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30 films

créee il y a environ 2 mois

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modifiée il y a environ 1 mois

L'Évangile selon Saint Matthieu
7.8
1.

L'Évangile selon Saint Matthieu (1964)

Il Vangelo secondo Matteo

2 h 11 min. Sortie : 3 mars 1965 (France). Historique, Biopic, Péplum

film de Pier Paolo Pasolini avec Enrique Irazoqui, Margherita Caruso, Susana Pasolini

Pikbilis a mis 10/10.

Annotation :

L'adaptation naturaliste par Pier Paolo Pasolini de l'Evangile. Des gueules de soufre, un actoring semi-amateur, une Marie juvénile, un Jésus plus vrai que nature. Probablement la meilleure adaptation d'un Evangile. Je ne comprends pas le scandale autour de ce film. Il ne s'explique que par une incompréhension des intentions de l'auteur, en raison de son athéisme revendiqué. Parce que la lecture matérialiste qu'il donne de l'Evangile est fidèle au dogme de l'Incarnation, toute l'humanité du Christ n'en ressort que plus poignante. Laissons aux athées le soin de filmer la Bible.

La Maman et la Putain
8
2.

La Maman et la Putain (1973)

3 h 40 min. Sortie : 17 mai 1973. Drame, Romance, Comédie

film de Jean Eustache avec Jean-Pierre Léaud, Bernadette Lafont, Francoise Lebrun

Pikbilis a mis 10/10.

Annotation :

Le dandy germanopratin incarné à l'écran par Jean-Pierre Léaud est tiraillé entre une femme maternante et une autre sexuellement libérée. L'histoire d'un oisif amouraché d'un oisillon qui trouve refuge dans les jupons d'une mère de substitution. Une certaine nostalgie découle de ce drame à trois dans un noir et blanc classieux signé Jean Eustache. Sans conteste, le meilleur rôle de Jean-Pierre Léaud, où tout son caractère verbeux peut trouver matière à s'exprimer.

La Chute de la maison Usher
7.6
3.

La Chute de la maison Usher (1928)

1 h 03 min. Sortie : 5 octobre 1928. Muet, Drame

film de Jean Epstein avec Jean Debucourt, Marguerite Gance, Charles Lamy

Pikbilis a mis 10/10.

Annotation :

L'adaptation du conte macabre d'Edgar Allan Poe. Des audaces techniques comme la surimpression servant magistralement le propos pour ce muet fantomatique de grande classe. Une ambiance malsaine, celle de la décrépitude de la Maison Usher, lieu de vices et d'une hérédité terrible...

Le Feu follet
7.6
4.

Le Feu follet (1963)

1 h 44 min. Sortie : 15 octobre 1963. Drame

film de Louis Malle avec Maurice Ronet, Jeanne Moreau, Alexandra Stewart

Pikbilis a mis 10/10.

Annotation :

Comment rester insensible à cette fable décadentiste sur le sens de la vie ? Adapté à l'écran de la nouvelle de Drieu La Rochelle par Louis Malle, Le Feu Follet est inspiré du dandy surréaliste sans œuvre Jacques Rigaut. Ou plutôt ayant fait de sa vie une œuvre d'art. Amateur de belles voitures, l'Albatros arborait une mise toujours impeccable. Selon le personnage joué par Maurice Ronet, il semble avoir eu quelques difficultés avec le sexe opposé. Crise de décompensation dans le monde exsangue d'après-guerre, le taedium vitae d'Alain semble indissociable du contrecoup à payer aux élans romantiques. Dans une France qui commence à s'américaniser violemment, les relations devenant impossibles conduisent Alain, souffrant de dépression, au seuil de l'incommunicabilité avec son environnement. Le dernier ressort du mutisme n'est autre que de se donner la mort.

Salo ou les 120 Journées de Sodome
6.6
5.

Salo ou les 120 Journées de Sodome (1975)

Salò o le 120 giornate di Sodoma

1 h 57 min. Sortie : 19 mai 1976 (France). Drame, Historique

film de Pier Paolo Pasolini avec Paolo Bonacelli, Giorgio Cataldi, Umberto Paolo Quintavalle

Pikbilis a mis 10/10.

