Je pensais qu'il s'agissait d'une histoire chronologique de ce quartier mythique de Los Angeles mais pas du tout: l'auteur nous invite à le suivre dans une promenade à travers ce quartier en suivant les rues, avenues, impasses, en mélangeant les époques et s'en arrêtant devant les lieux les + célèbres (maisons, studios légendaires sur Sunset Boulevard...). On croise donc une bonne partie des artistes qui dans les années 1960 ont fait de ce quartier leur lieu de résidence: Zappa, Joni Mitchell, Crosby, Stills & Nash, Mamas and the papas, Carole King, Jackson Browne ou encore Glenn Frey et Don Henley, Linda Ronstadt, à commencer par un précurseur John Mayall. Des artistes + jeunes comme Jonathan Wilson perpétue cet idéal aujourd'hui. Ils s'y sont installés car c'était bien moins cher que dans downtown et ils ont créé un quartier hyper actif, créatif où on s'écrivait des chansons pour les uns et les autres, toujours dans une certaine émulation. Stills parle à ce sujet dans le documentaire Echo in the canyon de "pollinisation croisée" et c'est très bien trouvé. On visualise ainsi mieux les lieux où ont été composés ou enregistrés certains des titres les + connus de l'histoire du rock. Les endroits aussi où ont été prises les photos de pochettes célèbres (Waiting for the sun, Tapestry...) Maintenant, l'ambiance festive va déboucher assez vite sur des excès en tous genres, des vies brisées trop rapidement par les drogues (Gram Parsons par exemple) et des horreurs sans nom (l'assassinat de Sharon Tate par la secte de Charles Manson...). Le music business explosant dans les années 70, les prix du quartier deviennent monstrueux jusqu'à devenir aujourd'hui totalement inaccessibles au commun des mortels (la tranquillité et la sécurité se payent cher à Laurel Canyon, privilèges de la célébrité...) . Il ne reste plus grand-chose de l'état d'esprit festif et communautaire des années 60 mais on peut se souvenir, de grands albums ou de chansons qui ont marqué nos vies. Un regret quand même chez cet éditeur: les photos des rues et maisons en noir et blanc de mauvaise qualité, auraient vraiment gagné à être publiées en couleurs. Faute de pouvoir retourner en Californie depuis quelques mois (et sans doute malheureusement, pour un moment encore), cet ouvrage est un bon moyen de rêver à la Californie et à ce qu'elle nous a apporté de + beau, sa musique.