On ne m'y prendra pas deux fois, si un thanatopracteur me conseille encore un bouquin, je saurais que si lui est rôdé par l'horreur, pas moi.
Si vous croyez que l'Angleterre de 1974, c'est seulement Paul McCartney qui fredonne Band on the Run sous le soleil d'un après-midi d'été, Roger Moore en smoking dans un James Bond propret, des pubs chaleureux où les potes trinquent en parlant foot… alors restez-y. Restez dans cette Angleterre-là. Parce que celle de David Peace, c'est tout l'inverse. C'est sale. C'est poisseux. C'est l'enfer sous une pluie qui ne lave rien. Les gosses disparaissent dans une indifférence moche moche. La presse vend du sang. La police corrompue pue plus que les chaussettes d'un hooligan après trois jours de beuverie.
Au milieu de cette désolation : Edward Dunford, jeune journaliste, qui croit encore que l'Angleterre c'est David Bowie en paillette, va perdre ses illusions. Il tombe sur un cauchemar éveillé : une gamine retrouvée mutilée, les ailes d'un cygne cousues dans le dos.
Où sont nos chers Monty Python ? Sûrement pas là. L'humour anglais que j'apprécie tant, a laissé place au malaise. Et David Peace n'épargne rien, il scotche même. Pas un pet d'humour, c'est juste une grosse claque.