J'aime voir brûler les fourmis.

Ce qu'il y a de bien avec les romans de King, c'est qu'on retrouve les penchants morbides qu'on avait quand on était gosses. Personnellement, j'aimais bien regarder cramer les fourmis quand je les passais sous les rayons de ma loupe. J'entends déjà les "oh" d'indignation, mais v'là la réalité, ma bonne dame.

Avant d'hériter de la morale de nos paternels, nous étions des petits êtres purs et innocents qui prenaient autant de plaisir à jouer au soleil et à plonger dans la piscine, qu'à enlever les ailes des mouches et "voir ce que ça faisait, juste pour le fun". Et maintenant, on ne peut plus le faire, parce que soyons honnêtes, un adulte qui balance du sel sur un escargot pour le regarder se tordre et crever à petit feu, ça fait flipper.

Pourtant, c'est ce que King fait, et en général avec brio. Et du coup moi je libère mes frustrations: bah oui, il crame des fourmis lui aussi, sauf que lesdites fourmis sont ses personnages.

Shining, c'était une famille coincée dans un hôtel pendant l'hiver. Dôme, c'était un village isolé du monde, coincé sous un bocal de verre. 22/11/63, c'est un mec coincé dans le passé. Mais au final, c'est plein de gens qui souffrent. Et ça a beau déranger, on est quand même fascinés de découvrir ces souffrances !

Détails mis à part, on peut dire que quand même, le concept imaginé est très original. C'est très bien documenté. C'est très enrichissant. Et le plaisir morbide se retrouve ça et là, dans des lacérations corporelles ou dans les tourments psychologiques associés à la tâche difficile que s'est fixé le personnage principal.

Seul bémol: c'est pas facile à lire. On le lit parce qu'on veut savoir comment tout se finit, mais la lecture n'est pas automatique. La description à outrance parsème un peu le texte et on se retrouve souvent à relire des passages qu'on n'a pas compris, faute d'une attention suffisante.

Et en plus, on révise son histoire américaine. Parce que quand tu t'aperçois que tu ne connais pas la date de la mort de Kennedy, ni le nom de son assassin, bah franchement, t'as honte. Et apprendre, c'est mieux quand on s'amuse.
Sheffie
8
Écrit par

Créée

le 26 mars 2013

Critique lue 567 fois

22/11/63

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