Annotation :

L'expérience la plus jusqu'au-boutiste d'un cinéaste n'ayant rien à prouver. Des plans composés comme des tableaux au service d'une dénonciation virulente de la bourgeoisie et de son bras armé : le fascisme. Un film anti-cinématographique chavirant dans la pornographie voire la scatophilie ! Un jeu avec les matières impures, approprié compte tenu du ton pamphlétaire et radical. La chair est fragile, l'humanité ne tient qu'à un fil qu'une classe spoliatrice a rompue. Quand on met ce film en regard du destin de Pasolini, on comprend mieux qu'une certaine laideur et violence visuelles soient le pendant symbolique d'une laideur et une violence réelles.

Le Miroir
7.9
6.

Le Miroir (1975)

Zerkalo

1 h 45 min. Sortie : 18 janvier 1978 (France). Drame, Biopic

film de Andreï Tarkovski avec Margarita Terekhova, Oleg Yankovsky, Anatoli Solonitsyne

Pikbilis a mis 9/10.

Annotation :

Chef d'œuvre introspectif qui consomme la rupture de Tarkovski avec le régime soviétique. Tarkovski opte pour une approche davantage métaphysique que psychanalytique. Il y a beaucoup de choses dans ce film : une poétique des quatre éléments (l'incendie, l'eau qui perle, la terre omniprésente et l'air dans la scène de lévitation), faisant écho aux survivances païennes sur un territoire christianisé. Ce film m'a surtout marqué pour deux arguments poétiques : L'association imaginative entre une peinture de Carpaccio (je crois, ou de tout autre vénitien) et la Mère au rictus ensorceleur, devenant inquiétante, étrangère, en un mot : sorcière. La lévitation de la Mère, élévation au-dessus de sa condition ordinaire.

Eyes Wide Shut
7.4
7.

Eyes Wide Shut (1999)

2 h 39 min. Sortie : 15 septembre 1999 (France). Drame, Thriller

film de Stanley Kubrick avec Tom Cruise, Nicole Kidman, Madison Eginton

Pikbilis a mis 9/10.

Annotation :

Kubrick opte pour une approche glaciale du désir. Les deux acteurs sont des objets de fascination. D'après moi, le génie de Kubrick fut de créer un glacis, esthétisant son propos sulfureux (les cabales sont-elles une métaphore imaginaire de la trahison au sein du couple ?). Qu'a-t-il voulu dire ? Hormis le propos sur la tromperie, et sans basculer dans le complotisme geek, des éléments piquent la curiosité. Encore une fois : beaucoup de choses dans ce film. Mais question narration, je pense que c'est le meilleur film de Kubrick, le plus équilibré entre sa première et sa dernière parties, à l'inverse de 2001 un peu plus foutraque (L'IA spawn en plein milieu sans relation évidente avec le début et la fin du film).

Il était une fois en Amérique
8.5
8.

Il était une fois en Amérique (1984)

Once Upon a Time in America

3 h 49 min. Sortie : 23 mai 1984. Drame, Gangster

film de Sergio Leone avec Robert De Niro, James Woods, Elizabeth McGovern

Pikbilis a mis 9/10.

Annotation :

Once Upon a Time in America est une leçon de cinéma à bien des égards. C'a longtemps été mon film préféré sans que je conscientise pleinement la raison du pourquoi. Une chose est quasi-certaine, c'est que Sergio Leone puise son inspiration des grandes tragédies grecques. La narration est cyclique entre les analepses (reculs dans le temps) et le présent diégétique. Et à la fin on n'est même pas certain que tout ceci ne fut pas un rêve opiacé (le rire de De Niro). Une mythologisation du rêve américain par sa démystification.

La Poison
7.6
9.

La Poison (1951)

1 h 25 min. Sortie : 30 novembre 1951. Comédie, Policier

film de Sacha Guitry avec Michel Simon, Jean Debucourt, Jacques Varennes

Pikbilis a mis 9/10.

