"La nuit sans fin" de Thierry Horguelin

Avis sur La nuit sans fin

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Couronné du Prix Franz De Wever par l'Académie Royale de Belgique en 2009, le recueil de nouvelles La nuit sans fin nous plonge dans un univers suffocant où la limite entre le vrai et le faux paraît difficile à définir. Mais avant de s'aventurer dans cette nuit éternelle, un petit détour par le parcours de l'auteur s'impose.

Thierry Horguelin est né au Canada mais vit en Belgique. Se sentant plus belge que canadien grâce notamment à son amour pour la littérature belge, il travaille comme libraire avant d'occuper un poste de rédacteur pour différents journaux et éditeurs. En 2005, il publie son premier recueil, Le voyageur de la nuit aux éditions l'Oie de Cravan avant de s'atteler à l'écriture de son deuxième recueil de nouvelles, La nuit sans fin, paru en 2009.

Ce recueil est composé de "sept histoires pour occuper le jour". Ces histoires brèves semblent s'articuler autour d'une idée pouvant être apparentée à l'exploration de mondes où l'incertain et l'imprévisibilité prennent une place primordiale. De l'empêchement d'une distinction entre réalité et fiction à la création d'une atmosphère onirique, ces nouvelles créent la sensation de traverser des cauchemars qui semblent se déroulés en boucle où nul ne pourra déceler la part de mystère.

La première chose qui étonne à la suite de la lecture de La nuit sans fin est la multitude des genres littéraires abordés par Thierry Horguelin. L'auteur jongle avec plus ou moins de facilité entre le polar, la science-fiction et le roman historique. Ceci est d'autant plus étonnant qu'il arrive à fournir toute l'essence de ces genres en très peu de lignes. Une rencontre du troisième type dans la nuit sans fin, une course poursuite urbaine dans l'ennemi ainsi qu'un labyrinthe souterrain chargé d'histoire dans le trou du souffleur sont d'autant d'éléments narratifs invitant le lecteur à s'immerger dans le monde cauchemardesque de Thierry Horguelin. Aucunes des histoires ne se ressemblent tant au niveau de la narration que de la trame de fond.

Le style d'écriture de Thierry Horguelin est sans fioritures. Il semble n'avoir gardé que l'essentiel et éliminé tout le superflu qui pourrait atténuer l'ambiance inquiétante. Malgré tout, la présence de nombreux personnages à travers les récits peut en décontenancer certains. La nouvelle intitulée le contretemps en est l'illustre exemple où une myriade de personnages s'entrechoque indirectement suite au déclenchement d'un événement inhabituel nous évoquant cette citation d'Edward Lorenz : «  Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? ».

Si à quelques moments l'on se demande où l'auteur veut en venir (cf. L'homme à l'anorak jaune), les nouvelles s'enchaînent et se lisent de manière aisée si l'on s'accroche à la horde de personnages que nous propose l'auteur. Ce recueil est à conseiller avant tout aux amateurs de fantastique et qui ne se sont pas hermétique à d'autres genres littéraires. J'invite également les lecteurs à s'intéresser au dernier livre de Thierry Horguelin, Choses vues, qui se penche sur les événements parfois saugrenus du quotidien.

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