Derborence par GrandGousierGuerin
Ce roman peut se résumer en quelques mots. Derborence, vallée enclavée des Alpes, est un lieu de transhumance privilégié des vallées environnantes : tout l’été on y retrouve les hommes et leurs troupeaux. Une nuit, la montagne s’écroule, ensevelissant Derborence sous un chaos minéral. Quelque temps plus tard reparaît un homme que tout le monde croyait mort et disparu à jamais. Est-ce un spectre ? Comment les habitants de son village et sa femme vont réagir à ce retour inopiné ?
Un tel résumé ne m’aurait certainement pas convaincu de lire Derborence si le style de Ramuz, que je découvre, n’en donnait en réalité toute son âme. On pourrait le qualifier de brut, primitif … mais en tout cas en totale adéquation avec son sujet : des gens simples à la vie rude dans un univers qui ne laisse guère la place à la rêverie et encore moins à la fioriture. La force de ce roman est d’avoir un style à l’image de l’histoire : les deux se soutiennent mutuellement et se mettent en résonance pour un grand plaisir de lecture.
Que demander de plus ?