Jo Nesbo est un excellent conteur qui vous mène par le bout du nez, vous fait tourner les pages tout en introduisant dans sa narration labyrinthique toutes sortes d’éléments ; les uns qui tiennent des sciences (histoire de limaces et de parasites), les autres de la sociologie (Le « phénomène du petit monde * »), ou de la psychologie (la solitude d’Harry Hole : « on peut bien sûr être seul sans se sentir seul, et se sentir seul sans l’être, mais là, il se sentait seul, et il l’était. » Un peu comme un arbre qu’on abat…).
On appréciera les clins d’œil concernant le rock en particulier (Ringo Star considéré comme le batteur le plus mésestimé, Keith Moon le plus surestimé, et le batteur de Led Zeppelin, John Bonham, étant le meilleur) ; les références architecturales (où le bâtiment abritant le « musée Munch » à Oslo est déclaré horreur totale et glaciale) ; sans oublier la petite digression (ou parallélisme ?) sur le tableau d’Edvard Munch « Le tronc jaune » où l’illusion d’optique dudit tableau permet à l’auteur de nous signaler « que les choses ne sont pas toujours ce dont elles ont l’air. »
Et c’est exactement toute la teneur de ce livre où le lecteur est envoyé sur des pistes en chausse trappe, avec une multiplication d’indices qui s’avèrent trompeurs (même Harry Hole se plante !), sans oublier un surprenant brouillage des identités.
Jo Nesbo est un excellent conteur… peut-être trop (?), dans la mesure où il étire les plans et les actions, ajoutant même des chapitres, à mon sens, qui apportent peu, voire pas du tout (je pense notamment au chapitre 29, entre autres).
Mais qui suis-je pour dire cela ?! Non, Jo Nesbo est un excellent conteur et tient ses lecteurs en haleine et c’est, pour beaucoup, LE meilleur créateur contemporain de thrillers.
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* 2 personnes prises au hasard peuvent être reliées par seulement quelques connaissances communes. On parle souvent de « six degrés de séparation » : en moyenne, six relations suffiraient pour relier deux personnes.