Annotation :

"Jubilation" est le premier mot qui pop dans mon esprit quand on parle d'un film de Sacha Guitry. On reprochera facilement et un peu vite le caractère théâtral de cette historiette, peut-être, mais d'un divertissement intelligent, qui raffine et satisfait l'esprit, qui rend nostalgique du cinéma "artisanal" de cette France-là, de ses comédiens gouailleurs, peut-être théâtraux, mais captivants. "Pauvre cul!"

Il était une fois dans l'Ouest
8.5
10.

Il était une fois dans l'Ouest (1968)

C'era una volta il West

2 h 55 min. Sortie : 27 août 1969 (France). Western

film de Sergio Leone avec Charles Bronson, Claudia Cardinale, Henry Fonda

Pikbilis a mis 9/10.

Annotation :

Un Italien se permet de toucher au genre immaculé du western. On affublera le nouveau genre qu'il vient de créer du sobriquet "spaghetti". L'icônisation de Bronson, le duel entre celui-ci (La Némésis vindicative d'un homme rétablissant un peu de justice) et Fonda (Le tueur de sang-froid baignant dans diverses magouilles) concluent en apothéose une fresque immorale apportant sa touche personnelle aux grands mythes de l'Ouest. Et pourtant c'est par ce prisme invraisemblable d'une histoire corrigée, que l'Ouest édifié dans la violence capitalistique (la compagnie de chemins de fer) que dépeint Sergio Leone atteint son rang de mythe actuel.

Aguirre, la colère de Dieu
7.7
11.

Aguirre, la colère de Dieu (1972)

Aguirre, der Zorn Gottes

1 h 33 min. Sortie : 26 février 1975 (France). Aventure, Drame, Historique

film de Werner Herzog avec Klaus Kinski, Helena Rojo, Del Negro

Pikbilis a mis 9/10.

Annotation :

Herzog est le cinéaste de la folie et de l'ambition. Souvent allant de pair. Film invraisemblable qui débute par une séquence dans laquelle des conquistadores arpentent la jungle hostile filmée en caméra embarquée, de sorte qu'on ressente toutes les difficultés de tournage, et qui s'achève par une crise de démence de Kinski. Il était comme à son habitude ingérable. C’est un environnement hostile. Le danger de tous les instants rôde comme la mort sur le destin d'Aguirre. Le silence dont il est question, est un orage chargé de sens. Il annonce la tempête. L’orage gronde sourdement sur la jungle. Ce silence et cette immobilité sont annonciateurs d’habitation et de mouvement. Seulement, tout est voilé par la nature luxuriante et hostile. Les véritables ténèbres sont cette nature.

Une femme sous influence
8
12.

Une femme sous influence (1974)

A Woman Under the Influence

2 h 35 min. Sortie : 14 avril 1976 (France). Drame

film de John Cassavetes avec Peter Falk, Gena Rowlands, Fred Draper

Pikbilis a mis 9/10.

Annotation :

Avec le tact de ne jamais nommer le mal qui l'atteint, Cassavetes ne nous facilite pas la tâche, nous laissant dans un flou artistique qui laisse le fabuleux talent d'improvisation de Gena Rowlands crever l'écran. Elle incarne les sautes d'humeur, prend les tics de la maladie, avec la gestuelle désordonnée, le pathos théâtral caractéristiques d'une psyché fendue en deux.

Sonate d'automne
7.9
13.

Sonate d'automne (1978)

Höstsonaten

1 h 37 min. Sortie : 11 octobre 1978 (France). Drame

film de Ingmar Bergman avec Ingrid Bergman, Liv Ullmann, Lena Nyman

Pikbilis a mis 9/10.

