On ne peut qu'être attiré par ce roman, d'abord par sa couverture unique et magnifique, qui détonne dans le paysage littéraire ; mais surtout par son destin d'œuvre longtemps refusée par les éditeurs américains qui avaient été choqués par les précédents romans de James Robert Baker. C'est au final un éditeur français qui le publie pour la première fois, donc directement édité dans sa traduction. Est-ce que cela en valait la peine ?


Diables blancs met en scène un couple en pleine déliquescence, à la relation toxique et destructrice, qui alterne rapports sexuels fougueux et pleins de passion et échanges injurieux, rabaissants.

Tom est un écrivain qui a eu du succès mais cela n'a pas perduré et son dernier ouvrage a été un bide total, Beth est quant à elle la fille d'un auteur populaire mais elle est dépressive, accro aux médicaments et a vu son projet de tenir un restaurant échouer lamentablement.

Le couple est fauché, songe à déménager dans un quartier pauvre loin de la luxueuse maison qu'ils ont en Californie, à revendre leurs voitures, mais vont avant cela demander un coup de main financier au paternel de Beth.

Le refus est immédiat et humiliant de la part de Bud Sturges qui n'apprécie guère Tom. Commence alors la mise en place d'un plan foireux pour assassiner le riche écrivain et capitaliser sur l’histoire du meurtre.


Le récit des évènements est d'une fluidité totale même si la narration à base de cassettes audio n'apporte pas grand chose au final. Le langage grossier, trash fonctionne car il colle parfaitement à ce couple aux esprits dérangés, ravagés par les médocs et l'alcool. Tout est cash, sans filtre mais cela correspond aux personnages, aux situations qu'ils vivent, à leur environnement et cela fait que l'on ne trouve jamais ce ton hors contexte et gratuitement outrageux.

Roman ultra référencé, Diables Blancs accumule les renvois au cinéma, à la musique et à la littérature pour mieux nous plonger dans une époque pleine de turbulence et une Californie décadente sous apparence de luxe et de coolitude.


C'est souvent drôle (la mise en place du meurtre), parfois un peu tiré par les cheveux dans le déroulé des évènements mais cela se lit agréablement et il n'y a aucune longueur.

Baker est incisif par le biais de ses personnages, règle ses comptes comme s'il n'en n'avait plus rien à faire et cela donne un roman jouissif, pas forcément mémorable, un récit très cinématographique au final, très peu littéraire mais qui constitue un excellent divertissement.


Le livre méritait donc mille fois d'être publié et mérite la lecture car il détonne dans l'univers du livre !

ngc111
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