La chronique littéraire sur les radios de l'Arc jurassien
Amor Towles se glisse dans la peau d'une jeune New-Yorkaise. Il nous plonge dans le luxueux Manhattan de la fin des années 30.
Katey – la jeune new-yorkaise – et son amie Eve partagent la même chambre dans une pension pour jeunes filles. Le soir du 31 décembre, dans un ancien bar clandestin, elles rencontrent Tinker, un courtier de Wall Street aux manières de gentleman. De cette soirée où naît une grande amitié, Katey et Eve sont propulsées dans le faste d'une aristocratie qu'elles ne connaissent pas. Tinker les emmène partout, paie tout, et se retrouve au centre d'un jeu de séduction qu'il tente d'ignorer, jusqu'à l'accident de voiture qui défigure Eve.
Avec Tinker, Amor Towles nous emmène dans les plus beaux restaurants de Manhattan, nous fait visiter les hôtels les plus luxueux et les fêtes les plus courues des riches New-Yorkais.
Dans ce monde sans pitié, Katey apprend les règles du jeu. Elle passe de dactylo dans un cabinet d'avocats à assistante du rédacteur en chef d'un nouveau journal littéraire. Avec sa personnalité magnétique, elle attire les hommes de la haute société et se crée un important réseau de contacts.
Pour un premier roman qui se lit en un clin d'œil, Amor Towles – financier d'une quarantaine d'années – a le sens de l'écriture. En dépit de ses qualités, il lui manque pourtant l'intensité et l'émotion d'un excellent livre, de ceux où on a le ventre qui se serre pendant les passages dramatiques, où on a envie de pleurer quand rien ne va plus.
En 1958, Rona Jaffe écrit Rien n'est trop beau, sur la vie des jeunes New-Yorkaises indépendantes, parce que les femmes ne se retrouvent pas dans les personnages féminins des romans écrits par des hommes. Un demi siècle plus tard, je me fais la même réflexion en lisant Les règles du jeu.