Franchement je trouve que c'est pas facile à lire et que la construction manque d'évidence (et avoir repris le terme anglais de "thèse" dans le sous-titre est selon moi un abus de langage, mais bon). Cependant, au milieu de ce livre touffu on peut retirer quelques idées maîtresses - attendez de voir si j'ai bien compris :
- la fin du capitalisme sera le fruit de multiples craquelures qui, à force de fragiliser le système, le rendront inopérant, inadéquat, obsolète, une idée folle du passé
- ces craquelures peuvent prendre de multiples formes et de multiples intensités et de multiples temporalités, elles peuvent aussi se refermer parce que le capitalisme a réussi à les absorber (voir tous les livres de développement personnel lol)
- "composer avec" est une impasse où les premières victimes sont toujours les plus précaires et cette tranche va inexorablement augmenter
- le capitalisme se nourrit de ce que Marx a appelé le travail abstrait, c'est-à-dire le travail qui ne sert qu'à alimenter la beste et qui épuise et tue les gens et les habitats pour rien. Pour mettre fin au capitalisme, il faut arrêter de le produire et donc le travail abstrait couic hein et on s'organise autrement parce qu'il reste des impondérables de la vie humaine auxquels il faut répondre
Voilà, en gros ce que j'ai retenu de cette lecture tour à tour fastidieuse et passionnante. Je ne recommanderais pas forcément comme produit d'appel pour enrichir ses réflexions, je le trouve trop dense, mais je suis quand même contente de l'avoir lu, c'est complémentaire à d'autres livres.