C'est facile de détester un personnage méprisable dans une histoire.
Ici, on est confronté à une énumération de vices et de tortures cauchemardesques qu'un supérieur dépravé inflige à un candidat lors d'un entretien d'embauche. On pourrait y voir une sorte de métaphore du monde du travail. Peut-être.
J'avoue avoir eu du mal à supporter ces supplices, au point que j'ai dû abandonner le récit une première fois. Je me suis demandé : est-ce que ce seront quatre-vingt pages de tortures ? Aucun intérêt.
Mais, vous savez, cette curiosité qui me ronge, comme dirait Brian Evenson :"La curiosité est vraiment quelque chose d'affreux, songeait-il. Comment peut-on s'empêcher d'avoir envie de savoir?"
Je voudrais savoir pourquoi cette nouvelle a reçu de bonnes critiques, il doit y avoir un fond de réflexion ou un renversement surprenant.
Combien d'auteurs sont parvenus à me faire apprécier un bourreau, un personnage détestable, au point que l'introspection m'a poussé à déplacer mon curseur sur l'échelle de l'éthique ? Alors, je tente de nouveau l'expérience douloureuse.
J'avoue qu'en réalité, lors de cette seconde lecture, je survole ce premier chapitre comme j'ai pu regarder certaines scènes d'Hostel en avance rapide.
Puis vient le second chapitre et la chute de l'histoire.
...
Cette chute, m'oblige à retourner une troisième fois sur le chapitre de la torture et là, je me dis : « Wouah, l'auteur a réussi à faire quelque chose d'unique… Bravo. »