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Mains coupées
Tous nos poètes urbains, qui déblatèrent sur les voyages en train à coup de rimes convenues, devraient lire Apollinaire, regarder sa photo crâne bandé après sa blessure de guerre, et arrêter sur le...
le 4 août 2011
Je voulais creuser un peu le cas "Apollinaire" et voir ce qui se cachait derrière un grand écart aussi impressionnant que celui qu'il a exécuté entre les gentillets "Saltimbanques", qu'on apprend au collège, et les pornographiques "Onze mille verges".
Je me suis donc plongée dans "Alcools" qui est sans doute son recueil le plus fameux. Est-ce justement le problème des recueils de donner au lecteur, au fil de la lecture, une vague impression de "fourre-tout" ? Dans cette boîte à gants pleine à craquer de rimes, j'ai trouvé un peu de tout : des suédines beurre-frais au toucher caressant, des cuirs fauves au parfum entêtant, des latex à la sensuelle élasticité, des laines réconfortantes aux nostalgiques odeurs de pluie, des gantelets d'acier impénétrables et des caoutchoucs imperméables.
Ces multiples mains du poète ont passé sur moi et mon imaginaire ; certaines y ont laissé leur empreinte, mais trop peu au regard des nombreuses autres qui n'ont fait que me frôler et ne laisseront guère de traces dans ma mémoire.
Dire d'un poète qu'il possède une belle sensibilité et cultive un grand mystère serait idiot, en plus d'être un pléonasme. Je me contenterai donc de dire que Guillaume Apollinaire m'a davantage séduite par ce qu'il semble dissimuler que par ce qu'il a exprimé. Derrière les allégories antiques, les références bibliques et les envolées lyriques, lui seul peut-être connaît la portée véritable de ses mots, la force et la violence de sa pensée en mouvement. Une main de fer dans un gant de velours ?
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Challenge XXème siècle (sans limite de temps), Challenge Petit Bac 2017 / 2018 - Lettre A, 2018, Challenge MULTI-DEFIS 2018 et Challenge XIXème siècle 2018
Créée
le 24 avr. 2018
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le 4 août 2011
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le 2 août 2011
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Je vais essayer de ne pas l'écrire à chaque fois parce que c'est lassant mais je me dois de le mettre en guise d'avertissement : d'ordinaire, je n'aime pas la poésie. Ça ne me touche pas beaucoup...
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