Annotation :

Insoutenable car l'égoïsme de la mère, la quête de reconnaissance de la fille, la cruauté des rapports mère-fille, tous les petits défauts qui forgent les caractères y sont mis sur la table d'opération et disséqués au scalpel lors de ce passage de témoin entre deux actrices majeures du cinéma d'auteur. Ingrid prend l'ascendant sur Liv, puis Liv prend l'ascendant sur Ingrid lors d'une scène nocturne centrale du film. Les relations mère-fille sont compliquées, on le sait. Bergman offre une mise en scène décomplexée, en développant les aspects psychologiques des relations humaines. D'ailleurs, comme souvent, Bergman traite de manière si exhaustive son sujet, avec des répliques à résonance universelle que cela ne peut que parler par moments à tout un chacun, de sorte que peu importe la configuration du couple mis en scène, on a toujours quelque chose auquel se raccrocher qui résonne avec notre vécu.

La Mouche
7.5
14.

La Mouche (1986)

The Fly

1 h 36 min. Sortie : 21 janvier 1987 (France). Épouvante-Horreur, Science-fiction, Drame

film de David Cronenberg avec Jeff Goldblum, Geena Davis, John Getz

Pikbilis a mis 9/10.

Annotation :

Un sommet visionnaire de science-fiction avec des déformations charnelles (body horror) dont Cronenberg est friand, en amateur de Francis Bacon. La Mouche mêle habilement absurde et ironie tragique, en esquissant rapidement une réflexion sur la déontologie scientifique. Jeff Goldblum en inventeur génial représente l'hybris scientifique. Les modifications du génome fixent-elles la limite à la toute-puissance scientifique ?

Le Fanfaron
7.8
15.

Le Fanfaron (1962)

Il sorpasso

1 h 45 min. Sortie : 27 juin 1963 (France). Comédie dramatique, Road movie

film de Dino Risi avec Vittorio Gassman, Jean-Louis Trintignant, Luciana Angiolillo

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

La comédie à l'italienne est une critique du boom économique de l'Italie dans les sixties. Un fomblard invétéré (Gassman), à qui tout semble réussir, incarne le yuppie de ces années folles. Trintignant est dans la retenue. C'est l'histoire d'une complicité entre road et buddy movies, où les rôles s'inversent peu à peu derrière les apparences.

Douze Hommes en colère
8.7
16.

Douze Hommes en colère (1957)

12 Angry Men

1 h 36 min. Sortie : 4 octobre 1957 (France). Policier, Drame

film de Sidney Lumet avec Henry Fonda, Lee J. Cobb, Ed Begley

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

Avec ce film, Sidney Lumet opte pour une approche didactique, amorçant une lente réflexion sur le système judiciaire qui se poursuivra au moins jusqu'à La colline des hommes perdus et Un après-midi de chien,... La problématique étant celle de l'opposition d'un individu (l'Amérique saine et sauve d'Henry Fonda) face au système (12 jurés) qui veut condamner un innocent. La justice finit par triompher à force de démonstrations lumineuses dans ce huis-clos étouffant. L'Amérique est saine et sauve grâce à l'intervention d'un homme de bonne foi au sein d'un monde cynique.

Cris et chuchotements
7.6
17.

Cris et chuchotements (1972)

