Ce roman de James Sallis n'est pas pour ceux qui aiment qu'un roman d'enquête soit "bien ficelé". La résolution de l'intrigue confirme ce que l'on avait supposé en lisant, qu'en fait James Sallis s'en fout un peu de son enquête. Construit entre les passages au présent et les réminiscences du personnage principal, Bois mort est avant tout un roman sur les personnages que l'on va croiser. Et l'écriture peut également dérouter, car James Sallis ne s'encombre pas des circonvolutions de rigueur dans ce genre d'écriture oscillant entre les temporalités. Alors il faut être attentif, si on ne veut pas être largué. Après, ça reste facile à lire, d'autant que Sallis est atypique certes, mais brillant. On est malgré tout en territoire connu, sur le sentier balisé d'un polar à l'américaine, mélangeant le polar urbain dans ces zones où vivent ceux qui ont abandonné, qui n'ont pas eu le choix, et le polar rural, où l'intrigue se passe dans un territoire perdu, une friche où les gens ont encore des attitudes de cow-boy de western. Sauf que, redisons-le puisque c'est le point important, ces personnages ne se réduisent pas à leur cliché.