👉 1er juillet : Les extraits de commentaires sont à nouveau disponibles dans les feeds 🥳.
Et toutes les mises à jours sont à retrouver ici : journal de bord de SensCritique.

Aussi béantes que soient les failles

Sur la scène littéraire israélienne, particulièrement riche, Eshkol Nevo s'est imposé d'emblée, depuis 10 ans, comme l'un des ses représentants les plus doués avec notamment Le cours du jeu est bouleversé et Jours de miel. Son dernier roman en date, Trois étages, ne va pas infirmer ce constat, bien au contraire. Roman n'est d'ailleurs pas le terme adéquat, il s'agit plutôt de trois novellas, dont les interconnexions sont plus que ténues, ce qui ne nuit pas à l'intérêt de l'ouvrage, chacun des récits se révélant passionnant et se complétant pour aboutir à une sorte d'état des lieux alarmant de la société israélienne en crise identitaire depuis plusieurs années. Mais là où Nevo s'avère le plus brillant, une fois de plus, c'est dans l'évocation intime et psychologique de personnages complexes dont les failles béantes laissent entrevoir une dépression latente. Qui sont-ils ? Au premier étage, un ancien officier de l'armée qui devient paranoïaque et soupçonne un vieux voisin d'on ne sait quoi vis-à-vis de sa fille ; au deuxième, une femme délaissée par son mari, solitaire et très perturbée ; au troisième, une ancienne juge d'instruction, veuve, qui participe à un mouvement social initié par la jeune génération. Ces trois récits prennent l'allure de monologues : le premier s'adresse à un ami, la deuxième écrit une longue lettre, la troisième laisse des messages successifs sur l'ancien répondeur téléphonique de son époux décédé. Plus que des appels au secours, ces histoires sont des tentatives de sortir de l'isolement, de communiquer et de raconter des vies qui empruntent des chemins douloureux. La plume alerte et très ironique d'Eshkol Nevo fait des merveilles. Son livre est drôle, palpitant et très souvent touchant, notamment dans son dernier segment, qui touche au sublime. Ah oui, au fait, il y a aussi une autre lecture possible de Trois étages à travers la topique de Freud avec le ça, le moi et le surmoi. Mais là encore, il faut déguster la façon dont l'auteur israélien interprète et assaisonne ses théories psychanalytiques !

6nezfil
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de coeur et l'a ajouté à ses listes Mes livres de 2018 et Les meilleurs livres de 2018

il y a 3 ans

2 j'aime

Trois étages
BabyCavano
8

Trois nouvelles dans un roman

C'est l'histoire de trois étages, trois voisins qui se cotoient, trois points de vue et trois vies différentes dans lesquelles l'auteur nous emmène avec un style agréable et précis : on voyage,...

Lire la critique

il y a 3 ans

1 j'aime

Trois étages
madametong
7

Fait évidemment penser à Perec

3 morceaux de vie , un à chaque étage, cachait forcément penser à la vie mode d emploi. Mais ça s arrete là. Plein de subtilité, c est un livre qui a du charme

Lire la critique

il y a plus d’un an

Trois étages
AAlx
7

Microcosme d'un immeuble

L'envie de connaître le livre avant le film m'a permis de découvrir un nouvel auteur. Une construction narrative efficace : 3 personnages du même immeuble - chacun s'adresse à un interlocuteur...

Lire la critique

il y a 7 mois

The Power of the Dog
6nezfil
8

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

Lire la critique

il y a 9 mois

61 j'aime

12

Mon inconnue
6nezfil
7
Mon inconnue

Relativité restreinte

Et si on supprimait les bandes-annonces des salles de cinéma ? Celle de Mon inconnue, outre le fait qu'elle dévoile copieusement tous les tenants et presque les aboutissants du film, en accentue la...

Lire la critique

il y a 3 ans

55 j'aime

9

Drunk
6nezfil
8
Drunk

Mélan(al)colique

Le problème de Thomas Vinterberg est d'avoir atteint un niveau très élevé dès son deuxième long-métrage, Festen, sans être capable de réitérer pareille performance par la suite, malgré quelques...

Lire la critique

il y a plus d’un an

51 j'aime