Frère d'âme
6.7
Frère d'âme

livre de David Diop (2018)

Original que ce « frères d'âme » roman de David Diop, prix Goncourt des lycéens 2018.
L'histoire de deux tirailleurs sénégalais, amis d'enfance et « presque frères », envoyés au front en 1914.
En premier ce qui frappe à la lecture c'est la façon de raconter de l'auteur, un récit narratif déroutant de prime abord mais qui donne de la vie au roman, l'humour noire et l'(auto)dérision du texte faisant le reste. Il y a un côté naïf qui ajouté au style donne parfois l'impression d'être dans un conte.
Le sujet du roman est également intéressant : l'histoire de tirailleurs sénégalais pendant la première guerre mondiale, les horreurs et la folie de la guerre, la boucherie, le carnage, l'absurdité des ordres donnés, la violence qu'on subi et qu'on donne.
La guerre donc mais aussi le bien et le mal, la culpabilité, la vengeance, l'amitié, le déracinement.
A travers une histoire avec des passages parfois glauques et morbides, Diop raconte l'horreur de la guerre sur des individus pas préparés à subir ce chaos, déconnectés de leur environnement habituel (en l'occurence un jeune sénégalais), horreurs qui mènent à la perte des valeurs, à la folie...
Le livre est divisés en deux parties distinctes et assez différentes : tout d'abord la guerre, les combats avec un style et une narration haletantes où l'on est pris par une espèce de tumulte assourdissant, par l'intensité du récit, on a happé tant le texte est accrocheur, vif... alors que la seconde partie où le héros est mis au repos à l'arrière est l'occasion pour le narrateur de se remémorer sa jeunesse et son enfance, sa vie en Afrique...
Autant la première partie est captivante, vivante, originale, autant la seconde est plus attachante, plus intéressante certes mais aussi moins flamboyante, moins prenante et au final moins passionnnante, l'intensité du début de l'oeuvre ayant tendance à s'émousser.
De plus l'auteur n'évite pas certaines répétitions et le cœur du roman sonne un peu vide, creux, l'impression qu'une nouvelle de 100 pages auraient pu suffire.
De bonnes idées, des passages qui m'ont enthousiasmés, beaucoup d'originalité mais malheureusement je n'ai que partiellement adhéré ; dommage car au final je reste un peu sur ma faim alors qu'il est évident que le livre a plein de qualités et qu'il aurait pu être une vraie réussite.
A lire malgré tout pour le côté flamboyant de certains passages.


6,5/10

nico94
6
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le 16 nov. 2019

Critique lue 816 fois

nico94

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3

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