Quand t'auras lu la 4e de couverture, t'auras l'impression de te taper une énième histoire à la Thelma et Louise.
Oublie ça. Oublie Ridley Scott, garde quand même un peu ces décors montagneux et ces virées en bagnoles. Mais quand même oublie Ridley Scott et pense un peu à ce qu'a fait Kimberley Peirce en réalisant Boys don't cry.
(parce que Jodi dans ma tête c'est Hilary Swank dans les années 2000 tu comprends ?)
Par contre, ajoutes un bon paquet de crasse lumineuse, un genre de filtre posé par Sean Baker, en tout cas le genre de filtre humain que Sean Baker a posé dans Tangerine et The Florida Project.
Ok tu vas me dire, ça se passe pas en Floride et blablabla. Mon cul. J'en ai rien à foutre, même si t'as envie de taper tout le répertoire de Willie Nelson à chaque fin de chapitre, que tu vois les vies éclatées pas si fictives que ça m'est avis. Tu te dis que t'es passé outre le road book habituel.
T'es dans ce truc un peu coton comme après avoir pris un bon gros shoot des familles. Tu regardes la crasse sous tes ongles, tu ressens le besoin de tout envoyer chier mais t'es tellement dans le gaz que l'attention se porte sous cette crasse et tu finis par y voir de la poésie, une émotion aigre mais qui berce malgré tout.
Ce genre de berceuse contemplative qui fait que t'es vraiment petit. Tu ressens ça tout le temps, à quel point t'es petit.
Il s'agit d'un rêve qui dure 18 ans et d'une femme qui souhaite à tout prix le réaliser.
Mon vieux, comment c'était bandant.
On choisit pas sa famille, surtout celle qu'on ramasse au hasard de la route.
(lovely Jodi)