Aaaaaah un peu de mignnoneries au catalogue Gallmeister. Et quand je dis mignonneries tu te doutes bien que j'entends pas vraiment quelque chose de gnan.
Vers le milieu des années 1910, après des années passées à chasser et à côtoyer la faune sauvage des vastes forêts de Colombie Britannique, James Oliver Curwood prend le chemin de la repentance et nous livre un roman d'aventures plutôt haletant, jouant avec de très bons thèmes, mais qui surprend de par sa morale défendant la cause animale, alors que tout porte à croire que l'issue du roman sera dramatique.
Thor est un grizzly en pleine forme, d'une force physique incroyable et règne sur son territoire en souverain modeste ; il tue seulement quand il a faim, défonce quelques ours et autres confrères au passage quand ceux-ci se montrent un peu trop envahissants et ne s'embarrasse avec l'amour que quand la saison y est propice.
Son imposante carrure et son caractère en font malheureusement la cible parfaite pour deux chasseurs qui y voient une traque légendaire, un sport qui leur donnerait un statut de héros et permettrait d'avoir un sacré paquet d'histoires à ramener auprès du peuple humain. Première rencontre BANG BANG, Thor est blessé, réussit à s'enfuir et laisse les deux chasseurs avec le goût avide d'une chasse sans répit.
Sauf qu'en chemin, Thor rencontre Muskwa, un ourson ayant fraîchement perdu sa maman, le laissant à la merci de tous les prédateurs mais surtout d'une faim atroce à laquelle il ne peut remédier seul. Bien bourru et faisant honneur à l'expression d'ours mal lêché, Thor lui ordonne de foutre le camp, lui mets deux trois trempes, mais le petit ourson, voyant que Thor est blessé se met à lécher la blessure du grand grizzly et tout de suite une brèche s'ouvre ; désormais Thor veillera sur Muskwa, à la vie, à la mort (en profitant entre temps pour lui asséner deux trois règles sur la vie sauvage).
J'en parle avec beaucoup d'humour, mais je suis vraiment rentré dans ce livre, me projetant tel ce petit conteur de soirées autour du feu, souhaitant lire un épisode ou deux chaque soir à des oreilles en quête d'émotions fortes !
L'auteur prête aux ours une dimension indienne, leur donnant un langage crée, leur conférant une âme animiste, chaque chose de la nature à une fonction et tout est établi selon des règles simples, un cycle qui se déroulerait sans encombre, où chacun pourrait jouir de sa condition et accepter sa fatalité sans broncher.
Tout ça sans compter la bêtise de l'Homme blanc bien évidemment.
Car ce qui part comme un roman d'aventures ventant les mérites des loisirs vécus au grand airs, armés de fusil pour défourailler tout ce qui se tient sur quatre pattes, se transforme en critique intelligente sur la cruauté humaine, quasiment inconnue chez les animaux.
Beaucoup de blabla, désolé. Mais ça faisait longtemps que j'avais pas lu un Gallmeister et me voici dans mes chaussons préférés, rassasié d'avoir lu un très bon roman, accessible aux plus jeunes pour une fois et que l'on peut conseiller sans s'inquiéter d'un retour négatif !
Fierce ! (oulala c'était trop bien).