Des peaux. Des têtes. Des cerveaux scannés. Des morceaux de corps, des fragments d'humanité éparpillés, disséqués.
Des huis-clos : appartements, vaisseaux, chambres.
Des psychiatres. Des réalisateurs. Des spationautes. Des gens comme toi. Des gens comme moi. Des fratries. Des gens sans visage. Des disparus. Des assassins. Des existences froides, dépourvues d'empathie, sombrant vers une psychose inéluctable. Des monstres, mais sans grandeur. Psychopathes du quotidien.
On ne sait pas trop où est ce point qui relie cet humour sarcastique et cette tragédie profonde. Chez Evenson, on a l'impression qu'il y'a une fascination pour le vide, le néant, il l'explore, l'expérimente et regarde ses personnages évolués dans ce labyrinthe où les issus ne s'ouvrent que sur des trous noirs. On ne pleure pas. Nous sommes les spectateurs dissociés et pourtant nous y comprenons parfois, de manière symbolique notre quotidien...
Les autres ne sont que des riens. Des taches. Des obstacles. Les personnages sont cernés par des spectres, des entités étranges, des êtres de chair parfois humaine et parfois on ne sait pas, et parfois des êtres numériques qui piègent avec notre propre incohérence.
Parfois la communication est impossible. Ou Mal comprise, ou volontairement ignorée. Paranoïa rampante. Fuites de notre réalité.
Ouais, pas facile de faire des phrases correctes pour parler de ce recueil de Nouvelles.
Brian Evenson capte l'horreur contemporaine de notre société. Des âmes perdues dans un monde qui ne leur renvoie rien. Pertes d'identités. Pertes de repères sociétales, pertes de moralités, pertes des sens. Absurdités Kafkaïennes. Si toutes ses Nouvelles sont différentes, elles nous rappellent la dissolution du monde.
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Je vais préférer Tache et Seigneur des cuves qui sont plus dans le domaine Science-fiction. J'adore sa façon d'écrire. Cette économie de mots qui va à l'essentiel. Ce mélange d'absurde, d'horreur, de malaise et d'humour noir.