moult requins en profitant pour rendre clinquants leurs plus bas instincts.
Ce qui est le plus fou avec ce film ne se découvre qu'à force de revisionnages, sur le long terme, car ce que l'on y trouve est tout aussi lié à une meilleure connaissance du film et des références qu'il dissémine qu'au fait que chacun y voit des choses, entre autre en hors champ, venant de lui même, rappelant qu'en évoluant nous ne somme plus tout à fait le même spectateur d'une fois sur l'autre.
La Jetée (1962)
28 min. Sortie : 16 février 1962. Drame, Romance, Science-fiction
Court-métrage de Chris Marker
ZayeBandini a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
La Jetée fait partie de ces trop rares films qui réinventent profondément ce qu'est le cinéma. En le ramenant à ce qu'il est au départ, une suite d'image, il explore une narration sans égal, quelque chose où le hors champs se loge entre chaque vision mélancolique d'un monde à jamais disparu.
Et c'est bien là toute l'ampleur du film, il nous conte, au milieu de cette situation post-apocalyptique, une histoire d'amour, comme si la seule chose qui pouvait sauver l'humanité était là. Et cette histoire, magnifique, presque dessinée par tache, trouve ses racines en elles même, pour au final se mordre la queue dans un final aussi beau que tragique et bouleversant.
Pas étonnant que L'armée des 12 singes soit un bon film, même si il n'arrive clairement pas à la cheville de celui-ci. C'est d'ailleurs ma seule déception, d'avoir connu dès le début ce twist final, qui est amené avec un mélange de sobriété et de grandeur tragique qui transforme la jetée d'Orly en lieu de tout les possibles, avant d'en faire le tombeau de l'espoir.
Cul-de-sac (1966)
1 h 47 min. Sortie : 2 décembre 1966 (France). Comédie dramatique, Thriller
Film de Roman Polanski
ZayeBandini a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Je n'ai aucunement la prétention d'avoir la moindre once d'objectivité face à ce film, qui fait clairement partie de mes films préférés, de ceux que je revois régulièrement et qui me subjuguent toujours autant.
Déjà que ce soit clair; Polanski fait, à mes yeux, parti des réalisateurs importants, à l'échelle de ma cinéphilie comme de l'histoire du cinéma, et même si je suis tout à fait d'accord pour acclamer Le Pianiste, de ses films mes préférés sont sans aucun doute Le Bal des Vampires et Cul-de-Sac, avec une légère préférence pour ce dernier, moins connu, plus subtil et qui plus est en noir et blanc.
Je pourrais disserter pendant des heures sur ses nombreuses qualités donc tentons de faire bref.
Dès les premières minutes toutes ces qualités sont posées, le plan fixe du générique nous montre d’emblée une photo magnifique, une atmosphère très contrastée qui donne un doux air de fin du monde à ce huit-clos. Krzysztof Komeda nous offre l'une de ses plus belle bande originale, et la musique du générique à, au premier visionnage, grandement participé à m'absorber tout de suite dans le film.
Une fois le générique terminé, le premier dialogue fait toute de suite sourire, l'écriture est simple et pointu, irrévérencieuse, chaque phrase fait mouche et nous donne les infos nécessaires à ce que le cadre soit posé sans même que l'on s'en rende compte. D'une certaine manière c'est presque du Audiard en anglais.
La mise en scène commence vraiment, certains personnages savent, ainsi que le spectateur, des choses que d'autres ignorent, et le non-dis commence à s’installer, chaque personnage est caricatural, la subtilité venant de leurs rapport les uns aux autres, la brute sur d'elle, le maris lâche, la femme manipulatrice, les amis hypocrites... Dès qu'une situation commence à se stabiliser, un élément extérieur viens tout refoutre en l'air.
Et c'est jouissif, même en l'ayant vu une bonne dizaine de fois je ne me lasse pas de l'inventivité de toutes ces situation, du burlesque qu'elle dégagent et du regard aussi acerbe que bienveillant sur les rapport humains.