Viskningar och rop

1 h 31 min. Sortie : 20 septembre 1973 (France). Drame

film de Ingmar Bergman avec Harriet Andersson, Kari Sylwan, Ingrid Thulin

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

Cris et Chuchotements est une sorte de Soeurs Karamazov dans laquelle la sororité est une colonne de marbre soutenant un édifice plus élevé, l'attention portée par Bergman dans cette œuvre aux bruitages : gémissements d'agonie, râles et déglutitions, saisit horriblement. Œuvre provocante ? Œuvre malséante, sûrement. Bergman pique au vif le spectateur. Avec son scalpel cinématographique, il procède à l’autopsie complète de notre ultime faiblesse. L’égoïsme de Karin et Maria, y est disséqué, celui d’Agnès aussi, qui plombe le bonheur triangulaire du clan familial. En faisant aussi un cinéma non-verbeux, dans lequel les fluides transitent moins par l'échange de la parole que par des délicatesses attentionnées. Mais les cris ne sont pas des mots, bien qu'ils expriment plus intensément l'expiration, extase ou orgasme du corps soulagé de sa peine, et la douleur (cri, râle, agonie) que n'importe quelle élocution. Mais les chuchotements, non plus, ne sont pas des mots, ils sont les convoyeurs de nos prières, tentatives d’amadouer les anges et d’obtenir des hiérarchies célestes un intérêt mesquin, que les croyants appellent « miracle ». Et c'est en maugréant cette déchéance inexplicable, que Karin abandonne sa sœur à une désolation spirituelle. Le cinéma de Bergman psychologue, n'est pas un cinéma chrétien. La mort délivre la moribonde de ses affres, au nombre desquels figure la culpabilité du renoncement, autant que ses sœurs attachées à un sacerdoce de charité qu’elles honorent par piété bourgeoise. Ainsi les craintes et tremblements inspirés par la transcendance deviennent chez le cinéaste des moments de vérité crue et d’hypocrisie à peine voilée. Une messe noire et basse sur la condition humaine.

Tous les autres s'appellent Ali
7.6
18.

Tous les autres s'appellent Ali (1974)

Angst essen Seele auf

1 h 32 min. Sortie : 5 juin 1974 (France). Drame, Romance

film de Rainer Werner Fassbinder avec Brigitte Mira, El Hedi Ben Salem, Irm Hermann

Pikbilis a mis 8/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Le chef d'œuvre baroque et subversif de Fassbinder. Entre fraîcheur subversive et humour ravageur, Tous les autres s'appellent Ali, dans une Allemagne conservatrice pas encore totalement purgée des démons du passé, incarne avec brio le Renouveau du cinéma allemand des années 70. Une ode à la tolérance faisant voler en éclats les préjugés.

Ninotchka
7.7
19.

Ninotchka (1939)

1 h 50 min. Sortie : 3 avril 1940 (France). Comédie romantique

film de Ernst Lubitsch avec Greta Garbo, Melvyn Douglas, Ina Claire

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

Un Lubitsch forcément très drôle démarrant par une description au vitriol des apparatchiks (les fonctionnaires soviétiques) appâtés par les vertus du capitalisme. La dure Ninotchka est alors mandée pour les surveiller mais se laissera amadouer par une passion contradictoire avec ses principes.

Le Procès
7.6
20.

Le Procès (1962)

1 h 59 min. Sortie : 22 décembre 1962. Drame, Thriller

film de Orson Welles avec Anthony Perkins, Orson Welles, Romy Schneider

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

L'adaptation de l'univers kafkaïen invente des procédés alternatifs afin de reproduire les mêmes déformations, les mêmes ruptures du continuum espace-temps que dans le livre, rapprochant l'œuvre d'un bad trip. Sauf que ce qui passe dans la littérature par la syntaxe idiosyncratique (à savoir un souci du style détaillé, "bureaucratisé" et une torsion du langage) de l'auteur est ici remplacé par le cadre débullé, vecteur de décalage, le montage incohérent des lieux et une accumulation des figures de policiers ou de bureaux exagérant le réel. Cette hyperbole est dédiée à montrer l'absurdité bureaucratique du système judiciaire relativement au sentiment de culpabilité inhérente à l'œuvre du Tchécoslovaque.

On achève bien les chevaux
7.9
21.

On achève bien les chevaux (1969)

They Shoot Horses, Don't They?

2 h 09 min. Sortie : 2 septembre 1970 (France). Drame

film de Sydney Pollack avec Jane Fonda, Michael Sarrazin, Susannah York

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

A la fois une satire de la société du spectacle et, selon moi, du "struggle for life", la compétition légale et institutionnalisée pour la survie. Les crèvent-la-faim du film doivent danser et participer à une course absurde jusqu'à l'épuisement afin de récolter quelques kopeks en cas de victoire. Les spectateurs paient leurs places pour regarder ce spectacle de déchéance humaine. On a tous les signes du goulot d'étranglement dont je veux parler : La carotte pécunière en cas de victoire sur les autres, quitte à ce qu'ils crèvent au passage ! Le rétrécissement du collectif jusqu'à l'isolation relationnelle de l'individu. La compétition instrumentalisant de pauvres gens enlisés dans la gadoue (quitte à instrumentaliser une femme enceinte pour le spectacle). La prédation masculine de l'animateur/producteur profitant de son statut privlégié.

