Ce livre m'a mis mal à l'aise . Non pas par son sujet qui a le mérite A PRIORI de faire regarder les horreurs de la guerre en face, mais plutot par son coté collection des mille et une monstruosités dont la barbarie des humains se rend coupable. Le trop , le cru, le brutal, le plus réaliste que la réalité finit par lasser , par saturer ..De plus la bascule systématique Espace-Temps entre le Monde en GUERRES et le Monde pacifique est trop fluide, trop aseptisée . Cela correspond pourtant à la REALITE et pourtant ça sonne comme un procédé littéraire. Cet excès de réalisme sonne faux.
Certes, il y a les cauchemars, les impossibilités de dire, il y a aussi l'addiction presque malsaine aux lieux de conflits..Mais pour se poser quelles questions ? Y apporter quelles réponses.
Il y a une sorte de voyeurisme racoleur dans l'accumulation de toutes ces descriptions de morts déchiquetés, d'enfants violés, de corps réduits en morceaux ou carbonisés..une horreur pousse l'autre d'Afrique en Bosnie, de Gaza au Rwanda...
Le héros panse des plaies, sauve des vies et en délaisse d'autres..fait des choix entre qui doit etre sauvé ou qui ne peut plus l'etre...Ce pouvoir nourri d'autant d'impuissances est-il ce qui le pousse à se prendre pour Dieu ? Ou à repousser les limites du supportable ?
Tout est desesperant dans ce parcours humanitaire qui se devrait etre un hommage aux hommes de bonne volonté..
Je ne sais pas trop pourtquoi ça n'a pas marché sur moi..Peut-etre par absence d'une vraie posture et d'un style plus construit...