Pas mon préféré de cette autrice car autant je la rejoins sur les dynamiques de couple, hétérosexuelles notamment, la critique du patriarcat et ce que cela produit sur les individus (la peur - l'amour). En revanche, j'ai beaucoup plus de mal à accrocher sur la partie spiritualité et la vision très chrétienne du devoir vis-à-vis de son action individuelle ainsi que l'idée de rechercher les réponses à travers la communauté versus l'individualisme : dans le sens où je trouve c'est du bon sens. Je trouve aussi que sa critique sur les médias de masse versus la violence est un peu biaisée notamment parce qu'il s'agit d'une critique imprégnée d'une vision chrétienne. Or, dans le cinéma par exemple, le genre horrifique notamment n'est pas seulement la pour divertir et faire le buzz mais avant tout pour généralement critiquer la société, les normes et notamment le patriarcat (certes moins dans les années 80 - et encore cela se discute). Donc en ce qui concerne les "mass media" je pense qu'il faudrait clarifier davantage de quoi il s'agit car c'est extrêmement diverse. Ceci étant dit, bien évidemment que si tout individu se positionnait dans une volonté d'agir de manière éthique et en appliquant des principes d'amour, le monde se porterait mieux, le patriarcat n'existerait surement plus. Mais ce discours n'est ni nouveau ni révolutionnaire puisqu'il s'agit simplement d'une réécriture du discours chrétien donc .... je ne trouve pas cette partie très pertinente à mon sens. Autant le début avait très bien commencé autant le passage sur la responsabilité individuelle d'agir en prenant en compte son prochain avec une touche de "développement personnel" ... Bof. Mais cela reste un livre intéressant pour toute personne n'ayant aucune notion d'éthique, critique du capitalisme et le lien étroit avec le patriarcat. Le point que j'ai trouvé vraiment intéressant : que les relations amicales sont généralement plus saines, et plus fondées sur de "l'amour véritable" ou inconditionnel que les relations amoureuses qui sont souvent conditionnelles et imprégnées de croyances limitantes. Etant donné que ce livre a été écrit en 1999, il reste intéressant mais il manque cruellement de considération à propos des éléments extérieurs ou des environnements dans lesquels les individus évoluent. Notamment, les dynamiques de société que l'on subit et auxquelles on peut difficilement échapper comme le capitalisme, la précarité, les injustices, mépris de classes, stigmatisations et toute forme de discrimination (de couleur de peau, religion, genre, d'orientation sexuelle, ....) qui ne permettent pas d'envisager une autonomie complète des individus et je trouve qu'elle ne prend pas vraiment en compte la notion de déterminisme qui est indispensable. J'aime beaucoup le travail de l'autrice en règle générale mais j'ai un retour très mitigé en ce qui concerne cet ouvrage.