C'est comme une très longue fin, un crépuscule lourd de conséquences et pourtant magnifique qui n'en finit pas tomber. Il faut imaginer dernière soi le criaillement des corneilles, le fracas des armes, les coups de fusils qui abattent, la cloche sonnant les morts au milieu d'une campagne froide, que le futur et la ville grignotent et pervertissent. A quand la fin ? Pourquoi la fin ?
C'est drôlement bien construit, bien raconté, bien dosé, avec de beaux personnages, c'est sombre et pourtant l'espoir est bien distillé ici et là à qui accepte de le voir. L'immersion est réussie (vis ma vie de corneille qui fourrage les cadavres check) mais c'est un livre exigeant (pas tant l'écriture - quoique- que sa vision d'ensemble, la philosophie qui y est développée) que personnellement j'ai lu à petites doses. Je crois que certains éléments m'ont échappé mais dans l'ensemble j'en garde le souvenir d'un texte d'excellente qualité.
PS : la corneille sautille et a le bec noir, le corbeau se dandine et a le bec clair