Le Goût de la cerise
7.3
22.

Le Goût de la cerise (1997)

Ta'm e guilass

1 h 35 min. Sortie : 26 novembre 1997 (France). Drame, Road movie

film de Abbas Kiarostami avec Homayoun Ershadi, Abdolrahman Bagheri, Afshin Khorshid Bakhtiari

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

Un type roule seul dans une voiture, voulant se donner la mort. Il demande à des inconnus de l'accompagner au cas où il se rate. Le Goût de la cerise est un film sur l'agencement difficile entre un homme aux idées noires et des inconnus, le heurt entre l'inflexibilité mentale du héros et autrui qui cherche à s'ajuster. On retrouve les thématiques chères à Kiarostami : l'automobile comme lieu sécurisant, fenêtre par laquelle la caméra se déplace et voit le monde, la marotte fixée sur un but, l'agencement difficile entre entre deux êtres, et le troisième âge philosophe.

Scarface
7.6
23.

Scarface (1983)

2 h 50 min. Sortie : 7 mars 1984 (France). Drame, Gangster

film de Brian De Palma avec Al Pacino, Steven Bauer, Michelle Pfeiffer

Pikbilis a mis 9/10.

Annotation :

Remake par Brian De Palma du film de Howard Hawks. Grandeur et décadence d'une petite racaille cubaine qui vit son american dream. Si ce n'est sa dernière partie permettant de relativiser, la posture amorale dans laquelle il baigne en fait un bon représentant de la violence idéalisée au cinéma. Scarface est la victoire définitive de l'autonomie du cinématographe, du "cinéma pour le cinéma" et du divertissement cathartique, sur l’image-temps qui laissait entre 45 et les 50’s-60’s des moments de répit contemplatifs, une certaine lenteur au spectateur, pour s’introspecter et réfléchir. Victoire aussi de la « violence idéalisée » transcendant la plate réalité sociale, se voulant le miroir d’une soi-disant violence de la société contre ses individus et contre les autres. De la BO kistch à souhait aux répliques cultes, et mise à part l'analyse que je viens de faire, je partage totalement l'adoration autour de ce film.

Bonnie et Clyde
7.5
24.

Bonnie et Clyde (1967)

Bonnie and Clyde

1 h 51 min. Sortie : 24 janvier 1968 (France). Biopic, Drame, Gangster

film de Arthur Penn avec Warren Beatty, Faye Dunaway, Michael J. Pollard

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

On leur a dit qu’ils étaient libres. Ils y ont tout d’abord cru. Et puis quelque chose n’allait pas. Pourquoi étaient-ils recherchés par la police ? Signé Arthur Penn, Bonnie & Clyde est le duo le plus décapant du Nouvel Hollywood commençant. Une inversion des valeurs de l’Amérique respectable. Avec, fatalement, le rétablissement de l’ordre initial.

L'Argent de la vieille
7.7
25.

L'Argent de la vieille (1972)

Lo scopone scientifico

1 h 53 min. Sortie : 30 novembre 1977 (France). Comédie dramatique

film de Luigi Comencini avec Alberto Sordi, Silvana Mangano, Bette Davis

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

Chaque année, une riche bourgeoise joue au scopone scientifico avec les pauvres de son village. En cas de victoire, ils remportent un joli pactole. Mais personne ne l'a jamais battue. Un habitant du village sans-le-sou s'imagine pouvoir plumer la "vieille" au jeu de cartes, jusqu'à l'endettement, jusqu'à mettre en péril sa famille et son couple. Une tragi-comédie qui fait escalader la tension à mesure que les rancœurs se creusent face à l'indéboulonnable vieille dame. On est littéralement happé par le suspense tragique de cette fuite en avant pour l'amour du jeu. Une métaphore habile de la Roue de la fortune, véhiculant une dimension politique (la domination au sens sociologique) et existentielle, tout simplement.

