C'est par le journal de Nell que nous nous immisçons dans la forêt en compagnie de Nell et Eva, deux sœurs de dix-sept et dix-huit ans.
Par petites touches, l'auteur nous décrit la vie de ces jeunes filles, recluses dans leur maison à 50 Kms de la ville la plus proche et éloignées de 6 Kms de leurs plus proches voisins.
Même si rien n'est clairement expliqué, on devine que quelque chose de terrible s'est produit mettant en danger l'humanité.
Et c'est là tout le talent de l'auteur: nous sommes dans les mêmes conditions d'ignorance que les héroïnes: Que s'est-il passé? Quand l'électricité va-t-elle revenir? Quand la vie va-t-elle redevenir normale?
Entre deux récits de leur quotidien, Nell se remémore le passé pas si lointain où elle vivait sa vie d'adolescente comme les autres entre disputes avec sa sœur, premiers émois amoureux et projets d'avenir.
D'ailleurs dans un premier temps, malgré l'absence d'électricité, d'essence, de possibilité de se déplacer, elles essaient toutes deux de vivre comme avant: Eva répétant sans cesse ses exercices de danse et Nell se cultivant en lisant tout ce qui lui tombe sous la main, pour être prêtes le jour où....
Puis l'idée que rien ne sera jamais plus comme avant fait son chemin et elles vont devoir évoluer, grandir pour faire face à ces lendemains incertains.
Ce roman qu'on pourrait qualifier de post-apocalyptique se distingue vraiment des autres romans du genre. Ce qui intéresse l'auteur n'est pas le récit des évènements en soi mais l'attitude et l'évolution du comportement de ces deux jeunes filles auxquelles peuvent s'identifier le lecteur.
Outre l'histoire en elle-même, et l'incertitude sur sa fin pour le lecteur, c'est l'ambiance, les mots et le ton du récit choisis par l'auteur qui font de ce roman une très grande réussite.