Nobody Knows (2004)
Dare mo shiranai
2 h 21 min. Sortie : 10 novembre 2004 (France). Drame
Film de Hirokazu Kore-eda
ZayeBandini a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur, l'a mis en envie et a écrit une critique.
Annotation :
Ce doit être le cinquième film de Kore-Eda que je vois, et autant les précédents m'avaient beaucoup plus, autant j'ai vraiment adoré celui-ci !
Le film est particulièrement lent, plutôt "serein" dans sa mise en scène, et comme avec chaque film du bonhomme, pour peu que l'on ai un peu voyagé au Japon, on reconnaît ce Japon quotidien, ces rues populaires des quartiers de Tokyo qui ne sont pas touristiques et dont il parvient à extraire des plans d'une beauté incroyable (l'escalier, le bord du cours d'eau,...) Certains de ces plans sont d'ailleurs utilisés comme repères dans le récit, il reviennent à différents moments et nous montrent la légère évolution de la situation par rapport à la fois précédente.
La manière de filmer l'appartement est assez admirable elle aussi, on baigne toujours dans cette douce lumière, il se passe des choses anodines et au bout d'une heure et demie de film, on se dit "merde mais il ne ressemblait pas du tout à ça au début l'appart"
Et la magie opère, la situation évolue petit à petit, on s'attache énormément à ces enfants sans tomber dans le larmoyant, grâce à de petites scènes anodines (la discussion sur l'existence ou pas de Totoro et du père Noël) Tout est fait tout en finesse, à tel point que certaines choses (baseball/tabouret) marquent d'autant plus qu'on ne se rend même pas compte que quelque chose d'important se passe à ce moment là. Et c'est peut-être la plus grande force du film, on voit tout celà d'un point de vue enfantin, même si c'est parfois le point de vue d'Akira, qui grandit beaucoup trop vite mais est très loin d'être aussi grand qu'il le crois.
Bref, je ne suis pas du tout objectif sur ce film, il montre l'horreur et la beauté du quotidien, mais cette horreur n'est pas revulsante tel qu'elle nous est montrée, c'est une ode à l'adaptation, très mélancolique mais rarement vraiment triste. Et le tout est ponctué de moments de grâce, comme quand Akira sort les chaussures du placard. Bref, c'est fin, c'est beau, je l'ai vu il y a une semaine mais je ne m'en suis pas du tout remis, et je vais probablement le regarder à nouveau prochainement!
(Critique écrite en 2018, j'ai effectivement dû le revoir 4 ou 5 fois depuis)
Le Voyage de Chihiro (2001)
Sen to Chihiro no Kamikakushi
2 h 05 min. Sortie : 10 avril 2002 (France). Animation, Aventure, Fantasy
Long-métrage d'animation de Hayao Miyazaki
ZayeBandini a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Entre le ciel et l'enfer (1963)
Tengoku to jigoku
2 h 23 min. Sortie : 9 juin 1976 (France). Drame, Thriller
Film de Akira Kurosawa
ZayeBandini a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Le Vase de sable (1974)
Suna no utsuwa
2 h 23 min. Sortie : 19 octobre 1974 (Japon). Policier, Thriller, Drame
Film de Yoshitarō Nomura
ZayeBandini a mis 10/10.
Pierrot le Fou (1965)
1 h 50 min. Sortie : 5 novembre 1965. Policier, Drame, Romance
Film de Jean-Luc Godard
ZayeBandini a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Aujourd'hui Jean-Paul Belmondo est mort, et avec toute la tristesse que cette annonce m'a procuré, j'ai ressenti le besoin de revoir ce film.
Pourquoi celui-ci je ne sais pas, peut-être parce que j'ai un peu trop vu A bout de souffle récemment, ou que L'homme de Rio, malgré toutes ses qualités, ne me paraissait pas à la hauteur. Peut-être aussi parce que comme le dit Fritz Lang dans Le mépris, revu hier, le scope n'est pas fait pour les hommes mais pour les dieux, catégorie dans laquelle le grand Jean-Paul peut s'inscrire aujourd'hui, dans ceux du cinéma tout du moins.
