Angelo, écrit quelques années après Le hussard sur le toit, en constitue ce qu'aujourd'hui on appellerait un préquel. Comment Angelo est arrivé à Sisteron, et ce qu'il y fit avant les événements du Hussard sur le toit.
Ce qui frappe d'emblée, c'est bien sûr la langue de Giono. Giono écrit d'une manière ciselée mais jamais précieuse. Car ce n'est pas l'artifice de l'auteur soucieux de paraître, c'est l'aisance du conteur soucieux de plaire.
Quant à ce qu'il raconte : l'intrigue n'est pas très fouillée. Il se passe des choses, mais nous ne saurons jamais exactement quoi, car notre hussard rêveur a l'air de se moquer de ce qui l'entoure. Lui il avance, sans idée définie, acceptant de découvrir en temps et en heure de quoi demain sera fait.
On peut donc trouver dommageable que le récit se finisse ainsi, comme en suspens. Mais c'est en parfait accord avec le personnage principal.
Concernant l'écriture, on voit bien Giono inspiré des écrivains américains, on est parfois très proche même du stream of conciousness. Cela mêlé à l'écriture ciselée et aux mots inhabituels de Giono donne un style qui n'appartient, en définitive, qu'à Giono.