Ouvrir un Olafsdottir, cette autrice islandaise découverte avec l'époustouflant "Rosa candida", c'est toujours se dire qu'on va entrer dans le temps long, toujours quasi contemplatif, des grandes étendues de l'île nordique. "Eden" ne fait pas exception et propose quelques mois de la vie d'une universitaire chercheuse en linguistique - le style en porte la marque, avec la déclinaison de certains mots islandais ! - qui s'éloigne progressivement de son quotidien ordinaire pour s'isoler et planter des arbres. Dit ainsi, cela peut sembler ridicule : on ne sait pas bien si c'est par rejet de la société ou pour compenser son empreinte carbone. Toutes les pistes sont suggérées sans que les choix de la narratrice soient à un quelconque moment explicitées : et c'est cela qui en fait le sel et le charme ! C'est un roman du petit et du ténu, un roman qui fait goûter la vie très ordinaire, tout simplement, en laissant au lecteur le choix des causes et des conséquences.