Pendant longtemps j'ai pensé préférer A bout de souffle à Pierrot le fou car je pensait ce dernier trop arrogant, comment ais-je pu penser une chose pareille. Pierrot le fou conjugue tout ce qu'est le cinéma, dans une pureté totale, c'est la nouvelle vague qui part à l'aventure, glorifiant la culture tout en la disant futile, de même que le genre, tout en lui échappant constamment.
Du polar à la comédie musicale, de l'espionnage au film sentimental, du divertissement accrocheur à l'expérimentation la plus folle, Jean-Paul Belmondo, Anna Karina et Jean-Luc Godard se baladent, liberté comme bannière et caméra comme arme, parvenant miraculeusement à une rigueur formelle grâce à un rythme de lecture de poésie, ou d'accident miraculeux.
En cela il serait injuste de minimiser le travail de Françoise Collin au montage, ainsi que d'Antoine Bonfanti et René Levert au son tellement le rythme qu'ils y apportent est miraculeux, onirique autant que fataliste.
Pour ajouter à cela, et en plus d'une photographie de Raoul Coutard tout bonnement sublime, le film nous offre une galerie de second rôles, voir de presque figurants, tout simplement parfaite, qu'il s'agisse d'un László Kovács tout jeune, de Samuel Fuller ou de Raymond Devos, chacun s'inscrit dans une parenthèse ajoutant à l'ensemble plutôt que l'alourdissant comme on pourrait s'y attendre de la part d'un film plaçant autant de grands noms.
Bref, peut-être est-ce là l'une des plus belles manières de dire adieu à notre Belmondo adoré, avec une sortie pleine de panache, pour accepter cette triste fatalité.
Le Privé (1973)
The Long Goodbye
1 h 52 min. Sortie : 29 novembre 1973 (France). Drame, Policier, Film noir
Film de Robert Altman
ZayeBandini a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Bien que ne l'ayant pas découvert il y a si longtemps que ça, revoir Le privé est pour moi une espèce d'équivalent cinématographique au fait de revoir un ami de longue date, de ceux que l'on ne voit que trop rarement, qui débarque sans crier gare et avec lequel on ne fera pas grand chose de plus que déambuler et boire des coups, en soit le summum de la vie en société.
Et c'est un peu ce qui se passe dans le film, déjà Lenox qui débarque chez Marlowe, même si leur programme est différent, mais surtout ce bon vieux détective 40s débarquant chez son vieux pote le film noir pour se perdre dans une balade au milieu des 70s. Forcément quelques petits changements sont de mise, par exemple la voix off habituelle est ici remplacée par un monologue, autant pour lui que pour le spectateur, bourré d'humour, d'autodérision et surtout de classe nonchalante.
Associé à cette transposition d'époque le film est très nouvel Hollywood, que ce soit dans ses prises de vue, une certaine paranoïa et ce regard désabusé sur la société américaine, entre oisiveté, faux semblants et hypocrisie. Sous les traits d'Elliott Gould, Phillip Marlowe nage en pleine incompréhension, malgré des éclairs de génie, trop droit pour véritablement comprendre ces manipulations, ayant presque toujours un coup de retard.
Cette idée nous est en quelque sorte montrée dès les premières minutes, dont le montage fait s'alterner, avec deux versions aussi différentes qu’excellentes de ce même morceau qui sera le seul du film, les images du détective tentant naïvement d'arnaquer son chat afin de le nourrir et de son ami en train d'arriver chez lui, prêt à déclencher le début d'une effroyable machinerie.
Sans jamais faire dans la lourdeur Altman nous trimbale entre enquête, humour et contemplation. Le tragique n'est jamais loin mais on pourrait avoir la sensation qu'à l'époque où Leigh Brackett travaillait sur le scénario, les écrits de Brautigan côtoyaient le livre de Chandler sur sa table de chevet, ce qui rend le résultat d'autant plus plaisant.












