Que ce soit par le roman « Aline », « Le garçon savoyard » ou bien ici « Derborence », on ne peut rester indifférent au style de C.F Ramuz... soit on y prend goût, soit ses œuvres nous tombent des mains, pas de juste milieu.
Son univers est souvent d'une simplicité extrême, le vocabulaire reste simple, ses joutes verbales quasi inexistantes, ses tournures sont parfois trop lourdes, quant aux entorses à la syntaxe, n'en parlons même pas. Et c'est là tout le charme de Ramuz : le naturel pour mettre en avant ses personnages. Ainsi, il préfère reproduire le langage de tous les jours, avec ses éventuelles maladresses, que de suivre un style littéraire académique.
Me concernant, « Aline » m'a beaucoup plus, ainsi que « Le garçon savoyard ». Je continue aujourd'hui avec « Derborence ». Il serait donc inutile de préciser que je suis tout à fait séduite par les œuvres de Ramuz. Pas forcément, au passage, pour son style « haché », mais plutôt par son don de nous rendre ses personnages indispensables.
Ici, dans « Derborence », outre nos protagonistes Antoine et Thérèse, c'est le personnage de la montagne, qui pour moi, a pris le plus de valeur. Car tout vient de cette dernière. Montagne qui sans prévenir et sans raison apparente a misé toute sa colère en s'éboulant sur une vingtaine de bergers, dont Antoine.
Crainte par les villageois, elle ne fera que confirmer leurs dires : cette montagne est la demeure du Diable.
Antoine a-t-il succombé ? Thérèse sera-t-elle faire face aux superstitions lorsque ce dernier ou son spectre réapparaîtra ?
C'est tout l'art de Ramuz que de nous tisser au fil des pages cette histoire, nous laissant, lecteurs avides de sensations fortes, si petit face à la force de la nature.
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