Agnès Grey, roman de la benjamine des sœurs Brontë, et de cette fratrie en général, n’est pas dénué d’intérêt. L’histoire raconte elle aussi une partie de la vie d’une jeune femme pauvre mais très instruite, pieuse et courageuse.
L’histoire est donc celle d’Agnès Grey, fille d’un pasteur désargenté et d’une mère désintéressée et vertueuse. Agnès entre dans ses fonctions de gouvernante afin d’assurer les arrières de sa famille qui a malheureusement contracté des dettes affaiblissant considérablement la santé du père. Pourtant de bonne volonté, la personnage principale va donc être amenée à rencontrer des enfants abominables et vicieux qui viennent contraster avec son caractère fait de retenue et d’une moralité exemplaire. Le roman rend compte des problèmes liés à l'éducation, notamment dans les couches plus aisées de la société.
Pour être honnête, le tout m’a semblé assez aride, que ce soit dans le caractère d’Agnès, parfois assez jugeante (même si cela est toutefois régulièrement fondé) mais aussi dans son récit qui écarte curieusement certaines de ses expériences. En effet, nous avons accès uniquement à la partie de sa vie concernant son quotidien chez ses employeurs, même lorsque les événements semblent nécessiter quelques explications (ses vacances, ses retours chez ses parents, sa vie quotidienne à la fin du roman…) ne serait-ce pour le plaisir de lecture.
Roman ouvertement constitué du journal intime de la personnage, ce dernier ne serait qu’en partie fictif puisque vraisemblablement inspiré de l’expérience de gouvernante d’Anne Brontë. Ici, le récit est plus réaliste et moins romantique, mais aussi un peu moins noir que les romans de ses sœurs. Autrement, il y a de nombreux modèles, mais de contre-modèles surtout (même la paradoxale Rosalie), ce qui fait du roman un exemple de roman d’apprentissage. Le roman établit d’ailleurs surprenamment bien un parallèle entre la nature (plus précisément les animaux) et Agnès, que ce soit dans leur traitement par les supérieur.es ou dans leurs affinités naturelles.
Toutefois, bien que l’écriture m’ait plu, elle n’en est pas non plus renversante au point de m’en faire beaucoup plus aimé ma lecture. Je tenterai tout de même La Recluse de Wildfell Hall qui a beaucoup plus de chances de me plaire, de par son genre et sa longueur, je n’en doute pas !