Gabriela et Edwin, un couple d’origine mexicaine, vivent dans un parc de caravanes et travaillent depuis sept ans à la chaîne dans une immense usine de transformation de poulets. Ils vivent au jour le jour, dans la peur des fins de mois, entre l’usine, la chaîne, les journées de dix heures et les heures supplémentaires non rémunérées.
De l’autre côté de la barrière sociale, un autre couple, blanc et aisé, Mimi et Luke Jackson, évolue dans un univers diamétralement opposé. Lorsque les destins de ces deux mondes se percutent, la violence latente explose.
Eli Cranor construit alors un roman noir qui mêle thriller social, drame familial et critique acérée du capitalisme sauvage et du rêve américain : une plongée viscérale dans l’Amérique des oubliés.
Le parallèle entre les deux couples fonctionne à merveille. D’un côté, la précarité extrême et l’épuisement ; de l’autre, un confort qui cache ses propres abîmes. Les chapitres courts et nerveux créent une lecture haletante, presque en apnée. L’écriture est très réaliste, les descriptions précises ; il y a quelque chose de très cinématographique dans le déroulé de ce récit.
Une histoire humaine, charnelle et implacable.