Monsieur Toussaint L’Ouverture est une maison d’édition qui a la particularité de mettre la main sur des oeuvres d’auteurs disparus et d’éditer des romans, parus il y a des dizaines d’années ou pas, et de leur donner une seconde vie. C’est le cas de Diables blancs.Tom Dunbar est l’auteur d’un seul roman à succès. Il est marié à Beth. Il en est profondément amoureux tout comme il la hait. Car Beth est atteinte d’une maladie psychiatrique. Tom a disparu mais a laissé 7 cassettes à son voisin mais aussi ami et auteur. A ce dernier d’en faire ce qu’il veut, de publier ce roman, un true crime, ou pas. Pendant ces 7 cassettes, Tom Dunbar va raconter ce qui s’est réellement passé. Il va détailler sa vie avec Beth, leur rencontre, leur mariage, le fait qu’elle l’ai soutenu pendant l’écriture de son roman et surtout la relation compliquée qu’elle entretient avec son père, un auteur populaire. Tom n’est pas en reste face à Bud, qu’il juge médiocre au niveau qualité littéraire.Tom et Beth sont acculés. Ils n’ont plus d’argent, ils vont devoir quitter leur maison. Mais Beth va imaginer un plan et Tom, au fur et à mesure, va y adhérer. Tuer Bud et faire accuser quelqu’un d’autre.Tous les ingrédients du crime sont bien présents. On ne s’improvise pas meurtrier comme ça et face à l’enquête de police, Beth et Tom vont devoir accorder leurs violons. Mais l’un et l’autre ont des caractères différents et des impulsions différentes. Et quand on essaie de programmer un crime sous l’effet de l’alcool, de la drogue, des médicaments, la chute peut être difficile.Dans ces cassettes, Tom est honnête quant à cette histoire, que ce soit en ce qui concerne Beth ou lui. Ce n’est pas facile de vivre avec une femme atteinte de troubles mentaux, qui accuse son père d’inceste, qui a été déshéritée. Malgré le grand amour qu’il lui porte, l’aide qu’elle a pu lui apporter pendant l’écriture de son roman, elle a toujours rabaissé Tom. Beth aurait souhaité avoir du succès également. Elle aurait pu être autrice. Mais Tom n’a jamais voulu qu’elle lui fasse de l’ombre.Ce roman est une chronique acerbe de tous ceux qui vivent à Los Angeles, dans des quartiers favorisés. Ils se côtoient, font des fêtes. Ce sont des parvenus, qui ont du succès. Ils se sentent au dessus de tous, la famille biologique ne semble pas si importante que ça. Une critique acerbe aussi du gouvernement de droite américain. De nombreuses références cinématographiques, littéraires, musicales, le rythme est endiablé, noir, avec des personnages torturés. Je suis ravie d’avoir lu ce roman même si ce n’est pas forcément un coup de coeur.