Ecrit par Anouilh au sein d'un Paris occupé par l'envahisseur, Antigone est l'histoire tragique d'une jeune fille affirmant sa liberté de refus face à un roi "tout puissant" jusqu'à en mourir.
A sa lecture, et avant de connaitre le contexte de l'oeuvre, les paroles de Créon sur la nécessité des concessions, des sacrifices au service d'un bonheur simple généralisé me parlait davantage, mais c'est cette complaisance au mal, ce nihilisme, qui entraina finalement la majorité des français à s'accommoder avec l'Occupation.
Car si l'oeuvre fut controversée à sa sortie, sous prétexte qu'il aboutissait à l'écrasement de la fougue juvénile chaotique par l'ordre, la mort d'Antigone incarne la détermination des résistants à faire triompher leurs valeurs, même si cela peut sembler vain à l'instanté. Malgré qu'elle semble défaite, Antigone incarne la souveraineté de la moralité humaine, l'idéalisme absolue, face à un Créon illusoirement maitre du jeu puisqu'il sera obligé de la tuer contre son gré pour conserver son autorité.