En science fiction, il n'est pas toujours évident de représenter une forme d'intelligence non humaine. Adrian Tchaikovsky s'en sort très bien dans ce roman nous confrontant à un avenir sombre pour l'humanité.
Le prélude nous positionne dans un mélange d'âge d'or et d'effondrement de l'humanité. Des projets de terraformation sont en cours, dont l'un sur une planète verte, avec l'idée de larguer sur site des singes qui seront boosté par un nano virus accélérant leur évolution. Mais au moment de la mise en œuvre, la bellicosité du genre humain fait foiré le projet. Les singes meurent dans un crash spatial avant de toucher le sol. Seul le nanovirus survit à ce conflit.
Suite à une ellipse temporelle, nous allons alors suivre alternativement 2 populations:
- d'un côté, une colonie humaine regroupé dans un méga-vaisseaux arche. Il s'agit de canaux de sauvetage qui ont fuit une terre non viable pour tenter de trouver un refuge pour ce qu'il reste de l'humanité. Aucune nouvelle des autres arches, il est donc possible que celle de nos protagonistes soit la dernière fonctionnelle. L'équipage va traverser l'espace et le temps grâce à des cryogénisation. On va découvrir leur errance, voir apparaitre des humains qui n'ont pas connu autre choses que ce vaisseau côtoyer les terriens qui alternent phase d'éveil et phase de stase.
- de l'autre côté, le nano virus n'a pas été perdu pour tout le monde, et il a permis à une espèce d'araignée vivant sur la planète verte de faire un bond évolutifs. On suivra alors plusieurs générations d'araignée, devenant des animaux sociaux, luttant contre leur instinct refoulé par le nano virus, développant une science, une sociologie, une religion, un système politique... les conduisant sur plusieurs millénaires jusqu'à la conquête de l'espace et d'un satellite vestige de l'époque du projet de terraformation.
Chaque chapitre alterne entre les araignées et la colonies humaines. On voit se dessiner la bestialité et l'humanité de chaque groupe au fil des chapitres. Jusqu'à la conclusion inéluctable conduisant les humains à tenter de s'approprier cette planète de la dernière chance.
Je ne dévoile pas la fin de cette rencontre (qui ne survient que dans les tous derniers chapitre), mais là encore, l'auteur parvient à ne pas tomber dans du déjà vu et nous propose un dénouement surprenant mais diablement pertinent et alléchant.
Le roman souffre peut être de quelques longueurs, voulant aller creuser bien des sujets, et se prenant parfois les pieds dans les fils de soies. On souffle parfois un peu en espérant que les choses avancent. Mais globalement, l'atlernance araignée/humain permet de maintenir un rythme agréable.
Le côté hard science est plutôt porté sur la biologie et l'évolution d'une société. C'est plutôt malin et bien fait.
on passera sur l'idée de base qui est peu critiqué ("et si on boostait l'évolution d'autre espèce pour nous aider nous espèce humaine"-> what could possibly go wrong?)
en dehors de ces quelques point faibles, le roman apporte un vrai souffle de renouveau dans le style rencontre interespèce. Et encore une fois j'ai été séduit par le dénouement!
accrochez vous, vous serez rapidement pris dans la toile de ce roman que je conseille de courir (à 8 pattes) emprunter dans votre bibliothèque préférée!