Le bonheur fou, c'est pour Angelo celui d'être enfin partie prenante de l'action, de participer à la lutte contre les autrichiens, de se battre, de risquer sa vie.
Notre hussard, descendu de son toit provençal, et une fois la parenthèse provençale refermée, renoue avec le fil de sa vie. Il va se retrouver au coeur des combats, cependant toujours un peu comme un dillettante, presque musardant par-ci par-là, au fond, il ne sait pas trop quoi faire.
C'est la faiblesse d'Angelo de ne pas savoir à quoi appliquer sa force. Ce qui fait que tour à tour on l'admire, ou on le méprise, en tout cas toujours on l'utilise, trouvant que c'est bien pratique qu'il se laisse faire.
La langue de Giono est toujours admirable, dans ce nouvel épisode du hussard, seulement on se lasse un peu des énumérations de combats et de manoeuvres. Giono semble vouloir plus jouer du registre de l'aventure, mais sa manière de construire son récit n'y aide guère.
D'autant que Le bonheur fou est assez long.
Et alors qu'on semble se diriger vers un final paroxysmique, il risque de laisser le lecteur un petit peu sur sa faim.