Après plusieurs années éloigné de la lecture, j'ai décidé de me replonger dans les bouquins en commençant par Dune - déjà parce que j'avais bien aimé l'univers présenté dans le films, que je voulais revoir ces derniers en ayant connaissance du premier tome, mais surtout qu'un roman populaire de S-F me semblait être un bon choix pour reprendre.
Et je n'ai clairement pas été déçu. Assez étonnamment, je n'ai même pas grand-chose à dire dessus, parce qu'Herbert a parfaitement su créer un univers mêlant S-F et fantastique, qui parvient à la fois à être ultra immersif et porter certains messages, et qui se lit extrêmement facilement.
Trois thèmes majeurs ressortent dans ce premier tome :
- Le rapport de l'homme à l'environnement, avec cet écosystème absolument unique d'Arrakis. Ce point est très bien développé, les descriptions des paysages et de l'aridité de la planète laissent parfaitement comprendre l'enfer que représentent les conditions de vie de Dune
- Les manigances politiques, les jeux de pouvoir et la violence avec laquelle ces derniers se fracassent face aux imprévus. Idem, aspect très bien traité, les personnages sont tous caractérisés, on ressent leurs motivations, leur trop plein de confiance en leurs plans qui finissent pour la plupart réduits en miettes face à cette population Fremen et le chaos ambiant d'Arrakis. On peut y voir un énorme parallèle avec les politiques d'ingérence, notamment au Moyen-Orient, et ça donne une certaine profondeur politique au livre. De ce fait, non seulement on a une histoire franchement prenante et divertissante, mais en plus on a un vrai développement intéressant.
- Et évidemment, la figure prophétique, et les dangers qu'elle représente. Peut-être le pan qui m'a le moins convaincu (si je ne dis pas de bêtises, Herbert avait écrit Messiah pour mieux faire passer le message ?). L'implantation des croyances par les Bene Gesserit pour manipuler la population, les personnages principaux qui se laissent prendre au jeu de cette figure prophétique après avoir émis des critiques au début, le travail sur le long-terme que cela représente, le potentiel destructeur de ce schéma incarné par le Jihad à la fin... On a beaucoup d'éléments pertinents mis en scène dans le livre, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que parfois, les changements se produisant chez Paul sont un peu abrupts, certaines scènes me paraissaient un peu confuses pour ce qui concerne les facultés psychiques des personnages et leurs implications.
Globalement, Dune correspondait vraiment aux attentes que j'avais en lui, autrement dit un livre d'une richesse descriptive phénoménale et d'une certaine profondeur thématique.