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En quête.
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le 29 août 2014
Neuland est un roman polyphonique et profondément immersif, que l’on ne lâche plus une fois l’effort initial d’entrée accompli. L’écrivain israélien Eshkol Nevo excelle à créer des univers peuplés de personnages d’une grande densité psychologique, à la fois solidement ancrés et intimement fissurés.
Il nous entraîne dans un périple où chacun cherche sa voie. Dori part à la recherche de son père, disparu en Amérique du Sud après la mort de sa femme, qu’il aimait tendrement. Sur sa route, il croise Inbar, qui tente de fuir un deuil impossible : celui de son frère, mort alors qu’il était militaire au sein de Tsahal, un drame dont elle n’a pas su percevoir les signes avant-coureurs. Autour d’eux s’entrelacent d’autres destins : celui de la mère d’Inbar, intellectuelle inconsolable, meurtrie par la perte de son fils et essayant de " refaire sa vie" en Allemagne - une blessure supplémentaire pour sa propre mère, Lili, qui avait fui la Pologne juste avant l’invasion allemande pour rejoindre la Terre promise d’Israël.
Tous ces destins se croisent, se heurtent, mais restent unis par une même quête identitaire. Ils sont reliés par leur appartenance à un peuple longtemps exilé et persécuté, revenu sur sa terre sans pour autant y trouver l’apaisement.
Peu à peu, au fil des quelque six cents pages, le lecteur est conduit vers Neuland, cette terre argentine où, dans le sillage du baron Hirsch - artisan historique de communautés juives agricoles - le père de Dori tente à son tour de fonder non pas une colonie, mais une fraternité. Un lieu-refuge destiné aux Juifs errants meurtris par les guerres en Israël ( mais ouvert à tous) en quête d’un espace où reprendre souffle. Le roman prend alors une dimension presque mystique. Guidé par l’âme de sa femme défunte, qui murmure le nom du baron légendaire au moment de mourir, soutenu par des chamans, le père avance vers cette terre apaisée, éloignée des menaces de destruction et moins écrasée par le poids de l’Histoire.
Dans cette rencontre finale entre le père et le fils, chacun trouve, à sa manière, un chemin. Il faut lire cette fin magnifique où les destinées de plusieurs générations convergent. Tandis que la grand-mère, dont la maison vient d’être détruite par des roquettes lors d’un énième conflit, voit s’effacer peu à peu sa mémoire de la Shoah et des idéaux du sionisme originel porté par Herzl, un autre horizon s’ouvre : celui d’un peuple qui tente encore de survivre, dans la douleur, mais aussi dans l’espérance, face à la haine et à l’histoire.
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Créée
le 2 janv. 2026
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