Plus de 10 ans après ma lecture d'Antigone pour le collège m'y revoilà plongé et quel texte fantastique. Le prologue à lui seul est un bijou.
Cette petite Antigone si puissante dans sa détermination face à son oncle.
Je suis du côté de Créon, du côté de la loi des hommes, de la raison d'état car Racine écrivait 《mais il ne s'agit plus de vivre ; il faut régner》. Créon n'a pas le choix, il ne vit sa propre vie, il est l'État et doit assumer d'être le garant de la loi. Il n'est pas un tyran, non. Le tyran aurait contourné sa propre loi pour sauver la future femme de son fils mais Créon reste droit. Il est un véritable Richelieu face à La Rochelle ou un De Gaulle... Antigone est la tragédie de Créon...
《A chacun son rôle 》
Mais j'aime aussi Antigone. Quelle puissance, quelle vitalité, quelle fureur... Elle aussi n'a pas le choix elle aussi, elle est trop grande pour la vulgarité de son fiancé et de sa sœur ou du peuple. Son égal c'est Créon qui ne l'ai que par l'État, sans lui, il n'y a qu'Antigone. Antigone est au-dessus des lois. Elle est une déesse qui se nomme liberté mais qui sème la pagaille et la mort.
Mais je crois Anouilh malhonnête en sous-entendant qu'il a réécrit le mythe de Sophocle pour dénoncer les horreurs de la guerre. Antigone n'est pas une résistante, c'est tout le contraire, elle méprise le peuple et se sent supérieur même au roi (à l' État). Je peux comprendre que certain y voit presque la figure du fascisme.
Alors quoi ?
Antigone ? Révolutionnaire et résistante ou authentique réactionnaire ?
Créon ? Tyran sans cœur ou triste berger d'un troupeau sans cervelle ?
Je n'en sais rien.