L'Inconnu
7.8
26.

L'Inconnu (1927)

The Unknown

50 min. Sortie : 4 juin 1927 (États-Unis). Drame, Romance, Muet

film de Tod Browning avec Lon Chaney, Norman Kerry, Joan Crawford

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

Le ruffian Alonzo use d'un subterfuge pour approcher une créature farouche ne supportant pas le contact des hommes : il s'ampute virtuellement des bras. Dès lors qu'il est friendzoné par Nanon, Alonzo s'ampute pour de bon, incapable d'acquérir les grâces autrement qu'en biens mal acquis, dont on ne profite jamais. Le paradoxe de certains grands films hollywoodiens, c'est également la circularité des tragédies antiques, dont on ne sait pas si les personnages deviennent parce qu'ils sont ou sont parce qu'ils deviennent. Si, en définitive, l'essence précède l'existence ou l'inverse.

New-York 1997
7.2
27.

New-York 1997 (1981)

Escape from New York

1 h 39 min. Sortie : 24 juin 1981 (France). Action, Science-fiction

film de John Carpenter avec Kurt Russell, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

Une ribambelle de parias dégoutants aux looks plus mémorables les uns que les autres incarnée par un casting de gueules. Cas psychiatriques, horde de cannibales affamés et autres punks détraqués traquent Plissken qui va avoir du mal à se sortir de là, surgissant à l'angle de ruelles obscures sous la lumière de réverbères interlopes tamisée par la fumée.

Série noire
7.8
28.

Série noire (1979)

1 h 51 min. Sortie : 25 avril 1979. Policier, Drame

film de Alain Corneau avec Patrick Dewaere, Myriam Boyer, Marie Trintignant

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

Patrick Dewaere transfigure la tristesse du film grâce à sa folie énergique. Il y
a quelque chose de profondément anarchique dans son jeu. C'est un Dewaere possédé qui endosse le costume de Poupart pour l'un des meilleurs rôles de sa -trop courte- carrière. Tout dans Série Noire sent le soufre. C'est un film cru, glauque, sans concession que ni la couleur cruelle, ironique, ni la variétoche maussade en bande-son ne suffisent à auréoler d'un soupçon de gaîté.

No Country for Old Men
7.8
29.

No Country for Old Men (2007)

2 h 02 min. Sortie : 23 janvier 2008 (France). Policier, Drame, Thriller

film de Ethan Coen et Joel Coen avec Tommy Lee Jones, Javier Bardem, Josh Brolin

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

Adaptation du roman noir de Cormac McCarthy sous la forme d'un néo-western. Le Mal représenté par un diable texan, Anton Chigurh, joué par Javier Bardem, est absurde (il joue à pile ou face), sans cause (on ne sait pas d'où il vient), pourvu du don d'ubiquité (il se déplace d'un lieu à un autre de manière surnaturelle), et son hyper-violence dépasse les capacités d'endiguement de la police. Le style de l'auteur, agissant par conjonctions, adapté sous la forme d'une intrigue rhizomatique, sa description des mœurs sudistes, en font un film plus que réussi.

Grizzly Man
7.6
30.

Grizzly Man (2005)

1 h 43 min. Sortie : 7 décembre 2005 (France). Animalier

film de Werner Herzog avec Werner Herzog, Carol Dexter, Val Dexter

Pikbilis a mis 8/10.

Annotation :

Entre authentique génie et farce inconsciente, ce film sur la folie d'un homme, réalisé à partir des archives d'un vidéaste amateur, prouve que le métier de cinéaste peut résider dans le montage à partir d'un matériau de base exogène. Herzog s'approprie le travail de Timothy Treadwell sur les ours, dramatisant la destinée hors-normes de ce passionné de la nature, sans jamais porter un jugement catégorique sur son œuvre, mais en adoptant un ton compassionnel. Un film qui permet d'éclairer la recherche de Werner Herzog sur la nature humaine.