Britannicus est une pièce de théâtre qui donne à penser le tragique dans l'espace qu'à offrir la thématique de l'amour, qu'il soit filial ou conjugal.
La malignité de Néron s'origine dans les racines du mal qu'immisce sa mère, fin stratège, pour maintenir son statut de régente. Britannicus c'est d'abord le récit d'une mère défaillante, qui n'a pas su offrir une harmonie et une stabilité affective. Tout est calcul, et les rapports coercitifs entre les personnages politiques mettent en évidence l'impossibilité d'un dénouement heureux.
L'oeuvre présente une langue technique (rimes suivies) apparaissant lourde à la lecture, mais dont l'exercice stylistique doit assurément révéler son génie dans le mouvement de la mise en scène scénique. Le découpage des actes produit quant à lui des effets de lenteurs, voire de lourdeur. Le rythme général n'est d'ailleurs pas compensé par un développement impeccable des personnages. Britannicus et Junie souffrent respectivement d'une naïveté et d'un attentisme qui en font des personnages thématiques avec peu de substance. En ce qui concerne nos stratèges, les uns statueront inefficacement sur les déclamations des autres.
Britannicus m'apparaît comme une oeuvre assez scolaire qui manque de consistance. Si la lecture n'a pas été totalement douloureuse, elle ne m'en laissera pas un souvenir impérissable.