" They're coming to get you, Barbara."

J'aime quand l'auteur a autant de considération pour George Romero et Tom Savini que moi...

*****

Le début de Brainless ressemble beaucoup aux romans de S.G Browne (Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l'amour - le jour où les zombies ont dévoré le Père-Noël) avec injection de formol et l'absorption de bulbe rachidien qui permet une illumination cérébrale immédiate. Jusque là rien de nouveau aux Pays des morts-vivants rigolos. Vous mélangez le tout avec un peu de la série Daria avec les stéréotypes tels que la bombe superficielle, la gothique, le quaterback pas très futé, l'obèse aux goûts vestimentaires peu flatteurs, les pom-pom girls populaires, vous rajoutez des symboles du cinéma avec un directeur qui doit être le fils caché du sergent-instructeur Hartman (Full Métal Jacket), le prof de sport qui rappelle énormément Terence Fletcher (Whiplash) et le prof de science qui fabrique de la drogue pour arrondir ses fins de mois (dans quel film? Ah non c'est un élève dans The Faculty) et cela donne une excellente comédie horrifique pour teenager. Et si je fais référence au cinéma c'est parce que ce roman s'inspire avec plaisir (et non dissimulé) à énormément de films d'exploitations tels que La nuit des morts-vivants dont le héro est un aficionado.

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Mais voilà, Brainless c'est aussi et avant tout de la littérature. Et derrière ce fond d'hommage aux films d'horreur, vous y trouvez une réflexion que nous retrouvons dans quelques autres romans de zombies plus sérieux tel que Zombie Nostalgie de Oystein Stene ou L'éducation de Stony Mayhall de Daryl Gregory, des romans de zombies avec une sensibilité accrue et une réflexion peu commune.

L'originalité va se dévoiler au fur et à mesure du roman, laissant place à l'horreur inacceptable : qui est réellement le monstre?

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ATTENTION SPOILER

Brainless détourne également un problème de fond : celui du camarade harcelé pour sa différence. Dans la réalité, l'adolescent isolé n'est pas un zombie bizarre qui est obligé de s'injecter du formol pour ne pas puer. Non, c'est un enfant en surpoids, un enfant qui ne répond pas au code de beauté de la majorité, un enfant surdoué mais c'est aussi un enfant fan de films d'horreurs (l'ayant vécu je peux témoigner), un enfant qui aime le Heavy Metal ou le Death Metal (je me souviens en cours d'anglais, on avait regardé un documentaire sur deux enfants qui avaient fait des tentatives de suicide après avoir écouter des albums de Judas Priest, et toute la classe s'était retournée pour me regarder), des fans de jeux vidéos violents (là y a encore débat). Et pourtant, je n'ai jamais tué personne. Parce qu'il faut rajouter d'autres facteurs : le harcèlement scolaire, le mépris des adultes, l'absence de communication. Et à l'inverse, des gens "populaires", adaptés, aimés de tous, peuvent être de véritables monstres pour l'entourage. Aujourd'hui, on parle de pervers narcissiques, mais dans les années 80/90, ces enfants dans les séries et films américains étaient juste de gens supers populaires, et les autres devaient devenir comme eux. Pas de message de tolérance : si tu veux qu'on arrête de te harceler, deviens populaire ! A cela s'ajoute ici, un mépris inconsidérable de la part des profs et du proviseur ( quoi que vous pouvez penser, on n'est pas obligé d'aimer les adolescents pour devenir prof, et j'en ai connu qui nous humiliait tous les jours). Triste réalité de la vie au collège ? Mais Brainless va changer les codes, et cela fait plaisir.

gabylarvaire
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le 20 févr. 2026

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