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Anatomie d'un crime

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Il en est de la littérature comme de l'art en général : l'abondance finit par nuir. Aussi, face à une édition en pleine forme qui sort plus de titres qu'il n'est possible d'en lire, le lecteur est rapidement perdu, tentant de maintenir la tête hors de l'eau dans une littérature dont la qualité n'est pas toujours prouvée. Quand après un raz de marée de livres moyens voire mauvais, arrive le dernier Elizabeth George, on frétille et on s'excite, impatient de dire à qui veut l'entendre que s'il ne devait en être qu'un ce mois çi, ce serait bien celui là.

Elizabeth George est une romancière américaine, née dans l'Ohio, qui enseigna l'anglais en Californie et passa une bonne dizaine d'années à décortiquer les plus grands auteurs –Edgar Allan Poe, Agatha Christie, P.D. James- pour ses étudiants. Elle se lança dans l'écriture en 1988 avec Enquête dans le brouillard, couronné de succès et de prix internationaux de littérature policière. S'inscrivant dans la plus pure tradition britannique du roman policier, elle rassemble un duo d'enquêteurs du New Scotland Yard aux origines sociales contrastées autour d'enquêtes criminelles dans une quinzaine de polars.

Dernier né de sa plume, Anatomie d'un crime débute par une fatalité, un crime qui sera mis en scène brièvement après cinq cent pages d'une saisissante génèse. Alors que leur mère est hospitalisée en psychiatrie, que leur père est mort et que leur grand-mère qui les élève les abandonne pour retourner en Jamaïque, les trois enfants Campbell atterrissent sur le pallier de leur tante Kendra. Chargée malgré elle de les élever, cette célibataire vit dans un quartier défavorisé de Londres. Tandis que Ness, la grande sœur, s'enfonce dans la drogue et Tobie, le benjamin, s'enferme dans ses troubles mentaux, Joël tente de survivre au sein d'un quartier difficile tout en protégeant son petit frère des moqueries des gamins du quartier.

A l'instar d'un médecin légiste, Elizabeth George décortique le parcours d'une jeunesse livrée à elle-même dans une population abandonnée. D'une analyse fine et intelligente, elle procède à la meilleure des autopsies criminelles de cette dérive inévitable ayant conduit au pire. L'anatomie d'un crime disséqué à vif.

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